Dimanche 25 mai
18h23
[music]
Les journées sont tellement douces même si une migraine m’a réveillée à six heures et quart ce matin.
La pluie ne cesse de tomber mais tant pis. Je crois que je vais plutôt bien et ça me fait tout bizarre parce que c’est nouveau. L’autre jour j’ai effacé une dizaine de noms de mon portable et ça m’a fait du bien de faire ce petit ménage, comme un grand pas en avant.
Cette semaine est la dernière au lycée et dans cette petite ville un peu perdue. Bizarrement on a encore du boulot et le conseil de classe tombe après notre dernier cours. J’ai commencé à ramener des planches de travaux chez moi, des kilogrammes de papier qui pèsent sur les épaules.
Au lycée on passe des heures dans l’herbe à compter les pâquerettes et les trèfles à quatre feuilles. Avec Lau on fait pas mal de conneries mais c’est tellement bon, juste avant la fin.
Les courses de chaises à roulettes sur la passerelle.
J’ai ramené le vieil appareil de mon grand-père pour finir la pellicule. Et peut-être que j’en entamerai une nouvelle au final. Parce que je crois ça vaut vraiment le coup.
Sur la paroi de la douche je regarde s’évanouir les noms écrits du bout des doigts dans la buée.
Il nous reste une semaine et tellement à partager.
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Lundi 19 mai
23h14
(quite old picture)
Mai. Les profs distribuent les dernières notes du trimestre et sèment des contrôles surprises. On attend les résultats des dossiers de candidatures parce que c’est pour bientôt. Mais je n’ai pas hâte.
J’écoute la bo de Juno en boucle et je suis tombée amoureuse de la voix de Kimya Dawson. Maintenant, j’attends l’été pour m’acheter une guitare. Et d’ailleurs je crois pas que je bosserai cet été parce qu’il est quasi impossible de trouver un job sans piston. Et mon piston à moi ne fonctionne plus. Franchement quand je vois les filles ma classe qui envoient des cv par dizaines et qui reçoivent soit des réponses négatives soit pas de réponse du tout, ben ça décourage un peu. Enfin ça me laissera du temps pour apprendre à conduire vu qu’avoir juste le code ne me sert pour l’instant pas à grand chose.
Ce week-end j’ai revu Seiv et on a semé des mots d’anglais un peu partout en ville, puis on s’est allongé sur les pelouses du parc avec quelques américains de la fac.
On a dit pas mal de bêtises et rit très fort et puis après on s’est levé, on a marché dans les rues et elle m’a dit pour la énième fois que c’était ridicule qu’M et moi on s’ignore toujours.
Elle a demandé si je lui en voulais encore et c’était bizarre parce que d’un côté je n’avais vraiment pas envie d’en parler, et de l’autre j’aurais voulu crier qu’après tout c’était de sa faute si ça s’était terminé comme ça. Le problème c’est même pas qu’il se soit passé quelque chose, c’est plutôt l’inverse ; j’ai attendu une explication et rien n’est venu, il n’a pas fait un geste, il est resté là sans bouger comme on regarde un train qui s’en va et puis voilà.
Elle dit qu’il a changé (ça me fait une belle jambe) et quand je le regarde devant son public comme il faisait autrefois je le reconnais tout à fait.
Samedi soir on a marché longtemps le long des rails du tram et j’aurais tellement voulu être ailleurs, avoir quelqu’un à appeler pour me tirer d’ici rien qu’un instant. J’ai planqué ma rancœur sous des sourires et j’ai continué à ignorer ce manège autour de moi.
J’aurais tellement préféré marcher aux côtés de quelqu’un d’autre le long de ces rails de tramway.
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Samedi 19 avril
13h21
J’écris ce post sur l’ordinateur familial. Pourvu que ça ne plante pas.
I’m back from Paris. C’était bien, il a fait beau, j’ai pris des photos, on est allé au resto et pour la première fois de ma vie j’ai envoyé une carte postale à ma famille qui vit de l’autre côté de la Méditerranée. J’ai pas compté les kilomètres parcourus entre le jardin du Luxembourg, la rue Mouffetard, le Sacré-Cœur, la Grande Mosquée et l’opéra Garnier mais vu les douleurs que j’avais dans les mollets, ça doit en faire un paquet. Mercredi aprem j’ai retrouvé T. après l’avoir attendu un moment devant la Pyramide du Louvre ; j’aurai eu le temps de voir les pompiers arriver pour un malaise, des moines tibétains (ou pas) et une bonne-sœur avec sa fille cachée (si si). On a marché sans se regarder pour finalement s’asseoir dans un starbuck et là je sais pas on a parlé de Seiv, de M. et de miss p. aussi et quand il m’a demandé pourquoi M. et moi on ne se parlait plus j’aurais voulu lui expliquer et que ça semble légitime, j’aurais pu dire que je l’ai trop aimé et lui pas assez et au final mes explications se sont embrouillées entre amertume et rancœur de petite fille capricieuse. Au fond personne ne saura jamais le pourquoi du comment mais de toute façon qui ça intéresse, hein ? Même M. s’en fiche éperdument.
Chez Colette j’ai glissé dans mon sac un morceau de papier parfumé de bergamote et de fleur d’oranger et maintenant quand je l’ouvre ça me transporte un peu.
A part ça j’ai plus ou moins planté mon pécé, il me reste un dossier de candidature à remplir et à envoyer (le treizième) et la maison est toute vide.
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Jeudi 10 avril
17h06
Cette semaine sera à marquer d’une pierre blanche si je ne prends aucun comprimé en plus de mon nouveau traitement de la mort qui tue. J’ai toujours un peu mal au crane en permanence mais je supporte. Good point for you baby.
Cette semaine aura été (oui bon demain soir je suis en ouikend donc c’est un peu la fin de la semaine là) une semaine de pré-vacances puisque j’ai pitoyablement séché les cours de mardi, pour cause de contrôle monumental que je ne me sentais absolument pas de réviser après les huit heures de cours de lundi, et qu’aujourd’hui je n’ai pas cours grâce à de multiples examens blancs. Cela dit toute la classe est plus ou moins collée un mercredi aprem après les vacances pour avoir collectivement séché un cours d’anglais. Autant dire qu’on s’en réjouit tous d’avance.
Hier soir il y a eu la fête chez la sœur de T. Après quatre verres de mousseux je ne tenais plus debout mais on aura dansé, pris des photos, grignoté des chips au poulet et on se sera allongée à je ne sais combien sur le grand lit juste pour regarder le plafond et ne penser à rien d’autre qu’être bien d’être là. Demain c’est le dernier jour et après, deux semaines de vacances. On ne va pas vraiment bosser je crois. Et je pense que je vais détester avoir à ranger ma table et mon casier, je n’aime pas les départs faut croire.
Oh et je réfléchis à un nouveau layout pour ici, avec des couleurs pour que ce soit frais et printanier.
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Dimanche 6 avril
22h41
Du boulot pour demain mais je n’ai rien fait.
J’ai passé un ouikend tout pourri et en voici l’explication. Je me rends pas compte si j’en parle souvent ici mais j’ai très souvent mal à la tête, et ce depuis des années. Et en ce moment j’ai mal à la tête tous les jours depuis deux semaines. Alors je me bourre de médoc (aspirine, ibuprophène, propofan) qui ne me font plus aucun effet et je me réveille le matin avec des maux de tête (youpiya, ou comment bien commencer une journée). Mais vendredi, ce fut le drame. Après manger, j’ai senti venir le mal de tête perfide qui tape contre les sourcils mais à peine j’avais avalé deux propofan que c’était trop tard. La crise de migraine s’était déjà installée. Après le lycée, retour chez moi, je fais ma valise et toujours cette foutue migraine qui ne passe pas. Arrivée à la gare je me suis assise sur le banc pour attendre mon train et j’ai sangloté parce que la crise était bien là et que je ne pourrai rien y faire à part appeler SOS Médecins mais avouez que dans le train ça le fait pas. J’étais tellement faible que je n’ai même pas pu porter ma valise dans les escaliers pour me rendre sur le quai (j’ai demandé à un type de la essèncéèf) et dans le train j’ai failli m’évanouir de douleur et la fille à côté de moi me prenait le pouls et répétait hé ho ! ça va ? hé ho ? répondez et j’étais incapable de parler, trop occupée à me demander si j’allais oui ou non finir par lui vomir dessus. Quand mes parents sont venus me chercher à la gare, j’étais tellement faible et j’avais tellement mal que je pouvais à peine marcher et dans la voiture je n’arrivais plus à articuler quoi que ce soit et mes dents claquaient et je tremblais comme une feuille tandis que le trajet jusqu’à la maison me semblait interminable. Dans ma chambre, je me suis allongée dans le noir, comme je le fais d’habitude quand j’ai des crises et j’ai attendu que ça passe. Le moindre mouvement même imperceptible renforçait la douleur et la nausée. J’ai finalement avalé un anti-inflammatoire qui bute tout et deux heures plus tard j’ai pu me lever. Le lendemain matin, mon père m’avait pris un rendez-vous en urgence chez un neurologue. Trois quarts d’heure après être sortie de mon lit, j’étais assise dans son cabinet. Il m’a juste dit vous avez mal depuis plus d’une semaine et vous avez des crises de migraines plusieurs fois par an, ah bah ne cherchez pas, tout ça, ce sont des migraines. Et il a même ajouté on est migraineux à la naissance ou on l’est pas. C’est héréditaire ! (merci maman) D’après ce qu’il m’a expliqué, les migraines c’est juste carrément chiant mais pas grave, ça vient d’un dérèglement de l’horloge interne je ne sais où dans le cerveau à cause des hormones féminines ou truc du genre. Ensuite il m’a donné un traitement de fond (c’est comme ça que ça s’appelle) et des anti-inflammatoires et voilà.
Cela dit là tousuite j’ai toujours mal à la tête.
Tout ça pour vous dire que si vous connaissez les symptômes décrits au-dessus et que vous aussi dans ces moments-là vous tueriez pour de la morphine, c’est que vous êtes migraineux. CQFD
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Jeudi 3 avril
22h27
[music]
Plus que deux dossiers à envoyer et cette folie des timbres, des lettres de motivation et des photocopies sera enfin terminée. Seiv me manque, j’ai terriblement envie de l’appeler mais ça fait tellement de temps que je n’ai pas entendu sa voix que je n’ose pas ; comme c’est idiot. Et mes messages restent sans réponse. On se rate et ça me rend triste.
Je bois des tonnes d’eau pour combler le vide parce qu’il n’y a que des Gervais périmés dans mon frigo. Ca et le nutella que j’avale sans y penser.
Les vacances sont dans une semaine et plus qu’un mois de cours et ce sera la fin. Retour dans ma ville. Mais ça ne m’enchante guère, parce que je me suis attachée aux gens que je vois tous les jours, et qu’après ça fera un grand vide. Et l’année prochaine je serai parachutée je ne sais où en France, et ça aussi ça fait bizarre.
Ca va sinon, oui, je crois que ça va. Parce qu’il y a les milliers d’éclats de rires tous les jours qui effacent les maux de tête et la fatigue pour rien en plus.
Et pendant les vacances j’irai à Paris faire Dieu sait quoi, je m’en fiche, du moment qu’il y a le soleil et la légèreté ça ira bien.
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Mardi 1 avril
12h26

ecrit lundi
Je rêve d’un road-trip où on écouterait Manu Chao fenêtres ouvertes, et aussi Mickey 3d et Souad Massi. Parce que les trois me font terriblement penser aux vacances, au soleil, à Paris, au sable, à la nostalgie qu’on tente de laisser derrière nous.
J’ai séché les cours aujourd’hui. Enfin nan, pas exactement. Plutôt, j’ai mal dormi (c’est à dire j’ai du dormir deux ou trois heures par intermittence (et en plus j’ai rêvé de Roselyne Bachelot) et je me suis réveillée avec un *** de mal de tête comme un jour sur deux en ce moment. Et vu les neuf heures de cours pourris que j’avais aujourd’hui, ben l’appel du lit a été plus fort que tout. Si ça trouve tout ça c’est la faute au changement d’heure. (ou à Sarko)
En ce moment au lycée, on rempli des dossiers à la pelle, on fait des dizaines et des dizaines de photocopies de bulletins scolaires et on découvre, fébrile, les appréciations des profs (nan, ça c’est moi). Jusqu’à tout de suite, j’ai bouclé sept dossiers sur treize. (Oui, treize, j’ai vu large.) Le plus triste, c’est que je vais envoyer un dossier avec lettre de motivation et tout à mon propre lycée alors que je veux même pas faire leur bts. Juste qu’on a plus de chance d’être pris dans l’académie d’où on vient que dans n’importe quelle autre. Stupide ordre du rectorat.
Dimanche dans le train, quelqu’un est passé à côté de mon siège et il avait le même parfum que M. Le genre de truc qui vous ramène des années en arrière, comme un flash de téléfilm, et j’ai revu M, assis sur son lit, devant les photos de vacances qu’il accrochait au mur et aussi la boite dans laquelle il rangeait sa collection de porte-clé. Il y avait mis aussi le porte-clé légo que je lui avais offert. Quelque chose dans tout ça me manque mais je ne sais pas quoi. Peut-être l’insouciance qui nous emplissait, à la fin du collège. Mais peut-être que je l’ai retrouvée un peu, cette année.
On est en vacances dans deux semaines et je n’étais même pas au courant.
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Mercredi 5 mars
21h42
Les vacances sont finies et j'ai repris les cours. La rentrée s'est plutôt bien passée. Contre toute attente j'ai pas mal bossé pendant les vacances mais je n'ai quand même pas terminé (du tout) la montagne de projets qu'on est censé finaliser la semaine prochaine. A part ça pendant les vacances j'ai vu un psychiatre, un généraliste et une psychologue mais franchement j'ai pas envie d'en parler pour le simple fait que je me suis torturé les méninges toutes les vacances avec ça. Toujours est-il que je prends des antidépresseurs depuis deux semaines. Bon, en fait, le premier psy que j'ai vu m'en a prescrit. Bon, y a un truc à savoir à propos des antidépresseurs, c'est qu'il ne faut surtout pas lire la notice. Le soir-même j'ai eu le malheur de lire la liste des effets secondaires indésirables qui recouvrait pas moins d'une page de la notice. J'ai pris un comprimé et après ça j'ai pas dormi de la nuit, j'avais chaud, froid, la nausée et je ne sais quoi. Le lendemain je me suis levée avec une demie-heure de sommeil à tout casser dans les pattes. J'avais les membres tout engourdis et mes mains tremblaient, ça m'a vraiment fait peur, j'avais la sensation d'être droguée (et mes parents flippaient de me voir dans cet état). Alors je suis allée voir ma généraliste pour savoir si c'était vraiment une bonne idée de prendre ce médoc. Du coup elle m'en a prescrit un autre plus léger, plus un truc contre mes crises d'angoisse (mais que pour l'instant je n'utilise pas). Et voilà où j'en suis. Ca va pas trop mal, peut-être que les médocs y sont pour quelque chose, allez savoir.
Et aussi, je suis fière de moi paske mardi j'ai fait un exposé d'histoire de l'art devant tute la classe, j'avais beaucoup bossé dessus, je m'étais couchée à trois heures du mat' pour le finir. Et j'ai eu 18! Le prof m'a dit que c'était vraiment bien, que j'avais été à l'aise à l'oral (alors que j'étais à deux doigts de m'évanouir de stress quand je me suis retrouvée au milieu de la salle avec vingt-trois regards posés sur moi.) Enfin voilà, je suis contente de ma prestation, et puis les autres ont écouté mon exposé (ce qui est rare pendant les exposés), ils étaient intéressés et ça m'a fait très plaisir.
A part ça, la semaine prochaine ce sont les portes ouvertes dans mon lycée, pitêtre je mettrai des photos, je sais pas encore.
bonus of ze day : voilà où j'étais il y a quelques semaines : clic c'est un genre de cortège "en l'honneur" de notre omniprésident, avec chants de circonstances, remaniement ministériel sur les escaliers de la cathédrale, footing présidentiel sur la grande place et lâcher de ballon pour que notre président aille conquérir tute la galaxie. bon, on peut me voir à 3:21 pendant deux secondes, je porte une écharpe verte ; )
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Lundi 21 janvier
18h26
Life is too hard for me
Du travail, plein, un contrôle d’histoire de l’art et des exposés, des projets à terminer/commercer/continuer, je rattrape pas le temps et je me suis un peu perdue ces derniers mois, peut-être que tout va trop vite ou c’est moi qui rame. Je sais plus trop qui je suis, où je vais, mais je parle, je mange, je vais au lycée, je prends des trains, et je fais semblant. Dans mon petit studio j’ai fait le ménage, avaler toutes les poussières et javellisé le coin cuisine. C’est joli ici, j’y ai mis des couleurs que j’aime, framboise, taupe, beige, il y a des petites fleurs, des étoiles au plafond, des rayures, des petites lampes constamment allumées et des bougies qui ne le sont jamais. Je voudrais que tout reprenne, dans ma tête, que tout se mette en ordre encore une fois. Mais je ne peux pas. Je ravale les larmes qui me piquent le nez et je me blottis dans les coussins. Je plaque les écouteurs sur mes oreilles et j’attends que tout passe.
On parle de dossiers d’inscription, de vœux, de portes ouvertes et de bts. Et moi je reprends des lectures en anglais et je fais des mots fléchés. Hier sur le quai de la gare un petit garçon hurlait de voir sa mère partir tandis qu’il devait rester là, et j’ai trouvé ça déchirant, j’en aurais pleuré je vous assure.
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Mercredi 28 novembre
21h47
Si rien ne bouge - écrit mardi 20 novembre
Je m'efface jour après jour. Il y a eu Paris, les vacances. Et après. Rien. Ca ne tourne pas rond. Je me sens mal mal mal depuis des jours et je n'y peux rien. Mes crises d'angoisses gagnent du terrain alors qu'il y a quelques semaines, plus, quelques mois je les croyais disparues. Je sais pas pourquoi ça ne va pas. Et je n'ai plus de psy à saouler avec mes problèmes existenciels. Vous savez quoi, ben quand je me regarde j'ai envie de baisser les bras, de me dire 'ma vieille y a rien à faire, tu changeras jamais'. Au début des vacances j'ai raconté tout ça à ma mère (j'ai au moins le courage de faire ça), je sais plus trop ce qu'elle a dit, qu'elle comprenait sans doute et puis elle a du me prendre dans ses bras. Et puis Paris m'a fait tout oublier, pour quelques jours.
***
Je ne parviens plus à me rappeler les journées passées. Je cherche mes souvenirs comme on cherche ses mots. Je me sens vide, étrangère à ma vie, je croise les mêmes gens tous les jours, je leur parle un peu, sourri parfois, mais ce n'est pas moi. Je me sens tellement bizarre que je me sens étrangère à moi-même. Je mets en place des automatismes qui trahissent mon absence de motivation, d'envie et tout ça. Je vais au lycée chaque matin parce que je sais qu'il faut que j'y aille. Mais au fond j'aimerais autant rester sous ma couette à regarder la télé toute la journée. Alors voilà, je sais parfaitement qu'une montagne de boulot m'attend mais je reste plantée là devant ma liste de choses-à-faire. Incapable de bouger le doigt de pied. Hier je suis restée chez moi pour cause de maladie (en fait non, pour cause de mal de ventre lié à ma putain d'angoisse) et le soir, juste avant de partir j'ai pleuré comme une gosse dans la cuisine, au-dessus de mon verre de lait et des gateaux petit-déjeuner. Au bout d'un moment mon père a dit 'bah qu'est-ce qu'il y a? c'est de retourner dans ton studio qui te met dans cet état?'.
Je me sens tellement paumée, si vous saviez.
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Dimanche 4 novembre
00h43
Mes mots me manquent mais j’ai peur de ne plus savoir écrire.
J’étais à Paris et tout près pendant quatre jours entiers ; j’ai marché des heures, arpenté les couloirs du métro, me suis endormie dans le rer. Traversé des salles aux murs recouverts de tableaux, et d’autres où des meubles design étaient éparpillés. Il y avait les murs sombres de Beaubourg, au détour desquels on tombe sur des photos de pluie ou les images vacillantes d’un couple qui dort. Et puis reposer le corps fatigué par les kilomètres parcourus et les jambes qui ne portent plus.
Et entre ces heures qui courent et toutes les images qui défilent sur ma rétine il y avait cette grande maison où je me sens si bien, mon cousin préféré toujours immense et les sourires mille fois trop nombreux que je ne peux pas contenir. (alors c’est vrai, les meilleures choses sont celles qui ne durent pas?)
J’ai vidé mon esprit pendant ces quelques jours, c’est peut-être ce que je recherche au fond, m’échapper de quelque chose, avoir l’impression de n’être plus prisonnière de rien sinon de ce que j’ai choisi. Mais entre les murs froids et gris de ma ville de province, mon cœur s’est serré et j’ai pensé qu’on appartient à quelque chose qui nous retient sans cesse et rien qu’un instant j’aurais voulu fuir tout ça, le tram, les gens, la grande place et les trottoirs sales, les itinéraires que je connais par cœur au bout de dix-neuf ans.
Je crève de manquer de quelque chose sans savoir réellement de quoi.
J’aurais voulu rester là-bas, tant pis pour les crissements des rails du métro et les odeurs et les gens pressés, je voulais pas partir, je ne l’ai jamais voulu quand j’étais là-bas. Et pourtant le dernier jour, bagages en main, je n’ai pas regardé en arrière, à peine le temps des bises et d’un sourire.
Entre les passants, je crois reconnaître le parfum de mon cousin-préféré parce qu’il me manque, mais j’ai beau tourné la tête rien n’est semblable et personne n’est comme lui.
J’ai tellement besoin de temps, pour m’apaiser par intermittence, parce que je deviens folle quand tout s’enchaîne sans que je parvienne à rien contrôler. Et je sais pertinemment que la semaine prochaine je serai loin, tellement loin de ceux que j’aime, encore, et je ne me sens pas la force de.
Quand je repense aux mois d’été, ils me semblent à des kilomètres et quand je raconte juillet et ses jours terribles j’ai l’impression de résumer un mauvais film. Je revois les scènes en détail mais c’est comme si je ne les avais pas vécues. J’ai l’impression de raconter l’histoire de quelqu'un d'autre.
Et puis je me dis que je ne referai sans doute pas d'animation. Parce qu'après tout, ça n'était peut-être pas une si bonne idée. Peut-être que ce n'est pas mon truc. Je repense aux mots de D., un autre stagiaire bafa, un jour après une dure journée durant laquelle je l'avais appelé à l'aide parce que je ne m'en sortais plus avec un groupe pendant une activité (et quand j'y repense y avait de quoi après tout). Il m'avait dit d'un air protecteur "qu'est-ce qui c'est passé tout à l'heure?". Je me souviens, son regard était doux mais on aurait pourtant dit un règlement de compte. J'avais vaguement expliqué qu'à un moment je ne m'en sortais plus du tout, que j'avais eu envie de tout envoyer balader et qu'une subite envie de pleurer s'était immiscée entre tout ça. Je savais très bien que les autres anims m'en voulaient de ne pas avoir réagi comme il fallait devant les gamins, et moi je ne pouvais m'empêcher de penser que j'avais fait ce que je pouvais et qu'après tout ce n'était sans doute pas très grave. Et pourtant D. m'avait dit "mais ça t'arrive souvent de réagir comme ça?" comme si montrer mes faiblesses était quelque chose d'impensable, de tabou, d'interdit. Plus tard j'ai bien vu que c'est surtout quelque chose qui se retourne contre vous à la vitesse de la lumière. On vous poignarde dans le dos après vous avoir montré une main tendue. A D. j'avais répondu que j'étais comme ça, que je craquais parfois, parque ce je ne pouvais pas tout supporter sur mes épaules, et qu'après tout, oui, j'étais fragile. J'aurais voulu qu'il comprenne. Je l'aimais bien D., au début, quand je ne voyais que ses yeux bleus rassurants et ses sourires en coin, et que je pensais qu'après tout on était dans la même galère. Puis plus tard je me suis aperçue qu'il était de ceux qui pensent que le travail surpasse tout, qu'on doit se plier devant les gens les plus pervers pour qu'ils aient un peu de considération pour vous. Je m'étais brouillée avec lui, un soir, parce qu'il ne tolérait pas que tout le monde ne soit pas comme lui, capable de mettre sa mauvaise humeur de côté ou son énervement. Alors à vingt-deux ou vingt-trois heures, quand tous s'avalaient des verres pour tenir un peu plus longtemps sur la piste de danse, je lui avais dit que non tout le monde ne peut pas tout contenir ou tout oublier, surtout pour un travail parfois ingrat, mal payé et éreintant. Et qu'après tout ce n'était qu'être humain que de réagir ainsi. Il avait rétorqué en parlant de professionnalisme ou je ne sais quoi. Rien qu'un instant j'avais été fière d'avoir des principes et un minimum de dignité ou d'amour propre ; je l'ai vu comme un chien rampant aux pieds de la directrice pendant que les quelques personnes que j'aimais vraiment bien s'indignaient toujours plus des aberrations qui n'obéissent à aucun code du travail. L'animation, le pays de tous les droits.
