Dimanche 25 mai
18h23
[music]
Les journées sont tellement
douces même si une migraine m’a réveillée à six heures et quart ce matin.
La pluie ne cesse de tomber mais tant pis. Je crois que je vais plutôt bien et
ça me fait tout bizarre parce que c’est nouveau.
L’autre jour j’ai effacé
une dizaine de noms de mon portable et ça m’a fait du bien de faire ce petit
ménage, comme un grand pas en avant.
Cette semaine est la dernière au lycée
et dans cette petite ville un peu perdue. Bizarrement on a encore du boulot et
le conseil de classe tombe après notre dernier cours. J’ai commencé à
ramener des planches de travaux chez moi, des kilogrammes de papier qui pèsent
sur les épaules.
Au lycée on passe des heures
dans l’herbe à compter les pâquerettes et les trèfles à quatre feuilles.
Avec Lau on fait pas mal de conneries mais c’est tellement bon, juste avant la
fin.
Les courses de chaises à roulettes sur la passerelle.
J’ai ramené le vieil
appareil de mon grand-père pour finir la pellicule. Et peut-être que j’en
entamerai une nouvelle au final. Parce que je crois ça vaut vraiment le coup.
Sur la paroi de la douche je
regarde s’évanouir les noms écrits du bout des doigts dans la buée.
Il nous reste une semaine et
tellement à partager.
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Lundi 19 mai
23h14
- (quite old picture)
Mai. Les profs distribuent les dernières notes du
trimestre et sèment des contrôles surprises.
On attend les résultats des dossiers de candidatures
parce que c’est pour bientôt. Mais je n’ai pas hâte.
J’écoute la bo de Juno en boucle et je suis tombée
amoureuse de la voix de Kimya Dawson. Maintenant, j’attends l’été pour
m’acheter une guitare. Et d’ailleurs je crois pas que je bosserai cet été
parce qu’il est quasi impossible de trouver un job sans piston. Et mon
piston à moi ne fonctionne plus. Franchement quand je vois les filles ma
classe qui envoient des cv par dizaines et qui reçoivent soit des réponses négatives
soit pas de réponse du tout, ben ça décourage un peu. Enfin ça me laissera
du temps pour apprendre à conduire vu qu’avoir juste le code ne me sert
pour l’instant pas à grand chose.
Ce week-end j’ai revu Seiv et on a semé des mots
d’anglais un peu partout en ville, puis on s’est allongé sur les pelouses
du parc avec quelques américains de la fac.
On a dit pas mal de bêtises et
rit très fort et puis après on s’est levé, on a marché dans les rues et
elle m’a dit pour la énième fois que c’était ridicule qu’M et moi on
s’ignore toujours.
Elle a demandé si je lui en voulais encore et c’était
bizarre parce que d’un côté je n’avais vraiment pas envie d’en parler,
et de l’autre j’aurais voulu crier qu’après tout c’était de sa faute
si ça s’était terminé comme ça. Le problème c’est même
pas qu’il se soit passé quelque chose, c’est plutôt
l’inverse ; j’ai attendu une explication et rien n’est venu, il
n’a pas fait un geste, il est resté là sans bouger comme on regarde un
train qui s’en va et puis voilà.
Elle dit qu’il a changé (ça me fait
une belle jambe) et quand je le regarde devant son public comme il faisait
autrefois je le reconnais tout à fait.
Samedi soir on a marché longtemps le long des rails du
tram et j’aurais tellement voulu être ailleurs, avoir quelqu’un à
appeler pour me tirer d’ici rien qu’un instant. J’ai planqué ma rancœur
sous des sourires et j’ai continué à ignorer ce manège autour de moi.
J’aurais tellement préféré marcher aux côtés de quelqu’un
d’autre le long de ces rails de tramway.
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Samedi 19 avril
13h21
J’écris ce post sur
l’ordinateur familial. Pourvu que ça ne plante pas.
I’m
back from Paris. C’était bien, il a fait beau, j’ai pris des photos,
on est allé au resto et pour la première fois de ma vie j’ai envoyé une
carte postale à ma famille qui vit de l’autre côté de la Méditerranée.
J’ai pas compté les kilomètres parcourus entre le jardin du Luxembourg, la
rue Mouffetard, le Sacré-Cœur, la Grande Mosquée et l’opéra Garnier mais
vu les douleurs que j’avais dans les mollets, ça doit en faire un paquet.
Mercredi aprem j’ai retrouvé
T. après l’avoir attendu un moment devant la Pyramide du Louvre ;
j’aurai eu le temps de voir les pompiers arriver pour un malaise, des moines
tibétains (ou pas) et une bonne-sœur avec sa fille cachée (si si). On a marché
sans se regarder pour finalement s’asseoir dans un starbuck et là je sais pas
on a parlé de Seiv, de M. et de miss p. aussi et quand il m’a demandé
pourquoi M. et moi on ne se parlait plus j’aurais voulu lui expliquer et que
ça semble légitime, j’aurais pu dire que je l’ai trop aimé et lui pas
assez et au final mes explications se sont embrouillées entre amertume et rancœur
de petite fille capricieuse. Au fond personne ne saura jamais le pourquoi du
comment mais de toute façon qui ça intéresse, hein ? Même M. s’en
fiche éperdument.
Chez Colette j’ai glissé
dans mon sac un morceau de papier parfumé de bergamote et de fleur d’oranger
et maintenant quand je l’ouvre ça me transporte un peu.
A part ça j’ai plus ou moins planté mon pécé, il me reste un dossier de
candidature à remplir et à envoyer (le treizième) et la maison est toute
vide.
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Jeudi 10 avril
17h06
Cette semaine sera à marquer d’une pierre
blanche si je ne prends aucun comprimé en plus de mon nouveau traitement de
la mort qui tue. J’ai toujours un peu mal au crane en permanence mais je
supporte. Good point for
you baby.
Cette semaine aura été (oui bon demain
soir je suis en ouikend donc c’est un peu la fin de la semaine là) une
semaine de pré-vacances puisque j’ai pitoyablement séché les cours de
mardi, pour cause de contrôle monumental que je ne me sentais absolument
pas de réviser après les huit heures de cours de lundi, et
qu’aujourd’hui je n’ai pas cours grâce à de multiples examens
blancs. Cela dit toute la classe est plus ou moins collée un mercredi aprem
après les vacances pour avoir collectivement séché un cours d’anglais.
Autant dire qu’on s’en réjouit tous d’avance.
Hier soir il y a eu la fête chez la sœur
de T. Après quatre verres de mousseux je ne tenais plus debout mais on aura
dansé, pris des photos, grignoté des chips au poulet et on se sera allongée
à je ne sais combien sur le grand lit juste pour regarder le plafond et ne
penser à rien d’autre qu’être bien d’être là.
Demain c’est le dernier jour et après,
deux semaines de vacances. On ne va pas vraiment bosser je crois. Et je
pense que je vais détester avoir à ranger ma table et mon casier, je
n’aime pas les départs faut croire.
Oh
et je réfléchis à un nouveau layout pour ici, avec des couleurs pour que
ce soit frais et printanier.
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Dimanche 6 avril
22h41
Du boulot pour demain mais je
n’ai rien fait.
J’ai passé un ouikend tout pourri et en voici
l’explication. Je me rends pas compte si j’en parle souvent ici mais
j’ai très souvent mal à la tête, et ce depuis des années. Et en ce moment
j’ai mal à la tête tous les jours depuis deux semaines. Alors je me bourre
de médoc (aspirine, ibuprophène, propofan) qui ne me font plus aucun effet et
je me réveille le matin avec des maux de tête (youpiya, ou comment bien
commencer une journée). Mais
vendredi, ce fut le drame. Après manger, j’ai senti venir le mal de tête
perfide qui tape contre les sourcils mais à peine j’avais avalé deux
propofan que c’était trop tard. La crise de migraine s’était déjà
installée. Après le lycée, retour chez moi, je fais ma valise et toujours
cette foutue migraine qui ne passe pas. Arrivée à la gare je me suis assise
sur le banc pour attendre mon train et j’ai sangloté parce que la crise était
bien là et que je ne pourrai rien y faire à part appeler SOS Médecins mais
avouez que dans le train ça le fait pas. J’étais tellement faible que je
n’ai même pas pu porter ma valise dans les escaliers pour me rendre sur le
quai (j’ai demandé à un type de la essèncéèf) et dans le train j’ai
failli m’évanouir de douleur et la fille à côté de moi me prenait le pouls
et répétait hé ho ! ça va ? hé ho ? répondez et j’étais
incapable de parler, trop occupée à me demander si j’allais oui ou non finir
par lui vomir dessus. Quand mes parents sont venus me chercher à la gare, j’étais
tellement faible et j’avais tellement mal que je pouvais à peine marcher et
dans la voiture je n’arrivais plus à articuler quoi que ce soit et mes dents
claquaient et je tremblais comme une feuille tandis que le trajet jusqu’à la
maison me semblait interminable. Dans ma chambre, je me suis allongée dans le
noir, comme je le fais d’habitude quand j’ai des crises et j’ai attendu
que ça passe. Le moindre mouvement même imperceptible renforçait la douleur
et la nausée. J’ai finalement avalé un anti-inflammatoire qui bute tout et
deux heures plus tard j’ai pu me lever.
Le lendemain matin, mon père
m’avait pris un rendez-vous en urgence chez un neurologue.
Trois quarts d’heure après
être sortie de mon lit, j’étais assise dans son cabinet. Il m’a juste dit vous
avez mal depuis plus d’une semaine et vous avez des crises de migraines
plusieurs fois par an, ah bah ne cherchez pas, tout ça, ce sont des migraines. Et
il a même ajouté on est migraineux à la naissance ou on l’est pas.
C’est héréditaire ! (merci maman) D’après ce qu’il m’a expliqué, les
migraines c’est juste carrément chiant mais pas grave, ça vient d’un dérèglement
de l’horloge interne je ne sais où dans le cerveau à cause des hormones féminines
ou truc du genre. Ensuite il m’a donné un traitement de fond (c’est comme
ça que ça s’appelle) et des anti-inflammatoires et voilà.
Cela dit là tousuite j’ai
toujours mal à la tête.
Tout ça pour vous dire que
si vous connaissez les symptômes décrits au-dessus et que vous aussi dans ces
moments-là vous tueriez pour de la morphine, c’est que vous êtes migraineux.
CQFD
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Jeudi 3 avril
22h27
[music]
Plus que deux dossiers à envoyer et cette
folie des timbres, des lettres de motivation et des photocopies sera enfin
terminée.
Seiv me manque, j’ai terriblement envie de
l’appeler mais ça fait tellement de temps que je n’ai pas entendu sa
voix que je n’ose pas ; comme c’est idiot. Et mes messages restent
sans réponse. On se rate et ça me rend triste.
Je bois des tonnes d’eau pour combler le
vide parce qu’il n’y a que des Gervais périmés dans mon frigo. Ca et
le nutella que j’avale sans y penser.
Les vacances sont dans une semaine et plus
qu’un mois de cours et ce sera la fin. Retour dans ma ville. Mais ça ne
m’enchante guère, parce que je me suis attachée aux gens que je vois
tous les jours, et qu’après ça fera un grand vide. Et l’année
prochaine je serai parachutée je ne sais où en France, et ça aussi ça
fait bizarre.
Ca va sinon, oui, je crois que ça va. Parce
qu’il y a les milliers d’éclats de rires tous les jours qui effacent
les maux de tête et la fatigue pour rien en plus.
Et
pendant les vacances j’irai à Paris faire Dieu sait quoi, je m’en
fiche, du moment qu’il y a le soleil et la légèreté ça ira bien.
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Mardi 1 avril
12h26
ecrit
lundi
Je
rêve d’un road-trip où on écouterait Manu Chao fenêtres ouvertes, et aussi
Mickey 3d et Souad Massi. Parce que les trois me font terriblement penser aux
vacances, au soleil, à Paris, au sable, à la nostalgie qu’on tente de
laisser derrière nous.
J’ai
séché les cours aujourd’hui. Enfin nan, pas exactement. Plutôt, j’ai mal
dormi (c’est à dire j’ai du dormir deux ou trois heures par intermittence
(et en plus j’ai rêvé de Roselyne Bachelot) et je me suis réveillée avec
un *** de mal de tête comme un jour sur deux en ce moment. Et vu les neuf
heures de cours pourris que j’avais aujourd’hui, ben l’appel du lit a été
plus fort que tout. Si ça trouve tout ça c’est la faute au changement
d’heure. (ou à Sarko)
En ce moment au lycée, on rempli des dossiers à la pelle, on fait des dizaines et
des dizaines de photocopies de bulletins scolaires et on découvre, fébrile,
les appréciations des profs (nan, ça c’est moi). Jusqu’à tout de suite,
j’ai bouclé sept dossiers sur treize. (Oui, treize, j’ai vu large.) Le plus
triste, c’est que je vais envoyer un dossier avec lettre de motivation et tout
à mon propre lycée alors que je veux même pas faire leur bts. Juste qu’on a
plus de chance d’être pris dans l’académie d’où on vient que dans
n’importe quelle autre. Stupide ordre du rectorat.
Dimanche
dans le train, quelqu’un est passé à côté de mon siège et il avait le même
parfum que M. Le genre de truc qui vous ramène des années en arrière, comme
un flash de téléfilm, et j’ai revu M, assis sur son lit, devant les photos
de vacances qu’il accrochait au mur et aussi la boite dans laquelle il
rangeait sa collection de porte-clé. Il y avait mis aussi le porte-clé légo
que je lui avais offert. Quelque chose dans tout ça me manque mais je ne sais
pas quoi. Peut-être l’insouciance qui nous emplissait, à la fin du collège.
Mais peut-être que je l’ai retrouvée un peu, cette année.
On
est en vacances dans deux semaines et je n’étais même pas au courant.
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Mercredi 5 mars
21h42
Les vacances sont finies et j'ai repris les
cours. La rentrée s'est plutôt bien passée. Contre toute attente j'ai pas
mal bossé pendant les vacances mais je n'ai quand même pas terminé (du
tout) la montagne de projets qu'on est censé finaliser la semaine prochaine.
A part ça pendant les vacances j'ai vu un psychiatre, un généraliste et une
psychologue mais franchement j'ai pas envie d'en parler pour le simple fait
que je me suis torturé les méninges toutes les vacances avec ça. Toujours
est-il que je prends des antidépresseurs depuis deux semaines. Bon, en fait,
le premier psy que j'ai vu m'en a prescrit. Bon, y a un truc à savoir à
propos des antidépresseurs, c'est qu'il ne faut surtout pas lire la notice.
Le soir-même j'ai eu le malheur de lire la liste des effets secondaires
indésirables qui recouvrait pas moins d'une page de la notice. J'ai pris un
comprimé et après ça j'ai pas dormi de la nuit, j'avais chaud, froid, la
nausée et je ne sais quoi. Le lendemain je me suis levée avec une
demie-heure de sommeil à tout casser dans les pattes. J'avais les membres
tout engourdis et mes mains tremblaient, ça m'a vraiment fait peur, j'avais
la sensation d'être droguée (et mes parents flippaient de me voir dans cet
état). Alors je suis allée voir ma généraliste pour savoir si c'était
vraiment une bonne idée de prendre ce médoc. Du coup elle m'en a prescrit un
autre plus léger, plus un truc contre mes crises d'angoisse (mais que pour
l'instant je n'utilise pas). Et voilà où j'en suis. Ca va pas trop mal,
peut-être que les médocs y sont pour quelque chose, allez savoir.
Et aussi, je suis fière de moi paske mardi
j'ai fait un exposé d'histoire de l'art devant tute la classe, j'avais
beaucoup bossé dessus, je m'étais couchée à trois heures du mat' pour le
finir. Et j'ai eu 18! Le prof m'a dit que c'était vraiment bien, que j'avais
été à l'aise à l'oral (alors que j'étais à deux doigts de m'évanouir de
stress quand je me suis retrouvée au milieu de la salle avec vingt-trois
regards posés sur moi.) Enfin voilà, je suis contente de ma prestation, et
puis les autres ont écouté mon exposé (ce qui est rare pendant les
exposés), ils étaient intéressés et ça m'a fait très plaisir.
A part ça, la semaine prochaine ce sont les
portes ouvertes dans mon lycée, pitêtre je mettrai des photos, je sais pas
encore.
bonus of ze day : voilà où j'étais
il y a quelques semaines : clic
c'est un genre de cortège "en l'honneur" de notre omniprésident,
avec chants de circonstances, remaniement ministériel sur les escaliers de la
cathédrale, footing présidentiel sur la grande place et lâcher de ballon
pour que notre président aille conquérir tute la galaxie. bon, on peut
me voir à 3:21 pendant deux secondes, je porte une écharpe verte ; )
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Lundi 21 janvier
18h26
Life is too hard for me
Du travail, plein, un contrôle d’histoire
de l’art et des exposés, des projets à terminer/commercer/continuer, je
rattrape pas le temps et je me suis un peu perdue ces derniers mois, peut-être
que tout va trop vite ou c’est moi qui rame. Je sais plus trop qui je suis,
où je vais, mais je parle, je mange, je vais au lycée, je prends des trains,
et je fais semblant. Dans mon petit studio j’ai fait le ménage, avaler
toutes les poussières et javellisé le coin cuisine. C’est joli ici, j’y
ai mis des couleurs que j’aime, framboise, taupe, beige, il y a des petites
fleurs, des étoiles au plafond, des rayures, des petites lampes constamment allumées et des bougies qui ne le sont jamais. Je voudrais que tout reprenne,
dans ma tête, que tout se mette en ordre encore une fois. Mais je ne peux
pas. Je ravale les larmes qui me piquent le nez et je me blottis dans les
coussins. Je plaque les écouteurs sur mes oreilles et j’attends que tout
passe.
On
parle de dossiers d’inscription, de vœux, de portes ouvertes et de bts. Et
moi je reprends des lectures en anglais et je fais des mots fléchés. Hier
sur le quai de la gare un petit garçon hurlait de voir sa mère partir tandis
qu’il devait rester là, et j’ai trouvé ça déchirant, j’en aurais
pleuré je vous assure.
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Mercredi 28 novembre
21h47
Si rien ne bouge - écrit mardi 20 novembre
Je m'efface jour après jour.
Il y a eu Paris, les vacances. Et après. Rien. Ca ne tourne pas rond. Je me sens mal mal mal depuis des jours et je n'y peux rien. Mes crises d'angoisses gagnent du terrain alors qu'il y a quelques semaines, plus, quelques mois je les croyais disparues. Je sais pas pourquoi ça ne va pas. Et je n'ai plus de psy à saouler avec mes problèmes existenciels. Vous savez quoi, ben quand je me regarde j'ai envie de baisser les bras, de me dire 'ma vieille y a rien à faire, tu changeras jamais'. Au début des vacances j'ai raconté tout ça à ma mère (j'ai au moins le courage de faire ça), je sais plus trop ce qu'elle a dit, qu'elle comprenait sans doute et puis elle a du me prendre dans ses bras. Et puis Paris m'a fait tout oublier, pour quelques jours.
***
Je ne parviens plus à me rappeler les journées passées. Je cherche mes souvenirs comme on cherche ses mots. Je me sens vide, étrangère à ma vie, je croise les mêmes gens tous les jours, je leur parle un peu, sourri parfois, mais ce n'est pas moi. Je me sens tellement bizarre que je me sens étrangère à moi-même. Je mets en place des automatismes qui trahissent mon absence de motivation, d'envie et tout ça. Je vais au lycée chaque matin parce que je sais qu'il faut que j'y aille. Mais au fond j'aimerais autant rester sous ma couette à regarder la télé toute la journée. Alors voilà, je sais parfaitement qu'une montagne de boulot m'attend mais je reste plantée là devant ma liste de choses-à-faire. Incapable de bouger le doigt de pied.
Hier je suis restée chez moi pour cause de maladie (en fait non, pour cause de mal de ventre lié à ma putain d'angoisse) et le soir, juste avant de partir j'ai pleuré comme une gosse dans la cuisine, au-dessus de mon verre de lait et des gateaux petit-déjeuner. Au bout d'un moment mon père a dit 'bah qu'est-ce qu'il y a? c'est de retourner dans ton studio qui te met dans cet état?'.
Je me sens tellement paumée, si vous saviez.
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Dimanche 4 novembre
00h43
Mes mots me manquent mais j’ai peur de ne plus savoir écrire.
J’étais à Paris et tout près pendant quatre jours entiers ; j’ai marché des heures, arpenté les couloirs du métro, me suis endormie dans le rer. Traversé des salles aux murs recouverts de tableaux, et d’autres où des meubles design étaient éparpillés. Il y avait les murs sombres de Beaubourg, au détour desquels on tombe sur des photos de pluie ou les images vacillantes d’un couple qui dort. Et puis reposer le corps fatigué par les kilomètres parcourus et les jambes qui ne portent plus.
Et entre ces heures qui courent et toutes les images qui défilent sur ma rétine il y avait cette grande maison où je me sens si bien, mon cousin préféré toujours immense et les sourires mille fois trop nombreux que je ne peux pas contenir.
(alors c’est vrai, les meilleures choses sont celles qui ne durent pas?)
J’ai vidé mon esprit pendant ces quelques jours, c’est peut-être ce que je recherche au fond, m’échapper de quelque chose, avoir l’impression de n’être plus prisonnière de rien sinon de ce que j’ai choisi. Mais entre les murs froids et gris de ma ville de province, mon cœur s’est serré et j’ai pensé qu’on appartient à quelque chose qui nous retient sans cesse et rien qu’un instant j’aurais voulu fuir tout ça, le tram, les gens, la grande place et les trottoirs sales, les itinéraires que je connais par cœur au bout de dix-neuf ans.