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Samedi 15 septembre
23h05
Des nouvelles après de longs mois d'absence
Oui c'est à peu près ça. Vous aurez remarqué, je suis pas très douée pour garder contact. Malheureusement ça vaut aussi pour la "vie réelle". D'ailleurs pas plus tard que cet aprem, j'ai fait semblant de ne pas avoir vu une fille de la fac avec qui j'ai passé l'année, chez qui j'ai mangé, etc. J'étais en ville avec Lyn et elle est passé à cinquante centimètres de moi et courge comme je suis ben je l'ai soigneusement évitée. Bon, Lyn m'a quand même dit y a le copain de la fille qui vient de passer qui te regarde là. Tu le connais? Ah bah maintenant elle aussi te regarde.. Et moi ah, euh, qui? ah bah euh, ouais euh, on était à la fac ensemble blablabla. Je suis rien qu'une ingrate. En plus la fille en question m'avait envoyé une carte postale, et moi j'ai même pas été fichue de lui envoyer un message ou quoique ce soit. C'est vous dire combien ma notion de la politesse est parfois dérisoire. En parlant de Lyn, je crois que c'est quelqu'un que je n'ai vraiment pas envie de perdre de vue, je sais pas, j'ai passé un aprem avec elle, c'était pas arrivé depuis février il me semble, et on a rit, j'ai pas vu le temps passé, j'étais bien, et peut-être que ça me suffit, je veux pas qu'on me demande plus, je déteste avoir l'impression que les gens attendent davantage que ce que je veux bien leur donner. Avec Lyn c'est simple, du moins je ne ressens pas cette pression que j'ai parfois, quand je me dis que je vais encore pas être comme il faut, comme on voudrait que je sois.
Mon dernier post, c'était fin juin. Depuis j'ai validé mon année d'anglais (oui oui, youpiya!), j'ai travaillé un mois dans un village vacances où j'ai trimé six jours sur sept, jusqu'à seize heures par jour pour huit euros de la journée (donc cinquante centimes de l'heure), en gros j'ai un peu le sentiment de m'être fait exploiter mais bon, peut-être qu'il faut avoir vécu ça une fois dans sa vie. Ah et j'ai pas eu mon bafa parce que ma courbe de progression était pas comme il fallait. Ha ha, la blague. Bon, j'ai quand même rencontré des gens chouettes et des dizaines d'enfants que j'oublierai sans doute pas. J'ai aussi perdu deux kilos, je suis montée sur scène, j'ai dansé jusqu'à pas d'heure, noyé mon lecteur mp3 dans la piscine, écrasé pas mal de cafards et d'araignées, mouché des nez, essuyé des petites fesses, maquillé des enfants, bercé et nourri des bébés, endormi des petits, organisé une chasse au trésor, fait des états des lieux par dizaines, monté et descendu des milliers de marches, lu des histoires, taché mes jeans de peinture à doigts et j'en passe. Et un jour entre midi et deux une dame m'a appelée et m'a dit une place s'est libérée pour la mise à niveau, je vous envoie un dossier d'inscription? J'ai dit oui, évidemment. En août j'ai travaillé au conseil général, où j'ai été payée six fois plus qu'en juillet pour deux fois moins de boulot (vive le smic hein), j'ai fait des dizaines de camemberts et de tableaux sur excel et de l'archivage, c'était tranquille, pendant la pause déjeuner je lisais Harry Potter. La chef m'a félicitée pour mon boulot et l'équipe m'a même offert un cadeau le dernier jour. Bref, le boulot d'été de rêve..
Et voilà, depuis dimanche dernier je suis installée à une heure trente de chez moi où je fait une mise.à.niveau en arts.appliqués. C'est dur d'être loin de ma maison, de ma ville, de mes parents, de miss p, de Seiv, de Lyn. Enfin c'est le début, il faut du temps pour s'adapter, je sais bien. Alors quand je suis toute seule dans mon petit studio je laisse la télé allumée en permanence, pour ne pas trop me sentir comme un poisson dans un bocal, à tourner en rond. En cours c'est bizarre, je suis avec la sœur de T. Elle lui ressemble un peu dans sa manière d'être, et elle ressemble à Seiv aussi. Sauf qu'elle a de longs cheveux très blonds. Vous savez elle ressemble à Kirsten Dunst et à Gwyneth Paltrow en même temps.
Au mur il y a encore des photos de la classe de l'année dernière, la classe de T. donc. Alors quand je tourne la tête je vois sa photo accrochée au mur et alors je me sens un peu nostalgique, ça me rappelle juste que T. est loin maintenant, dans son lycée parisien prestigieux, et qu'il est loin le temps des regards échangés en cours de philo et des rires et des bêtises au cdi.
Au fait, j'aurai bientôt un ordinateur à portée de main, alors je pourrai écrire plus souvent j'imagine.
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Samedi 23 juin
13h56
Je sais plus très bien où j'en suis, tellement j'ai l'impression que ça fait des plombes que j'ai rien écrit. J'ai revu Seiv, on est allées à la piscine et chez miss p aussi, c'était le soir de la finale de rugby, la grande place grouillait de monde habillé en jaune et bleu. Mais on est pas restées, ça faisait un peu trop, tout ça, et donc on est allées chez miss p. Là-bas on a rit, beaucoup, glandé étalées sur son lit, mangé des tonnes de pâtes (à part moi et mon estomac de moineau) et après on est rentrées. Plus tard, plus tard je sais même plus. J'ai oublié les jours. Je crois qu'après il y a eu mon audition de piano et puis j'ai commencé à réviser pour les rattrapages. J'en ai passé deux et j'en peux plus. Le mois de juin me file entre les doigts.
Mercredi une dame d'un village vacances m'a appelée. Elle m'a proposé de travailler comme stagiaire bafa tout le mois de juillet. Elle m'a fait passé un entretient et puis m'a dit de rappeler pour lui donner ma réponse. Entre-temps j'ai appelé miss p, seiv, et deux filles du bafa, tout le monde m'a conseillé d'accepter ; moi j'étais trop morte de peur pour oser réfléchir. Alors j'ai dit oui, le cœur serré, j'ai pensé plein de fois que j'aimerais bien être comme miss p, en ce sens qu'elle semble n'avoir peur de rien et se lance sans trembler.
J'y pense sans arrêt, je me dis que dans une semaine et quelque je serai loin de chez moi, sans repère, sans regard familier sur lequel poser mes yeux. Je panique et je pleure quand je devrais sans doute me réjouir. Et j'en reviens à l'éternelle question pourquoi avec moi tout est si compliqué? J'ai pas tellement envie de développer davantage, parce que j'ai le fauteuil de ma psy pour ça. Je voudrais simplement que tout soit plus léger, et arrêter de pleurer à chaque fois que je pense à tout ça. En attendant j'ai encore deux (ou trois, pas encore décidé) rattrapages la semaine prochaine (dont celui d'italien).
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Mardi 5 juin
13h24
Je songe à créer une rubrique spéciale qui s'appellerait la fac c'est tout pourri. Sérieux.
Voici donc la suite de mes palpitantes aventures au pays du rattrapage de partiels. Vous vous souvenez (ou pas) que le rattrapage de littérature et d'italien débutant tombent à la même heure. La madame de la fac de Lettres m'avait dit bla bla bla la personne qui s'occupe de ça n'est pas là, elle vous appellera la semaine prochaine. Bon, je dois le dire, j'avais une once d'espoir qu'en effet on me rappelle mais évidemment personne n'a rappelé, faudrait que j'arrête d'être naïve à ce point. Du coup j'y suis retournée ce matin. Après avoir examiné ma convocation d'examen, la secrétaire me dit que on peut pas déplacer les examens. C'est convenu comme ça depuis avril, c'est trop tard.
Moi : - Mais même celui d'italien? Y aura personne à ce truc! Sécrétaire : - Je comprends mais c'est pas possible.
Moi : - Ah ouais et je fais quoi? J'envoie quelqu'un passer l'italien à ma place?
Elle : - Va falloir que vous choisissiez entre les deux matières. Moi : - Le truc c'est que pour l'instant j'ai zéro aux deux, là. Donc si je vais pas à l'examen d'italien j'aurais un zéro coef 1 (c'est le plus fort coef). Je suis obligée d'aller à l'exam de littérature parce que j'ai pas pu le passer en mai puisque mon concours tombait le même jour.
Elle : - Bah je comprends mais bon, on peut rien faire nous.
Moi : - Ah bon bah super, et si j'ai pas mon année à cause de ça je fais quoi? (franchement j'étais au bord des larmes)
Là elle a tenté de me suggérer que si je redoublais c'était pas bien grave puisque j'avais déjà des UE acquises. Bon quand elle a vu mon visage suite à sa proposition elle s'est vite tue.
Elle : - Bon mais vous l'aurez bien votre année..
Mais elle croit quoi cette naze, que je passe les rattrapages pour m'amuser, parce qu'au fond les partiels c'est trop l'éclate c'est ça?! Le truc c'est que comme je n'ai pas mes résultats des 2eme semestre je ne sais pas encore combien de points j'aurais à rattraper. Mais si j'ai pas mon semestre à cause de mon zéro en italien putain je sais pas ce que je fais, je porte plainte contre cette foutue fac je crois! A la fin elle m'a dit va falloir que vous la jouiez tactique pour choisir la matière que vous allez passer.. Nan mais comme si les partiels c'était rien d'autre qu'un genre de pocker. Avant de partir je lui ai lancé :
"Ca arrive souvent ce genre de truc?"
Elle : - Non mais de toute façon les gens préviennent avant d'habitude.
Moi : - Mais je vous l'ai dit, j'étais pas au courant. J'ai pas pu faire autrement.
Et puis bon, je suis quand même venue les prévenir un mois avant le rattrapage. D'autant plus que quand j'ai reçu les convocations d'examens, je vois pas bien pourquoi je serai aller regarder à quelle heure tombait tel ou tel rattrapage, hein je veux pas dire mais d'habitude les gens font gaffe quand ils fixent les dates d'exam.. clic
Elle a fait preuve de mauvaise fois alors que tout ça c'est de leur faute. Voilà, (si ça se trouve) je vais payer pour la mauvaise organisation de la fac.
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Dimanche 27 mai
22h07
Je jette un coup d'œil par la fenêtre, à travers les rideaux. Les nuages sont bleu foncé mais juste avant au-dessus de la maison d'en face il y avait un arc-en-ciel. Aujourd'hui j'ai vu les chansons d'amour au cinéma. J'ai eu du mal au début, à adhérer à tout ça ; je me suis dit mais où ça va nous mener et puis finalement ça devient plus doux, toujours gris, mais laiteux aussi ; et les peaux qui se mélangent, les effleurements, les regards qui se croisent et les mots chantés qui s'envolent dans les nuits parisiennes. Ca sonnait bien.
Quoi d'autre.. Vendredi j'ai vu miss p. C'était après mes pas pressés sous le soleil brûlant et les larmes qui se collent sous mes paupières quand je suis assise sur ce fauteuil usé et que je regarde mes doigts qui se tortillent ; j'essaye de parler mais les mots s'étranglent dans ma gorge, rien ne sort, rien ne peut sortir sans que tout s'effondre, alors je regarde dans le vide pour que ça passe ou bien je fixe les rideaux à fleurs, je hoche la tête aux questions qu'elle me pose, en fait je ne l'écoute pas vraiment, dans ma tête tournent en boucle ces phrases que je ne prononcerai peut-être jamais, à personne.
Alors oui j'ai vu miss p, c'était son anniversaire, et toujours elle me dit ça s'est bien passé? je me contente de hausser les épaules, sans doute, elle n'a pas vu que j'avais pleuré.
Après ça on a traîné dans les magasins, l'espace de quelques instants j'ai tout oublié.
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Vendredi 25 mai
11h41
Bon, finalement je ne suis pas allée à cette soirée, c'est débile mais je crois que j'ai un peu peur des gens, je sais pas, j'ai peut-être été blessée trop de fois quand j'étais au collège ou au lycée et tout ça, bref, je vais pas non plus essayer de m'auto-psychanaliser hein. Autre de nouvelle de grande envergure, j'ai reçu la réponse pour le concours d'arts appliqués et je suis huitième sur liste complémentaire. Je suis un peu triste mais T et Lyn m'ont dit que j'avais encore des chances vu que Lyn était 6e sur la liste l'année dernière. J'ai plus qu'à espérer secrètement que certains loupent leur bac. Mais en fait non. Nan j'pense plutôt qu'il y a des gens qui tentent plusieurs concours et donc il y aura peut-être des désistements. Bon, sinon on aura les résultats des partiels à partir du 13 juin, ce qui est un peu chiant vu que le rattrapage commence le 19 mais passons. Autre chose, les rattrapages d'italien et lité américaine tombent le même jour à la même heure, alors à moins de me dédoubler ou de demander à miss p d'aller en italien à ma place (elle est d'accord : ) je vois pas bien comment faire. Alors je suis allée voir cette grognasse de secrétaire d'italien qui m'avait envoyé promener deux jours plutôt pour un renseignement. Elle m'a dit ah mais c'est pas moi qui m'occupe de ça hein! faut aller voir la scola, c'est eux qui fixent les dates d'examen, c'est pas moi hein! Déjà, elle m'a répondu super sèchement comme si je l'accusais d'un crime horrible, alors que trop pas, et deuzio je savais pas ce que c'était que la scola. La scola? Réponse : Ben oui hein, le service de la scolarité, à la fac de Lettres. A la scola la dame m'a dit ah mais faudrait plutôt que vous voyez au département d'italien parce que moi je peux rien faire.. ah ah, so funny! Tout ça pour vous montrer à quel point la fac est un modèle d'organisation.
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Mardi 22 mai
22h32
Ana a appelé, là tout de suite : demain soir on sort, y aura machine et d'autres gens, tu viens? et moi là, j'ai cette envie de pleurer qui revient parce que quoi, je serai jamais celle que je veux c'est ça? parfois j'ai envie que tout s'arrête, qu'on m'appelle plus, qu'on m'oublie. J'arrête pas de croire que je suis différente, des autres gens de la fac par exemple, je sais pas pourquoi je fais ça, j'ai besoin de me prouver à moi même que je suis pas invisible, que je suis unique, alors je dis à ma psy je suis pas comme eux, on n'est pas sur la même longueur d'onde je crois et ça sonne assez négatif dans ma bouche. Elle me renvoie un regard sceptique et moi je voudrais me faire toute petite et je lui dis pourquoi c'est si compliqué? pourquoi avec moi c'est si compliqué. Alors pour demain je voudrais simplement quelques sourires, et s'allonger dans l'herbe et regarder les lumières de la ville mais pas plus, parce qu'après je fuis, je fuis aux questions, aux regards inquisiteurs, à ce qui s'approche trop près, comme si on allait me casser en mille morceaux, alors que bon, je me suis toujours relevée non? Je fuis, je tourne les yeux, la tête, je rougis, tremble peut-être un peu. Et puis après, j'essaie d'oublier.
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Lundi 21 mai
09h52
J’ai passé mes derniers partiels du mois de mai. Restent au moins la littérature us, la civi britannique et l’italien (dont je ne parle pas un mot) à passer fin juin. Ah et sinon jeudi pas dernier mais celui d’avant (le 10 donc) j’ai passé le concours d’arts appliqués dans le lycée de T, à une heure et demie d’ici. Dire que j’étais morte de peur serait réducteur. J’ai du être en apnée pendant une journée entière, si bien qu’après trois heures trente d’épreuve j’étais lessivée comme jamais. Alors voilà, j’attends patiemment les résultats même si au fond je suis déçue par ce que j’ai fait. Ce qui ne m’empêche pas d’y croire un peu, paradoxe de la chose. Bon, quitte à réussir quelque chose cette année je préférerais avoir ce concours que mon année d’anglais mais bon, vu que pour l’instant j’ai nu l’un ni l’autre.. Autre nouvelle, en août je vais travailler au conseil général (j’ai été honteusement pistonnée par mon père qui connaît je ne sais qui là-bas, mais que voulez-vous, de nos jours c’est un peu le seul moyen d’obtenir un boulot d’été dans ce milieu), donc je suis censée travailler là-bas tout le mois d’août sauf que le type qui doit m’expliquer ce que j’aurai à faire est injoignable, et ne me rappelle pas quand je laisse mon numéro. Pour l’instant je suis donc en pseudo vacances mais de toute manière si je commence à glandouiller mes parents me feront culpabiliser comme pas possible donc disons plutôt que je suis en trêve de révisions. La semaine dernière pour le pont j’étais en Picardie avec mes parents. J’ai vu un phoque, des tonnes d’oiseaux, les plages de galets et j’ai pris des photos (que je vais emmener à développer).
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Dimanche 6 mai
23h22
J'aurais voulu écrire autre chose.
Aujourd'hui j'ai voté deux fois, pour moi et pour le père de miss p. Je devais aussi voter pour miss p qui est partie à l'autre bout de la France pour le week-end, mais une même personne de peut pas effectuer deux votes par procuration. Alors je me suis rendue au bureau de vote, c'était dans une salle des fêtes, j'avais l'enveloppe bleue dans les mains pour la mettre dans l'urne et juste devant moi, horreur, la belle-mère de miss p.
A la base miss p m'avait demandée de voter pour son père parce que sa belle-mère ne voterait pas. Seulement elle était juste devant moi, et j'avais la procuration de son mari (ils ne s'entendent pas très bien, vous aurez deviné) dans les mains. Elle a semblé ne pas m'avoir vu. Je savais pas si je devais lui dire bonjour, d'autant plus qu'elle n'était peut-être pas au courant que je votais pour son mari, moi, une amie de sa belle-fille avec qui c'est un peu la guerre. Alors j'ai fait mine de pas la voir et je me suis tournée vers une affiche sur le mur d'à côté, en espérant qu'elle ne me reconnaisse pas.
Vers dix-neuf heures je suis allée voir le dépouillement dans le gymnase près de chez moi. Quelqu'un avait mis un bulletin Le Pen dans l'enveloppe, et un autre une feuille de papier toilette. Dans ma ville, Ségolène Royal arrive en tête avec plus de 57% des voix.
A la maison on a allumé la télé et attendu qu'ils dévoilent le visage de nouveau président. J'étais recroquevillée sur le canapé-lit, je me suis cachée les yeux pendant que le compte à rebours se terminait. Et puis là, quand j'ai vu la tête de Sarkozy avec son sourire suffisant et mielleux, j'ai crié très fort, aussi fort que je pouvais. J'ai pleuré de rage. Ca me rend malade de voir tous ces cons qui brandissent des banderoles, je me dis que peut-être un de ces quatre ils se rendront compte de ce qu'ils ont fait, j'en sais rien. J'ai peur pour la suite, pour la culture, pour la fac qui est déjà dans un état déplorable, pour la liberté d'expression, pour les sans-papiers et pour tant d'autres choses.
Restent les législatives hein : |
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Mardi 24 avril
11h45
Je suis en plein recopiage de cours de civilisation américaine sur pécé et je viens de remarquer que y avait comme un trou d'un mois dans mes notes. Possible que j'ai loupé un cours, je me rappelle même pas. Bref, passons.
Dimanche, j'ai donc voté pour la première fois (oui parce que parait que les élections des délégués de classes ça compte pas vraiment), je dirai pas que c'était l'émotion et tout parce que faut pas exagérer (cela dit ça fait se sentir un peu important).
Je suis allée voter avec ma mère. Bureau 4. Y avait du monde qui attendait et moi j'observais les gens en me demandant qui votait quoi mais autant vous dire tout de suite que ça marche pas du tout. D'après mon cours de français de vendredi dernier, ça s'appelle la physiognomonie (et c'est un peu des couneries).
Dans l'isoloir j'ai eu la trouille de me planter dans les papiers ou d'en mettre deux sans faire exprès mais après moult vérifications, pas de souci. Vers six heures et des poussières je suis allée voir le dépouillement. Là-bas j'ai retrouvé une fille du bafa et un type que je pouvais pas supporter quand j'étais au collège, et il me le rendait bien.
On s'est ignorés, c'était très bien.
Y avait aussi une fille de la télé locale qui filmait mais j'ai loupé les infos. Avec ma mère on rigolait parce que pas un seul papier Nihous ou Schivardi n'est sorti. Je peux demande comment ce type (Schivardi) a pu obtenir ses cinq-cents signatures alors qu'au final quasiment personne n'a voté pour lui, qu'il a une crédibilité réduite et qu'on comprend rien quand il parle (remarquez que les deux sont peut-être liés).
Ah et puis sinon j'ai acheté Philosophie magazine, en partie parce qu'il y a un dialogue entre Michel Onfray et Sarkozy. J'ai commencé à le lire hier soir et y a des passages assez gratinés (mais vous avez peut-être lu des extraits dans la presse, sur la génétique et tout ça). Je vous en dirai plus plus tard, si j'ai le courage (et si ça intéresse quelqu'un.) (comment ça non?).
+edit : bonus of the day (trouvé ici)
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Vendredi 20 avril
23h09
Il est 22h32 et j'ai comme qui dirait vachement envie de fromage de chèvre. Par chance, il y en a dans mon frigo. La nature Intermarché fait bien les choses.
J'ai repris les cours lundi, en commençant par deux heures de français, deux heures à m'éventer avec un prospectus pour des concerts. Bon, j'ai aussi lu le prospectus (pas très discrètement d'ailleurs), parce que deux heures à délirer sur une fable de la fontaine bah moi je tiens pas.
Du coup j'ai aussi profité de mes deux heures d'analyse littéraire pour noter les dates d'exam. Le problème c'est que le partiel de littérature US tombe le même jour que le concours d'arts appliqués. Je suis donc allée au secrétariat d'anglais pour les informer de cette situation délicate. Déjà, j'aime pas trop aller au secrétariat. Je sais pas pourquoi mais quand j'y mets les pieds (c'est à dire le moins possible) j'ai toujours l'impression de déranger. Bon, ce n'est apparemment qu'une impression parce que l'autre jour quand je suis entrée, la brune était sur le site de radioblog. C'est sûr que ça bosse dur. (je suis médisante si j'veux d'abord).
La plupart du temps, quand j'entre, les secrétaires ne lèvent même pas les yeux, ce qui fait que je reste plantée devant le grand bureau comme une andouille en essayant de déterminer quel sera le moment le plus propice pour ouvrir la bouche. Du coup je commence à parler sans savoir si l'une des deux écoute. Et quand je leur pose des questions la plupart du temps elles me regardent l'air de dire mais qu'est-ce qu'elle raconte celle-là en grimaçant d'incompréhension.
Donc, mardi j'y suis allée pour leur dire que manifestement, passer un partiel et un concours le même jour ça allait pas être faisable. Elles m'ont répondu que bah tant pis, vous le passerez fin juin au rattrapage. Trop bien. Je leur demande si je pourrais pas le passer la veille ou le lendemain de la date prévue mais c'est pas possible. Mais alors je vais avoir un zéro vu que je pourrai pas y aller. Euh bah oui mais écoutez au premier semestre on a dit pareil aux gens qui pouvaient pas venir. En plus là vous êtes toute seule, on va pas vous donner une salle. Encore vous seriez dix dans votre cas. Et l'autre de rétorquer que pas du tout, à dix ce serait pareil, pas de salle.
Jeudi j'en ai parlé à ma prof de littérature qui m'a dit que vous comprenez les secrétaires sont un peu débordées en ce moment, elles répondent un peu trop vite. En plus si jamais je foire l'exam de littérature j'aurai pas le droit au rattrapage puisque je passerai déjà le partiel au rattrapage (vous me suivez?). Finalement il faut que j'aille en parler à la responsable des études.
Mercredi il m'est arrivé un truc. Après l'accident avec le train c'est maintenant le tour d'une mobylette. Je sortais de la fac et je m'apprêtais à traverser la rue pour me rendre à l'arrêt de bus. Imaginez une chaussée à trois voies. Il y a une voie pour les voitures coincée entre deux voies de bus. La file de voiture c'était immobilisée pour nous laisser traverser, moi et une fille sur le trottoir d'en face. A peine j'ai posé le pied sur la route qu'un type en mobylette à dix mètres de moi déboîte sur la voie de bus. Du coup comme j'étais en plein dans sa trajectoire il a freiné comme un malade et s'est cassé la goule avec sa mobylette qui faisait des étincelles en râpant sur le goudron. Quand il s'est relevé et qu'il a repris sa mobylette, je lui ai demandé si ça allait mais il ne m'a même pas regardée. Il inspectait sa mobylette sous toutes les coutures, moi j'ai fini de traverser la rue et quelques minutes après il a disparu dans une rue perpendiculaire. Sur le coup j'en tremblais presque parce que j'ai eu la trouille qu'il se fasse vraiment mal et je commençais à culpabiliser un peu mais bon, il avait pas à rouler sur une voie de bus (et par extension doubler les voitures par la droite ou je ne sais quoi) et pi c'est tout.