Je crève de manquer de quelque chose sans savoir réellement de quoi.
J’aurais voulu rester là-bas, tant pis pour les crissements des rails du métro et les odeurs et les gens pressés, je voulais pas partir, je ne l’ai jamais voulu quand j’étais là-bas. Et pourtant le dernier jour, bagages en main, je n’ai pas regardé en arrière, à peine le temps des bises et d’un sourire.
Entre les passants, je crois reconnaître le parfum de mon cousin-préféré parce qu’il me manque, mais j’ai beau tourné la tête rien n’est semblable et personne n’est comme lui.
J’ai tellement besoin de temps, pour m’apaiser par intermittence, parce que je deviens folle quand tout s’enchaîne sans que je parvienne à rien contrôler. Et je sais pertinemment que la semaine prochaine je serai loin, tellement loin de ceux que j’aime, encore, et je ne me sens pas la force de.
Quand je repense aux mois d’été, ils me semblent à des kilomètres et quand je raconte juillet et ses jours terribles j’ai l’impression de résumer un mauvais film. Je revois les scènes en détail mais c’est comme si je ne les avais pas vécues. J’ai l’impression de raconter l’histoire de quelqu'un d'autre.
Et puis je me dis que je ne referai sans doute pas d'animation. Parce qu'après tout, ça n'était peut-être pas une si bonne idée. Peut-être que ce n'est pas mon truc. Je repense aux mots de D., un autre stagiaire bafa, un jour après une dure journée durant laquelle je l'avais appelé à l'aide parce que je ne m'en sortais plus avec un groupe pendant une activité (et quand j'y repense y avait de quoi après tout). Il m'avait dit d'un air protecteur "qu'est-ce qui c'est passé tout à l'heure?". Je me souviens, son regard était doux mais on aurait pourtant dit un règlement de compte. J'avais vaguement expliqué qu'à un moment je ne m'en sortais plus du tout, que j'avais eu envie de tout envoyer balader et qu'une subite envie de pleurer s'était immiscée entre tout ça. Je savais très bien que les autres anims m'en voulaient de ne pas avoir réagi comme il fallait devant les gamins, et moi je ne pouvais m'empêcher de penser que j'avais fait ce que je pouvais et qu'après tout ce n'était sans doute pas très grave. Et pourtant D. m'avait dit "mais ça t'arrive souvent de réagir comme ça?" comme si montrer mes faiblesses était quelque chose d'impensable, de tabou, d'interdit. Plus tard j'ai bien vu que c'est surtout quelque chose qui se retourne contre vous à la vitesse de la lumière. On vous poignarde dans le dos après vous avoir montré une main tendue.
A D. j'avais répondu que j'étais comme ça, que je craquais parfois, parque ce je ne pouvais pas tout supporter sur mes épaules, et qu'après tout, oui, j'étais fragile. J'aurais voulu qu'il comprenne. Je l'aimais bien D., au début, quand je ne voyais que ses yeux bleus rassurants et ses sourires en coin, et que je pensais qu'après tout on était dans la même galère. Puis plus tard je me suis aperçue qu'il était de ceux qui pensent que le travail surpasse tout, qu'on doit se plier devant les gens les plus pervers pour qu'ils aient un peu de considération pour vous. Je m'étais brouillée avec lui, un soir, parce qu'il ne tolérait pas que tout le monde ne soit pas comme lui, capable de mettre sa mauvaise humeur de côté ou son énervement. Alors à vingt-deux ou vingt-trois heures, quand tous s'avalaient des verres pour tenir un peu plus longtemps sur la piste de danse, je lui avais dit que non tout le monde ne peut pas tout contenir ou tout oublier, surtout pour un travail parfois ingrat, mal payé et éreintant. Et qu'après tout ce n'était qu'être humain que de réagir ainsi. Il avait rétorqué en parlant de professionnalisme ou je ne sais quoi. Rien qu'un instant j'avais été fière d'avoir des principes et un minimum de dignité ou d'amour propre ; je l'ai vu comme un chien rampant aux pieds de la directrice pendant que les quelques personnes que j'aimais vraiment bien s'indignaient toujours plus des aberrations qui n'obéissent à aucun code du travail. L'animation, le pays de tous les droits.
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Samedi 15 septembre
23h05
Des nouvelles après de longs mois d'absence
Oui c'est à peu près
ça.
Vous aurez remarqué, je suis pas très douée pour garder contact. Malheureusement ça vaut aussi pour la "vie réelle". D'ailleurs pas plus tard que cet aprem, j'ai fait semblant de ne pas avoir vu une fille de la fac avec qui j'ai passé l'année, chez qui j'ai mangé, etc. J'étais en ville avec Lyn et elle est passé à cinquante centimètres de moi et courge comme je suis ben je l'ai soigneusement évitée. Bon, Lyn m'a quand même dit y a le copain de la fille qui vient de passer qui te regarde là. Tu le connais? Ah bah maintenant elle aussi te regarde.. Et moi ah, euh, qui? ah bah euh, ouais euh, on était à la fac ensemble blablabla. Je suis rien qu'une ingrate. En plus la fille en question m'avait envoyé une carte postale, et moi j'ai même pas été fichue de lui envoyer un message ou quoique ce soit. C'est vous dire combien ma notion de la politesse est parfois dérisoire.
En parlant de Lyn, je crois que c'est quelqu'un que je n'ai vraiment pas envie de perdre de vue, je sais pas, j'ai passé un aprem avec elle, c'était pas arrivé depuis
février
il me semble, et on a rit, j'ai pas vu le temps passé, j'étais bien, et peut-être que ça me suffit, je veux pas qu'on me demande plus, je déteste avoir l'impression que les gens attendent davantage que ce que je veux bien leur donner. Avec Lyn c'est simple, du moins je ne ressens pas cette pression que j'ai parfois, quand je me dis que je vais encore pas être comme il faut, comme on voudrait que je sois.Mon dernier post, c'était fin juin. Depuis j'ai validé mon année d'anglais (oui oui, youpiya!), j'ai travaillé un mois dans un village vacances où j'ai trimé six jours sur sept, jusqu'à seize heures par jour pour huit euros de la journée (donc cinquante centimes de l'heure), en gros j'ai un peu le sentiment de m'être fait exploiter mais bon, peut-être qu'il faut avoir vécu ça une fois dans sa vie. Ah et j'ai pas eu mon bafa parce que ma courbe de progression était pas comme il fallait. Ha ha, la blague. Bon, j'ai quand même rencontré des gens chouettes et des dizaines d'enfants que j'oublierai sans doute pas. J'ai aussi perdu deux kilos, je suis montée sur scène, j'ai dansé jusqu'à pas d'heure, noyé mon lecteur mp3 dans la piscine, écrasé pas mal de cafards et
d'araignées, mouché des
nez, essuyé des petites fesses, maquillé des enfants, bercé et nourri des bébés, endormi des petits, organisé une chasse au trésor, fait des états des lieux par
dizaines, monté et descendu des milliers de marches, lu des histoires, taché mes jeans de
peinture à doigts et j'en passe. Et un jour entre midi et deux une dame m'a appelée et m'a dit une place s'est libérée pour la mise à niveau, je vous envoie un dossier d'inscription? J'ai dit oui, évidemment.
En août j'ai travaillé au conseil général, où j'ai été payée six fois plus qu'en juillet pour deux fois moins de boulot (vive le smic hein), j'ai fait des dizaines de camemberts et de tableaux sur excel et de l'archivage, c'était tranquille, pendant la pause déjeuner je lisais Harry Potter. La chef m'a félicitée pour mon boulot et l'équipe m'a même offert un cadeau le dernier jour. Bref, le boulot d'été de rêve..
Et voilà, depuis dimanche dernier je suis installée à une heure trente de chez moi où je fait une mise.à.niveau en arts.appliqués. C'est dur d'être loin de ma maison, de ma ville, de mes parents, de miss p, de Seiv, de Lyn. Enfin c'est le début, il faut du temps pour s'adapter, je sais bien. Alors quand je suis toute seule dans mon petit studio je laisse la télé allumée en permanence, pour ne pas trop me sentir comme un poisson dans un bocal, à tourner en rond. En cours c'est bizarre, je suis avec la
sœur
de T. Elle lui ressemble un peu dans sa manière d'être, et elle ressemble à Seiv aussi. Sauf qu'elle a de longs cheveux très blonds. Vous savez elle ressemble à Kirsten Dunst et à Gwyneth Paltrow en même temps.
Au mur il y a encore des photos de la classe de l'année dernière, la classe de T. donc. Alors quand je tourne la tête je vois sa photo accrochée au mur et alors je me sens un peu nostalgique, ça me rappelle juste que T. est loin maintenant, dans son lycée parisien prestigieux, et qu'il est loin le temps des regards
échangés
en cours de philo et des rires et des
bêtises
au cdi.
Au fait, j'aurai bientôt un ordinateur à portée de main, alors je pourrai écrire plus souvent j'imagine.
.................................................................................
Samedi
23
juin
13h56
Je
sais
plus
très
bien
où
j'en
suis,
tellement
j'ai
l'impression
que
ça
fait
des
plombes
que
j'ai
rien
écrit.
J'ai
revu
Seiv,
on
est
allées
à
la
piscine
et
chez
miss
p
aussi,
c'était
le
soir
de
la
finale
de
rugby,
la
grande
place
grouillait
de
monde
habillé
en
jaune
et
bleu.
Mais
on
est
pas
restées,
ça
faisait
un
peu
trop,
tout
ça,
et
donc
on
est
allées
chez
miss
p.
Là-bas
on
a
rit,
beaucoup,
glandé
étalées
sur
son
lit,
mangé
des
tonnes
de
pâtes
(à
part
moi
et
mon
estomac
de
moineau)
et
après
on
est
rentrées.
Plus
tard,
plus
tard
je
sais
même
plus.
J'ai
oublié
les
jours.
Je
crois
qu'après
il
y
a
eu
mon
audition
de
piano
et
puis
j'ai
commencé
à
réviser
pour
les
rattrapages.
J'en
ai
passé
deux
et
j'en
peux
plus.
Le
mois
de
juin
me
file
entre
les
doigts.
Mercredi
une
dame
d'un
village
vacances
m'a
appelée.
Elle
m'a
proposé
de
travailler
comme
stagiaire
bafa
tout
le
mois
de
juillet.
Elle
m'a
fait
passé
un
entretient
et
puis
m'a
dit
de
rappeler
pour
lui
donner
ma
réponse.
Entre-temps
j'ai
appelé
miss
p,
seiv,
et
deux
filles
du
bafa,
tout
le
monde
m'a
conseillé
d'accepter
;
moi
j'étais
trop
morte
de
peur
pour
oser
réfléchir.
Alors
j'ai
dit
oui,
le
cœur
serré,
j'ai
pensé
plein
de
fois
que
j'aimerais
bien
être
comme
miss
p,
en
ce
sens
qu'elle
semble
n'avoir
peur
de
rien
et
se
lance
sans
trembler.
J'y
pense
sans
arrêt,
je
me
dis
que
dans
une
semaine
et
quelque
je
serai
loin
de
chez
moi,
sans
repère,
sans
regard
familier
sur
lequel
poser
mes
yeux.
Je
panique
et
je
pleure
quand
je
devrais
sans
doute
me
réjouir.
Et
j'en
reviens
à
l'éternelle
question
pourquoi
avec
moi
tout
est
si
compliqué?
J'ai
pas
tellement
envie
de
développer
davantage,
parce
que
j'ai
le
fauteuil
de
ma
psy
pour
ça.
Je
voudrais
simplement
que
tout
soit
plus
léger,
et
arrêter
de
pleurer
à
chaque
fois
que
je
pense
à
tout
ça.
En
attendant
j'ai
encore
deux
(ou
trois,
pas
encore
décidé)
rattrapages
la
semaine
prochaine
(dont
celui
d'italien).
.................................................................................
Mardi
5
juin
13h24
Je
songe
à
créer
une
rubrique
spéciale
qui
s'appellerait
la
fac
c'est
tout pourri.
Sérieux.
Voici
donc
la
suite
de
mes
palpitantes
aventures
au
pays
du
rattrapage
de
partiels.
Vous
vous
souvenez
(ou
pas)
que
le
rattrapage
de
littérature
et
d'italien
débutant
tombent
à
la
même
heure.
La
madame
de
la
fac
de
Lettres
m'avait
dit
bla
bla
bla
la
personne
qui
s'occupe
de
ça
n'est
pas
là,
elle
vous
appellera
la
semaine
prochaine.
Bon,
je
dois
le
dire,
j'avais
une
once
d'espoir
qu'en
effet
on
me
rappelle
mais
évidemment
personne
n'a
rappelé,
faudrait
que
j'arrête
d'être
naïve
à
ce
point.
Du
coup
j'y
suis
retournée
ce
matin.
Après
avoir
examiné
ma
convocation
d'examen,
la
secrétaire
me
dit
que
on
peut
pas
déplacer
les
examens.
C'est
convenu
comme
ça
depuis
avril,
c'est
trop
tard.
Moi
:
-
Mais
même
celui
d'italien?
Y
aura
personne
à
ce
truc!
Sécrétaire
:
-
Je
comprends
mais
c'est
pas
possible.
Moi
:
-
Ah
ouais
et
je
fais
quoi?
J'envoie
quelqu'un
passer
l'italien
à
ma
place?
Elle
:
-
Va
falloir
que
vous
choisissiez
entre
les
deux
matières.
Moi
:
-
Le
truc
c'est
que
pour
l'instant
j'ai
zéro
aux
deux,
là.
Donc
si
je
vais
pas
à
l'examen
d'italien
j'aurais
un
zéro
coef
1
(c'est
le
plus
fort
coef).
Je
suis
obligée
d'aller
à
l'exam
de
littérature
parce
que
j'ai
pas
pu
le
passer
en
mai
puisque
mon
concours
tombait
le
même
jour.
Elle
:
-
Bah
je
comprends
mais
bon,
on
peut
rien
faire
nous.
Moi
:
-
Ah
bon
bah
super,
et
si
j'ai
pas
mon
année
à
cause
de
ça
je
fais
quoi?
(franchement
j'étais
au
bord
des
larmes)
Là
elle
a
tenté
de
me
suggérer
que
si
je
redoublais
c'était
pas
bien
grave
puisque
j'avais
déjà
des
UE
acquises.
Bon
quand
elle
a
vu
mon
visage
suite
à
sa
proposition
elle
s'est
vite
tue.
Elle
:
-
Bon
mais
vous
l'aurez
bien
votre
année..
Mais
elle
croit
quoi
cette
naze,
que
je
passe
les
rattrapages
pour
m'amuser,
parce
qu'au
fond
les
partiels
c'est
trop
l'éclate
c'est
ça?!
Le
truc
c'est
que
comme
je
n'ai
pas
mes
résultats
des
2eme
semestre
je
ne
sais
pas
encore
combien
de
points
j'aurais
à
rattraper.
Mais
si
j'ai
pas
mon
semestre
à
cause
de
mon
zéro
en
italien
putain
je
sais
pas
ce
que
je
fais,
je
porte
plainte
contre
cette
foutue
fac
je
crois!
A
la
fin
elle
m'a
dit
va
falloir
que
vous
la
jouiez
tactique
pour
choisir
la
matière
que
vous
allez
passer..
Nan
mais
comme
si
les
partiels
c'était
rien
d'autre
qu'un
genre
de
pocker.
Avant
de
partir
je
lui
ai
lancé
:
"Ca
arrive
souvent
ce
genre
de
truc?"
Elle
: -
Non
mais
de
toute
façon
les
gens
préviennent
avant
d'habitude.
Moi
: -
Mais
je
vous
l'ai
dit,
j'étais
pas
au
courant.
J'ai
pas
pu
faire
autrement.
Et
puis
bon,
je
suis
quand
même
venue
les
prévenir
un
mois
avant
le
rattrapage.
D'autant
plus
que
quand
j'ai
reçu
les
convocations
d'examens,
je
vois
pas
bien
pourquoi
je
serai
aller
regarder
à
quelle
heure
tombait
tel
ou
tel
rattrapage,
hein
je
veux
pas
dire
mais
d'habitude
les
gens
font
gaffe
quand
ils
fixent
les
dates
d'exam..
clic
Elle
a
fait
preuve
de
mauvaise
fois
alors
que
tout
ça
c'est
de
leur
faute.
Voilà,
(si
ça
se
trouve)
je
vais
payer
pour
la
mauvaise
organisation
de
la
fac.
.................................................................................
Dimanche
27
mai
22h07
Je
jette
un
coup
d'œil
par
la
fenêtre,
à
travers
les
rideaux.
Les
nuages
sont
bleu
foncé
mais
juste
avant
au-dessus
de
la
maison
d'en
face
il
y
avait
un
arc-en-ciel.
Aujourd'hui
j'ai
vu
les
chansons
d'amour
au
cinéma.
J'ai
eu
du
mal
au
début,
à
adhérer
à
tout
ça
;
je
me
suis
dit
mais
où
ça
va
nous
mener
et
puis
finalement
ça
devient
plus
doux,
toujours
gris,
mais
laiteux
aussi
;
et
les
peaux
qui
se
mélangent,
les
effleurements,
les
regards
qui
se
croisent
et
les
mots
chantés
qui
s'envolent
dans
les
nuits
parisiennes.
Ca
sonnait
bien.
Quoi
d'autre..
Vendredi
j'ai
vu
miss
p.
C'était
après
mes
pas
pressés
sous
le
soleil
brûlant
et
les
larmes
qui
se
collent
sous
mes
paupières
quand
je
suis
assise
sur
ce
fauteuil
usé
et
que
je
regarde
mes
doigts
qui
se
tortillent
;
j'essaye
de
parler
mais
les
mots
s'étranglent
dans
ma
gorge,
rien
ne
sort,
rien
ne
peut
sortir
sans
que
tout
s'effondre,
alors
je
regarde
dans
le
vide
pour
que
ça
passe
ou
bien
je
fixe
les
rideaux
à
fleurs,
je
hoche
la
tête
aux
questions
qu'elle
me
pose,
en
fait
je
ne
l'écoute
pas
vraiment,
dans
ma
tête
tournent
en
boucle
ces
phrases
que
je
ne
prononcerai
peut-être
jamais,
à
personne.
Alors
oui
j'ai
vu
miss
p,
c'était
son
anniversaire,
et
toujours
elle
me
dit
ça
s'est
bien
passé?
je
me
contente
de
hausser
les
épaules,
sans
doute,
elle
n'a
pas
vu
que
j'avais
pleuré.
Après
ça
on
a traîné
dans
les
magasins,
l'espace
de
quelques
instants
j'ai
tout
oublié.
.................................................................................
Vendredi
25
mai
11h41
Bon,
finalement
je
ne
suis
pas
allée
à
cette
soirée,
c'est
débile
mais
je
crois
que
j'ai
un
peu
peur
des
gens,
je
sais
pas,
j'ai
peut-être
été
blessée
trop
de
fois
quand
j'étais
au
collège
ou
au
lycée
et
tout
ça,
bref,
je
vais
pas
non
plus
essayer
de
m'auto-psychanaliser
hein.
Autre
de
nouvelle
de
grande
envergure,
j'ai
reçu
la
réponse
pour
le
concours
d'arts
appliqués
et
je
suis
huitième
sur
liste
complémentaire.
Je
suis
un
peu
triste
mais
T
et
Lyn
m'ont
dit
que
j'avais
encore
des
chances
vu
que
Lyn
était
6e
sur
la
liste
l'année
dernière.
J'ai
plus
qu'à
espérer
secrètement
que
certains
loupent
leur
bac.
Mais
en
fait
non.
Nan
j'pense
plutôt
qu'il
y
a
des
gens
qui
tentent
plusieurs
concours
et
donc
il
y
aura
peut-être
des
désistements.
Bon,
sinon
on
aura
les
résultats
des
partiels
à
partir
du
13
juin,
ce
qui
est
un
peu
chiant
vu
que
le
rattrapage
commence
le
19
mais
passons.
Autre
chose,
les
rattrapages
d'italien
et
lité
américaine
tombent
le
même
jour
à
la
même
heure,
alors
à
moins
de
me
dédoubler
ou
de
demander
à
miss
p
d'aller
en
italien
à
ma
place
(elle
est
d'accord
:
)
je
vois
pas
bien
comment
faire.
Alors
je
suis
allée
voir
cette
grognasse
de
secrétaire
d'italien
qui
m'avait
envoyé
promener
deux
jours
plutôt
pour
un
renseignement.
Elle
m'a
dit
ah
mais
c'est
pas
moi
qui
m'occupe
de
ça
hein!
faut
aller
voir
la
scola,
c'est
eux
qui
fixent
les
dates
d'examen,
c'est
pas
moi
hein!
Déjà,
elle
m'a
répondu
super
sèchement
comme
si
je
l'accusais
d'un
crime
horrible,
alors
que
trop
pas,
et
deuzio
je
savais
pas
ce
que
c'était
que
la
scola.
La
scola?
Réponse
: Ben
oui
hein,
le
service
de
la
scolarité,
à
la
fac
de
Lettres.
A
la
scola
la
dame
m'a
dit
ah
mais
faudrait
plutôt
que
vous
voyez
au
département
d'italien
parce
que
moi
je
peux
rien
faire..
ah
ah,
so
funny!
Tout
ça
pour
vous
montrer
à
quel
point
la
fac
est
un
modèle
d'organisation.
.................................................................................