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Mercredi 11 avril
23h59
Mardi 3 avril
J'ai troqué mes lectures anglophones et mes listes de mots pour un stage théorique de bafa. Je vous passerai le récit des trois premiers jours parce que je ne pourrais pas les raconter tout à fait, c'étaient des jours intenses, au début ne pas savoir ce qu'on fout là, et puis découvrir des milliers de choses au moins, se sentir un peu petit, un peu paumé au-début, et puis les dizaines d'heures s'enchaînent et c'est prenant comme un rythme un peu fou, ( et oui il y a ce formateur qui représente un peu le garçon parfait, qui a une voix d'ange, des yeux bleus et aussi une silhouette parfaite et des sourires en pagailles et qui nous fait éclater de rire toutes les trois secondes en moyenne.) Se dire que samedi après dix-sept heures j'aurais le coeur vide ou lourd de rien. Cet aprem aux entretiens individuels on m'a dit "tu fais pas beaucoup d'interventions mais les quelques fois où tu as parlé quand on était en groupe on s'est dit ouah, elle a des capacités extra c'est sûr." et puis juste après "vas-y fonce". Et moi je voudrais pas être frustrée de pas avoir été comme il faut, de pas avoir dit tel ou tel truc, de pas avoir présenté une chanson que j'aime bien aux autres ; j'ai peur de l'échec je crois, peur de me planter, d'être ridicule, alors oui du coup ne rien faire c'est plus facile. Je suis pas idiote c'est déjà ça. Même si des fois je me demande vraiment ce qui me passe par la tête.
mercredi 11 avril
Voilà, mon stage théorique s’est terminé samedi aprem, ça paraît un peu loin maintenant, j’aurais bien voulu écrire à chaud mais j’ai vraiment pas eu le temps. Il y a eu les jours gris et pluvieux et les grandes anims à l’intérieur, l’odeur de bonbons dans la salle des costumes, les je t’ai killé par dizaines et les où sont les ciseaux lancés à travers la grande salle. Il y a eu les repas à manger trois desserts d’affilés et à rire pour rien et à être bien. Et les chansons en ronde le matin, le manteau enfilé dès qu’on met un pied dehors, et se ruer dans la bibliothèque avant qu’il n’y ait plus de brioche (mais je suis pas très rapide), les fiches de jeux lues en travers et les gobelets alignés avec nos noms dessus, les parchemins distribués et les affiches collées partout. Y a eu des jeux et des énigmes et des citations je sais plus combien, des regards lancés à Lau et éclater de rire toutes les deux juste après, pour des trucs qui font rire sans doute que nous. Et puis les grandes anims avec des déguisements, des indices et des questions hors-sujet en permanence. Jeudi soirée jeu de rôle et flipper comme des malades avec Lau et Aphie, à hurler les yeux fermés et à agiter les bras dans le vide, à élaborer des stratégies basées sur des soupçons. Et Lau qui me lançait des putain tu fais chier en se mordant les lèvres pour arrêter de rire bêtement à mes remarques idiotes. Se prendre au jeu à chaque fois, être ailleurs, déconnectée du monde extérieur mais on est tellement mieux entre ces murs. Le dernier jour, le soleil qui perce enfin l’épaisse couche de nuages, et le bleu, enfin. Avoir des papillons dans le ventre l’après-midi, attendre sur les marches en pierre grise, pendant que la plupart se dore au soleil tel des lézards sur la rambarde de la cour. Ne pas vouloir que ça s’arrête, mais déjà les salles sont vides, les livres sont empilés dans une caisse et le tableau noir effacé. Passer en dernière pour les entretiens individuels de fin de stage et à l’ombre laisser les sourires s’emparer de mes lèvres, s’en foutre et remercier pour les compliments même si ça fait con, dire j’aurais voulu que ça ne s’arrête jamais et sourire encore plus fort quand il a dit bienvenue dans le monde de l’animation. Etre comme soulagée après ça et se dépêcher de rejoindre Aphie, Cé et Lau pour leur raconter. Et puis après, en ronde sous les arbres les quelques mots des formateurs, des trucs qu’on a envie de garder quelque part, de pas oublier, et juste après l’espèce de calin général et les bises claquantes sur les joues des formateurs et de quelques autres (j’aurais bien voulu dire au revoir au fucking charming formateur mais il y avait comme un harem tout autour de lui alors je suis partie). Il y a tellement d’autres choses à dire mais ça fait déjà beaucoup alors je vais m’arrêter là je crois. J’ai quitté le lycée avec Lau, on a marché un peu côte à côte, jusqu’au croisement où je tourne et où elle continue tout droit. Y avait toujours ce même soleil et ça sentait l’insouciance et les vacances et je chantonnais dans la rue. Chez moi j’ai retrouvé ma cousine Nin’ et mon frère. J’ai fait mon sac et on s’est installés dans la twingo bleu marine. Trois heures et demie plus tard, après avoir inhalé de la fumée de cigarette, écouté les ogres et les hurlements d’léo pendant tout ce temps (et ne plus en pouvoir) et dormi la tête contre une peluche en forme de poisson clown, il faisait nuit quand on est arrivé dans la grande maison où nous attendait certains de nos cousins et cousines (on était douze en tout). On a passé deux jours ensemble, c’était sympa mais j’étais crevée après le rythme de ma semaine. Et puis comme je suis la plus jeune de ma famille (française j’entends) je me sentais un peu paumée parfois. Lundi comme personne ne pouvait me ramener dans ma chère ville un peu paumée au milieu de la France, j’ai fait le trajet en voiture jusqu’à Paris. Gare de Lyon j’ai acheté un billet et j’ai attendu dans un bar le temps que le train arrive. Je sais pas si vous êtes déjà allé dans le bar sur le quai (voies jaunes) de cette gare mais y a des tonnes de moineaux qui rentrent dedans. C’est bizarre. J’étais assise avec mon bouquin et ma limonade et paf des moineaux s’invitent à ma table. Peut-être qu’ils devraient songer à mettre une pancarte à l’entrée interdit aux individus munis d’ailes et de becs. Au bout d’une bonne heure je suis montée dans le train. On a roulé une heure à peu près, et puis le train a ralenti et s’est arrêté. En pleine campagne. Manifestement il y avait un problème. (je remercie mon cerveau de ne pas m’avoir suggéré de regarder par la fenêtre.) Dans l’interphone (ou chose du genre) ils nous ont dit qu’il y avait un problème mais on ne savait pas quoi. Quelques minutes plus tard on a su que c’était un accident de personne. J’ai pas tout de suite compris. Enfin si, mais pas mesuré la signification de la chose. Je me suis dit ok merde, le train a heurté quelqu’un. Seulement un train c’est pas comme une voiture. Je veux pas entrer dans les détails parce que j’ai déjà du mal à me remémorer tout ça et que je veux pas faire dans le gore. Un type de la sncf est entré dans le wagon et a dit ne regarder pas par les fenêtre, c’est assez horrible. Plus tard il est repassé baisser les stores des vitres. Je vous épargne les propos du gamin de trois ans en face de moi qui lui, regardait par la fenêtre (et sa mère à côté est une ***** d’inconsciente) et nous faisait part de ses découvertes. Moi je me recroquevillais dans mon siège pour que surtout mon regard ne parte pas vers la gauche, et tout le monde commençait à envoyer des sms et à imaginer les faits. Les commentaires de certaines personnes sont assez aberrants, dans ce genre de situation. Plus tard un autre type de la sncf est venu demander à notre rangée de sièges de changer de place à cause de la police (j’ai pas tout saisi). J’avais la trouille de tout voir en me levant parce que par chance (oui c’est de l’humour noir de merde) c’était juste sous ma fenêtre. J’ai demandé au garçon à côté de moi s’il ne voulait pas baisser le store et il a répondu mais y en a pas et là je me suis dit que niveau ironie du sort, y avait pas mieux. Mais en gentleman (ou en type serviable, comme vous voulez) il a proposé de descendre mon sac. Dans mon champ de vision je voyais des types en orange de l’autre côté de la vitre. On a changé de wagon et là au moins c’était pas le festival du gore derrière les vitres. Des pompiers ont défilés dans les wagons, voir si tout le monde allait bien, pas de gens (gravement) choqués et tout ça. Deux heures et demie plus tard le train s’est remis en marche et on a changé de chauffeur dans une gare de campagne. J’imagine que le type qui conduisait le train depuis Paris devait être traumatisé, malade de ce qui s’était passé. Peut-être et sans doute que ça le hante encore. Voilà, maintenant ça va, c’est pas comme si j’avais assisté à l’accident (qui en fait était un suicide) même si je suis presque sûre d’avoir vu un truc carbonisé avec du sang autour au bord de la voie mais peut-être que c’était rien finalement. Oui je préfère penser que c’était rien.
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Jeudi 29 mars
15h12
Ok. Je viens de passer un truc genre douze heures à faire ce putain de commentaire de littérature américaine. Et j’ai même pas lu livre. Nan, pas Hemingway (que j’ai enfin terminé : ), un autre. Et du coup j’ai loupé deux TD pour finir la rédaction. Cela dit je suis fière de moi. Je pensais avoir le neurone atrophié pour toujours mais point du tout, y a du potentiel.
Bon, sur ce je vais me reposer, c’est que j’ai mal au dos maintenant.
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Samedi 24 mars
21h10
écrit dimanche dernier
J’écoute des vieilles chansons de Mickey 3D et d’autres trucs qui me rappellent la troisième, les bouquins que je lisais, le train jusqu’à Paris, le soleil sur la peau et nos chansons au piano avec mon frère. C’était des moments de vie éclatants et c’est si loin, je tends les doigts et je frôle à peine ; ma gorge se sert.
Je recommence à bosser un peu, à pas louper les cours importants, à lire Hemingway sans trop de difficultés et puis de toute manière je suis bien trop flemmarde pour chercher les mots inconnus dans le dico. Et puis même si j’ai pas mon semestre à cause d’un zéro en italien (je suis pas allée aux exams) et un un-soixante-quinze en civi britannique y a quand même des notes qui font sourire, comme la copie de version avec un seize écrit en rouge dessus et la prof de trad qui dit que c’était une des meilleures, alors quand même spa rien : ]
J’essaye de prendre des bonnes habitudes mais elles se cassent un peu la gueule.
Vendredi c’était la porte ouverte au lycée de T. Une heure-et-demie de voiture plus tard on est arrivé, mon père et moi, dans un village dont le centre ville se limite à une place entourée de quelques commerces. Une lycéenne nous amène jusqu’au bâtiment d’arts appliqués. Dans une salle sont exposés des dizaines de travaux que les élèves ont réalisés pendant l’année. Je cherche T. du regard. Une fille de mon ancien lycée m’explique les différents projets, je hoche la tête, pose quelques questions. Je suis assez émerveillée mais je me demande si ça me correspond bien, tout ça. Comment savoir, c’est à des lieux de ce que j’étudie cette année. Et puis T. vient vers nous. Il me fait visiter le reste de la salle. C’est bizarre de se dire qu’après deux années à se voir cinq jours par semaines, tout s’étire et s’oublie un peu. Je déteste déteste déteste me dire que ce sera plus comme avant, qu’on grandit, qu’on s’éloigne. Une heure après il est tant de s’en aller mais sur la passerelle en métal j’ai pas envie de le quitter. Je l’aurais bien serré dans mes bras mais je suis pas très douée pour ces choses-là et mon père attendait un peu plus loin alors j’ai souri et il a dit je sais plus trop quoi tu m’écris hein ou quelque chose comme ça, j’ai tourné la tête, rejoins mon père et on est parti.
Et le soir-même écrire une lettre de motivation pour un autre lycée à onze heures du soir - alors que vendredi c’était le dernier jour pour les dossiers - glisser des timbres et des enveloppes dans la pochette transparente et rouler jusqu’à la gare pour poster le tout, au centre de tri. Tout ça parce que T. ira sans doute dans ce lycée l’an prochain, alors je me dis que peut-être..
Au fait, je compte bien avoir mon premier semestre grâce au rattrapage (j’ai pas vraiment compris comment ça se passe, d’ailleurs, si je dois repasser l’italien et la civi) ou par compensation. Bon, je parle pas un mot d’italien, vu que j’ai abandonné après trois cours en compagnie de mon prof méganaze. J’ai trois mois pour apprendre. Youpiya !
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Lundi 12 mars
07h45
écrit vendredi
Je déteste tout ça. Ces jours. Je me sens nulle, à côté de la plaque, à côté de tout. Je sais pas saisir ce qui est important, l'essentiel. Je dis à Lyn au-dessus d'une tasse de thé blanc "tu vas rire, je crois que je vais tenter le concours d'entrée des beaux-arts" et ces mots sonnent faux dans ma bouche. Putain mais pourquoi je suis incapable de cerner mes priorités. Je pourrais être partout à la fois. M'occuper de mon second semestre d'anglais, de mon code, de préparer les concours, de finir mes dossiers, et je suis paralysée. Et mon père à table qui me tanne avec des "mais t'as pensé un peu à ce que tu feras si tu peux pas aller en manaa? hein, t'y as pensé?" "faut que t'aies ton année, que tu rattrappes tes points". Je pense que je suis en retard sur tout, les cours les textes les bouquins, et aussi qu'ils ne savent pas à quel point ça se bouscule dans ma tête, et à quel point je doute, et combien je voudrais que tout soit plus simple, que ce soit pas ma vie, là, sous mes doigts, qui part de travers. Je le regarde, ses mots ricochent dans ma tête, j'ai la nausée. L'autre jour je pensais en riant en fait il me manque seulement cinq points pour avoir mon semestre. C'est peut-être pas si dur, la fac, tout compte fait. Maintenant je ris plus tellement. Tu parles, j'en ai les larmes aux yeux.
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Lundi 26 février
13h13
Vacances finies. Seulement une semaine, ça passe vite. Je suis donc reviendue de notre belle capitale, j'ai vu ma tante et mon cousin préféré (quelques heures mais vraiment c'est un type extra). Il a cette manière d'être drôle, et fin, et tellement gentil avec moi.
En trois jours j'ai visité autant de musées et d'expos qu'en un an à peu près. Il a fait plutôt beau, même pas froid, en fait le temps je m'en souviens pas vraiment. Je crois que ça fait un moment que je ne regarde plus trop le ciel. A part les jours vides, quand il n'y a rien d'autre. J'ai pris des photos (youpiyou) que j'ai hâte de découvrir même si j'ai toujours très peur d'être déçue, d'avoir bougé pendant la prise, de m'être plantée dans les réglages. On verra bien. Enfin ces quelques jours étaient vraiment chouettes. On est allées à l'Orangerie, au musée des Arts déco (tellement grand que j'en ai pas vu la moitié), et aussi Beaubourg, la fondation Cartier Bresson et d'autres expo.
Ce matin je ne suis pas allée en cours, grosse flemmarde que je suis. Je redoute d'y retourner. J'ai même plus assez de motivation ou de volonté pour me traîner jusqu'à la fac. Doucement, je m'éloigne. Le mois prochain on va avoir nos résultats de partiels. J'ai loupé pas mal de cours, je sais pas trop où on en est. J'ai commencé Hemingway mais je comprends rien. Et puis je n'aime pas être obligée de chercher la moitié des mots dans le dictionnaire. Ca tue la lecture.
Pour finir quelques photos argentiques scannées (je les ai bidouillées pour qu'elles ressemblent à peu près à leur original).
Je vous avais parlé d'un immeuble en démolition (clic), je sais pas si vous vous rappelez.(voir post du 14/12), et voilà quelques photos prises dans un jardin public en ville il y a deux semaines environ.
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Lundi 19 février
21h07
Pas de note jusqu'à vendredi parce que je serai à Paris. Je vais arpenter les couloirs des musées et autres galeries. Et occasionnellement prendre des photos, si j'ai le courage de traîner le reflex argentique trois fois trop lourd de mon père.
La semaine dernière j'ai fait l'enooorme effort de me sociabiliser, puisque j'ai mangé deux fois en compagnie d'autres première année, et samedi c'était l'anniversaire de T. (et il y avait nos rires, et se sentir bien d'être là, assise en face de lui).
Seiv et M sont quelque part en Europe centrale. J'ai vu mon frère une poignée d'heures éparpillées sur plusieurs jours mais c'était déjà ça, et j'ai gratouillé sur sa guitare (un jour j'en achèterai une et j'aurais plus mal aux doigts en jouant et je connaîtrai plus de six accords.) bonne semaine, tous, vacances ou pas. Février apporte quelques chouettes moments, tout compte fait.
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Jeudi 8 février
10h37
Ca y est, j'ai enfin terminé mon dossier pour Lyon. J'ai jeté pas mal de feuilles de papier à lettre et enlevé des mots pour que ça prenne moins de place ; il fallait bien ça. Cet aprem j'irai au secrétariat d'anglais, voir s'ils veulent bien mettre un coup de tampon, en haut à droite, là où c'est marqué établissement d'origine.
J'ai enfin reçu le livre d'Hemingway. Il fait presque trois-cent pages, je vais mettre des plombes à lire tout ça et puis même on bosse dessus depuis deux semaines, je vais être sacrément en retard.
La nuit je rêve de M., sans savoir pourquoi, alors que quand je le croise il m'adresse à peine un regard gêné, et moi pas mieux. Je sais pas, c'est peut-être de la nostalgie. La semaine prochaine il y a l'anniversaire-surprise de T. J'ai persuadé miss p d'y aller, tandis qu'elle disait ouais mais dix euros de cadeau plus le resto ça va faire cher, et je dois aller à deux autres anniv bla bla bla. En attendant, j'y avais pas pensé, mais y aura sûrement M. et Seiv là-bas. D'accord ça change pas grand chose, mais je vais encore être cette fille qui fait semblant de ne pas le voir, ça va être ridicule, et peut-être qu'au fond ça me tuera toujours un peu de les voir ensemble, même si je pensais que tout ça était loin derrière. J'en sais rien.
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Mardi 6 février
13h44
Je sais pas si vous êtes au courant mais la semaine dernière a eu lieu, comme tous les ans dans ma ville, le festival du court-métrage. Je n'y étais pas allé depuis l'âge de cinq ou six ans, c'est dire. Le truc c'est que ça tombe toujours pendant les cours. Mais cette année j'ai du temps.
Ils avaient mis à disposition des spectateurs une dizaine de salles dispersées en centre-ville. Les séances s'étendaient de dix heures à vingt-trois heures je crois, du coup on avait vraiment beaucoup de choix. C'était vraiment bien organisé. J'ai même pu assister à l'une des séances de clôture avec remise des prix, photos de groupes et diffusion des grands-prix, grâce à une amie de ma mère qui avait une place en trop. Et puis comme j'ai déjà assisté à un tournage de court-métrage je pense que j'ai regardé ces films avec un regard un peu différent, en imaginant ce qui se passe derrière la caméra (je dis pas ça pour me vanter ni rien, mais ça modifie la perception, c'est évident).
En ce moment je suis dans la période remplissage de dossier et recherche d'écoles d'arts. Parfois je pense, la photo c'est vraiment ce que j'aime, je rêverais de pouvoir en apprendre davantage mais quand je vois toutes ces écoles qui recrutent à bac+2 ça me fige un peu. La sélection me fait peur.
Dimanche, j'ai rédigé ma première lettre de motivation, je veux dire la première de toute ma vie, ça m'a pris au moins deux heures, tellement le moindre mot me faisait douter et me donnait envie de changer tout ce que j'avais écrit au-dessus. J'ai aussi acheté du papier à lettre parce que ma mère dit qu'il faut que j'écrive à la main. J'espère qu'ils ne font pas d'étude graphologique.
A la fac je commence déjà à être larguée. J'ai loupé deux cours de français, un cours d'informatique et un autre de traduction. Tout ça pour cause de sommeil. En littérature américaine, on a commencé à étudier un bouquin d'Hemingway. Il y a deux semaines ils ne l'avaient plus en librairie et la vendeuse m'a dit que tous les exemplaires en commande étaient déjà réservés. Du coup, j'ai pris les devants et j'ai commandé le livre sur internet. Hier, je suis allée dans la même librairie et je suis passée au rayon des bouquins en anglais. Là, sous mes yeux, une vingtaine d'exemplaires empilés en attente d'être achetés par des étudiants consciencieux. En plus j'ai vérifié, j'ai payé celui que j'ai commandé plus cher, donc du coup je suis perdante sur toute la ligne, et j'attends toujours ce fichu bouquin.
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Mercredi 31 janvier
15h21
Je suis pas très inspirée en ce moment, l'autre jour j'ai écrit quelques pages au crayon mais je suis pas sûre de poster tout ça. A la place quelques photos de neige, de neige qui fond, et d'une boite fabriquée pour miss p. (la sixième photo n'a pas vraiment interêt mais j'aime bien la très faible profondeur de champ)
On est bientôt en février (bon, c'est demain) et c'est con mais j'ai un peu peur parce que c'est à ce moment qu'ont débuté mes crises d'angoisse l'année dernière. Ces foutues crises qui m'ont paralysée et qui me foutaient la trouille tellement je les redoutais, tellement j'avais peur que ça m'arrive, là dans le bus, en classe, en ville. C'est un peu passé je crois, mais j'ai toujours peur que quelque chose explose à l'intérieur, et me submerge. Alors j'essaye de me rassurer, de me dire que j'ai changé peut-être, un peu?, que ça ira (et aussi qu'on a qu'une vie et merde faut pas rester planté là) mais les moments où l'on se dit ça, c'est quand ça va encore.
Quand tout ça prend le dessus, qu'on est plus vraiment là, alors y a même plus de lucidité, y a plus rien, on est tellement bloqué et loin de tout que ces mots n'ont plus aucune valeur et on envoie balader l'espoir et tout le reste.
Bref, je voudrais pas que ça recommence : |
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Mercredi 10 janvier
23h27
(clic)
Janvier est un mois fabuleux parce qu’il y a les exams du premier semestre et parce qu’il y a les soldes qui sont l’occasion de réaliser combien on a grossi grâce au mois précédent. Bref, que de réjouissances pour un début d’année. Je vous ai pas dit, il y a un mois environ, on a subit une perte terrible : notre lave-linge. Un soir il a inondé le garage, provocant un cour-circuit. (bah oui mais bon, vous n’utilisiez pas Calgon ?) en fait il était juste vieux et le linge ressortait avec des taches qui n’étaient pas là auparavant ; finalement c’était pas plus mal d’en changer. Alors on en a acheté un autre, mais sur internet parce que c’est moins cher. Au bout de deux semaines ils ne l’avaient toujours pas reçu et quand il est arrivé à l’entrepôt ils nous ont encore fait poireauter. Mon père leur a dit au téléphone je vous préviens, toutes mes fringues sont au sale, j’ai plus rien à me mettre, je viendrai le chercher tout nu. A l’autre bout du combiné la fille a répondu oh non, surtout pas monsieur! et le soir-même la machine était chez nous. Elle s’appelle Martine, elle a un hublot et elle parle (elle est même polyglotte). Oh elle dit pas des trucs très intéressants mais c’est quand même sympa. Tenez, l’autre jour j’étais dans la cuisine et j’entends une voix de femme provenant du garage. Comme j’étais censée être seule dans la maison c’était assez flippant. En fait c’était Martine qui disait le cycle est terminé, vous pouvez retirer votre linge de la machine.
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J’ai passé le nouvel an avec miss p et sa famille en normandie. Il y a eu des rires, une grosse dispute qui m’a fait peur, des trucs débiles à la télé et d’autres mieux, des jeux de cartes sur le tapis usé du salon, mais par-dessus tout ça, l’ennui qui s’immisçait et j’aurais voulu que ce soit mieux. Mais au fond c’était déjà bien. Mardi matin j’ai pris un train pour paris. J’avais pas de place réservée alors je me suis glissée entre des bagages. Je savais que j’arriverais vers treize heures et que mon train pour chez moi partait à dix-sept heures trente. Alors je me suis dit que je ferais un tour dans la ville. J’ai déplié un petit plan de paris sur mes genoux et dans mon bloc-notes orange j’ai écrit le parcourt que je ferais l’après-midi. Quand je suis arrivée gare-montparnasse il pleuvait. Je suis sortie, les mp3 défilaient dans mes oreilles, je savais pas du tout de quel côté je devais aller mais être ici, je sais pas, c’était déjà beaucoup. J’ai marché le long du boulevard pasteur et à quelques pas il y avait l’ancien lycée de Phi. Je l’avais déjà vu en photos mais là il était sous mes yeux. De l’autre côté du lycée on pouvait apercevoir le cdi par les fenêtres, et un escalier aussi. J’ai essayé de l’imaginer là, sortant du métro pour entrer dans ce lycée imposant. C’était bizarre, c’est rien au fond, mais ça m’a émue je crois. J’ai continué à marcher jusqu’aux invalides (d’ailleurs c’est quoi ce monument ?). Et puis à côté c’était le lycée dans lequel Phi est maintenant. Tu parles d’un pèlerinage.. Je suis passée dans une rue où il y a des ministères, celui de la pêche je crois et matignon aussi, mais pas de villepin en vue, juste des flics qui poireautent. J’ai rejoint la Seine, c’était assez beau mais mon appareil photo était déchargé alors j’ai essayé de photographier avec mes yeux mais ça marche pas toujours. – J’avais dit ça à Seiv un jour, que ce serait bien si on pouvait photographier d’un seul regard ; tous les moments, toutes les lumières qu’on pourrait immortaliser. – Après c’était le Louvre et ses centaines de touristes qui se prennent en photos. Je voyais pas ça comme ça, j’étais un peu déçue en fait, la place où il y a la pyramide, je la voyais immense. J’ai avalé mon sandwich au saumon fumé et je me suis dirigée vers l’opéra garnier que j’ai mis une plombe à trouver parce que j’arrêtais pas de tourner en rond. Je suis entrée seulement on pouvait presque rien voir sans payer alors j’ai pris une brochure pour miss p et je suis repartie. Il devait être un peu moins de quatre heures, j’en avais plein les pattes alors j’ai pris le rer pour la gare-de-lyon. J’ai utilisé un seul ticket de métro finalement. C’est pour ça que j’ai marché tout le long, pour pas en utiliser. Avec les thunes qui auraient dû servir au métro j’ai filé un euro à un type sdf et j’ai aussi acheté une glace au café häagen dasz (presque trois euros mais slurpe miam, la seule glace au café qui a le goût de vanille-café) (oui j’aurais aussi pu acheter vanille et café et mélanger les deux mais en fait non) (c’est à dire que je cherche de l’haagen dasz au café depuis que j’en ai mangé en suisse il y a deux ans et demi et on en trouve seulement dans les magasins hd et rue de rivoli il était là sous mes yeux.) Quand je suis arrivée à la gare j’ai attendu un sacré bout de temps, j’ai fait un tour dans le quartier, miteux, je suis revenue, j’ai attendu encore et à cinq-heures-et-quart j’étais dans le train.