Mardi
22
mai
22h32
Ana
a
appelé,
là
tout
de
suite
: demain
soir
on
sort,
y
aura
machine
et
d'autres
gens,
tu
viens?
et
moi
là,
j'ai
cette
envie
de
pleurer
qui
revient
parce
que
quoi,
je
serai
jamais
celle
que
je
veux
c'est
ça?
parfois
j'ai
envie
que
tout
s'arrête,
qu'on
m'appelle
plus,
qu'on
m'oublie.
J'arrête
pas
de
croire
que
je
suis
différente,
des
autres
gens
de
la
fac
par
exemple,
je
sais
pas
pourquoi
je
fais
ça,
j'ai
besoin
de
me
prouver
à
moi
même
que
je
suis
pas
invisible,
que
je
suis
unique,
alors
je
dis
à
ma
psy
je
suis
pas
comme
eux,
on
n'est
pas
sur
la
même
longueur
d'onde
je
crois
et
ça
sonne
assez
négatif
dans
ma
bouche.
Elle
me
renvoie
un
regard
sceptique
et
moi
je
voudrais
me
faire
toute
petite
et
je
lui
dis
pourquoi
c'est
si
compliqué?
pourquoi
avec
moi
c'est
si
compliqué.
Alors
pour
demain
je
voudrais
simplement
quelques
sourires,
et
s'allonger
dans
l'herbe
et
regarder
les
lumières
de
la
ville
mais
pas
plus,
parce
qu'après
je
fuis,
je
fuis
aux
questions,
aux
regards
inquisiteurs,
à
ce
qui
s'approche
trop
près,
comme
si
on
allait
me
casser
en
mille
morceaux,
alors
que
bon,
je
me
suis
toujours
relevée
non?
Je
fuis,
je
tourne
les
yeux,
la
tête,
je
rougis,
tremble
peut-être
un
peu.
Et
puis
après,
j'essaie
d'oublier.
............................................................................
Lundi
21
mai
09h52
J’ai
passé
mes
derniers
partiels
du
mois
de
mai.
Restent
au
moins
la
littérature
us,
la
civi
britannique
et
l’italien
(dont
je
ne
parle
pas
un
mot)
à
passer
fin
juin.
Ah
et
sinon
jeudi
pas
dernier
mais
celui
d’avant
(le
10
donc)
j’ai
passé
le
concours
d’arts
appliqués
dans
le
lycée
de
T,
à
une
heure
et
demie
d’ici.
Dire
que
j’étais
morte
de
peur
serait
réducteur.
J’ai
du
être
en
apnée
pendant
une
journée
entière,
si
bien
qu’après
trois
heures
trente
d’épreuve
j’étais
lessivée
comme
jamais.
Alors
voilà,
j’attends
patiemment
les
résultats
même
si
au
fond
je
suis
déçue
par
ce
que
j’ai
fait.
Ce
qui
ne
m’empêche
pas
d’y
croire
un
peu,
paradoxe
de
la
chose.
Bon,
quitte
à
réussir
quelque
chose
cette
année
je
préférerais
avoir
ce
concours
que
mon
année
d’anglais
mais
bon,
vu
que
pour
l’instant
j’ai
nu
l’un
ni
l’autre..
Autre
nouvelle,
en
août
je
vais
travailler
au
conseil
général
(j’ai
été
honteusement
pistonnée
par
mon
père
qui
connaît
je
ne
sais
qui
là-bas,
mais
que
voulez-vous,
de
nos
jours
c’est
un
peu
le
seul
moyen
d’obtenir
un
boulot
d’été
dans
ce
milieu),
donc
je
suis
censée
travailler
là-bas
tout
le
mois
d’août
sauf
que
le
type
qui
doit
m’expliquer
ce
que
j’aurai
à
faire
est
injoignable,
et
ne
me
rappelle
pas
quand
je
laisse
mon
numéro.
Pour
l’instant
je
suis
donc
en
pseudo
vacances
mais
de
toute
manière
si
je
commence
à
glandouiller
mes
parents
me
feront
culpabiliser
comme
pas
possible
donc
disons
plutôt
que
je
suis
en
trêve
de
révisions.
La
semaine
dernière
pour
le
pont
j’étais
en
Picardie
avec
mes
parents.
J’ai
vu
un
phoque,
des
tonnes
d’oiseaux,
les
plages
de
galets
et
j’ai
pris
des
photos
(que
je
vais
emmener
à
développer).
..............................................................................
Dimanche
6
mai
23h22
J'aurais
voulu
écrire
autre
chose.
Aujourd'hui
j'ai
voté
deux
fois,
pour
moi
et
pour
le
père
de
miss
p.
Je
devais
aussi
voter
pour
miss
p
qui
est
partie
à
l'autre
bout
de
la
France
pour
le
week-end,
mais
une
même
personne
de
peut
pas
effectuer
deux
votes
par
procuration.
Alors
je
me
suis
rendue
au
bureau
de
vote,
c'était
dans
une
salle
des
fêtes,
j'avais
l'enveloppe
bleue
dans
les
mains
pour
la
mettre
dans
l'urne
et
juste
devant
moi,
horreur,
la
belle-mère
de
miss
p.
A
la
base
miss
p
m'avait
demandée
de
voter
pour
son
père
parce
que
sa
belle-mère
ne
voterait
pas.
Seulement
elle
était
juste
devant
moi,
et
j'avais
la
procuration
de
son
mari
(ils
ne
s'entendent
pas
très
bien,
vous
aurez
deviné)
dans
les
mains.
Elle
a
semblé
ne
pas
m'avoir
vu.
Je
savais
pas
si
je
devais
lui
dire
bonjour,
d'autant
plus
qu'elle
n'était
peut-être
pas
au
courant
que
je
votais
pour
son
mari,
moi,
une
amie
de
sa
belle-fille
avec
qui
c'est
un
peu
la
guerre.
Alors
j'ai
fait
mine
de
pas
la
voir
et
je
me
suis
tournée
vers
une
affiche
sur
le
mur
d'à
côté,
en
espérant
qu'elle
ne
me
reconnaisse
pas.
Vers
dix-neuf
heures
je
suis
allée
voir
le
dépouillement
dans
le
gymnase
près
de
chez
moi.
Quelqu'un
avait
mis
un
bulletin
Le
Pen
dans
l'enveloppe,
et
un
autre
une
feuille
de
papier
toilette.
Dans
ma
ville,
Ségolène
Royal
arrive
en
tête
avec
plus
de
57%
des
voix.
A
la
maison
on
a
allumé
la
télé
et
attendu
qu'ils
dévoilent
le
visage
de
nouveau
président.
J'étais
recroquevillée
sur
le
canapé-lit,
je
me
suis
cachée
les
yeux
pendant
que
le
compte à rebours
se
terminait.
Et
puis
là,
quand
j'ai
vu
la
tête
de
Sarkozy
avec
son
sourire
suffisant
et
mielleux,
j'ai
crié
très
fort,
aussi
fort
que
je
pouvais.
J'ai
pleuré
de
rage.
Ca
me
rend
malade
de
voir
tous
ces
cons
qui
brandissent
des
banderoles,
je
me
dis
que
peut-être
un
de
ces
quatre
ils
se
rendront
compte
de
ce
qu'ils
ont
fait,
j'en
sais
rien.
J'ai
peur
pour
la
suite,
pour
la
culture,
pour
la
fac
qui
est
déjà
dans
un
état
déplorable,
pour
la
liberté
d'expression,
pour
les
sans-papiers
et
pour
tant
d'autres
choses.
Restent
les
législatives
hein
:
|
..............................................................................
Mardi
24
avril
11h45
Je
suis
en
plein
recopiage
de
cours
de
civilisation
américaine
sur
pécé
et
je
viens
de
remarquer
que
y
avait
comme
un
trou
d'un
mois
dans
mes
notes.
Possible
que
j'ai
loupé
un
cours,
je
me
rappelle
même
pas.
Bref,
passons.
Dimanche,
j'ai
donc
voté
pour
la
première
fois
(oui
parce
que
parait
que
les
élections
des
délégués
de
classes
ça
compte
pas
vraiment),
je
dirai
pas
que
c'était
l'émotion
et
tout
parce
que
faut
pas
exagérer
(cela
dit
ça
fait
se
sentir
un
peu
important).
Je
suis
allée
voter
avec
ma
mère.
Bureau
4.
Y
avait
du
monde
qui
attendait
et
moi
j'observais
les
gens
en
me
demandant
qui
votait
quoi
mais
autant
vous
dire
tout
de
suite
que
ça
marche
pas
du
tout.
D'après
mon
cours
de
français
de
vendredi
dernier,
ça
s'appelle
la
physiognomonie
(et
c'est
un
peu
des
couneries).
Dans
l'isoloir
j'ai
eu
la
trouille
de
me
planter
dans
les
papiers
ou
d'en
mettre
deux
sans
faire
exprès
mais
après
moult
vérifications,
pas
de
souci.
Vers
six
heures
et
des
poussières
je
suis
allée
voir
le
dépouillement.
Là-bas
j'ai
retrouvé
une
fille
du
bafa
et
un
type
que
je
pouvais
pas
supporter
quand
j'étais
au
collège,
et
il
me
le
rendait
bien.
On
s'est
ignorés,
c'était
très
bien.
Y
avait
aussi
une
fille
de
la
télé
locale
qui
filmait
mais
j'ai
loupé
les
infos.
Avec
ma
mère
on
rigolait
parce
que
pas
un
seul
papier
Nihous
ou
Schivardi
n'est
sorti.
Je
peux
demande
comment
ce
type
(Schivardi)
a
pu
obtenir
ses
cinq-cents
signatures
alors
qu'au
final
quasiment
personne
n'a
voté
pour
lui,
qu'il
a
une
crédibilité
réduite
et
qu'on
comprend
rien
quand
il
parle
(remarquez
que
les
deux
sont
peut-être
liés).
Ah
et
puis
sinon
j'ai
acheté
Philosophie
magazine,
en
partie
parce
qu'il
y
a
un
dialogue
entre
Michel
Onfray
et
Sarkozy.
J'ai
commencé
à
le
lire
hier
soir
et
y
a
des
passages
assez
gratinés
(mais
vous
avez
peut-être
lu
des
extraits
dans
la
presse,
sur
la
génétique
et
tout
ça).
Je
vous
en
dirai
plus
plus
tard,
si
j'ai
le
courage
(et
si
ça
intéresse
quelqu'un.)
(comment
ça
non?).
+edit
: bonus
of
the
day
(trouvé
ici)
.............................................................................
Vendredi
20
avril
23h09
Il
est
22h32
et
j'ai
comme
qui
dirait
vachement
envie
de
fromage
de
chèvre.
Par
chance,
il
y
en
a
dans
mon
frigo.
La
nature
Intermarché
fait
bien
les
choses.
J'ai
repris
les
cours
lundi,
en
commençant
par
deux
heures
de
français,
deux
heures
à
m'éventer
avec
un
prospectus
pour
des
concerts.
Bon,
j'ai
aussi
lu
le
prospectus
(pas
très
discrètement
d'ailleurs),
parce
que
deux
heures
à
délirer
sur
une
fable
de
la
fontaine
bah
moi
je
tiens
pas.
Du
coup
j'ai
aussi
profité
de
mes
deux
heures
d'analyse
littéraire
pour
noter
les
dates
d'exam.
Le
problème
c'est
que
le
partiel
de
littérature
US
tombe
le
même
jour
que
le
concours
d'arts
appliqués.
Je
suis
donc
allée
au
secrétariat
d'anglais
pour
les
informer
de
cette
situation
délicate.
Déjà,
j'aime
pas
trop
aller
au
secrétariat.
Je
sais
pas
pourquoi
mais
quand
j'y
mets
les
pieds
(c'est
à
dire
le
moins
possible)
j'ai
toujours
l'impression
de
déranger.
Bon,
ce
n'est
apparemment
qu'une
impression
parce
que
l'autre
jour
quand
je
suis
entrée,
la
brune
était
sur
le
site
de
radioblog.
C'est
sûr
que
ça
bosse
dur.
(je
suis
médisante
si
j'veux
d'abord).
La
plupart
du
temps,
quand
j'entre,
les
secrétaires
ne
lèvent
même
pas
les
yeux,
ce
qui
fait
que
je
reste
plantée
devant
le
grand
bureau
comme
une
andouille
en
essayant
de
déterminer
quel
sera
le
moment
le
plus
propice
pour
ouvrir
la
bouche.
Du
coup
je
commence
à
parler
sans
savoir
si
l'une
des
deux
écoute.
Et
quand
je
leur
pose
des
questions
la
plupart
du
temps
elles
me
regardent
l'air
de
dire
mais
qu'est-ce
qu'elle
raconte
celle-là
en
grimaçant
d'incompréhension.
Donc,
mardi
j'y
suis
allée
pour
leur
dire
que
manifestement,
passer
un
partiel
et
un
concours
le
même
jour
ça
allait
pas
être
faisable.
Elles
m'ont
répondu
que
bah
tant
pis,
vous
le
passerez
fin
juin
au
rattrapage.
Trop
bien.
Je
leur
demande
si
je
pourrais
pas
le
passer
la
veille
ou
le
lendemain
de
la
date
prévue
mais
c'est
pas
possible.
Mais
alors
je
vais
avoir
un
zéro
vu
que
je
pourrai
pas
y
aller.
Euh
bah
oui
mais
écoutez
au
premier
semestre
on
a
dit
pareil
aux
gens
qui
pouvaient
pas
venir.
En
plus
là
vous
êtes
toute
seule,
on
va
pas
vous
donner
une
salle.
Encore
vous
seriez
dix
dans
votre
cas.
Et
l'autre
de
rétorquer
que
pas
du
tout,
à
dix
ce
serait
pareil,
pas
de
salle.
Jeudi
j'en
ai
parlé
à
ma
prof
de
littérature
qui
m'a
dit
que
vous
comprenez
les
secrétaires
sont
un
peu
débordées
en
ce
moment,
elles
répondent
un
peu
trop
vite.
En
plus
si
jamais
je
foire
l'exam
de
littérature
j'aurai
pas
le
droit
au
rattrapage
puisque
je
passerai
déjà
le
partiel
au
rattrapage
(vous
me
suivez?).
Finalement
il
faut
que
j'aille
en
parler
à
la
responsable
des
études.
Mercredi
il
m'est
arrivé
un
truc.
Après
l'accident
avec
le
train
c'est
maintenant
le
tour
d'une
mobylette.
Je
sortais
de
la
fac
et
je
m'apprêtais
à
traverser
la
rue
pour
me
rendre
à
l'arrêt
de
bus.
Imaginez
une
chaussée
à
trois
voies.
Il
y
a
une
voie
pour
les
voitures
coincée
entre
deux
voies
de
bus.
La
file
de
voiture
c'était
immobilisée
pour
nous
laisser
traverser,
moi
et
une
fille
sur
le
trottoir
d'en
face.
A
peine
j'ai
posé
le
pied
sur
la
route
qu'un
type
en
mobylette
à
dix
mètres
de
moi
déboîte
sur
la
voie
de
bus.
Du
coup
comme
j'étais
en
plein
dans
sa
trajectoire
il
a
freiné
comme
un
malade
et
s'est
cassé
la
goule
avec
sa
mobylette
qui
faisait
des
étincelles
en
râpant
sur
le
goudron.
Quand
il
s'est
relevé
et
qu'il
a
repris
sa
mobylette,
je
lui
ai
demandé
si
ça
allait
mais
il
ne
m'a
même
pas
regardée.
Il
inspectait
sa
mobylette
sous
toutes
les
coutures,
moi
j'ai
fini
de
traverser
la
rue
et
quelques
minutes
après
il
a
disparu
dans
une
rue
perpendiculaire.
Sur
le
coup
j'en
tremblais
presque
parce
que
j'ai
eu
la
trouille
qu'il
se
fasse
vraiment
mal
et
je
commençais
à
culpabiliser
un
peu
mais
bon,
il
avait
pas
à
rouler
sur
une
voie
de
bus
(et
par
extension
doubler
les
voitures
par
la
droite
ou
je
ne
sais
quoi)
et
pi
c'est
tout.
....................................................................................
Mercredi
11
avril
23h59
Mardi
3
avril
J'ai
troqué
mes
lectures
anglophones
et
mes
listes
de
mots
pour
un
stage
théorique
de
bafa.
Je
vous
passerai
le
récit
des
trois
premiers
jours
parce
que
je
ne
pourrais
pas
les
raconter
tout
à
fait,
c'étaient
des
jours
intenses,
au
début
ne
pas
savoir
ce
qu'on
fout
là,
et
puis
découvrir
des
milliers
de
choses
au
moins,
se
sentir
un
peu
petit,
un
peu
paumé
au-début,
et
puis
les
dizaines
d'heures
s'enchaînent
et
c'est
prenant
comme
un
rythme
un
peu
fou,
(
et
oui
il
y
a
ce
formateur
qui
représente
un
peu
le
garçon
parfait,
qui
a
une
voix
d'ange,
des
yeux
bleus
et
aussi
une
silhouette
parfaite
et
des
sourires
en
pagailles
et
qui
nous
fait
éclater
de
rire
toutes
les
trois
secondes
en
moyenne.)
Se
dire
que
samedi
après
dix-sept
heures
j'aurais
le
coeur
vide
ou
lourd
de
rien.
Cet
aprem
aux
entretiens
individuels
on
m'a
dit
"tu
fais
pas
beaucoup
d'interventions
mais
les
quelques
fois
où
tu
as
parlé
quand
on
était
en
groupe
on
s'est
dit
ouah,
elle
a
des
capacités
extra
c'est
sûr."
et
puis
juste
après
"vas-y
fonce".
Et
moi
je
voudrais
pas
être
frustrée
de
pas
avoir
été
comme
il
faut,
de
pas
avoir
dit
tel
ou
tel
truc,
de
pas
avoir
présenté
une
chanson
que
j'aime
bien
aux
autres ;
j'ai
peur
de
l'échec
je
crois,
peur
de
me
planter,
d'être
ridicule,
alors
oui
du
coup
ne
rien
faire
c'est
plus
facile.
Je
suis
pas
idiote
c'est
déjà
ça.
Même
si
des
fois
je
me
demande
vraiment
ce
qui
me
passe
par
la
tête.
mercredi
11
avril
Voilà,
mon
stage
théorique
s’est
terminé
samedi
aprem,
ça
paraît
un
peu
loin
maintenant,
j’aurais
bien
voulu
écrire
à
chaud
mais
j’ai
vraiment
pas
eu
le
temps.
Il
y
a
eu
les
jours
gris
et
pluvieux
et
les
grandes
anims
à
l’intérieur,
l’odeur
de
bonbons
dans
la
salle
des
costumes,
les
je
t’ai
killé
par
dizaines
et
les
où
sont
les
ciseaux
lancés
à
travers
la
grande
salle.
Il
y
a
eu
les
repas
à
manger
trois
desserts
d’affilés
et
à
rire
pour
rien
et
à
être
bien.
Et
les
chansons
en
ronde
le
matin,
le
manteau
enfilé
dès
qu’on
met
un
pied
dehors,
et
se
ruer
dans
la
bibliothèque
avant
qu’il
n’y
ait
plus
de
brioche
(mais
je
suis
pas
très
rapide),
les
fiches
de
jeux
lues
en
travers
et
les
gobelets
alignés
avec
nos
noms
dessus,
les
parchemins
distribués
et
les
affiches
collées
partout.
Y
a
eu
des
jeux
et
des
énigmes
et
des
citations
je
sais
plus
combien,
des
regards
lancés
à
Lau
et
éclater
de
rire
toutes
les
deux
juste
après,
pour
des
trucs
qui
font
rire
sans
doute
que
nous.
Et
puis
les
grandes
anims
avec
des
déguisements,
des
indices
et
des
questions
hors-sujet
en
permanence.
Jeudi
soirée
jeu
de
rôle
et
flipper
comme
des
malades
avec
Lau
et
Aphie,
à
hurler
les
yeux
fermés
et
à
agiter
les
bras
dans
le
vide,
à
élaborer
des
stratégies
basées
sur
des
soupçons.
Et
Lau
qui
me
lançait
des
putain
tu
fais
chier
en
se
mordant
les
lèvres
pour
arrêter
de
rire
bêtement
à
mes
remarques
idiotes.
Se
prendre
au
jeu
à
chaque
fois,
être
ailleurs,
déconnectée
du
monde
extérieur
mais
on
est
tellement
mieux
entre
ces
murs.
Le
dernier
jour,
le
soleil
qui
perce
enfin
l’épaisse
couche
de
nuages,
et
le
bleu,
enfin.
Avoir
des
papillons
dans
le
ventre
l’après-midi,
attendre
sur
les
marches
en
pierre
grise,
pendant
que
la
plupart
se
dore
au
soleil
tel
des
lézards
sur
la
rambarde
de
la
cour.
Ne
pas
vouloir
que
ça
s’arrête,
mais
déjà
les
salles
sont
vides,
les
livres
sont
empilés
dans
une
caisse
et
le
tableau
noir
effacé.
Passer
en
dernière
pour
les
entretiens
individuels
de
fin
de
stage
et
à
l’ombre
laisser
les
sourires
s’emparer
de
mes
lèvres,
s’en
foutre
et
remercier
pour
les
compliments
même
si
ça
fait
con,
dire
j’aurais
voulu
que
ça
ne
s’arrête
jamais
et
sourire
encore
plus
fort
quand
il
a
dit
bienvenue
dans
le
monde
de
l’animation.
Etre
comme
soulagée
après
ça
et
se
dépêcher
de
rejoindre
Aphie,
Cé
et
Lau
pour
leur
raconter.