Voilà, je suis rentrée depuis mardi deux janvier. A la maison j’ai trainé, j’ai vu Lou., j’ai regardé la saison dix de friends en anglais et j’ai bossé ma grammaire. Je suis malade depuis cinq jours. Vous savez, le kit mal de gorge – rhume – toux – maux de tête – fièvre et patatoche. J’ai passé trois partiels jusqu’à maintenant. Il en reste trois je crois. Lundi c’était thème-version-grammaire. Je m’en suis pas trop mal tirée je crois. Mardi, littérature. J’avais pas révisé grand chose alors j’ai meublé comme j’ai pu et mon commentaire de texte est sans doute bidon au possible. Ce matin c’était Histoire grand-britonne. J’ai toujours été une bille en histoire, je suis incapable de parler d’un événement historique, parce que je ne parviens pas à me représenter, à mesurer l’ampleur de tous ces trucs que je n’ai pas vécu. Les dates c’est pareil, pour moi ce ne sont que des alignements de chiffres qui ne font échos à rien dans mon esprit. Hier j’ai révisé deux ou trois heures alors ça n’a pas suffit, évidemment. Sur la feuille ce matin, il y avait quatre ‘questions’ (qui se résument à discuss trucmuch’s reign ou seulement une date). J’ai répondu à trois questions sur quatre donc en théorie je peux pas avoir plus de six sur vingt. Sur l’autre page il y avait un discours d’un roi auquel je n’ai rien capté. Je l’ai lu une quinzaine de fois, j’ai fini par comprendre le sens global du texte mais pas moyen de comprendre à quoi ça faisait référence. Enfin quand même, ils auraient pu choisir un truc un peu plus intelligible. La declaration faisait vingt-cinq lignes dont deux phrases de dix lignes chacune, vraiment génial ! Pendant que j’essayais désespérément de trouver quelque chose à écrire, la fille devant moi attendait qu’il soit neuf-heures pour rendre sa copie et partir. Elle s’est retournée : c’est bon, il est neuf-heures là ? j’ai dit j’pense…euh ouais. Elle s’est levée et a avancé jusqu’au bureau où les profs regardaient des cartes d’étudiants en faisant des commentaires, puis elle est sortie. Tout l’amphi avait les yeux rivés sur elle. Forcément plein d’autres étudiants ont suivi. Une demie-heure plus tard j’ai quitté l’amphi à mon tour après avoir rendu une copie blanche.
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Jeudi 28 décembre
15h02
J’ai passé un noël très chouette, comme ça n’était pas arrivé depuis longtemps. J’ai retrouvé mon frère, cinq de mes cousines et leurs parents. On était douze dans la très grande maison presque vide le reste de l’année. Je sais pas pourquoi, j’appréhendais avant d’y être, mais vraiment, c’était bien. On a beaucoup ri, bouquiné, joué du piano, chanté des conneries, fouillé dans les placards et sorti des vieilles photos, manger des tonnes de chocolats (…) Le dernier jour j’étais de mauvaise humeur et j’ai eu le droit à l’éternelle réflexion : elle a le caractère de son grand-père (bon, spa un compliment, vous aviez compris). Tout ça c’était seulement parce que j’aurais voulu que le temps s’étire, qu’on se quitte pas tout de suite. Mais bon, c’est peut-être la brièveté des moments qui font leur magie. (dissert, je ramasse les copies dans quatre heures) Ah au fait, le père-noël m’a apporté un lecteur mp3 (qui fait aussi radio, horloge, chronomètre, c’est trop la folie, en plus il est violet-qui-brille alors bon) et un bouquin sur la photo numérique. Plus des chocolats.
Je suis à nouveau chez moi depuis avant-hier (mardi donc). Samedi je vais voir miss p en normandie. Je prends le train, j’espère ne pas me paumer en changeant de gare à Paris. Et je rentre mardi soir. Après ça je prendrai quelques aprèms pour faire semblant de réviser mes exams de début d’année que je me fous un peu de réussir ou pas puisque je ne compte pas continuer.
N’empêche ça m’a fait du bien de voir une partie de ma famille. Comme une bouffée d’oxygène (ouais, enfin un peu enfumée ; ), ça m’a donné envie de me bouger un peu, de faire quelque chose de ma petite vie, de changer d’air aussi.
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Samedi 23 décembre
07h27
Je m'en vais pour trois-quatre jours dans une demie-heure. Je vous souhaite un joyeux noël : )
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Jeudi 14 décembre
22h57
Rien de très intéressant à raconter. Il fait froid ces jours-ci. Les boutons de ma veste en velours se barrent et tombent sur les pavés quand je marche. Lundi dernier (nan celui d’avant) ils ont changé toutes les lignes de bus, les horaires, les itinéraires, tout. Le bus qui passe en bas de chez moi va direct à la fac de langues maintenant. Cela dit comme il passe toutes les demie-heures ça change pas grand chose. Je vais jusqu’à la grande place à pieds, je slalome entre les travaux et les trous creusés dans les trottoirs, je peste contre les voitures place de l’Etoile, rien ne change. Samedi dernier miss p et moi sommes allées là où travaille mon père pour emprunter la salle de danse. On a bossé sur la chorée de miss p (pour le concours), on avance peu mais ça commence à ressembler à quelque chose. Elle enchaîne les doubles-pirouettes, attitudes et déboulés sur le parquet, et j’aime bien la regarder danser. Dehors à travers les baies vitrées, on voit les cours de tennis, les terrains de foot où des types s’entraînent pendant des heures. Après une heure et demie on en avait marre, on a refermé la salle et on est parties. Sur la grande place il y avait un monde fou. Miss p a voulu faire un tour au centre-commercial, on est entrées dans habitat, les gens s’agglutinaient autour des bougies et autres guirlandes ; on est ressorties, je me suis dit que finalement la fnac ce serait pour une autre fois. Après je me souviens plus. Je crois qu’on a marché jusqu’aux arrêts de bus, que le mien n’arrivait pas. Miss p voulait pas attendre alors on est rentrées à pieds.
Lundi matin miss p m’avait donné rendez-vous chez elle. En partant j’ai embarqué le reflex argentique de mon père pour photographier un immeuble en démolition aperçu la veille en voiture. Quand je suis arrivée des types bossaient devant, faisaient je-ne-sais-quoi en remuant de la poussière. J’ai sorti l’appareil et commencé les réglages. Un des types s’est approché, peut-être le chef de chantier. Il a dit hey vous faites quoi ? J’ai répondu je prends quelques photos, je trouve ça chouette, les appartements en coupe, la baignoire, le lavabo. Parce que c’était ça que je voulais photographier. C’était comme si quelqu’un avait enlevé tout un pan de mur. On voyait deux salles d’eau qui donnaient sur du vide, c’était étrange. Je sais pas ce qu’il a cru. Pour le rassurer j’ai dit très vite c’est pour mon usage personnel hein, je vais pas les commercialiser ou les publier. Il était méfiant, c’était dingue. Il a même ajouté d’un air très sérieux ah non mais parce que moi sinon je vous confisque votre appareil photo. J’ai préféré m’en aller parce que ça n’avait aucun sens. Et puis je sais bien qu’on ne peut pas interdire à quelqu’un de pendre une photo d’un immeuble en friche mais bon. Y en a que ça inquiète que voulez vous. Quand j’ai raconté ça à miss p elle m’a dit un truc du genre nan mais c’est normal, ils voient débarquer quelqu’un avec un appareil photo, personne fait ça.
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Lundi 4 décembre
09h36
écrit dimanche soir
J’ai souvent pensé que miss p me traitait différemment de ses autres amies, du moins qu’elle me voyait autrement, comme une enfant fragile qui ne connaît rien de la vrai vie, celle qui commence après vingt-et-une heure le soir et qui fait qu’on se sent un peu adulte avant l’heure. C’est comme quand elle m’avait lancé l’année dernière un dans ta future vie sentimentale l’air de rien et que j’avais trouvé détestable, tout ça parce que je n’étais amoureuse de personne, pas comme toutes ses copines casées et recasées plusieurs fois, trop sans doute parce que je m’emmêlais les pinceaux quand on en parlait. Elle m’avait lancé ça en plein visage sans même faire gaffe à ce que ça voulait dire et où ça atterrirait – ça devait être lors d’une conversation du genre les mecs tous les mêmes – alors que moi je cohabitais tant bien que mal avec moi-même et je trouvais que c’était déjà pas mal.
J’ai peu d’amis. Je m’en plains souvent. J’envie Ana quand je vois tous ces étudiants qui sont dans la même fac que moi et qui gravitent autour d’elle. Les mêmes que j’évite sans raison, juste parce qu’encore une fois je ne me sens pas à l’aise, peur d’encombrer, d’imposer ma présence. Quand j’ai dit ça à Seiv au téléphone il y a deux semaines tout juste, elle a soupiré, s’est offusqué et au final m’a presque engueulée ah mais ça c’est toi tout craché ! (pour la jouer fille surprenante faudra repasser) Parce que même si on a dû se voir deux fois en trois mois elle est celle qui me connaît le mieux (parfois mieux que moi-même). (Parce que je pouvais dire tout ce que j’avais sur le cœur tout en sachant qu’elle comprendrait. Je crois que c’est la chose la plus précieuse en amitié, en relations humaines, n’importe, de savoir que quelqu’un peut comprendre).A miss p je peux dire beaucoup de choses aussi, pas les mêmes mais sans doute tout autant.Je pourrais parler pendant des heures d’elles deux. Comment miss p et moi on est devenues amies en une fraction de seconde, il y a dix ans de ça, comme un coup de baguette magique, et comment après ce jour on ne s’est presque plus quittées.Je pourrais vous raconter en des milliers de lignes combien Seiv est la fille la plus spéciale, géniale, intelligente, en un mot extraordinaire que j’ai jamais rencontrée. Combien je suis fière d’être son amie et combien elle m’a fait sentir à quel point je pouvais être importante pour elle. Je pourrais dire tout ça et beaucoup plus mais dans ces cas-là, les mots ça ne compte pas vraiment. Ou alors il faudrait en plus les sourires, les regards, les battements de cœurs, les corps qui s’étreignent. (si quelque chose compte vraiment c’est certainement ça)
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Il y a des soirs comme celui-là où je reste des heures avant d’éteindre. Comme si je ne pouvais pas. Je regarde sur mon portable les aiguilles qui se déplacent et je me dis pas encore, pas encore. Je peux rester des plombes comme ça, jusqu’à une heure, deux, trois parfois. J’attends le bon moment en quelque sorte. C’est con. Après ça le matin je suis crevée. Même dans le noir, même après avoir éteint je ne parviens pas à me séparer de ces bruits, la pluie, la ville, la radio surtout. Même si c’est de l’électro un peu pourri, même si ce sont les humoristes qui me fatiguent – et s’ils sont drôles je n’ai souvent plus la force de rire, dans la nuit. La plupart du temps ce sont les voix des différents animateurs sur france inter qui se succèdent. Le flux de leurs paroles me berce – j’essais de me concentrer sur autre chose que mon sommeil, les pensées qui m’encombrent la tête quand il s’agit de dormir.
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Dimanche 3 décembre
12h55
La première chose que je fais en me levant (à part regarder l'heure sur mon portable) c'est aller jusqu'à ma chambre et ouvrir une case de mon calendrier kinder. Ce matin j'ai eu un kinder-surprise. Un quart d'heure à me tordre la peau sur le plastique jaune ; au final il y avait un pirate Astérix et les vikings à l'intérieur. Dans la boite, ils ont aussi mis un papier avec inscrit mon magicode mais je suis allée sur le site kinder et j'ai pas trouvé la page. Ils ont dû la supprimer. C'est con, j'aurais peut-être gagné.
Hier samedi j'ai glandé toute la journée. Mais je me suis levée relativement tard ce qui a diminué le temps de glandage. J'ai attendu désespérément un appel/message de Seiv mais rien rien rien. Miss p n'était pas en ville mais dans un bled à au moins trente km d'ici. Elle a dit je savais pas que t'étais toute seule chez toi! la prochaine fois tu me dis hein! je viendrai passer le week-end chez toi. J'ai répondu mais non ça va je t'assure, et puis c'est bon, toi ça t'arrive bien d'être toute seule dans ton appart quand So (une de ses amies) est pas là. Ce à quoi elle a répondu Ben justement, je sais ce que c'est! J'ai traîné successivement devant Valérieladéco sur m6, le pécé, le piano, la cuisine, la salle de bain, re le pécé. J'ai publié des photos, certaines avaient déjà trouvé leur place sur mon ancien blog, et d'autres étaient sur mon pécé depuis des mois. Après ça j'ai décidé de faire un peu de sport. Enfin nan, pas vraiment. Du houla hoop. J'en ai fais dix minutes sur du Elliott Smith, après j'en ai eu marre (du houla hoop, pas d'Elliott hein). J'ai regardé par la fenêtre. Sur la grande place ils ont installé une grande-roue et de la chambre je pouvais apercevoir le haut de la roue qui brillait, clignotait, mais ne tournait pas. Finalement j'ai décidé d'aller faire un tour en ville. Quand je suis arrivée à l'arrêt de tram il y avait déjà beaucoup de monde (pourtant je n'étais pas encore sur la grande place). Un tram est arrivé, je voulais le prendre mais il était bondé, les gens étaient écrasés les uns sur les autres. C'est le maire qui doit être content je me suis dit. J'ai fait le chemin jusqu'à la librairie à pieds. La grande place était en ébullition. Des types sur des nacelles finissaient d'installer les dernières guirlandes lumineuses du sapin. Les gens s'attroupaient autour de la grande-roue formant une file monstre. Il y avait de la musique partout. Les terrasses des cafés débordaient sur la place. Cinq ou dix minutes plus tard j'étais devant la librairie. Au départ je voulais des paillettes rouges à coudre et finalement j'ai acheté un petit calepin et On ira voir la mer d'Olivier Adam. Au retour j'ai pris le tram et avant de rentrer j'ai fait un tour au supermarché. J'avais plus trop d'argent, j'ai acheté du saumon et un magazine.
Et voilà, récit de ma journée un peu vide. Ah et aussi, aller faire un tour chez Cassiopée, elle a fait un calendrier de l'avent aussi bien (peut-être même mieux) que le kinder, c'est dire!
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Jeudi 30 novembre
8h23
ecrit mercredi soir
Si rien ne compte
La nuit dernière je me suis réveillée en sursaut à une heure trente.
J’ai cru qu’on était déjà l’après-midi, que je m’étais pas réveillée. J’ai ouvert la porte de la chambre, l’escalier était plongé dans la pénombre.
Sur mon portable, il y avait un message de Seiv envoyé un quart d’heure plus tôt, et qui disait en plus de mots Lan est en ville”.
Lan, c’était le correspondant américain de M. quand on était en seconde. On s’envoyait des mails, des lettres, j’avais même reçu un livre de photo de Chicago par la poste. Et puis un jour il n’a plus écrit, il était toujours hors-ligne sur ma liste msn.
Et hier ce message. Sur le coup je me suis demandée si j’étais pas en train de rêver.
Lundi aprem j’ai envoyé un mail à Phi, ça faisait pas mal de temps qu’on ne s’était pas parlé. J’ai écrit je sais que tu n’as pas beaucoup de temps. Je crois qu’il ne répondra pas.
(En vrai j’aimerais qu’il me dise viens voir Paris et tellement d’autres choses, comme autant de mots qu’il ne prononcera jamais.) (Et je suis rien qu’une idéaliste pessimiste.)
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Lundi 28 novembre
13h09
Tout à l’heure dans le bus après la fac et le coup de fil de miss p j’ai entendu un type parler au téléphone et pendant quelques secondes j’ai cru entendre la voix de T. Avant d’atteindre la maison j’ai farfouillé dans mes poches et j’ai sorti ma carte de bus. Derrière ma photo, j’avais glissé un post-it orange en forme de bulle de bédé sur lequel T. avait écrit le surnom qu’ils me donnent tous depuis trois ou quatre ans. Cinq grandes lettres violettes en majuscules. Parfois je ressortais ce papier et ça me rappelait l’année dernière, le cdi à rire, penchés au-dessus des tables et les dessins qu’il faisait partout. J’aimais bien avoir ce morceau de souvenir sur moi, et le tenir au creux de ma main comme un porte-bonheur un talisman ou je ne sais quoi. Et puis voilà, tout à l’heure j’ai regardé derrière ma photo et il n’y avait rien. Plus de papier orange plié au hasard. Pour une fois que quelque chose comptait vraiment. Je sais pas il a dû glissé quand j’ai sorti ma carte en entrant dans le bus, ou à l’arrêt de la fac, ou à ceux de la grande place.
J’en ai marre de la fac. Comme miss p, comme Ana et sûrement comme tant d’autres. Marre des textes d’Histoire anglaise et des nouvelles à commenter. Maintenant le matin quand je me lève j’en suis à me demander quels cours je vais sécher dans la journée.
Bon, et puis sinon j’ai eu quatorze en MTU, c’est ma deuxième note avec un quinze dans cette même matière (mais bon, ça n'a rien à voir avec les autres cours). Jeudi j’aurai le résultat de mon exam blanc de littérature méthodo. J’ai du mal à définir mes priorités. Est-ce que c’est essayer d’avoir mon année, ou alors me renseigner pour l’année prochaine étant donné qu’un jour sur deux c’est toujours aussi flou dans ma tête? Parce quand ma prof de littérature méthodo a dit que l’Anglais devait être notre priorité, notre principal souci, notre préoccupation majeure (appelez ça comme vous voulez) je me suis sentie un peu con. Mais c’est évident en même temps, ils s’imaginent tous qu’on va être prof d’anglais ou professeur des écoles alors bon. Enfin bref je stagne, je ne me consacre à rien en particulier, c’est tellement plus facile de ne prendre aucune décision et de regarder les jours qui passent.
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Samedi 25 novembre
00h03
écrit mercredi et vendredi soir
On se caille ici. C’est ce que je dis à ma mère pas mal de fois dans une journée, ce à quoi elle rétorque mets un pull! Parfois je finis avec quatre épaisseurs et ça caille quand même.
Aujourd’hui (mercredi) j’ai eu une journée un peu pourrie. Les quatre heures de cours ce matin étaient interminables, des tonnes de temps à plisser les yeux, à soupirer et à jeter des coups d’œil désespérer sur la feuille d’à côté, mais rien à faire, il y a toujours des espaces blancs entre les mots qui ne seront jamais remplis.
Vendredi dernier j’ai passé la soirée chez miss p, on a parlé un peu du concours de danse auquel elle veut participer et j’ai pour mission de trouver des idées d’ambiances, de thèmes, de mouvements, blablabla, je suis en quelques sortes une préposée aux idées. On a déjà la musique, miss p la choisit sur la compil que T. m’avait faite. En parlant de lui, samedi soir ma mère avait invité les parents de Lice, ceux de Lou plus une autre amie, au début je pensais pas rester, tous ces adultes dans la même pièce et moi en plus je trouvais que ça faisait beaucoup et puis je voulais pas les déranger. Finalement ma mère m’a proposé plusieurs fois de passer la soirée avec eux et finalement je suis restée en leur compagnie. C’était très chouette. Ils ont parlé de tout et de rien. Du concours qu’à passé mon père pour devenir super-technicien-de-recherche (truc du genre), de politique, de voyage, d’orientation (de la mienne pas mal en l’occurrence), et puis il y a eu des running jokes toute la soirée, c’était drôle. Ils sont partis vers minuit-et-demi une heure, je suis allée chercher mon portable laissé dans le bureau et dessus il y avait un message de T. Il voulait qu’on se retrouve en ville le lendemain, lui, Seiv, miss p, Lyn et moi, seulement ça c’est pas fait parce que personne pouvait entre miss p et ses partiels, Seiv qui a quatorze heures dormait encore et Lyn j’en sais rien, j’ai pas de nouvelles d’elle. Alors on a remit ça à ce week-end, on verra bien.
Lundi midi j’ai pris le tram pour aller chez miss p (bon en fait ça m’a économisé cinq minutes de marche alors c’était pas très intéressant finalement). Après le rituel interphone-escalier-porte-d’entrée je l’ai retrouvée dans son salon où elle m’a lancé un ouah c’est trop beau tes cheveux en guise de bonjour. Elle a ajouté tu veux pas que je te les lisse ? et deux minutes après j’étais assise sur le rebord de la baignoire tandis qu’elle attrapait mes mèches une à une et les fourrait entre les plaques du fer. Tout ce que je peux dire c’est que je n’ai jamais eu les cheveux aussi raides et lisses de toute ma vie. Voir photo ici même. Ah et pour la coupe, maintenant ils ne ressemblent plus tellement à vendredi dernier mais voici une photo quand même (de vendredi + lissés).
(ça devient de plus en plus futile ici.. encore un peu je m’installe sur skybloug où je ne posterai plus que des photos de mes cheveux.)
Bref, après l’épisode lissage, on a foiré notre aprem par manque d’organisation. Miss p voulait emprunter une salle de danse au conservatoire mais on a pas pu alors je suis partie bosser à la b.u de Lettres et elle est partie chez un copain. On s’est retrouvé à cinq heures et quart en salle d’Italien pour le cours hebdomadaire auquel nous ne sommes pas allées depuis trois semaines pour cause de prof incompétent et assommant et de risque d’endormissement sur table plus qu’élevé. C’est-à-dire que le type qui nous fait cours n’est même pas prof, il est juste italien (c’est déjà ça hein). Il n’a aucune méthode d’enseignement, il nous fait cours au gré de ce qui lui passe par la tête. Mais surtout, surtout, il ne maîtrise pas correctement le Français, il nous marque des mots en italien au tableau mais n’est pas capable de les traduire. Même les déterminants : un jour un type lui a demandé ce qu’il avait marqué au tableau, il a répondu euh, c’est ceci et cela. En fait c’était ce, cette, ces. Bref, que des trucs dans ce style. C’est folklorique deux secondes mais après moi ça me déclenche des soupirs et des regards-qui-tuent en ribambelle. Lundi il nous a carrément sorti que il y a des choses ne devraient être pas le professeur à le dire (il parlait de l’achat d’un dictionnaire). Au bout d’une heure on est parti parce que vraiment, on en pouvait plus. Miss p dit qu’elle a de la pitié pour lui ou je ne sais quoi. J’ai répondu que j’avais pas de pitié pour les gens qui me font perdre mon temps. En plus de ça on a loupé l’examen d’Italien sans le savoir puisqu’on a seché trois cours. Je me console en me disant que l’année prochaine je ferai autre chose, enfin y a interêt. (et puis bientôt quelques nouvelles photos)
[edit : nouvelles photos en partie postées (voir Couleurs fanées et Autumn]
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Vendredi 17 novembre
11h08
Aujourd'hui est un grand jour puisque je me rends chez le coiffeur, chose qui arrive deux fois par ans grand maximum. Il y a une semaine ou deux je me suis rendue compte après multiples observations dans le miroir qui fallait faire quelque chose parce que 1) ils sont très longs 2) les pointes sont abimées 3) il ne reste qu'un semblant de dégradé 4) l'anarchie capillaire ça suffit 5 ) j'ai reçu il y a deux semaines un chèque de réduc' Jeanlouisdavid (c'est trop la folie). Si le résultat n'est pas désastreux vous aurez droit à une photo. ou pas vu que je suis toujours déçue quand je ressors de chez un coiffeur, ce qui explique le pourquoi du j'y vais rarement. Voilà, et puis à part ça je suis une amie ingrate, ça fait des jours que je tanne miss p pour aller au cours d'informatique cédeuzi (c'est son nom) pour passer le diplôme du même nom (on est obligé, bouh). On devait y aller le vendredi de huit à dix. Sauf que : vendredi dernier, miss p canassonait à la même heure et comme j'avais la flemme d'y aller toute seule (quelle surprise) je n'y suis pas allée, donc je m'étais dit qu'on irait ce matin sans faute, mais voilà, je ne me suis pas réveillée, ou plutôt mon portable-réveil ne m'a pas réveillée (possible qu'il ait sonné, aucun souvenir) et quand j'ai émergé à neuf heures il y avait cinq appels en absence. Voilà, encore un truc qui tombe à l'eau. Ce soir je vais emprunter le tram (qui roule depuis lundi) pour la première fois. Ah, et aussi, il y a une dizaine de nouvelles (vieilles en fait) photos (voir 2005).