Et
puis
après,
en
ronde
sous
les
arbres
les
quelques
mots
des
formateurs,
des
trucs
qu’on
a
envie
de
garder
quelque
part,
de
pas
oublier,
et
juste
après
l’espèce
de
calin
général
et
les
bises
claquantes
sur
les
joues
des
formateurs
et
de
quelques
autres
(j’aurais
bien
voulu
dire
au
revoir
au
fucking
charming
formateur
mais
il
y
avait
comme
un
harem
tout
autour
de
lui
alors
je
suis
partie).
Il
y
a
tellement
d’autres
choses
à
dire
mais
ça
fait
déjà
beaucoup
alors
je
vais
m’arrêter
là
je
crois.
J’ai
quitté
le
lycée
avec
Lau,
on
a
marché
un
peu
côte
à
côte,
jusqu’au
croisement
où
je
tourne
et
où
elle
continue
tout
droit.
Y
avait
toujours
ce
même
soleil
et
ça
sentait
l’insouciance
et
les
vacances
et
je
chantonnais
dans
la
rue.
Chez
moi
j’ai
retrouvé
ma
cousine
Nin’
et
mon
frère.
J’ai
fait
mon
sac
et
on
s’est
installés
dans
la
twingo
bleu
marine.
Trois
heures
et
demie
plus
tard,
après
avoir
inhalé
de
la
fumée
de
cigarette,
écouté
les
ogres
et
les
hurlements
d’léo
pendant
tout
ce
temps
(et
ne
plus
en
pouvoir)
et
dormi
la
tête
contre
une
peluche
en
forme
de
poisson
clown,
il
faisait
nuit
quand
on
est
arrivé
dans
la
grande
maison
où
nous
attendait
certains
de
nos
cousins
et
cousines
(on
était
douze
en
tout).
On
a
passé
deux
jours
ensemble,
c’était
sympa
mais
j’étais
crevée
après
le
rythme
de
ma
semaine.
Et
puis
comme
je
suis
la
plus
jeune
de
ma
famille
(française
j’entends)
je
me
sentais
un
peu
paumée
parfois.
Lundi
comme
personne
ne
pouvait
me
ramener
dans
ma
chère
ville
un
peu
paumée
au
milieu
de
la
France,
j’ai
fait
le
trajet
en
voiture
jusqu’à
Paris.
Gare
de
Lyon
j’ai
acheté
un
billet
et
j’ai
attendu
dans
un
bar
le
temps
que
le
train
arrive.
Je
sais
pas
si
vous
êtes
déjà
allé
dans
le
bar
sur
le
quai
(voies
jaunes)
de
cette
gare
mais
y
a
des
tonnes
de
moineaux
qui
rentrent
dedans.
C’est
bizarre.
J’étais
assise
avec
mon
bouquin
et
ma
limonade
et
paf
des
moineaux
s’invitent
à
ma
table.
Peut-être
qu’ils
devraient
songer
à
mettre
une
pancarte
à
l’entrée interdit
aux
individus
munis
d’ailes
et
de
becs.
Au
bout
d’une
bonne
heure
je
suis
montée
dans
le
train.
On
a
roulé
une
heure
à
peu
près,
et
puis
le
train
a
ralenti
et
s’est
arrêté.
En
pleine
campagne.
Manifestement
il
y
avait
un
problème.
(je
remercie
mon
cerveau
de
ne
pas
m’avoir
suggéré
de
regarder
par
la
fenêtre.)
Dans
l’interphone
(ou
chose
du
genre)
ils
nous
ont
dit
qu’il
y
avait
un
problème
mais
on
ne
savait
pas
quoi.
Quelques
minutes
plus
tard
on
a
su
que
c’était
un
accident
de
personne.
J’ai
pas
tout
de
suite
compris.
Enfin
si,
mais
pas
mesuré
la
signification
de
la
chose.
Je
me
suis
dit
ok
merde,
le
train
a
heurté
quelqu’un.
Seulement
un
train
c’est
pas
comme
une
voiture.
Je
veux
pas
entrer
dans
les
détails
parce
que
j’ai
déjà
du
mal
à
me
remémorer
tout
ça
et
que
je
veux
pas
faire
dans
le
gore.
Un
type
de
la
sncf
est
entré
dans
le
wagon
et
a
dit
ne
regarder
pas
par
les
fenêtre,
c’est
assez
horrible.
Plus
tard
il
est
repassé
baisser
les
stores
des
vitres.
Je
vous
épargne
les
propos
du
gamin
de
trois
ans
en
face
de
moi
qui
lui,
regardait
par
la
fenêtre
(et
sa
mère
à
côté
est
une
*****
d’inconsciente)
et
nous
faisait
part
de
ses
découvertes.
Moi
je
me
recroquevillais
dans
mon
siège
pour
que
surtout
mon
regard
ne
parte
pas
vers
la
gauche,
et
tout
le
monde
commençait
à
envoyer
des
sms
et
à
imaginer
les
faits.
Les
commentaires
de
certaines
personnes
sont
assez
aberrants,
dans
ce
genre
de
situation.
Plus
tard
un
autre
type
de
la
sncf
est
venu
demander
à
notre
rangée
de
sièges
de
changer
de
place
à
cause
de
la
police
(j’ai
pas
tout
saisi).
J’avais
la
trouille
de
tout
voir
en
me
levant
parce
que
par
chance
(oui
c’est
de
l’humour
noir
de
merde)
c’était
juste
sous
ma
fenêtre.
J’ai
demandé
au
garçon
à
côté
de
moi
s’il
ne
voulait
pas
baisser
le
store
et
il
a
répondu
mais
y
en
a
pas
et
là
je
me
suis
dit
que
niveau
ironie
du
sort,
y
avait
pas
mieux.
Mais
en
gentleman
(ou
en
type
serviable,
comme
vous
voulez)
il
a
proposé
de
descendre
mon
sac.
Dans
mon
champ
de
vision
je
voyais
des
types
en
orange
de
l’autre
côté
de
la
vitre.
On
a
changé
de
wagon
et
là
au
moins
c’était
pas
le
festival
du
gore
derrière
les
vitres.
Des
pompiers
ont
défilés
dans
les
wagons,
voir
si
tout
le
monde
allait
bien,
pas
de
gens
(gravement)
choqués
et
tout
ça. Deux
heures
et
demie
plus
tard
le
train
s’est
remis
en
marche
et
on
a
changé
de
chauffeur
dans
une
gare
de
campagne.
J’imagine
que
le
type
qui
conduisait
le
train
depuis
Paris
devait
être
traumatisé,
malade
de
ce
qui
s’était
passé.
Peut-être
et
sans
doute
que
ça
le
hante
encore.
Voilà,
maintenant
ça
va,
c’est
pas
comme
si
j’avais
assisté
à
l’accident
(qui
en
fait
était
un
suicide)
même
si
je
suis
presque
sûre
d’avoir
vu
un
truc
carbonisé
avec
du
sang
autour
au
bord
de
la
voie
mais
peut-être
que
c’était
rien
finalement.
Oui
je
préfère
penser
que
c’était
rien.
..............................................................................
Jeudi
29
mars
15h12
Ok.
Je
viens
de
passer
un
truc
genre
douze
heures
à
faire
ce
putain
de
commentaire
de
littérature
américaine.
Et
j’ai
même
pas
lu
livre.
Nan,
pas
Hemingway
(que
j’ai
enfin
terminé :
),
un
autre.
Et
du
coup
j’ai
loupé
deux
TD
pour
finir
la
rédaction.
Cela
dit
je
suis
fière
de
moi.
Je
pensais
avoir
le
neurone
atrophié
pour
toujours
mais
point
du
tout,
y
a
du
potentiel.
Bon,
sur
ce
je
vais
me
reposer,
c’est
que
j’ai
mal
au
dos
maintenant.
...................................................................................
Samedi
24
mars
21h10
écrit
dimanche
dernier
J’écoute
des
vieilles
chansons
de
Mickey
3D
et
d’autres
trucs
qui
me
rappellent
la
troisième,
les
bouquins
que
je
lisais,
le
train
jusqu’à
Paris,
le
soleil
sur
la
peau
et
nos
chansons
au
piano
avec
mon
frère.
C’était
des
moments
de
vie
éclatants
et
c’est
si
loin,
je
tends
les
doigts
et
je
frôle
à
peine ;
ma
gorge
se
sert.
Je
recommence
à
bosser
un
peu,
à
pas
louper
les
cours
importants,
à
lire
Hemingway
sans
trop
de
difficultés
et
puis
de
toute
manière
je
suis
bien
trop
flemmarde
pour
chercher
les
mots
inconnus
dans
le
dico.
Et
puis
même
si
j’ai
pas
mon
semestre
à
cause
d’un
zéro
en
italien
(je
suis
pas
allée
aux
exams)
et
un
un-soixante-quinze
en
civi
britannique
y
a
quand
même
des
notes
qui
font
sourire,
comme
la
copie
de
version
avec
un
seize
écrit
en
rouge
dessus
et
la
prof
de
trad
qui
dit
que
c’était
une
des
meilleures,
alors
quand
même
spa
rien : ]
J’essaye
de
prendre
des
bonnes
habitudes
mais
elles
se
cassent
un
peu
la
gueule.
Vendredi
c’était
la
porte
ouverte
au
lycée
de
T.
Une
heure-et-demie
de
voiture
plus
tard
on
est
arrivé,
mon
père
et
moi,
dans
un
village
dont
le
centre
ville
se
limite
à
une
place
entourée
de
quelques
commerces.
Une
lycéenne
nous
amène
jusqu’au
bâtiment
d’arts
appliqués.
Dans
une
salle
sont
exposés
des
dizaines
de
travaux
que
les
élèves
ont
réalisés
pendant
l’année.
Je
cherche
T.
du
regard.
Une
fille
de
mon
ancien
lycée
m’explique
les
différents
projets,
je
hoche
la
tête,
pose
quelques
questions.
Je
suis
assez
émerveillée
mais
je
me
demande
si
ça
me
correspond
bien,
tout
ça.
Comment
savoir,
c’est
à
des
lieux
de
ce
que
j’étudie
cette
année.
Et
puis
T.
vient
vers
nous.
Il
me
fait
visiter
le
reste
de
la
salle.
C’est
bizarre
de
se
dire
qu’après
deux
années
à
se
voir
cinq
jours
par
semaines,
tout
s’étire
et
s’oublie
un
peu.
Je
déteste
déteste
déteste
me
dire
que
ce
sera
plus
comme
avant,
qu’on
grandit,
qu’on
s’éloigne.
Une
heure
après
il
est
tant
de
s’en
aller
mais
sur
la
passerelle
en
métal
j’ai
pas
envie
de
le
quitter.
Je
l’aurais
bien
serré
dans
mes
bras
mais
je
suis
pas
très
douée
pour
ces
choses-là
et
mon
père
attendait
un
peu
plus
loin
alors
j’ai
souri
et
il
a
dit
je
sais
plus
trop
quoi
tu
m’écris
hein
ou
quelque
chose
comme
ça,
j’ai
tourné
la
tête,
rejoins
mon
père
et
on
est
parti.