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Mercredi 15 novembre
après-midi
Les arbres brillent au soleil ; tout à l’heure dans la rue je me disais enfin l’automne.
Je ne sais plus trop. Il y a du vent, un ciel très bleu. Hier mes pas si rapides dans la rue – je redeviens une éternelle-en-retard on dirait ; mes muscles tiraient derrière mes tibias.
Je ne sais pas trop, je sais pas à quoi je joue – je comprends pas à quoi ça rime, il y a tous ces cours où je m’assois n’importe où, je fais celle qui s’en fout, je pourrais m’installer à côté des seules personnes que je connais un peu, mais je les fuis, je comprends pas pourquoi. Je veux peut-être pas créer de liens au fond, avec ces personnes-là, parce que je sens qu’on est pas pareil, que je vais pas être à leur hauteur. Je voudrais que ce soit plus simple, tellement je déteste me forcer. En attendant je fais le yoyo, vous savez, je m’assois pas à côté de toi et après le cours je viens te parler, et c’est sans doute une attitude méprisable et en plus qui n’a pas de sens. Ca rime à rien.
T. me manque, un peu. Seiv aussi. Elle est en lea, ça veut dire qu’on est dans la même fac et pourtant on ne se voit jamais. Miss p déserte les couloirs d’espagnol pour dormir, bosser, se lamenter, traîner sur mon canapé. On est en novembre, je sais pas où je vais, j’achète des bouquins que je lirai probablement pas, je dessine au lieu de bosser, je m’endors n’importe où ; c’est ce qui reste de mes vieilles habitudes. J’ai l’impression d’être au bord de quelque chose parfois, comme une nausée. Vendredi dernier j’ai traîné longtemps dans les rues avant le rendez-vous chez ma psy, je voulais pas y aller ; près de l’immeuble je me suis promis de ne pas pleurer alors que déjà je vacillais et c’en était presque ridicule de faire une telle promesse, je sentais bien qu’un pas un mot un regard me ferait éclater en sanglots. Arrivée en bas de l’immeuble, le sol était trempé et une femme de ménage poussait l’eau jusqu’au trottoir. J’ai dit je peux marcher ? j’ai fait un pas et elle a dit attention ça glisse ! J’ai failli glisser. Plus tard j’ai rejoint miss p chez elle et on s’est séparées en face du magasin de jouets, ses mots blessants qui s’agrippaient dans ma tête. Elle a dit mais c’est bon je plaisantais m’en veux pas. J’ai dit j’ai pas besoin de toi pour savoir tout ça, parfois tu ferais mieux de garder tes mauvaises blagues pour toi.
Elle a tourné la tête, regardé une vitrine ; elle était déjà passée à autre chose.
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Dimanche 5 novembre
21h42
On a le temps de rien
J'en ai des trucs à vous raconter, un concert, une soirée déguisée, des pas de danse, de la couture chez miss p et un aprem à Poitiers.
J'ai un peu mal au bras à cause de la prise de sang d'hier et beaucoup de boulot pour la semaine qui vient. Il fait très froid dehors mais j'aime bien, je crois. Mon frère est reparti aujourd'hui. Je l'avais pas vu depuis juillet et même, c'était cinq mois sans qu'il mette les pieds ici, des centaines (et encore plus) de jours que je dors dans son lit mais je n'y pensais pas. A l'absence. Sa voix à l'autre bout du fil, nos quelques mots par ordinateurs interposés et une carte postale, et puis surtout mes pensées qui suffisaient presque. Il ne m'a pas manquée. Je crois qu'il y a quelque chose de plus fort, de plus ténu que ça. Hier soir il y a eu notre fou-rire à table avec ma mère et lui et ça m'a fait oublier tous ces jours qui nous ont séparé. Je voudrais écrire plus mais je suis fatiguée. C'est con, j'avais tant à dire, mais tous les mots qui tournaient, qui attendaient d'être déposés quelque part sont partis et je sais pas si c'est nécessaire de vouloir les rattraper. Je vous souhaite une bonne semaine. A bientôt.
clic clac (pour les dimensions des fenêtres ça bug sous IE mais sous Mozilla ça fonctionne normalement) (enfin chez moi ; )
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Ecrit vendredi 20 octobre
10h45
Ouik-end. Le vendredi j'ai pas cours, ça me fait une grande journée pour tout et rien, je me suis levée il y a presque deux heures. Hier il y a eu le bus en début d'aprem et ce gamin de deux ou trois ans dans sa poussette qui délirait complètement. En entrant dans le bus avec sa mère il s'est mis en boucle comme un vinyle rayé et il disait je suis là, je suis là, et quand il s'est assit sur le siège il est reparti comme une vieux disque avec sa petite voix aiguë je suis là, c'est moi!! c'est ma place. c'est ma plaaace. je suis là. je suis là?? mais oui, c'est moi, je suis là! C'était du grand délire mais c'était vraiment trop drôle venant d'un gosse de trois ans. Et puis après c'était les quatre heures de cours qui passent si lentement. En littérature-métho j'ai une prof géniale. Elle est très drôle et elle dessine des patates au tableau pour nous expliquer les figures de style, elle dit que c'est parce que son père était prof de maths. J'ai pas grand chose d'intéressant à vous raconter. Enfin si, faut que je vous parle de ma soirée d'hier quand même. Vous avez même droit à des photos pourries prises sans flash et pleines de bruit. Donc hier, je sais pas si vous avez écouté/regardé/pris une douche les infos, un débat en présence des trois candidats du ps était organisé dans ma ville. Enfin débat c'est beaucoup dire. C'était plutôt l'occasion à chacun d'exposer quelques points qui lui tenait à cœur et de répondre à trois questions posées par des militants de la région et dont les réponses avaient été préparées. J'y connais pas grand chose en politique et je serais incapable d'analyser tout ça, je mélange déjà les propos de chacun dans ma tête. Mais bon, pour vous dire qu'on était trois mille (deux cent cinquante selon la police) dans notre vieille maison-des-sports assis sur les gradins inconfortables. Un peu avant l'arrivée des trois candidats, un groupe de photographes et de cameramen est arrivée dans la salle, enfin dans la fosse, et d'en haut on les voyait s'agiter, se diriger vers une grande porte en braquant leur flash sur personne et derrière nous un type criait c'est pas là, c'est l'autre porte!! de l'autre côté!! ils sont là-bas!, alors les journalistes levaient la tête, ils ne savaient plus où aller et avec ma mère on rigolait comme des baleines parce que de toute évidence le type de derrière racontait n'importe quoi. Finalement ils sont arrivés, Ségolène, Dominique et Laurent (oui parce qu'on s'appelle par son prénom dans ce milieu) et en fond sonore il avait mis un genre d'electro, c'était l'euphorie dans la salle et moi j'essayais en vain de prendre des photos mais ça ne donnait rien même avec flash (je renonce à ma carrière de paparazzi). Sergio, le maire de la ville a fait un discours, excusé les absents, et selon tirage-au-sort, Ségolène s'est installée devant le pupitre la première. Elle a commencé par une spéciale-dédicace au président du conseil général décédé cette année alors les gens ont applaudi de plus belle parce que je crois que pour eux c'était important qu'on y pense ce soir. Parait que Ségolène avait peur de venir à Clermont parce qu'ici ce sont plutôt des fabiusiens mais elle a été sacrément applaudie pour un public censé lui être hostile dans sa majorité. Après c'était au tour de Dominique et enfin Laurent. Pour les questions c'était drôle parce qu'à chaque fois ils appelaient un militant dont la question avait été tirée au sort et la personne arrivait et faisait alors Dominique, que comptes-tu faire pour arranger ça? et il répondait Eh bien pour répondre à ta question Bernadette.. on aurait dit de vieux potos de fac ou truc du genre, c'est peut-être ça l'esprit ps.. enfin bon, ça va avec la solidarité, l'écoute et tout ça. Mais quand même, j'imagine mal quelqu'un lancer à Sarkozy Qu'est-ce que t'en penses Nicolas? Je sais pas, ça colle pas. Quoique alors Ségolène.., ben ça faisait bizarre aussi.
Ils ont dit quelque soit la ou le candidat, tout le ps suivra et se rassemblera derrière lui, et aussi pour ceux qui veulent, les verts, les communistes et Ségolène a lancé et pourquoi pas l'extrême gauche aussi (un peu plus et elle rajoutait allez, soyons fous!) Quand même, c'était émouvant d'être là et de les écouter parler, et de se dire c'est un peu c'est mots là que je voulais entendre. Bien sûr, ils ont passé un peu de pommade sur les militants auvergnats, bah ouais, votre région est formidable, blablabla, entreprises en pleine croissance et tout ça et puis le discours était un peu démago par moments mais c'est normal j'imagine, puisque leurs paroles sont un peu des échos à l'opinion commune. Dès que ça parlait éducation à côté je voyais les mains de ma mère applaudir très fort et avant elle m'avait dit tu te rends compte, y a une association maintenant qui demande aux parents de vérifier si les manuels scolaires de leurs enfants correspondent bien aux demandes du ministre et de dénoncer les instits si ce n'est pas le cas. C'est vrai qu'ils sont complètement tarés, de ne plus faire confiance aux instits, de leur dire y a des tonnes de gamins illettrés c'est de votre faute, de censurer et de renvoyer les personnels d'iufm qui osent encore penser autrement.
A la fin, ils sont montés tous les trois sur l'estrade, il a eu les photos et les applaudissement, et à la sortie les mêmes photographes et cameramen les attendaient. On s'est dirigés tant bien que mal vers les portes vitrées et on s'est retrouvés dehors.
Voilà, c'était mon premier meeting politique, les photos pourries (parce que prises en zoom x12 pour la plupart et sans flash) sont ici et bientôt une radio sur ce blog, parce que ça manque sacrément de musique ici.
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vendredi 13 octobre-super cagnotte de 5 millions au loto
23h40
Semaine grise et finir trois fois à dix-neuf heures quinze ça fait beaucoup. Je me rends compte que j’écris peu finalement. J’ai peu écrit durant tous ces mois, mais il y a quelques temps déjà les mots se sont remis à courir dans ma tête. Alors faudra bien qu’ils atterrissent quelque part. Cette semaine était ma deuxième à la fac. Je pense à ça et je me dis qu’à la fin de l’année je ne m’en souviendrai pas, comment c’était, j’oublie toujours les débuts d’années.
Je suis un peu malade depuis vendredi dernier, ça a commencé par un mal de gorge, ou plutôt non, vous savez comment ça fait quand on boit la tasse à la piscine, ce truc qui gène entre le nez et la gorge (on ne sait pas bien où d’ailleurs), bon eh bien je me suis réveillée avec ça. Après ça s’est transformé en rhume et puis je tousse depuis lundi. L’autre jour je suis sortie de cours parce que j’arrivais plus à m’arrêter de tousser.
Je m’ennuie un peu dans les couloirs de la fac. J’attends contre les murs mais comme je ne suis pas très courageuse je finis souvent par m’asseoir. Parfois j’ai cours avec Ana alors l’attente est moins pénible mais je fais pas d’efforts il faut dire, pour être cette fille enjouée que je ne suis pas, pour être enthousiaste ou joyeuse ou je ne sais quoi. Non, en vérité, l’atmosphère me plombe le cœur et moi je ne riposte pas. Donc voilà, je crois qu’Ana je vais vite l’ennuyer, et puis elle a trouvé un garçon qui rit avec elle. Cela dit en cours, quand j’étais avec Seiv je pouvais pas m’empêcher de lui raconter des trucs et on se bidonnait pour des conneries, mais là je sais pas, c’est moi qui déconne ? j’écoute les cours, je me tortille sur ma chaise, je pose ma tête dans mes mains mais je ressens pas le besoin de parler. Enfin non, c’est pas vraiment ça, au fond je n’ai peut-être seulement rien à dire. Et les seuls mots qui viennent, peut-être qu’ils sont destinés à quelqu’un d’autre.
Demain c’est l’inauguration du tramway. Ca fait des plombes qu’ils font des travaux en ville et tout autour et ces derniers mois c’étaient d’interminables essais. Normalement le tram est gratuit ce week-end mais comme il a déraillé deux fois en quelques jours je sais pas s’il roulera.
Aujourd’hui j’ai marché longtemps dans la ville, ce matin pour aller visiter la b-u à la fac de lettres. Dans les couloirs j’ai trouvé un garçon de ma classe de première-terminale. J’étais contente de le voir alors qu’on se parlait jamais. Il a dit attends je t’accompagne parce que je m’étais un peu paumée, puis il est parti manger. Quand j’ai vu ses grands yeux verts je me suis dit merde dire qu’on sait jamais parlé et qu’il faut attendre de se rencontrer dans les bâtiments d’une fac qui n’est même pas la mienne pour s’adresser la parole. Je crois que c’est un type bien. Nan mais vous savez, y a des gens comme ça, pas besoin de les connaître beaucoup, ça transparaît, en quelques sortes. (ou alors je suis naïve ? pitié non..)
Je crois que des choses doivent changer. C’est ce qu’à dit ma psy en fin d’aprem tandis que mes yeux s’emplissaient de larmes et que je pensais allez, ça y est, c’est l’heure des grandes eaux. J’ai dit ouais, ouais plein de fois en guise d’approbation quand elle me lançait tout ça, que ça m’atterrissait en plein visage et que ça coulait sur mes joues. Elle a finit par me dire fais-toi une vraie vie d’étudiante, alors que moi je me sens comme une gosse perdue dans un monde qui n’est pas le sien (grandis !). J’ai posé le chèque sur son bureau, fourré la feuille de sécu dans ma poche et quelques mouvements de portes plus tard j’étais dans la rue. J’ai traîné un peu, regardé les gamins de l’école d’à côté jouer au foot dans le square, finalement je savais pas trop aller -tout ce temps j'avais le coeur au bord des lèvres- et puis j’ai longé une avenue ou un boulevard, enfin c’était long, pour aller jusqu’à la grande place. Au bout de la rue j’ai vu un type très con (dans le genre méchant) de ma classe de term alors j’ai tourné les talons, changé de trottoir, de rue, et je me suis retrouvée sur la grande place. Ils installaient un podium, un truc immense comme s’il allait y avoir un orchestre ou un groupe d’au moins dix musiciens. Ils faisaient des essais de son, ça semblait long, je me suis dirigée vers les arrêts de bus et le mien arrivait.
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jeudi 5 octobre
21h25

Je me souviens que quand on trouvait un truc bizarre M disait que c’était avant-gardiste et ça me faisait rire. J'ai repensé à ça quand j'ai regardé mes cheveux dans le miroir et que cette masse ne ressemblait décidément à rien. Mardi en sortant de mon premier cours d'Arabe avec Ana, je les ai vu, Seiv et M je veux dire. J'ai baladé mes yeux de l'un à l'autre et puis ils se sont finalement posés sur Seiv et ça m'a collé un grand sourire. Je lui ai dit tu sors de Chinois? oui mais je suis très pressée. Après deux bises elle s'est enfuie avec M. Cinq minutes plus tard j'ai pris un bus et à l'arrêt suivant M montait lui aussi, après avoir accompagné Seiv au conservatoire. Quand je suis descendue à la grande place M changeait de siège je sais pas trop pourquoi et j'ai laissé passer tous ceux qui voulaient descendre avant moi et quand je m'appretais à quitter le bus les portes se sont refermées comme un sandwiche et j'étais coincée au milieu, j'ai poussé très fort avec mes bras alors que je sais bien que deux bras ne peuvent pas retenir deux portes de bus. J'ai réussi à m'extraire, j'ai pensé à M qui devait se marrer intérieurement de tant d'habilité et je me suis sentie con, très. Après ça c'était les minutes à traîner sur la grande place que les gens traversent sans jamais s'arrêter vraiment, alors les bancs en pierre étaient tous vides, vous imaginez bien. J'ai sorti de mon sac un sandwiche pain-beurre-chocolat, fait un tour dans le centre commercial et finalement appelé miss p. J'ai dit je t'accompagne à la danse si tu veux. Oh c'est gentil mais j'y vais en voiture. et puis j'ai continué à marcher et cinquante mètres plus loin c'était le cinéma. Là j’ai retrouvé ma mère et on a pris deux places pour Little Miss Sunshine. J’ai aimé, elle pas trop mais c’était une soirée douce, c’était bien. Je vais beaucoup au cinéma en ce moment. Pour me laver la tête, la remplir d’histoires qui ne sont pas les miennes et de personnages auxquels je m’identifie presqu’en me faisant violence. J’aime pas ça, voir un film sans pouvoir comprendre ce qui trotte dans la tête de celui qui est à l’écran. Il parle, il parle et moi je me sens loin et étrangère si je ne parviens pas à m’accrocher à leur monde, si les sentiments me passent au-dessus de la tête. J’ai vu Je vais bien, ne t’en fais pas mais comme je l’avais lu j’avais un peu peur. Mais c’était très fort et beau et même si des personnages et des instants et des souvenirs du livre ont été occultés c’était ça, comme si on en avait extrait l'essentiel avec une pipette et qu’on l’avait répandu sur la pellicule du film. Quand j’ai lu ce livre, il y a deux ans peut-être, j’écoutais Souchon en même temps, mais seulement quelques chansons. Ca devait se limiter à Rive Gauche et Tailler la zone. Et puis hier j’ai parcouru ces mêmes pages, mais peut-être avec un regard différent je ne sais plus très bien et j’écoutais Portbail et je me suis dit c’est tout à fait ça. J’ai aussi vu Si j’étais chanteur parce qu’ils ont tourné dans ma ville et tout autour (mais quand même, Cécile de France qui randonne sur un volcan en talons aiguille c’est peu crédible.) Il y a eu aussi l’avant-première du Grand Meaulnes dans une salle remplie d’instit’ et Le vent se lève mais j’ai quand même pas tout compris.

Hier c’était bizarre, les longues attentes devant les salles de cours, et le matin cette heure de Littérature US et cette crise d’angoisse qui m’a surprise au beau milieu du couloir et j’ai fait comme d’habitude, j’ai soufflé, je me suis assise, j’ai essayé de me détendre mais c’était long, ça passait pas vraiment et ça me fiche la trouille à chaque fois, comme un long vertige, une nausée qui me traverse le corps et autour de moi je cherchais des yeux un regard connu, n’importe qui pour me rassurer un peu et mais il n’y avait personne que je connaissais et ça ma fait mal, un peu, de savoir que nos heures ensemble, à miss p et moi, et Seiv Lyn et T -quand il s’agissait de se lancer des sourires c’était comme des mini bouées de sauvetages ou des repères lumineux comme pour les bateaux- je sais que toutes ces heures sont révolues. J’ai l’impression d’avoir été arrachée à ma routine de lycéenne, ces journées presque douces parfois, ces petites colères enfouies et nos soupirs et nos yeux fatigués. Je sais pas, c’est comme si ça me manquait, j’ai plus de points de repère, j’ai plus d’aimants pour mon regard, j’ai plus de frôlements et de bises claquantes qui disaient comme ‘hey, je suis là’. Maintenant ça va être l’heure d’y aller. Hier il y a eu mon énervement et les mots durs de mes parents et cette voix qui dit tu vas pas rester là comme ça et je lui réponds je n’ai le courage de rien. J’attends que tout passe, tout s’estompe (mais peut-être que j’attends pour rien).

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dimanche 24 septembre
21h58
Avant que j'ai le courage de vous raconter mes jours presque loin d'ici, vous pouvez regarder les nouvelles photos (bretagne et paris, rubrique photos). Demain est un grand jour. Enfin c'est ma pré-rentrée à la fac. Ouais enfin parait que c'est une rentrée pour du beurre, genre pour s'habituer petit à petit à ne plus être en vacances (nan c'est moi qui dit ça). Mine de rien, trois mois de vacances je l'ai plutôt bien vécu. Vous m'en remettrez trois de plus merci!
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jeudi 7 septembre
16h59
Juste quelques mots pour vous dire que je suis revenue. Rentrée fin août, un mois passé dans la vaste maison de ma grande-tante, j'ai vu des personnes de ma famille, des gens que j'aime ; j'ai vu Lice et sa famille, on a passé des jours tous ensemble : balades-tennis-vélo-et petit ennui. C'était bien.
A clermont j'ai retrouvée miss p, on a trainé chez moi, chez elle, dans les rues, un peu. Je la rejoins dimanche à Paris, entre deux trains. On va passer dix jours en Bretagne, ensuite un ou deux jours à Paris chez ma tante, après elle monte en Normandie et moi je rentre. Demain je m'inscris à la fac. Une année d'anglais, avec moi je sais qu'il y aura Ana et aussi une fille de ma classe de première-terminale (loin d'être une copine..). J'ai pas du tout hâte de commencer les cours, j'appréhende un peu mais dans une ou deux semaines ce sera pire que ça. J'essaye de ne pas trop y penser, de profiter des jours vides de septembre. Au fait, j'ai dix-huit ans depuis quelques jours. Et aussi une carte-bleue (mais pas encore le code qui va avec). Avant-hier je suis allée au cinéma avec Seiv. On a passé une presque-nuit-blanche à discuter de tonnes de trucs, un peu comme on faisait avant. Plusieurs fois je me suis aperçue qu'un sourire s'était accroché à mes lèvres et il ne m'a plus quittée cette nuit-là. C'était agréable de la retrouver. Hier soir il ne restait plus que son parfum de fleurs sucrées sur l'oreiller, j'ai mis du temps à m'endormir.
Pour finir quelques photos prises au mois d'août.
#août, du vent dans les arbres
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dimanche 30 juillet
22h07
Ce matin je suis partie rejoindre mon frère dans le sud pour quelques heures. On a pris la voiture tôt (bon, pour moi huit heures vingt c'est tôt), on a roulé quatre heures, j'ai dormi un peu je crois. J'ai écouté Mojave3 Gallygows Los Chicros et la compil que T. m'avait fait et après ça on est arrivé. Mon frère nous attendait sur son balcon. On a parlé un peu, il a ouvert ses cadeaux (je lui ai acheté une bédé de science-fiction et j'avais empilé des cookies et des brownies maison dans une boîte en fer.) Je crois qu'il était vraiment content. Il a eu vingt-deux ans il y a quelques jours, il m'impressionne tellement par tout ce qu'il fait, par son aisance, sa popularité ou n'importe. Il a toujours été doué pour ça. Se faire des amis, des contacts, des connaissances et éviter les cons. J'ai l'impression que c'était hier que j'appuyais sur le déclencheur de l'appareil photo paternel tandis qu'il soufflait ses bougies de dix-sept ans. Mais dix-sept ans c'est moi qui les ai maintenant, et même, j'ai dix-huit ans dans un mois et ça me fout les jetons. Je veux pas qu'on me jette dans l'âge adulte, cet âge ingrat qui leurre et porte préjudice. Franchement, moi? avoir dix-huit ans? pfff c'est n'importe quoi. J'ai l'impression de pas avoir vécu, enfin non, de pas avoir vécu ce que j'aurais voulu. C'est bizarre, mes parents et moi en Scandinavie, Seiv M. et moi en Suisse, Seiv et moi en Angleterre, Miss p et moi à Malte.. c'était il y a trois, deux, un an, et je me sens loin parfois, tellement loin de mes souvenirs, si bien que je me demande si j'ai bien vécu tout ça, si c'était bien moi à leurs côtés. (est-ce que c'est ça grandir? se sentir loin, se sentir différente?) j'ai peur de ne plus jamais vibrer, de devenir amer par trop de frustration, d'avoir le coeur qui se dessèche et s'effrite avec le temps, comme dit l'homme aux os-de-verre dans Amélie Poulain. Dites-moi que ça n'arrivera pas, que le peu de choses en lesquelles je crois ce ne sont pas des conneries, que ma vie s'arrangera en quelque chose de joli. Je perds mon temps à regarder les nuages dans le ciel ou bien il n'y a que ça de vrai?
Demain je m'en vais avec mes parents pour un bon moment, trois semaines au moins si on n'en a pas marre avant. Sinon on reviendra pour repartir après. Ou bien ma mère me jettera dans un train à Poitiers pour rentrer à la maison. J'espère que ça ira là-bas, que je serai bien, apaisée, enfin bref, vous voyez. Ca me tue de pas pouvoir emmener les musiques qu'il y a sur mon pécé.. je vais devoir me farcir mes cd encore et encore parce que je crois que sans musique pour accompagner c'est comme une petite mort.
Je voudrais dire d'autres choses, comme le fait que je pense à Phi, vous savez, ce garçon sur msn, que je pense à lui et que c'est irrationnel et que je sais combien c'est pathétique (ou pitoyable) de s'attacher pour presque rien et d'idéaliser peut-être mais bref, ça fait des plombes que lui et moi on se parle, peut-être quatre ans et pour moi ça représente quelque chose, comme une fine amitié, comme quelque chose qu'on effleure juste sans jamais appuyer pour que rien ne bouge, pour qu'un équilibre fragile persiste et peut-être que je suis la seule de nous deux à ressentir ça et au fond ça m'a toujours fait de la peine. De penser plus, de penser trop, de penser faux. N'empêche qu'un jour j'oserai peut-être lui dire qu'il est, je le crois, génial, comme ce doit être une force, comme on doit se sentir grand et spécial à ses côtés. Un jour où j'aurais pas peur que ça tombe dans le vide ou de regretter. Mais je crois que pour quelques mots je n'ai rien à perdre. On risque pas grand chose à tendre une main à travers une brume d'été.
Je vous souhaite de bonnes vacances, du soleil mais pas trop, buvez beaucoup et abusez des brumisateurs : ] see you soon*
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dimanche 15 juillet
23h58
Il est un peu tard mais ces jours-ci je ne m'endors pas avant une ou deux heures du matin. Je m'agite et je me retourne dans mon lit sans trouver le sommeil (et pourtant je le cherche). Je crois que ça va un peu mieux. J'ai vu ma psy jeudi mais je sais pas si ça a quelque chose à voir dans le fait que je me sente un petit peu mieux aujourd'hui. D'ailleurs nous sommes demain, enfin je veux dire qu'à l'instant où j'écris on est lundi, 00h01. Bref, la veille Seiv m'avait appelée, on a parlé un bon moment, de choses et d'autres, je sais plus exactement quoi.. un peu du séjour qu'elle venait de passer avec M. et elle m'a proposé de l'accompagner début août près de l'océan avec son père. Sur le coup je me suis dit que c'était peut-être pas une bonne idée, c'est la maison dans laquelle on était allé elle M. et moi pour une semaine quand on était en seconde. C'était aux vacances de février je crois, il faisait encore froid et pendant cette semaine j'avais réalisé que cette amitié à trois ne fonctionnerait jamais parce que j'aimais trop M., quand j'y repense je sais même pas si c'était de l'amour, je veux dire, ça ressemblait à une flamme qui ronge l'intérieur par moment. Je me souviens très bien d'un soir là-bas, on était tous les trois assis sur le canapé à regarder des bêtises à la télé. M s'était rapproché de Seiv et avait pris sa main, ou son bras, je sais plus trop. J'étais partie me coucher en les laissant là, comme deux idiots un peu mièvres qui semblaient avoir oublié le monde extérieur. J'étais partie me coucher et au lieu de ça j'ai fondu en larmes assise en tailleur sur le lit deux places. Peu de temps après Seiv était entrée et elle m'avait prise dans ses bras. Plus tard il n'y avait plus que M et moi dans la chambre et il n'osait trop rien dire, juste des qu'est-ce qui ne va pas? en faisant celui qui ne remarquait rien et ça m'avait énervée. Je crois qu'il a fini par comprendre, et puis même, il savait déjà avant ça. Finalement Seiv et lui sortent ensemble depuis un an et je crois que c'est pas plus mal comme ça.
Alors voilà, c'est pour tout ça que j'ai hésité quand elle m'a proposée de l'accompagner. Je sais bien que je ne revivrai pas la même chose mais j'ai peur que ça réveille cette douleur, en y allant, en revoyant la chambre et tout le reste. Je sais pas, est-ce que c'est vraiment risqué de retourner dans un endroit dans lequel on a souffert?
Le lendemain après le rendez-vous chez ma psy je suis allée traîner en ville avec ma mère (oui je sais ce que vous vous dites). On est allé à la Fnac, rayon livres de cuisine pour moi. Après j'ai farfouillé dans les romans mais je n'avais aucun titre ni aucun auteur en tête alors au bout d'un bon moment j'ai pris le dernier Georgia sur le présentoir et on est parti payer. Finalement j'ai aussi acheté un cd, le dernier de Mojave 3. Trois caisses plus loin le vendeur ressemblait étrangement à Gaspard Ulliel et l'expo de photos à l'entrée du magasin c'était des images de Paris je t'aime. Après ça j'ai acheté un semblant de maillot de bain après en avoir essayé plusieurs dans lesquels je ressemblais à un vulgaire bout de viande, l'aspect sanguinolent en moins. Quand on a fini nos achats il était sept heures passées et je suis allé chez ma copine Lou. (celle qui est bilingue) pour lui emprunter des bouquins en anglais. Cinq en tout, dont Jane Eyre, Sense and Sensibility (parait que c'est Raison et sentiments en français) et La jeune fille à la perle mais là je me souviens plus du titre original. Le lendemain je suis allée chez Seiv. On était censé aller à la piscine mais elle n'avait plus trop envie alors à la place on a regardé Eternal Sunshine. Je lui ai apporté ses cadeaux d'anniversaire de 2004 et en échange elle m'a rendu des livres qui apparemment m'appartiennent, des bouquins pour le lycée. Résultats j'ai Les Mots de Sartre en double chez moi. Un des deux exemplaires appartient sans nul doute à miss p.
On a pas mal discuté, de musique entre autre, un peu de la fac et je crois que j'adore parler avec elle parce qu'on peut avoir de longues conversations concernant des sujets bidons tel que Johnny Hallyday (désolée pour les fans, cependant j'espère qu'il n'y en a pas sur mon blog) ou des sujets beaucoup plus sérieux sur lesquels on peut élaborer toutes sortes de réflexions sans pourtant maîtriser la question. Je sais que même si on a pas les mêmes goûts pour pas mal de choses ce n'est pas le plus important, ce qui compte c'est de pouvoir se comprendre, de savoir que c'est sûrement la personne qui me connait le mieux, de savoir que je peux lui parler de choses importantes qu'elle sera la seule à comprendre parce que c'est la seule qui me comprenait. Enfin bon, tout ça c'est en théorie, parce qu'on est loin maintenant, même si je voudrais pouvoir dire qu'on sera toujours là l'une pour l'autre et blablabla. On s'est éloigné, j'ai loupé beaucoup de choses de sa vie et vice-versa même si je n'ai pas une vie trépidante. Et finalement celui qui profite de tout ça, je veux dire, de tout ce que Seiv m'apportait, c'est M. et c'en est presque frustrant.
Je crois que j'ai assez écrit pour ce soir et le reste sera pour une autre fois. Bonne nuit*
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lundi 10 juillet
Ce doit être le courage d'écrire qui me manque, ou l'envie. J'ai pris des photos de ciel ce soir, elles ressemblent à n'importe quelles photos de ciel rose le soir, quand les nuages bouffent le soleil qu'il nous reste et flinguent un peu les yeux. Seiv doit être revenue de l'océan à l'heure qu'il est, mais pas de signe de vie. Avec miss p je suis allée au cinéma hier aprem, c'était Dance with me, et Antonio Banderas et son sourire mielleux et retenu et ses expressions figées mais les images étaient quand même un peu belles je crois, le tout bourré de clichés mais le mouvement réveille les pupilles. On est le 10 et je me dis que juillet va passer tout seul, presque sans moi et au fond ça fait un mois de plus qui défile. J'ai aimé juin, un peu. Les jours de bac qui me faisaient me rappeler que j'étais en vie. Et les citations de Bonnefoy qui sortaient toutes seules de ma tête au petit matin. Alors que l'épreuve littérature était déjà passée. Et que Bonnefoy n'est pas tombé cette année. Hier on a regardé la finale de foot, miss p mes parents et moi, dans la chambre de télé. Après je suis allée me coucher, j'ai écouté les Cranberries longtemps, ça me rappelle Les Hauts de Hurlevent parce que quand je lisais, j'écoutais ce cd en même temps. C'étaient des jours d'aout et de pluie, des soirées fraîches sur la terrasse à la lumière des bougies. C'était quand mon frère était encore avec nous, enfin je crois. Depuis quelques temps, quelques jours peut-être je me réveille déprimée comme si les rêves de la nuit et le sommeil ne pouvait pas évacuer ça. Je fais des cauchemars aussi, depuis un mois, ce sont des images de mort, c'est miss p qui me dit qu'elle n'en pleut plus d'être là, à faire semblant de vivre, c'est Ren qui meurt d'une crise cardiaque après l'oral du bac, ce sont des cadavres étendus devant l'arrêt de bus de la grande place. J'ai peur. De ce que ça veut dire. Des cauchemars j'en faisais pas vraiment avant. Des rêves déplaisants parfois. Mais pas des gens qui disparaissent et qui laissent leurs souvenirs planer autour de moi.
J'ai laissé les récits des jours passer et maintenant je n'ose plus raconter. En quelques mots jeudi dernier j'étais à l'aéroport de Lyon, j'attendais mon père et à côté de nous trois jeunes tenaient des pancartes Zidane y va marquer, c'était quand tous y croyaient encore et je crois que j'aime bien ces évènements qui fédèrent un peu. De longues, longues minutes et mon père est apparu entre les portes de l'ascenseur. Je l'ai pris dans mes bras, on est allé jusqu'à la voiture et le ciel étaient chargé d'éclairs. On a roulé de nuit et je me penchais pour entendre ce qu'ils se disaient devant. A l'arrière j'observais les vitres se couvrir de buée. Mon père est revenu de deux semaines dans sa Tunisie natale, des jours tristes à cause du décès de son beau-frère, des jours où le soleil cuit tout sur son passage dès neuf heures du matin. Des heures qui sont lourdes à cause des conflits dans ma famille, comme s'ils ne se supportaient plus et mon père essaye de servir de médiateur. Mon grand-père a dit pourquoi ta femme et tes enfants ne sont pas venus? Comme si c'était si simple.
Moi je voudrais juste retrouver ce truc, cet élan de vie. Ce qui fait sourire les matins même si on ne sait rien de ce qui suit, qui donne envie de tourner sur soi-même pour sentir l'air vibrer rien qu'un instant.
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lundi 3 juillet
17h49
Si vous saviez comme on flippait avec miss p cet aprem! On se disait, bon, d'abord on regarde les résultats sur internet et après on va au lycée voir les listes! et l'instant d'après on se disait ahhhhhh, je veux pas y aller, je veux pas savoir, je suis sûre que je l'ai pas!! ça va être affreux!! miss p était certaine de pas l'avoir et moi je dansais d'un pied sur l'autre dans mes estimations. Je sentais se profiler le rattrapage.
C'est ma mère qui m'a appelé en premier, et ensuite mon père, à moins que ce soit l'inverse. Après ça a été le tour de mon frère. Moi j'en pouvais plus de cette tension, je pensais à mes copies pourries en histoire-géo en littérature en allemand et ça paraissait évident qu'à côté de mon nom y aurait pas marqué Admis. Seiv m'a appelé elle aussi et on a parlé un bon moment ; à l'autre bout du fil j'entendais la voix de M. à côté de la sienne et c'était comme s'il s'adressait à moi indirectement, il répondait aux questions que je posais à Seiv et j'ai pensé que c'était idiot à présent de faire semblant de ne pas le voir. Seiv a appelé une deuxième fois et c'était pour m'annoncer que ça y est, les résultats sont affichés, mon père est passé devant. Et? et...alors je l'aaaiiii!.... avec mention bien. Je l'ai félicité plein de fois et j'étais sûre qu'elle aurait une mention, même que j'avais rêvé que quelqu'un avait une mention assez bien et ça pouvait pas être moi. J'ai envoyé des messages à Lyn et elle m'a dit qu'elle savait pour moi, mais qu'elle dirait rien. A cet instant je savais que le bac, c'était dans la poche parce que je suis juste au-dessus d'elle dans l'ordre alphabétique alors c'était logique qu'elle ait vu mon nom. Et comme dans la liste ils ne mettent que les gens admis... Plus tard miss p a appelé et elle a dit bah putain pour quelqu'un qui pensait ne pas avoir le bac tu fais fort!! Moi je disais je veux rien savoir! dis rien!! et puis Seiv a appelé pour me féliciter et elle a dit bah oui, t'as mention assez bien, tu savais pas?! J'ai souri beaucoup dans toute la maison mais quand miss p m'a appelé pour me dire qu'elle avait le bac j'ai sauté de joie je faisais des bonds dans le couloir sans pouvoir m'arrêter et j'étais tellement contente pour elle, beaucoup plus que pour moi et quand elle est arrivé dans la voiture de sa tante on riait comme des folles et moi franchement cette histoire de mention j'y croyais toujours pas. Après j'ai vu nos noms sur les listes et des mentions assez bien y en a pas mal dans ma classe apparemment. On a repris la voiture pour aller chercher nos notes au lycée, le nôtre cette fois. Y avait plein de monde dans la cour, tous les S qui venaient voir les listes plus tous ceux qui voulaient leurs notes. Ca faisait un paquet de gens. A la vie scolaire on a signé en face de notre nom et en échange ils nous ont remis un livret rouge. Alors voilà mes notes :
Epreuves anticipées :
Français écrit : 10
Français oral : 12
Enseignement scientifique : 15
Maths-informatique : 15
Epreuves de cette année :
Littérature : 12 (alors que j'ai pas eu la moyenne une seule fois dans l'année...)
Histoire-géographie : 11 (alors que j'ai complètement raté la partie Histoire...)
Anglais LV1 : 17 (ha ha!!) (meilleure note cette année : 14 ou 15)
Philosophie : 11 (dans ma tête soit j'avais réussi bien comifo, genre j'aurais 15, soit j'avais fait un hors-sujet) (peut-être que j'ai fait un demi hors-sujet, c'est possible ça.)
Allemand LV2 : 12 (alors que j'avais 7 de moyenne cette année...)
Eps : 12 (je suis trop une boss!) (nan c'est pas vrai, en fait j'ai eu 16 en danse alors bon..) (cela dit c'est surtout grâce à notre génialissime chorégraphie!)
LV1 de complément : 13 (ouais ça se tient)
Musique facultative : 16 (j'aurais pas fait trois ans d'option pour rien au moins)
Tpe (littérature) : 12 en littérature donc 4 points en plus.
Oui en fait cette année ils ne tiennent pas compte de la note de tpe. Ils prennent les points au-dessus de la moyenne de la note qu'on a eu dans la matière qui se rapportait au tpe. Moi c'était lettre et art, alors comme une idiote honnête fille, j'ai coché Littérature. J'aurais dû choisir Anglais, j'aurais eu 14 points en plus.
Explications plausibles à ces résultats obtenus cette année (parce que l'année dernière j'avais bossé quand même) : soit ils surnotent because of manifs contre le cpe et blocus, soit ils surnotent parce que c'est pratique courante au bac à cause de la pression subie par les candidats, tout ça, et aussi à cause des 80% d'admissions qu'il faut bien obtenir, soit mon lycée sousnote, ce qui est probable selon rumeurs et témoignages divers et variés, ce qui expliquerait mes résultats parfois carrément nazes cette année, soit j'ai fait preuve de capacités exceptionnelles durant ces...6 jours d'examens, genre : la pression ça a du bon, ou encore : je révise jusqu'à deux heures du mat et mes neurones apprécient, ou alors : j'ai des capacités naturelles, je cartonne même sans réviser ou peu. Parce que quand même, avec miss p on a révisé une semaine, et on a vu un dixième du programme d'histoire-géo, un quart de celui de littérature (j'ai même pas lu Kafka) et en allemand je suis une bouse renommée. Mon père pense que ses 'coups de grigri' (c'est comme ça que ça s'appellent) y sont pour quelque chose. D'ailleurs je me demande si ça tient plus de la croyance religieuse, de la magie ou de la superstition... Enfin bon, si quelqu'un a une explication rationnelle à tout ça, autre que ma douétitude innée, je suis preneuse : p
N'empêche, quand j'étais au collège (6eme ou 5eme) je me disais ouais le bac, tu parles je l'aurai du premier coup et avec mention, ça doit pas être si compliqué, un peu d'intelligence et un minimum de boulot et c'est dans la poche! (à l'époque j'étais une 'bonne élève'). Ce matin encore je pensais mais qu'est-ce que tu croyais quand tu te disais ça? que le bac c'est aussi simple que le brevet? que tu l'aurais sans rien foutre ou presque? et envolés mes espoirs de mention et de bac tout court.
Et puis toute à l'heure je me suis dit que punaise, j'avais raison à treize ans quand je pensais que je les blufferai tous. Mais si j'ai bluffé quelqu'un c'est surtout moi, parce que vraiment, j'aurais pas cru. Et pour le rêve de la nuit dernière, il y avait une liste devant mes yeux et assez bien marqué en gras. Finalement à côté ce devait être mon nom, j'vois que ça! Manquerait plus que je fasse des rêves prémonitoires tiens!
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dimanche 2 juillet
20h48
Comme vous avez pu le remarquer (enfin j'espère) ça a un peu changé ici, parce que c'est l'été (comme en témoigne mon thermomètre), parce qu'il faut bien changer la déco et aussi parce que l'autre layout me sortait par les yeux, limite j'en avais la nausée. J'ai passé ma journée sur le pécé à bidouiller et à pousser des raaah, mais pourquoi ça marche pas?! Finalement ça a fini par fonctionner à peu près. C'est censé ressembler à ça. J'espère que vous voyez la même chose sur votre écran. (et aussi, le blanc c'est pas trop dur à lire?)
Demain il parait que c'est les résultats du bac. J'ai aucune envie d'y aller mais bon. Surtout qu'il va y avoir plein de monde, tout ça, va falloir se faufiler entre les gens qui tentent d'approcher le tableau d'affichage, ce qui sautent de joie, ceux qui pleurent et ceux qui regardent pour la énième fois s'ils ne se sont pas trompé de ligne. J'écrirai sans doute demain parce que mine de rien ça fait dix jours sans post, là : p
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jeudi 22 juin
11h05
Hier matin, j'ai donc passé mon oral d'anglais (lv1 de complément qu'ils appellent ça). Miss p devait venir avec moi en repérage puisqu'elle passait à 16h mais finalement elle est restée chez moi pour cause de nausée soudaine. Ce qui au final était un coup de stress. Le lycée où j'étais convoqué se trouve juste en face du mien. C'est à dire qu'il est de l'autre côté de la rue. Je suis arrivée dans la cour, il y avait un panneau avec les numéros des salles pour les oraux mais ces nazes n'indiquent pas de quel bâtiment il s'agit. Après avoir trouvé le bâtiment, il me restait à trouver l'entrée : j'en avais tenté deux mais c'était marqué entrée interdite aux élèves. Finalement il fallait passer par les portes coupe-feu qui étaient devant moi depuis le début. Quelques étages plus haut j'ai trouvé la salle. Je me suis assise dans un renfoncement du mur et vingt minutes plus tard c'était à mon tour de passer. La prof a choisit un extrait du roman qu'on a étudié dans ma liste (l'extrait sur lequel je voulais pas tomber parce que je m'étais ramassée en classe sur celui-là) et me donne un document inconnu qui s'avère être une photo de sdf en noir et blanc. Vingt minutes de 'préparation' plus tard, elle me fait signe de la rejoindre à son bureau et c'est parti pour vingt minutes. Pour l'extrait c'était un peu laborieux, j'avais des blancs, des instants où je me disais comment je fais, là, pour finir ma phrase? et quand j'avais trouvé un mot sympa je le ressortais trois fois de suite parce que je n'en trouvais plus d'autres. Après c'était le doc inconnu. Franchement je trouve qu'il n'y avait pas grand chose à en tirer. Passé la nature l'origine et la description du truc, j'ai essayé de combler comme je pouvais. Je vois pas bien quelle analyse on pouvait en faire tellement c'était explicite. En repartant j'ai ramassé mes affaires éparpillées sur la table et j'ai pas fait gaffe mais quand je suis arrivée à la maison et que j'ai ouvert mon sac je me suis aperçue que j'avais embarqué tout son paquet de feuilles de brouillon. Lyn est passé une heure après moi et la prof lui a dit attendez, je vais chercher du brouillon parce que la candidate est partie avec. La honte quand même. D'ailleurs, ça m'énerve un peu mais Lyn est tombé sur le même document inconnu et elle a eu le droit de choisir son extrait contrairement à moi. Et il se trouve qu'elle a choisit l'extrait sur lequel je suis tombée. D'ailleurs c'est pas très malin parce que tout le monde sait qu'il vaut mieux choisir un extrait en début de roman puisque à ce stade on découvre encore les personnages et donc il y a forcément moins de chose à dire, donc la réponse sera plus facile à organiser et on peut développer les points essentiels du passage tandis qu'en milieu ou fin de livre on traîne tout le passé des personnages, tout ce qui s'est passé avant l'extrait et l'analyse sera donc plus corsée.
Ce qui m'embête, c'est qu'elle va forcément comparer mes réponses et celles de Lyn pour l'extrait et la photo, et comme Lyn m'a dit qu'elle avait réussi l'extrait ça ne va pas jouer en ma faveur.
Cet aprem j'ai rendez-vous chez ma psy (ce que j'ai pas envie d'y aller...) et j'ai oublié l'horaire. Puisqu'elle ne me le marque jamais. La semaine dernière j'y ai pensé en pleine révision (hu hu) et je l'ai noté dans un de mes cahiers en me disant que je retrouverai bien là où je l'avais noté. Je me dis souvent ça. Et au final je ne me souviens jamais. Hier j'ai cherché sur toutes les pages susceptibles d'avoir hébergé une date et une heure de rendez-vous mais rien. rien trouvé. Et elle ne répond pas au téléphone. Et ça comment à m'énerver. (et oui je m'énerve pour des bêtises.)
Maintenant que le bac est fini je vais devoir lui parler d'autre chose. Elle va demander comme ça s'est passé. Vite fait je vais parler de l'attente devant moi. Ca ne prendra qu'un instant. Après je vais repartir dans la contemplation de mes pieds, de la moquette gris-vert.
Ensuite ce sera mes yeux dans le vide.
A chaque début de séance elle demande comment ça va. Je la regarde avec un sourire crispé ne sachant quoi répondre et mes mots se mélangent en un tissage inintelligible.
J'ai peur qu'elle dise : alors maintenant, on va pouvoir s'occuper d'autre chose. Parce que ça m'allait bien au fond de parler des épreuves de bac, de mon angoisse, des révisions qui n'avançaient pas. Ca m'empêchait de parler d'autre chose. Mais là.. Il n'y a plus rien. (Je suis à nouveau face à moi-même.) Quand je suis assise sur cette vieille chaise recouverte de tissu vaguement fleuri je me retrouve face à moi-même. Je me contemple. Je vois une pauvre fille, les larmes au bord des yeux à cause des pensées qui se cognent aux parois de son crâne et qui remuent. Et quand j'essaye de dire, les embryons de paroles se tordent entre mes lèvres. Parfois je songe à lui écrire. Mettre tout ce qui va pas dans une lettre. Mais même ce geste qui m'éloignerait de moi et de mes mots/maux, je n'en ai pas le courage. Je ne suis forte pour rien. Je peux prendre miss p dans mes bras quand elle pleure. Je peux me confronter de plein fouet ou presque aux problèmes des autres même si parfois ça m'a bouffée mais me regarder moi et me soulever un peu, ça je ne peux pas.
L'autre jour j'ai pensé je ne pourrai pas vivre seule. Ou alors j'apprendrai à me confronter à moi-même.
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lundi 19 juin
09h34
Première note après deux semaines, plus, où je n'ai rien écrit d'autre que des mots de leçons d'Histoire-géo ou autre, recopiés sur les grandes pages d'un cahier vide. Et avant-hier soir j'ai essayé, d'écrire pour aujourd'hui, je pensais que ce serait plus facile avec la musique et la nuit, et finalement ça m'a énervée. Les mots font leurs difficiles et mes doigts trébuchent sur le clavier.
Miss p est restée chez moi une semaine ou un peu plus. Au début je me suis dit que ce serait dur à supporter d'être avec elle (elle ou n'importe qui) vingt heures sur vingt-quatre et puis finalement c'était doux.
Le soir dans la chambre on parlait de tout, de rien et on riait beaucoup, les yeux fatigués. On crevait de chaud même avec la fenêtre ouverte mais avec tous ces jours j'étais bien. (Je n'étais plus seule avec moi-même.) Au fond c'est peut-être ce que je cherche, m'éloigner de moi. Pouvoir ouvrir grand les yeux dans la nuit et ne penser à rien. C'étaient des journées étranges, ces jours de bac et de révisions qui ne ressemblent à aucun autre.
Le premier jour il y a eu les pleurs de miss p sur le canapé blanc crème du salon et son corps comme plein de secousses (et ma mère qui disait après ça il ne faut pas se mêler des problèmes des autres, ou alors on ne s'en sort pas. Tu peux juste être là, l'écouter, l'épauler mais c'est tout.) (c'étaient à peu près ses mots et au fond je crois qu'elle avait raison). Elle a serrée miss p très fort dans ses bras, l'envelopper de l'amour d'une mère et miss p a souri des larmes plein les yeux. Après ça je lui ai dit tu veux qu'on dorme ensemble? elle a hoché la tête et on s'est allongé sur le grand lit de mon frère, comme les nuits suivantes. Les révisions étaient pesantes, parfois j'annonçais triomphante que j'avais fini un chapitre d'histoire et ça la faisait stresser parce qu'en réalité on n'avançait pas vraiment. Les deux derniers jours on a révisé littérature et philo jusque tard dans la nuit. Mon cerveau n'aura jamais était autant encombré. Lundi matin, son père est passé nous prendre et nous a déposé devant un lycée inconnu. On allait emprunter ces couloirs pendant une semaine. J'avais la nausée ce matin-là. On a rejoint Seiv. T. est arrivé vers nous et a ouvert son sac à dos. Regardez! ma mère m'a acheté plein de trucs anti-stress! Alors ça c'est un roll-on aux huiles essentielles de N&D, ça se met sur les tempes. Et on était comme trois idiotes à tendre nos joues pour qu'il nous barbouille de son truc qui sentait bon. Après il a sorti un spray : ça c'est pour mettre sur la langue. Et Seiv vas-y passe ! j'veux essayer!!. (court instant) Ha!! mais c'est dégueulasse ce truc!! Elle faisait une mine dégoûtée et on riait très fort.
Toute la semaine j'étais dans la même salle que Lyn. Il avait deux autres élèves de ma classe et les trois quarts étaient des têtes inconnues. Lundi c'était l'épreuve de philo comme chacun sait (si si!). On est tombé sur une prof-surveillante bien conne. Genre cinq minutes après nous avoir donné les sujets elle arrive, vide ma trousse sur ma table et s'en va avec. Quelques minutes après elle était là à vérifier si on avait pas des oreillettes ou je ne sais quoi. Elle nous interrompait pour des conneries alors qu'on était en plein examen. Du style, ça l'a pris comme ça, elle a voulu faire un plan de classe (ou de tables, je sais plus comment on dit. vous savez, c'est une feuille où sont dessinées toutes les tables de la salle et chacun doit inscrire son nom dans le rectangle qui correspond à sa place.) Plus tard j'ai eu besoin de plus de feuilles de brouillon. Alors j'ai levé le doigt et comme ni elle ni l'autre type ne regardait j'ai dit en chuchotant est-ce que je pourrais avoir d'autres.. CHHHUUUTTTTTTT!!!!! On ne parle pas et on ne se déplace pas!!!!!! J'ai failli lui rétorquer ah ouais? et comment je fais pour demander du brouillon, connasse?. Je l'ai fusillée des yeux et tout le reste de l'épreuve je la surprenais avec son regard bizarre. Ca m'énerve aussi cette manie qu'ont les profs de vous regarder bien droit dans les yeux dès que vous levez le nez de votre feuille pour réfléchir. Nan mais franchement, qu'on me dise comment c'est possible de copier sur de la philo sur quelqu'un (...). Finalement ça s'est pas trop mal passer. Enfin ça c'est moi qui le dit, donc si ça se trouve j'ai fait un hors-sujet. J'ai pris Cela a-t-il un sens de vouloir échapper au temps? l'autre c'était N'a-t-on de devoirs qu'envers autrui? et enfin il y avait un texte de Locke sur le droit à la propriété (ou chose du genre).
L'aprem on a révisé la littérature, enfin comme on pouvait c'est-à-dire qu'au final j'étais pas prête du tout. Tout comme en histoire-géo où j'avais révisé un dixième du programme, selon les probabilités de sujets. Finalement dans cette épreuve les proba c'était n'importe quoi.
Jeudi c'était l'anglais et un texte et des questions plutôt simples. Enfin simples, pas vraiment, mais tout à fait abordable. Comme d'habitude j'ai fini juste et j'ai pas pu me relire. Vendredi aprem c'était l'allemand. La veille Phi me disait sur msn que l'allemand en lv2 c'est trop simple et que tout le monde s'en sort, t'en fais pas. Ben Seiv et moi on a pinaillé. A mon avis j'aurais six ou sept, enfin comme d'hab, à moins qu'ils surnotent comme veut le faire croire la rumeur. Ca m'a un peu énervée, surtout que l'épreuve d'espagnol était d'après miss p d'une simplicitée... Au final, ce qui semble avoir fonctionné, ce sont l'anglais et la philo, comme d'habitude donc. Mais le bac n'est pas fini, non non, il me reste un oral d'anglais renforcé mercredi matin (argh). Vendredi dernier, mon frère au téléphone me lançait que ah!! mais c'est trop bien ça, un oral d'anglais!! pourquoi moi j'en ai pas eu?! c'est dégueulasse!! Euh ouais mais anglais c'est mon option. Toi t'avais pris option maths (oui il y a des dingues^^). Ah oui, pas faux.
Il y a bien d'autres trucs à raconter, comme les moments où miss p et moi on se regardait et on éclatait de rire parce qu'on savait bien qu'on était dans la même galère, et je disais quand tu n'écris pas et que t'y arrives pas tu penses à moi, je te ferai de la télépathie. A des moments je pensais très fort à Phi, parce qu'il passait les même épreuves que moi et j'imaginais sa main courant sur les lignes.
Chaque matin en entrant dans la salle d'examen miss p et moi avions un truc à faire, un signe magique ou des mots en arabe à répéter dans notre tête. Quand on rentrait à la maison mon père disait ça a marché? eeuhhh... ah bah pourtant moi j'ai fait ce que j'ai pu parce que je savais qu'il pensait fort à nous ainsi que mon grand-père de l'autre côté de la Méditerranée. Quand je ne pensais à rien au-dessus de ma feuille je pensais à eux, à Phi, à miss p aussi et ça me rassurait. Et parfois avec les courants d'air qui faisait se cogner les vitres de la salle, le parfum sucré des huiles essentielles de T. revenait et m'enveloppait un peu. Jeudi et vendredi je crevais de chaud, mes mains étaient moites et je me répétais que c'est pas possible de nous faire passer le bac sous trente-quatre degrés ou pas loin. Maintenant tout ça c'est passé. C'était pas désagréable finalement. Bizarre de dire ça, mais ça faisait se prolonger le lycée et les derniers instants qu'on passe ensemble à douter sous le soleil cuisant.
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jeudi 1er juin
16h44
Voilà. Je viens de rentrer du lycée et puis je me sens légère, un peu insouciante, le genre de truc qui ne m'arrive jamais, de regarder partout, tout autour, le cœur léger. Je viens de rentrer et cet aprem c'était l'épreuve de musique facultative. voui. et je révise depuis une semaine maintenant, enfin presque. C'est vrai, ça fait trois soirs cette semaine que j'éteins à minuit et que j'essaye de capter un peu comment ça fonctionne un quatuor à cordes, et combien y a de parties dans un tango. Tant de notes sous mes yeux, vingt-cinq pages de cours qui proviennent de partout, du prof, d'internet, des feuilles d'Ana. J'ai appris des dates, tout plein de caractéristiques propres à tout plein de trucs différents. Je crois, maintenant que j'y réfléchis, que je me suis étonnée moi-même en m'impliquant autant. Je voulais tout savoir, dévorer l'œuvre en n'oubliant aucune note, aucun silence, connaître par cœur le déroulement des thèmes et des motifs et puis finalement ça passe sous les yeux sans qu'on imprime vraiment. Et réécouter encore et toujours comme si c'était la première fois, se laisser surprendre par le son des cordes qui surgissent et font oublier un peu le reste. Sur ma convocation c'était marqué 14h commission 1 et quand je suis arrivée devant la porte de la chapelle une autre fille était déjà là. Alors on a parlé un peu en se lançant des sourires alors que d'habitude on se frôle du regard et on ne se parle pas. On ne se connaît pas en fait, c'est tout simple comme truc, seulement les jours comme celui-là rapprocherait n'importe qui. Finalement je suis passée à quinze heures et avant je suis allée voir mon prof de musique que je n'apprécie pas vraiment mais bon. Il errait dans le couloir près de la salle de musique et on a parlé un peu. Il a dit comme je t'avais pas revue depuis le blocus je pensais que tu avais abandonné l'option et c'est ce que j'ai marqué sur ton livret scolaire. alors que j'y suis allée cette semaine, et peut-être même avant. Pfff, finalement je ne sais plus bien quand.
Des bruits de pas dans le couloir et j'ai tourné la tête. C'était le grand-frère d'Ana qui venait l'attendre. Il a parlé longtemps avec le prof de ses études de musique, et puis j'essayais vaguement de réviser jusqu'à temps que je referme mon cahier dans un soupir. En sortant Ana a dit oh là là j'ai des conneries. Hum, enfin nan pas vraiment de conneries, juste plein de trucs que je savais pas. Alors qu'en fait elle est douée, même son frère le dit, qu'elle est super-forte et son jugement vaut plus que celui de tous les profs de musique du monde. ouais. Et moi dans tout ça, ben c'était l'heure que j'y aille, alors à moins le quart j'étais devant la chapelle pour la deuxième fois, et une fille qui devait interpréter son morceau au piano est passée juste avant moi. Quand elle est entrée, la première fille est ressortie et elle a dit j'ai dû comparer Xu.Yi et Madonna! Elles sont dingues, je te jure. Ce serait un peu comme comparer les Beatles et un chant grégorien ou quelque chose comme ça. Moi j'ai tiré le papier numéro 2, ça voulait dire Quatuor 14 de Beethoven, à côté c'était un autre quatuor à cordes, un peu plus récent apparemment, et puis j'ai dit quelques trucs en gigotant et gesticulant parce que j'ai un peu de mal à me tenir tranquille. Elles m'ont posé quelques questions, c'est passé assez vite finalement. Elles m'ont dit vas t'installer au piano, on arrive. J'ai joué, j'ai parlé du morceau pendant cinq minutes et après ça c'était fini.
Je voulais aller en cours l'heure d'après mais j'ai croisé deux garçons de ma classe qui m'ont dit à demain et que la troisième heure d'anglais avait été annulée. J'ai vu Seiv plusieurs fois dans la cour. Elle aussi a passé l'épreuve de musique, mais en candidat libre et elle est sûre que j'ai réussi. C'est drôle parce que j'avais comme une drôle d'aisance aujourd'hui. Quand j'ai pris le bus pour rentrer j'avais l'impression d'avoir passer ma dernière épreuve de bac. Alors que non, c'est que la première, une sorte de prologue, et malgré tout, les heures d'après étaient douces et légères comme un soulagement. Je voudrais me dire, nan, c'est pas fini, et même ce n'est que le début, les révisions, les épreuves, t'en a fait qu'une et les autres suivront bientôt. Tout à l'heure au lycée j'ai réalisé que c'étaient mes dernières heures de cours et que demain serait sûrement le dernier jour là-bas. (mais peut-être pas) Quand je reviendrai ce sera pour chercher mes notes de bac. Demain je sais pas comment ce sera, et s'il convient de faire quelque chose un dernier jour. Je voudrais m'asseoir sur les grandes marches ocres de la cour et soupirer et rire encore, je voudrais pouvoir garder tout ça, trois années qui passent et se perdent et se racontent pourtant, il y a tant de moments que j'ai voulu oublier, il y a eu l'attente, les rayons de soleil qui bercent un peu cet endroit grand et beau et qui grouille de gens inconnus, je voudrais retenir les regards qui disaient plus que n'importe lesquels de nos mots, et demain se sera parcourir les couloirs nus recouverts de rire et d'odeur de vacances. Je me demande comment ce sera demain et j'ai très peur des ces derniers instants précieux qu'on voudrait toujours autrement. Et puis tout à l'heure dans ma boîte-à-mails, un message de mon prof d'histoire disait Voilà, c’est fini. A vous de jouer maintenant. Je sais pas ce qu'on laisse derrière nous mais moi aussi plusieurs fois je me suis dit que voilà c'est fini. Et après j'ai pensé qu'en vrai, ça ne fait que commencer.
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lundi 29 mai
23h04
[Ca n'est pas la suite que je voulais écrire.]
Les parents de Lyn nous ont emmenées dans la maison où miss p a organisé sa fête. On a pinaillé un peu pour trouver malgré les indications et la campagne à cet endroit était sublime. Pour le reste il n'y pas grand chose à dire finalement. J'ai discuté toute la soirée avec Lyn en grignotant des salades et autres trucs qui traînaient sur la table. On m'a servi du champagne mais ils (elles) ne comprennent pas pourquoi je refuse souvent. Je ne redoute pas les effets de l'alcool. Par sur moi du moins. Je n'aime pas le goût, tout simplement, et j'étais sûre que rien que pour ça je suis passée pour, j'en sais rien, une fille coincée ou n'importe. Les filles à côté de nous comptaient leurs verres (tu me crois si je te dis que j'en suis à ma septième coupe de champagne et que j'ai bu deux verres de ... et un autre de ...) Et puis vers une heure du matin, l'ex de miss p qui ne m'avait pas lâchée avec ses questions l'autre jour, s'est pointé avec ses copains. Il s'est approché et m'a dit tu te souviens de moi? Bon, il faisait noir, il n'avait pas mis ses lunettes, sur le coup je l'ai pas reconnu, alors j'ai bafouillé un euh, hum mmmoui un peu inaudible et quand Lyn et moi on est monté se coucher il m'a lancé ah, si j'avais su que t'étais là je serais venu plus tôt. J'ai dit tu parles.. et on est parti. Ce type m'énerve, je me sens ridicule et humiliée en sa présence. Le lendemain matin, le père de Lyn nous attendait devant la maison, il était dix heures trente et personne n'était levé à part deux filles parties avant nous. On a laissé un mot griffonné sur un sac en papier et on est sorti.
Chez moi chacun émergeait de son sommeil. La table de la salle à manger était recouverte de bouteilles encore pleines. J'ai pris une douche, j'ai pris un petit-dej vite fait et je suis montée me reposer. A quinze heures, la maison était vide et je me suis retrouvée seule et bête devant le miroir de la chambre de mes parents, à regarder une grosse larme couler.
La journée de lundi a été éprouvante et pour rien. J'ai séché les deux heures de philo matinales. L'après-midi j'ai pris un bus pour le lycée et M et Seiv sont rentrés un arrêt après le mien. J'ai baissé les yeux comme une idiote comme si j'avais honte, c'était stupide et ça n'en valait pas peine. Seiv a dit ça va? ça a pas l'air et elle a continué comme ça, comme elle fait d'habitude, jusqu'à que j'avoue et j'ai dit je suis fatiguée, vraiment et c'était comme si les mots traversaient ma pensée sans un regard. En réalité j'étais triste et un peu morte, comme un vertige, comme un énervement, je le sentais bouillonner sans parvenir à éclater, comme on attend un orage qui ne vient pas. C'était une léthargie pénible et solitaire et j'aurais aimé lui expliquer peut-être, dire quelque chose pour atténuer tout ça et rien ne venait, toujours les mots qui restent dans la gorge et les larmes qui se perdent sur ma cornée. Plus tard dans la soirée, avant que j'écrive tout ça, miss p a appelé et elle était vraiment mal, et elle ne voulait rien dire parce que les pleurs auraient tout recouvert. Elle a juste dit que Lyn et moi on s'était isolées pendant la soirée et que même qu'en arrivant on a pas dit bonjour et je sais que pour tout ça, au fond, elle avait raison. Et puis finalement c'est moi qui ai pleuré parce que je n'arrive pas à changer, à m'améliorer un peu, à inventer une aisance que je n'ai pas. Je voudrais faire des efforts, vraiment, mais tout me bloque et je me sens prisonnière et tellement empotée.
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écrit vendredi 26 mai à 21h48
Mon frère arrive dans une ou deux heures avec ses copains du sud, de sa ville d'étudiants qui jamais ne s'endort. Il doit faire chaud là-bas je me dis. Tandis qu'ici le ciel est tantôt gris, tantôt bleu foncé et l'air est moite et colle un peu.
Je suis triste sans l'être parce que mon petit-cousin-issu-de-germain est reparti cet aprem avec sa mère. Et puis c'était la troisième fois que je le voyais, et je crois bien qu'il va un peu me manquer. J'avais déjà parlé de lui sur mon ancien blog, ici, en quelques mots en fait. Ils sont arrivés mercredi soir et puis on aura quand même eu le temps de passer de chouettes moments ensemble.
J'aime bien sa manière de poser des questions tout le temps, je ne sais même pas s'il écoute les réponses, et puis souvent il tournait la tête et me lançait pourquoi tu rigoles? Avec lui on est allé au grand parc juste au-dessus de chez moi, j'ai pris des photos pendant qu'il essayait de grimper sur la grande araignée en corde. On a traîné longtemps dans l'herbe et ça faisait des années que je n'étais pas venue alors que c'est à cinq minutes de la maison. Le parc est construit sur une colline, alors il surplombe la ville. On voit la cathédrale, plusieurs écoles, et sans doute mon lycée. Je me souviens quand on était petit avec mon frère, le but c'était de retrouver le magasin Super-Major dans le paysage. C'était comme un rituel et j'aimais bien ça.
L'après-midi j'ai essayé de bosser ma musique (le bac de musique facultative est jeudi : /) pendant qu'ils (mes parents, Alex et sa mère) arpentaient les locaux de Vul.cania.
suite, écrit(e) dimanche 28 mai à 16h et des poussières.
Finalement je me suis endormie, j'ai traîné et j'ai pas fait grand chose (pour changer..). Quand ils sont rentrés il faisait encore très beau et je les attendais assise sur les marches des escaliers carrelés. Mon petit cousin m'a dit que ouais! c'était super! et il m'a montré son crayon-à-papier acheté dans la boutique-à-souvenirs. Le soir après le repas, on est descendu dans le garage où mon père avait sorti le vieux projecteur de mon grand-père (maternel) et il a installé la première bobine de film. Des vieilles images muettes ont défilé sur le mur blanc et c'était juste magique de (re)voir mes oncles mes tantes ma mère et leurs cousins quand ils étaient enfants. On les voit à la plage, en train de chercher des oeufs en chocolat dans le jardin, pendant leurs vacances au ski ou leur première communion... Et les commentaires de ma mère et de sa cousine qui me faisaient me tordre de rire. Et mon petit cousin qui disait c'est toi là maman?! c'est toi? en montrant du doigt une petite fille brune les yeux dans le vague. On a dû arrêter plusieurs fois (bon, une bonne dizaine de fois) la projection parce que la pellicule se déroulait et se ré-enroulait de manière tout à fait autonome et originale, c'est à dire n'importe comment.
C'était bizarre aussi, de (re)voir mon grand-père jeune ou presque, comme si dans ma tête il ne l'avait jamais été. Et puis parfois c'était très mal filmé, surexposé, ou alors il restait une minute sur un paysage dont une photo aurait suffit. Le plus drôle je crois, c'étaient les mises en scène tellement artificielles pour filmer l'acquisition d'une nouvelle voiture. (d'ailleurs je serais incapable de citer leurs marques parce que je n'y connais rien.) En fait, on le voyait au volant de "l'ancienne voiture" quitter la cour de devant la maison, et l'image suivante, il passait le portail au volant de la nouvelle voiture. Une fois même, on le voit partir tout seul dans la vieille voiture et revenir avec une flopée de gosses (bon, les siens évidemment) dans la nouvelle voiture.
Le lendemain matin, j'ai du aller au lycée puisque officiellement je n'étais pas censée faire le pont. J'y suis restée quatre heures à m'ennuyer et à midi mon père est venu me chercher avec Alex. Pendant que je mourrais d'ennui (ou presque) sur ma table en cours, mon père l'a emmené là où il travaille (c'est-à-dire dans les locaux où les étudiants font du sport). Alex était ravi, forcément. Il m'a montré la balle de ping-pong que mon père lui a donné et confisqué quelques minutes plus tard puisqu'il la faisait tomber et qu'il appuyait ses pieds contre la boîte-à-gants (ou truc du genre). Vers deux heures moins le quart je suis retournée en cours, laissant mon père et mon cousin dans la voiture. Juste avant de refermer la porte je lui ai dit reviens vite nous voir hein! mais je sais pas s'il écoutait. J'ai eu une heure d'anglais assise à côté de T. qui était tout bizarre, énervé ou perturbé ou les deux à la fois. Et puis en plein milieu du cours il m'a lancé mais qu'est-ce qu'elle a Seiv à la fin? pourquoi elle m'a ignoré ce matin? C'était désolant de voir que ce truc-là le tracassait depuis ce matin. Parfois je me demande s'il ne serait pas un peu amoureux d'elle et finalement j'espère pas pour lui parce que contre M., j'imagine qu'il n'a aucune chance. L'heure d'après il m'a appris qu'il était reçu en Manaa alors j'ai pensé à Lyn et je l'ai appelée. Elle m'a dit qu'elle n'était pas au courant que les résultats étaient déjà disponibles. J'ai cherché sur internet au cdi et j'ai rien trouvé. A la table où T s'était installé j'ai retrouvé Ana à qui j'ai emprunté quelques cours de musique et elle m'a dit qu'elle aussi elle avait la trouille pour jeudi. J'ai dit oui mais quand même, tu t'y connais en solfège. Ce à quoi elle a répondu ouais, en solfège, mais l'analyse j'ai jamais fait ça. Moi non plus et jeudi je serai morte de peur les doigts tremblant sur les touches du piano.
Seiv avait posé ses affaires sur une table un peu plus loin. Je suis partie à l'intendance pour acheter des photocopies mais figurez-vous qu'ils ferment à quatorze heures. Nan, même pas. Ils n'acceptent plus d'argent à partir de quatorze heures mais c'était quand même ouvert. Quand je suis retournée au cdi, Miss p discutait avec Seiv, j'étais toute surprise de la voir ici et je l'ai prise dans mes bras en chuchotant bon anniversaire!
L'heure suivante on était toutes les trois assises sur les tables tout devant en philo, plus quatre garçons qui faisaient les cons et s'amusaient à barbouillait les mains de miss p au surligneur pendant que T. essayait désespéramment de me refiler un vieux bout de pain du self (mais c'est un cadeau!). La prof a parlé de la religion comme je le lui avait demandé mercredi. Elle nous a aussi raconté comment se passaient les corrections du bac et une heure et quart plus tard on était persuadé que cette femme était la gentillesse incarnée ou quelque chose comme ça. Pendant qu'elle parlait de tout plein de trucs en plaisantant parfois, je ne pouvais m'empêcher de lui rendre ses sourires en les multipliant par dix.
Ma mère m'attendait devant le lycée dans la voiture et elle nous a ramenées à la maison, miss p et moi. Un quart d'heure plus tard la miss montait dans la voiture de sa tante et juste avant elle m'a dit bon, alors je passe te prendre demain à dix-huit heures puisque Lyn vient pas. A cet instant j'avais envie de me pendre ou pas loin. Plus tard ma mère m'a dit il est pas question que tu te rendes malade pour ça! Si tu ne veux pas y aller tu viens avec nous, on invente quelque chose, que ta grande-tante est malade, j'en sais rien, mais tu restes pas comme ça. Finalement on a convenu que j'irai aider miss p à préparer sa fête d'anniversaire (c'est gniangnian comme nom) et que ma cousine viendrait me chercher quand j'en aurais marre, autrement dit une heure et demie plus tard. Mes parents ont terminé de préparer leurs affaires et sont partis (pour laisser la maison libre à mon frère). Je suis restée toute seule dans la maison jusqu'à vingt-trois heures à peu près. Là, le meilleur ami de mon frère a appelé pour savoir s'il pouvait venir pas plus tard que tout de suite avec une copine attendre mon frère et ses copains du sud qui prévoyaient d'arriver vers minuit. On s'est posé tous les trois sur le canapé comme des rats morts, j'ai joué un peu de piano à leur demande et puis je suis montée me coucher. Vers une heure, je vois de la lumière sous la porte de ma chambre, j'entends des bruits de pas, des portes qui claquent et des voix (je précise que je dors avec des boules quies). J'avais les pensées complètement désordonnées et incohérentes comme c'est parfois le cas quand on se réveille en pleine nuit. Le lendemain (enfin si on veut) je me suis levée à sept heures et quart, j'ai pris une douche, petit-déjeuné, et à une heure plus tard je quittais la maison après avoir informé oralement mon frère de mes projets matinaux. Je me suis rendue au lycée pour emprunter la salle de musique afin d'essayer le piano avant jeudi. En chemin j'ai rencontré un type qui m'a lancé hé excuse-moi, tu vas où comme ça? Juste avant de m'adresser la parole il avait craché par terre à quelques centimètres de mes pieds et il m'en faut pas plus pour être dégoûtée à huit heures et demie un samedi matin (ou tout autre jour). J'ai tourné la tête et je l'ai regardé d'un air qui se voulait dégoûté et qui voulait dire tu crois que je vais te répondre mon pauvre vieux? Bon, après, c'était peut-être pas très explicite (ou intelligible).
Je suis arrivée au lycée à neuf heures, je suis passée prendre la clé de la salle de musique à la vie scolaire et j'ai eu de la chance qu'il n'y ait pas cours à cette heure et que personne ne l'avait réservée. Je suis repartie à dix heures et Lyn m'a envoyé un message pour me dire que finalement elle n'était plus malade et qu'elle pouvait venir avec moi à la fête de miss p le soir même. Je suis passée aux Galleries Lafatruc pour acheter un cadeau. J'ai pris un truc naze, j'ai commandé des lentilles à yeux et j'ai attendu un bus pour aller chez ma prof de piano. Elle m'a aidée un peu pour jeudi. Je suis rentrée, il était une midi quarante-cinq et à la maison personne à part deux paires de tongs non-identifiées. Mon frère a débarqué en milieu d'aprem, flanqué de cinq filles, dont ma cousine Nin', et quatre garçons. Je les ai un peu aidés à préparer la maison et à dix-huit heures je suis partie pour prendre un bus. J'ai marché un quart d'heure à une vitesse qui dépasse l'entendement (ouais bon..) pour arriver à l'arrêt de bus où j'ai finalement attendu cinq bonnes minutes. J'étais en phase de déshydratation à cause de la chaleur et de l'effort (excessifs tous les deux ^^). Un quart d'heure-vingt minutes plus tard, je m'arrêtais à un arrêt inconnu, somme toute assez loin de chez moi, où Lyn m'attendait avec son chien (à l'arrêt de bus, pas à la maison).
[la suite plus tard, j'ai mal à la tête]
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samedi 20 mai
18h16
Voilà, la semaine est terminée et je l'ai trouvée bien fatigante, ou plutôt non, stressante. Alors que rien, rien ne saurait justifier cela. Mais quand même, il y a eu quelques bons moments. Par exemple, jeudi ma copie d'anglais à laquelle j'ai eu 14 et où ma prof de l'année dernière a écrit Good au stylo rouge et C'est bien! juste à côté, comme s'il était nécessaire de traduire : ) et l'heure d'après j'ai eu une belle surprise en apprenant que finalement j'ai eu 14.5 au bac blanc d'oral d'anglais renf (oula, compliqué comme nom). J'aurais pas imaginé avoir plus de douze. Tout ça, c'était jeudi, après les deux heures de littérature où personne n'écoutait rien, et puis même, il devait manquer une dizaine d'élèves comme si les cours étaient devenus facultatifs. La première heure, on a terminé le Procès d'Or.son Wel.les. J'ai vaguement écouté la tête posée sur ma table mais le film était en anglais alors j'ai préféré fermer les yeux pour ne plus penser à rien. Derrière nous c'étaient les voix de deux garçons de ma classe qui alignaient des mots sans s'arrêter et moi j'aurais bien voulu qu'ils se taisent, pour une fois. Parfois j'ouvrais les yeux et à l'autre bout de la rangée je voyais Seiv en train de décorer un prospectus. Miss p bossait sa philo et finalement ces deux heures ne ressemblaient à rien. A midi je suis rentrée avec elle chez son père, parce qu'elle y avait oublié les clés de son appart. On a pris le bus et quand on est arrivé dans la grande maison vide et sombre il était déjà une heure moins le quart. On est reparti une demi-heure plus tard. On a marché une demi-heure sous la pluie et j'étais plus que trempée je crois. On a couru un peu et le bus s'est arrêté. Vingt minutes plus tard on était au lycée et je crois que mes tennis sont bonnes à jeter. Vendredi après les cours, j'ai rejoint miss p en ville pour faire du shopping. Elle est restée longtemps pour m'aider à choisir des fringues. Au final j'ai acheté un débardeur rayé blanc et noir qui descend jusqu'aux hanches, une robe marron foncé avec des motifs turquoises et un haut blanc avec des broderies dorées. Et puis cet aprem j'ai acheté des Converse basses noires. Voilà, j'ai encore besoin de quelques fringues, comme un pull et des sous-vêtements mais on verra plus tard.
Au fait, vous pouvez cliquer sur photographies (juste au dessus), maintenant, ça fonctionne.
Il n'y a qu'une seule 'galerie' pour l'instant, ce sont des photos prises hier soir. Je voudrais en mettre plus.
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lundi 15 mai
18h19
J'ai passé une mauvaise journée. Pour commencer je suis arrivée en retard en philo parce que miss a voulu aller au lycée à pieds (on accompagnait une copine à elle qui est dans un lycée privé à deux-cent mètres du nôtre) mais comme elles marchent toute les deux à une vitesse qui égale difficilement celle de l'escargot, on a mis presque une demi-heure avant d'arriver en cour. Après ça j'ai fait un malaise, j'ai cru que j'allais littéralement me décomposer sur ma table. Je suis sortie en me précipitant sur la porte et je me suis allongée dans le couloir. Miss p était toute paniquée. Finalement une déléguée m'a accompagnée à l'infirmerie où l'on a pris ma tension, le pouls et on m'a donné du sucre.
Quand je suis revenue en cours je me suis sentie mal de la même manière, la tête qui tourne, l'impression d'être très affaiblie, la nausée et des fourmis dans les membres. J'ai fait des exercices de respiration et ça a fini par passer. Autant dire que le cours de philo ne m'a pas paru long pour une fois.. En fait je crois que ce genre de malaise est dû au stress et à l'angoisse. Du moins c'est ce que pense mon médecin puisque je ne suis pas en hypoglycémie à ce moment là (oui je fais l'effort extrême de manger beaucoup le matin) et en plus de ça j'ai un traitement de fer jusqu'à septembre.
A dix heures j'avais fini les cours pour la matinée. Je devais prendre le bus avec miss p pour rentrer chez moi. Seulement un de ses copains a appelé pour aller boire un verre dans les minutes qui suivaient et elle m'a formellement interdit de prendre le bus toute seule (nan mais je te laisse pas comme ça là, rentrer toute seule, tu te rends compte si tu fais un malaise comme tout à l'heure dans le bus! Ca prévient pas ces trucs-là [...]) Les deux garçons (ouais bon, ils ont plus de vingt-cinq ans chacun) sont passés nous prendre et ont dit oh bah non on va pas te déposer chez toi, viens prendre un verre avec nous.. Finalement je n'avais plus vraiment le choix (même si on a toujours le choix) et on s'est installé à une terrasse avec quelques kilomètres d'ici. Là ça a été terrible. D'accord peut-être que je dramatise et que j'accorde de l'importance aux choses qui n'en n'ont pas ou n'en méritent pas mais je me suis sentie tellement mal à l'aise.. A un moment, l'ex de miss p m'a sorti bah alors, tu parles pas, allez fais pas ta timide et ce genre de conneries. Tout pour m'énerver, même si ça partait d'un bon sentiment je ne supporte pas qu'on me dise ça même si je ne le montre pas, évidemment, surtout que c'était la première fois que les rencontrais. J'ai répondu c'est juste que je suis fatiguée (l'excuse bidon que je sors à chaque fois qu'on me demande ce qui ne va pas). Et puis vas-y, lance un sujet de conversation si tu veux que je parle. Bon, c'était le truc à ne pas dire puisque pour réponse ils m'ont sorti bah vas-y, parle-nous de toi.. Voilà, à ce moment précis, je voyais arriver la question-qui-tue à des kilomètres. C'était évident, elle allait surgir et tout fracasser sur son passage (bon, d'accord, j'en rajoute un peu là!). Alors t'as un copain? euh, ben non. ah bon? et ça fait combien de temps. longtemps. longtemps comment, nan parce que ça veut rien dire longtemps, regarde moi j'peux dire 'ça fait longtemps que je suis pas allé à la piscine', c'est pas pareil.. je sais pas, longtemps, j'ai pas compté. Et ça se compte en mois ou en année? Mais ça te regarde? j'ai pas envie d'en parler. nan mais c'est bon, allez vas-y ça te gène, pfff Au bout de cinq minutes de changement de sujet il est revenu à cette question (faut croire que ma vie est passionnante à tel point que seul ce sujet était susceptible de l'intéresser chez moi, alors que franchement quand je rencontre quelqu'un c'est vraiment pas la première chose qui m'intéresse chez la personne et encore heureux.) Miss p a fini par venir à mon secours en lui lançant mais t'as pas compris qu'elle avait pas envie de te répondre?! Non, faut croire qu'il n'avait pas compris puisque ça a continué comme ça plusieurs minutes qui m'ont paru une éternité, tandis que son copain émettait des supposition à mon sujet du style ah mais c'est que tu t'es fait larguer etc. Moi je me suis sentie extrêmement mal, si j'avais pu je les aurai figés comme dans Charmed.
Après ça ils ont payé et nous ont déposées près de chez moi. Miss p a dit je sais pas ce qui lui a pris, nan mais il abuse franchement.. J'ai répondu que c'était pas grave, que ça n'avait plus d'importance. J'ai eu l'estomac noué le reste de la journée.
Je sais pas..est-ce que je me mets dans tous mes états pour pas grand chose? Ma réaction est sans doute excessive, je devrais passer dessus et m'en moquer mais ça m'a fait mal et je me suis sentie presque honteuse et humiliée à la fois.
Voilà, c'est nul, c'est le récit de ma journée. Beaucoup de bruit pour rien en somme.
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vendredi 12 mai
21h14
J'ai repris les cours mardi. C'était pas si éprouvant finalement. C'était même pas grand chose. La semaine dernière il y a eu l'anniversaire de ma mère. J'avais passé mon aprem dans la cuisine à tout préparer, tiramisu, tarte-aux-fraises, poisson en papillotes. Je crois que c'était assez réussi. Et puis c'était des instants passés avec mon frère alors c'était forcément bien. La veille j'étais allée au cinéma avec lui et trois de ses amis. C'était étrange, je me sentais frêle, un peu décalée, j'ai jouée à la muette une bonne partie de la soirée simplement parce qu'aucun son ne voulait sortir de ma bouche. Je me bloque des fois, comme ça, et d'autres fois, j'ai peur des silences à tel point que je m'empresse d'enchaîner les phrases même si elles n'ont aucun intérêt, aucune importance. Les jours d'après j'ai vu miss p, j'ai bossé un peu sur Ovide, un bouquin pour l'épreuve de littérature. Mardi c'était le devoir d'allemand rédigé en littérature et entre midi et deux. Et puis mercredi on est resté manger au lycée, miss p et moi. On s'est posé sur les gradins ocre de la cour et on a grignoté nos sandwiches en attendant l'oral blanc d'anglais renf. Je suis passée la première, à treize heures. J'ai parlé une vingtaine de minutes en improvisant les trois quarts parce que vingt minutes pour préparer un texte et un document inconnu c'est dérisoire. Finalement ça ne s'est pas trop mal passé, et puis même j'étais assez satisfaite. J'attends la note et les commentaires qui vont avec. J'étais toute stressée sur ma chaise et je butais un peu sur les mots, comme si je n'avais pas l'habitude des les prononcer. Je crois que j'ai des efforts à faire sur l'attitude à adopter lors d'un oral, alors que quand même, c'est pas la première fois. En attendant j'ai eu ma note de bac blanc d'anglais et je suis drôlement contente : 14 et c'est la meilleure note (oui je me la pète si j'veux!). Bon, je sais pas si j'ai beaucoup de mérite, mais je crois que c'est ma prof de première qui m'a corrigée, et comme avec elle j'atteignais rarement la moyenne je suis plutôt fière de moi. Voilà pour les détails passionnants des derniers jours.
Demain je suis censée aller au bac blanc d'histoire-géo mais j'irai pas, pas révisé et pas vraiment eu le temps cette semaine. Pour finir deux photos prises il y a quelques jours dans mon salon. Et puis j'en posterai sûrement quelques autres dans pas longtemps. Ce sera le ciel et peut-être un peu de moi.
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mardi 2 mai
11h23
C'est ma deuxième semaine de vacances que j'entame maintenant.
Il fait à peu près beau dehors, mais je sors pas beaucoup. Je suis censée réviser pour le bac, j'ai fait quatre jours de révisions d'allemand, je m'en sors pas du tout. Ma mère dit allez dans deux mois c'est fini, ce à quoi miss p répond dans un an et deux mois c'est fini (la fille est persuadée qu'on va louper notre bac).
La semaine dernière j'ai aussi planté des trucs dans le jardin et dans la cour devant la maison. Ca me permet de me concentrer sur autre chose, d'aller gratter dans la terre et salir mes jeans.
Miss p est revenue samedi. Elle m'a bipée toute la semaine mais j'avais pas de forfait non plus. Elle a tout utilisé pour prendre des nouvelles d'une de ses copines qui vient d'apprendre qu'elle a une leucémie. Alors maintenant on discute un peu de ça, de ça et d'autre chose, de cet été, des jours qui viennent.
Quoi d'autre.. mon frère est là, enfin si on veut puisque je le vois environ une heure par jour.
Cet aprem je vais voir la psy et franchement je n'en ai aucune envie, parce que j'ai l'impression que ça ne servira à rien, que je vais avoir envie de pleurer de me sentir aussi incapable. Je voudrais lui dire comme je déteste être moi et toutes ces conneries mais je n'y arrive pas. Seulement je crois que je ne pourrai rien régler si je ne parle pas de ça.
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samedi 22 avril
21h47
v a c a n c e s
Vous savez comme le bac est proche et avant lui l'épreuve de musique et deux bacs blancs, et tant de jours de soleil.
Il faut que je me fasse un programme de révisions, j'ai dit ça à ma mère il y a deux jours. En attendant j'écoute Elliott Smith sur mon pécé, il chante pendant que je fais plein d'autres trucs, ça me vide l'esprit. C'est T. qui m'a fait découvrir ses chansons, sans le savoir.
J'ai traîné sur des sites qui parlent de lui, et puis je suis tombée ici où l'on raconte avec des mots justes. Ils ont écrit seule la musique reste parce qu'Elliott n'est plus là depuis octobre deux mille trois. Ils disent aussi : on ne peut maintenant que se tourner vers sa musique, l'écouter encore et encore et puis avec tout cela, on devrait pouvoir tenir un sacré bout de temps avant d'être en manque. Même si le manque est finalement déjà là.
Tout ça au fond, c'est comme pour protéger ce qui reste, le moindre souffle de voix enregistré que l'on peut encore écouter en boucle.
C'est drôle, ça me fait penser à La Messe anniversaire, où personne n'ose plus que penser à cette amie disparue, parce qu'en parler ils n'y parviennent pas, alors qu'au fond, oui, c'est la seule façon de retenir un peu (plus) ce qui file entre les doigts. Les souvenirs.
Je voudrais parler de miss p. maintenant. Parce qu'inévitablement si je pense à tout ça je pense à elle. Il y a quelques semaines sur la table blanche de son appartement, elle avait posé un album photos et dedans tout plein de gens que je n'avais jamais vu, et des visages familiers, les traits qui reviennent alors que ces années sont loin maintenant. Pourquoi je ne sais pas quoi dire? si c'est la seule façon de ramener ces instants où sa mère était encore là, si c'est pour tendre des fils entre nous et les scènes qui passent comme des vidéos. Pour transcender cette absence qui fait mal et qui semble au-dessus de tout sans qu'on puisse rien y faire. Et pourtant il reste les mots, ces mots imprononçables et introuvables même, qui font qu'à part les regards et l'effleurement on est capable de bien peu. Je voudrais que ce soit moins dur et plus évident.
Simplement se dire tu te souviens?
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lundi 17 avril
18h12
[c'est à dire que je devrais être en train de bosser mais bon..]
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dimanche 16 avril
22h17
Quand elle m'a demandé si j'avais un copain j'ai dit à la psy que j'en serais pas capable. Comme si c'était une sorte de responsabilité du style, nan, les chiens c'est pas pour moi, faut les sortir, les nourrir [...]. Mais comparons le comparable, n'est-ce pas. Je crois que c'était une manière d'envoyer balader cette question-qui-tue loin loin loin mais je sais bien qu'elle revient à chaque fois, comme un boomerang. En réalité ce serait mentir de pas avouer que j'attends que ça. D'avoir l'impression d'exister vraiment. Ca me prouverait quelque chose, aussi bien et même bien mieux que n'importe quelle argumentation béton. J'veux avoir le coeur qui bat à cent à l'heure, tellement vite que j'aurais peur qu'il sort de ma poitrine, j'veux avoir des sourires, pleins, qui restent sur les lèvres comme des décalcomanies, je veux les mains qui fourmillent, les yeux qui brillent, ma voix comme avec du soleil dedans, les jambes qui flanchent un peu.
Et avec ça, ce sera tout?
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mardi 11 avril
20h54
Lundi en cours d'eps C. a dit : "j'comprends pas pourquoi on nous fait faire tout ces trucs qu'on n'a pas demandé, les sauts dans le bac-à-sable, les cours, pfff... on ferait mieux d'aller dans la forêt.."
Après la pluie et les longues minutes dans le bus qui se transforment en heure, et après les premières heures de cours qui ont un goût d'étrangeté, j'étais lessivée, comme après être passée à la machine sauf qu'en rentrant la seule chose dont j'avais envie c'était de me plonger dans un bain brûlant.
Et ce matin, le discours de la proviseur, on entendait rien, pourtant le mégaphone était juste devant elle et j'ai dit à miss p, T. et Lyn nan mais ils l'ont mis là pour faire beau, ils se sont dit que ça ferait chouette comme décor pour un discours, avec les piliers. Finalement on a pas eu de cours jusqu'à onze heure et on est allé boire un verre la miss, Lyn et une autre fille.
Hier j'ai accompagné miss p à l'Espace-info-jeunes qu'ils appellent
ça. Avec T. on riait comme des cons parce qu'il lisait les offres d'emplois et changeait les mots ; ça donnait des trucs comme animateur sanitaires et canin.
Cet aprem je suis arrivée en retard en allemand mais de toute manière je suis toujours en retard, même que ça me saoule seulement je ne sais pas quoi faire contre ça, parce que l'attente je connais bien et ça me tue.
Plus tard je me suis assoupie sur une table du cdi pendant que Seiv lisait je ne sais quoi, des magazines d'Art je crois. J'ai décollé la joue de mon écharpe et elle a dit "tu t'es endormie?" un peu, oui. Et les minutes s'enchainent, la sonnerie, la récré et miss p qu'il faut presque supplier pour qu'elle attente avec moi, alors que cinq minutes c'est pas si long et j'avais presqu'envie de pleurer, j'aurais été comme une serpillière un peu mouillée, étalée sur un banc de la cour.. finalement elle est restée, elle a la trouille de ça, que je me vexe et que je lui en veuille, même si ça arrive sans qu'elle le voit. Deux heures interminables de musique plus tard et des soupires en ribambelle, je suis rentrée en bus avec Lice.
J'ai de plus en plus de mal à supporter tout ça. Les courbatures, la fatigue, mon intolérance qui me fait râler pour n'importe quoi alors que je supplie mon cerveau de se taire. Je sais faire remarque. Ne pas ouvrir la bouche pendant deux heures. Mais regarder le prof de musique avec des yeux qui fusillent je peux pas m'en empêcher.
Et puis on me dit ah, vivement que t'aies ton bac et que tu quittes ce lycée hein? Et moi je dis, vous ne comprenez pas. c'est pas ça. Je me dis: pourquoi ce serait mieux ailleurs? Y aura toujours tous ces trucs qui m'énerveront et j'en ai marre de tout, le bus, le trajet, tous ces gens partout, la fatigue.
Je me vois l'année prochaine, du moins j'essaye d'imaginer, les trajets tous les matins qui seront pareils ou presque, parce que la fac de langue est à cinquante mètres de mon lycée, et dans la même rue. Je me dis, c'est pas ça dont j'ai envie, évidemment que je voudrais autre chose, j'aimerais bien sourire aussi, comme tous ceux qui attendent de retrouver ceux qu'ils aiment, à la sortie d'une salle de cours, d'un couloir ou du lycée. Tout autour de moi c'est l'ennui et le temps qui passe pas comme je voudrais. J'ai jamais compris si j'étais une solitaire ou si la solitude m'angoissait. Au fond je ne sais pas et sans doute que ça ne changerait rien.
Mon regard dans le vide et Seiv me dit tu lisais? nan, je ne regardais rien.
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vendredi 7 avril
09h18

Questionnaire "des quatre machins" transmis par J6 :

4 jobs que j'ai eu:
-photographe de plateau stagiaire (il parait que c'est marqué comme ça dans le générique du court-métrage)
-aide en informatique (ouais, à des copines de ma mère...)
-et puis c'est tout il me semble
-

4 endroits où je préfèrerais être là, maintenant, tout de suite:
-avec des gens que j'aime (oui c'est niaiseux ^^)
-près de l'océan (pour prendre des photos)
-à Paris
-à Londres

4 films ou séries que je pourrais regarder encore et encore:
-Gilmore Girls
-Kaamelott
-La grande séduction
-Amélie Poulain

4 endroits où j'ai vécu:
-Clermont-Fd
-et vraiment c'est tout
-à moins que Malte et l'Angleterre ça compte
-mais je pense pas quand même, parce qu'à ce compte là je rajoute plein d'autres pays

4 émissions de télé que j'aime regarder:
-Ubik
-Arrêt sur images
-Kaamelott
-Silence ça pousse

4 aliments ou plats préférés:
-Macarons au chocolat : ]
-Salade avec tout plein de trucs bons dedans
-Couscous de ma mère
-Clafoutis aux cerises
Et je passe le relais à Hedwige, Ratatouille et à tous ceux qui veulent.

Et comme aujourd'hui je suis d'humeur généreuse (nan c'est des conneries), ce n'est pas un mais deux questionnaires, oui deux vous avez bien lu, auxquels vous aurez droit. Parce qu'en fait je dois faire le psycho-killer depuis décembre.

1. Le questionnaire auquel j'aurais voulu répondre mais dont personne ne m'a passé le relais.
Celui des chansons.
2. Si j'étais un animal écrasé sur la route je serais...
Un potiron, forcément. Ou alors un renne du nord de la suède. C'est débilou un renne.
3. Mon dictateur préféré...
Mon frigo (je crois qu'une sorte de télépathie s'est instaurée entre mon estomac et lui)
4. Mon objet sexuel préféré :
Mon apn (nan mais fallait bien que je trouve un truc)
5. Ma déformation physique préférée :
Les taches de rousseur
6. Si je devais brûler la voiture de quelqu'un à Clichy sous bois ce serait celle de :
Pourquoi pas un bus tant qu'on y est? bon, il y aurait ma prof de maths de seconde, une personne méchante, sadique, imbécile et irrécupérable (du genre à virer un élève de cours parce qu'il a bougé sa chaise un peu trop bruyamment à son goût) ; il y aurait aussi la cépéheu du lycée, vous savez le genre qui a soixante-dix ans, qui est là depuis la construction du lycée (bon c'est pas très plausible si on prend en compte le fait que mon lycée est plus que centenaire), qui dit chaque année que l'année qui suit elle prendra sa retraite et qui finalement refuse de s'en aller. Et surtout c'est une emmerdeuse et une hypocrite professionnelle. Par exemple, l'année dernière je lui ai remis un devoir de français qu'elle devait déposer dans le casier de ma prof puisque les élèves n'y ont pas accès. La semaine suivante le devoir s'était volatilisé et elle a formellement nié que je le lui avait remis. Résultat ma prof ne m'a pas cru une seconde et bizarrement deux semaines plus tard elle a trouvé le devoir dans son casier.
7. Si je devais exécuter un bisounours ce serait
Celui qui nargue les autres avec son trèfle-à-quatre-feuilles sur le ventre. Grosveinard il s'appelle. Tiens, rien que le nom...
Celui-là, je ne sais pas qui ne l'a pas encore fait. Donc pareil, à tous ceux qui veulent..
Mince, je crois qu'il y a aussi celui des 6 random facts auquel je dois répondre. Mais il faut que je réfléchisse à celui-là.
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samedi 1 avril 2006
23h50
je suis de retour aujourd'hui et c'est même pas un poisson d'avril.
bien sûr c'est facile de ne plus donner de nouvelles ni de ne plus rien écrire
je sais pas si la mise en page vous plait ; ce que je sais c'est que j'ai quand même mis un bout de temps, au début ça ne ressemblait à rien.
j'espère qu'elle ne déconne pas trop en tout cas, sinon prévenez moi et j'essaierai de l'arranger (mais oui bien sûr)
en attendant comme ça fait quelques temps que je n'ai plus rien écrit je ne sais pas vraiment par quoi commencer
bon voilà,
il y a eu les vacances et avant ça des angoisses qui me sont tombées dessus un mardi matin, juste avant d'aller au lycée
je me suis réveillée et c'était comme si quelque chose avait explosé à l'intérieur, un trop plein de trucs qui un beau matin de février vous immerge le cerveau
je suis pas sortie de chez moi, je suis restée devant la télé des journées entières et je me disais demain oui il faut aller au lycée et même rien que d'y penser je tremblais je pleurais et c'était comme si je ne pourrais plus jamais y retourner. Un instant au moins j'y ai cru.
Et puis les vacances ont été plus douces. Cinéma piscine j.o et quelques jours près de Poitiers.
Maintenant ça fait un mois et demi de ces affreuses journées et je vois une psy une fois par semaine. J'aime pas trop ça mais bon. Et puis là, ça fait trois semaines que mon lycée est bloqué. J'y vais le matin vers 8 ou 9h, je rejoins Lyn, et T. parfois, à 9h il y a l'AG, on écoute ça, tout le monde peut s'exprimer, y en a qui applaudissent, d'autres qui râlent pour leur bac. Et après c'est vote à main levée. Certains ont dit vous êtes minoritaires à voter pour, c'est juste que les autres restent chez eux. Alors on a organisé un référendum. Ca c'était hier. Un vote à bulletin secret, ça a pris une semaine et demi d'organisation. La cépéheu (en fait il y en a trois mais des trois c'est la plus gratinée) a refusé l'entrée du lycée à plein d'élèves pour des conneries. On sait bien qu'elle ne voulait pas qu'il y ait 80% de participation pour que le référendum foire. Manque de pot pour elle, tout a bien fonctionné. Reconduction du blocage à 61%. Miss P m'a dit tu sais je vote 'oui' rien que pour l'emmerder. Moi j'ai voté oui parce que mon lycée est celui qui se mobilise le plus dans ma ville et ça j'en suis fière même si je n'y suis pour rien ou presque. Je suis fière que tant de lycéens y croient et se bougent pour tout ça. La proviseur nous disait il y a trois semaines, vous aurez bien l'occasion de faire tout ça quand vous serez salariés, pour l'instant ce n'est pas votre rôle et d'autres trucs dans ce genre. Mais n'importe quoi! Ils veulent réprimer ce mouvement mais moi j'écoute le garçon qui parle à l'AG tous les jours, il doit avoir 16 ou 17 ans et vraiment entre ce type qui se révolte et qui parle avec sens et cette snob de proviseur qui se pavane dans le lycée comme si elle visitait ses dépendances, on a vite fait de faire le bon choix.