Et
le
soir-même
écrire
une
lettre
de
motivation
pour
un
autre
lycée
à
onze
heures
du
soir
-
alors
que
vendredi
c’était
le
dernier
jour
pour
les
dossiers
-
glisser
des
timbres
et
des
enveloppes
dans
la
pochette
transparente
et
rouler
jusqu’à
la
gare
pour
poster
le
tout,
au
centre
de
tri.
Tout
ça
parce
que
T.
ira
sans
doute
dans
ce
lycée
l’an
prochain,
alors
je
me
dis
que
peut-être..
Au
fait,
je
compte
bien
avoir
mon
premier
semestre
grâce
au
rattrapage
(j’ai
pas
vraiment
compris
comment
ça
se
passe,
d’ailleurs,
si
je
dois
repasser
l’italien
et
la
civi)
ou
par
compensation.
Bon,
je
parle
pas
un
mot
d’italien,
vu
que
j’ai
abandonné
après
trois
cours
en
compagnie
de
mon
prof
méganaze.
J’ai
trois
mois
pour
apprendre.
Youpiya !
...............................................................................
Lundi
12
mars
07h45
écrit
vendredi
Je
déteste
tout
ça.
Ces
jours.
Je
me
sens
nulle,
à côté
de
la
plaque,
à
côté
de
tout.
Je
sais
pas
saisir
ce
qui
est
important,
l'essentiel.
Je
dis
à
Lyn
au-dessus
d'une
tasse
de
thé
blanc
"tu
vas
rire,
je
crois
que
je
vais
tenter
le
concours
d'entrée
des
beaux-arts"
et
ces
mots
sonnent
faux
dans
ma
bouche.
Putain
mais
pourquoi
je
suis
incapable
de
cerner
mes
priorités.
Je
pourrais
être
partout
à
la
fois.
M'occuper
de
mon
second
semestre
d'anglais,
de
mon
code,
de
préparer
les
concours, de finir mes dossiers,
et
je
suis
paralysée.
Et
mon
père
à
table
qui
me
tanne
avec
des
"mais
t'as
pensé
un
peu
à
ce
que
tu
feras
si
tu
peux
pas
aller
en
manaa?
hein,
t'y
as
pensé?"
"faut
que
t'aies
ton
année,
que
tu
rattrappes
tes
points".
Je
pense
que
je
suis
en
retard
sur
tout,
les
cours
les
textes
les
bouquins,
et
aussi
qu'ils
ne
savent
pas
à
quel
point
ça
se
bouscule
dans
ma
tête,
et
à
quel
point
je
doute,
et
combien
je
voudrais
que
tout
soit
plus
simple,
que
ce
soit
pas
ma
vie,
là,
sous
mes
doigts,
qui
part
de
travers.
Je
le
regarde,
ses
mots
ricochent
dans
ma
tête,
j'ai
la
nausée.
L'autre
jour
je
pensais
en
riant
en
fait
il
me
manque
seulement
cinq
points
pour
avoir
mon
semestre.
C'est
peut-être
pas
si
dur,
la
fac,
tout
compte
fait.
Maintenant
je
ris
plus
tellement.
Tu
parles,
j'en
ai
les
larmes
aux
yeux.
................................................................................
Lundi
26
février
13h13
Vacances
finies.
Seulement
une
semaine,
ça
passe
vite.
Je
suis
donc
reviendue
de
notre
belle
capitale,
j'ai
vu
ma
tante
et
mon
cousin
préféré
(quelques
heures
mais
vraiment
c'est
un
type
extra).
Il
a
cette
manière
d'être
drôle,
et
fin,
et
tellement
gentil
avec
moi.
En
trois
jours
j'ai
visité
autant
de
musées
et
d'expos
qu'en
un
an
à
peu
près.
Il
a
fait
plutôt
beau,
même
pas
froid,
en
fait
le
temps
je
m'en
souviens
pas
vraiment.
Je
crois
que
ça
fait
un
moment
que
je
ne
regarde
plus
trop
le
ciel.
A
part
les
jours
vides,
quand
il
n'y
a
rien
d'autre.
J'ai
pris
des
photos
(youpiyou)
que
j'ai
hâte
de
découvrir
même
si
j'ai
toujours
très
peur
d'être
déçue,
d'avoir
bougé
pendant
la
prise,
de
m'être
plantée
dans
les
réglages.
On
verra
bien.
Enfin
ces
quelques
jours
étaient
vraiment
chouettes.
On
est
allées
à
l'Orangerie,
au
musée
des
Arts
déco
(tellement
grand
que
j'en
ai
pas
vu
la
moitié),
et
aussi
Beaubourg,
la
fondation
Cartier
Bresson
et
d'autres
expo.
Ce
matin
je
ne
suis
pas
allée
en
cours,
grosse
flemmarde
que
je
suis.
Je
redoute
d'y
retourner.
J'ai
même
plus
assez
de
motivation
ou
de
volonté
pour
me
traîner
jusqu'à
la
fac.
Doucement,
je
m'éloigne.
Le
mois
prochain
on
va
avoir
nos
résultats
de
partiels.
J'ai
loupé
pas
mal
de
cours,
je
sais
pas
trop
où
on
en
est.
J'ai
commencé
Hemingway
mais
je
comprends
rien.
Et
puis
je
n'aime
pas
être
obligée
de
chercher
la
moitié
des
mots
dans
le
dictionnaire.
Ca
tue
la
lecture.
Pour
finir
quelques
photos
argentiques
scannées
(je
les
ai
bidouillées
pour
qu'elles
ressemblent
à
peu
près
à
leur
original).
Je
vous
avais
parlé
d'un
immeuble
en
démolition (clic),
je
sais
pas
si
vous
vous
rappelez.(voir
post
du
14/12),
et
voilà
quelques
photos
prises
dans
un
jardin
public
en
ville
il
y
a
deux
semaines
environ.
......................................................................................
Lundi
19
février
21h07
Pas
de
note
jusqu'à
vendredi
parce
que
je
serai
à
Paris.
Je
vais
arpenter
les
couloirs
des
musées
et
autres
galeries.
Et
occasionnellement
prendre
des
photos,
si
j'ai
le
courage
de
traîner
le
reflex
argentique
trois
fois
trop
lourd
de
mon
père.
La
semaine
dernière
j'ai
fait
l'enooorme
effort
de
me
sociabiliser,
puisque
j'ai
mangé
deux
fois
en
compagnie
d'autres
première
année,
et
samedi
c'était
l'anniversaire
de
T.
(et
il
y
avait
nos
rires,
et
se
sentir
bien
d'être
là,
assise
en
face
de
lui).
Seiv
et
M
sont
quelque
part
en
Europe
centrale.
J'ai
vu
mon
frère
une
poignée
d'heures
éparpillées
sur
plusieurs
jours
mais
c'était
déjà
ça,
et
j'ai
gratouillé
sur
sa
guitare
(un
jour
j'en
achèterai
une
et
j'aurais
plus
mal
aux
doigts
en
jouant
et
je
connaîtrai
plus
de
six
accords.)
bonne
semaine,
tous,
vacances
ou
pas.
Février
apporte
quelques
chouettes
moments,
tout
compte
fait.
.....................................................................................
Jeudi
8
février
10h37
Ca
y
est,
j'ai
enfin
terminé
mon
dossier
pour
Lyon.
J'ai
jeté
pas
mal
de
feuilles
de
papier
à
lettre
et
enlevé
des
mots
pour
que
ça
prenne
moins
de
place
;
il
fallait
bien
ça.
Cet
aprem
j'irai
au
secrétariat
d'anglais,
voir
s'ils
veulent
bien
mettre
un
coup
de
tampon,
en
haut
à
droite,
là
où
c'est
marqué
établissement
d'origine.
J'ai
enfin
reçu
le
livre
d'Hemingway.
Il
fait
presque
trois-cent
pages,
je
vais
mettre
des
plombes
à
lire
tout
ça
et
puis
même
on
bosse
dessus
depuis
deux
semaines,
je
vais
être
sacrément
en
retard.
La
nuit
je
rêve
de
M.,
sans
savoir
pourquoi,
alors
que
quand
je
le
croise
il
m'adresse
à
peine
un
regard
gêné,
et
moi
pas
mieux.
Je
sais
pas,
c'est
peut-être
de
la
nostalgie.
La
semaine
prochaine
il
y
a
l'anniversaire-surprise
de
T.
J'ai
persuadé
miss
p
d'y
aller,
tandis
qu'elle
disait
ouais
mais
dix
euros
de
cadeau
plus
le
resto
ça
va
faire
cher,
et
je
dois
aller
à
deux
autres
anniv
bla
bla
bla.
En
attendant,
j'y
avais
pas
pensé,
mais
y
aura
sûrement
M.
et
Seiv
là-bas.
D'accord
ça
change
pas
grand
chose,
mais
je
vais
encore
être
cette
fille
qui
fait
semblant
de
ne
pas
le
voir,
ça
va
être
ridicule,
et
peut-être
qu'au
fond
ça
me
tuera
toujours
un
peu
de
les
voir
ensemble,
même
si
je
pensais
que
tout
ça
était
loin
derrière.
J'en
sais
rien.
......................................................................................
Mardi
6
février
13h44
Je
sais
pas
si
vous
êtes
au
courant
mais
la
semaine
dernière
a
eu
lieu,
comme
tous
les
ans
dans
ma
ville,
le
festival
du
court-métrage.
Je
n'y
étais
pas
allé
depuis
l'âge
de
cinq
ou
six
ans,
c'est
dire.
Le
truc
c'est
que
ça
tombe
toujours
pendant
les
cours.
Mais
cette
année
j'ai
du
temps.
Ils
avaient
mis
à
disposition
des
spectateurs
une
dizaine
de
salles
dispersées
en
centre-ville.
Les
séances
s'étendaient
de
dix
heures
à
vingt-trois
heures
je
crois,
du
coup
on
avait
vraiment
beaucoup
de
choix.
C'était
vraiment
bien
organisé.
J'ai
même
pu
assister
à
l'une
des
séances
de
clôture
avec
remise
des
prix,
photos
de
groupes
et
diffusion
des
grands-prix,
grâce
à
une
amie
de
ma
mère
qui
avait
une
place
en
trop.
Et
puis
comme
j'ai
déjà
assisté
à
un
tournage
de
court-métrage
je
pense
que
j'ai
regardé
ces
films
avec
un
regard
un
peu
différent,
en
imaginant
ce
qui
se
passe
derrière
la
caméra
(je
dis
pas
ça
pour
me
vanter
ni
rien,
mais
ça
modifie
la
perception,
c'est
évident).
En
ce
moment
je
suis
dans
la
période
remplissage
de
dossier
et
recherche
d'écoles
d'arts.
Parfois
je
pense,
la
photo
c'est
vraiment
ce
que
j'aime,
je
rêverais
de
pouvoir
en
apprendre
davantage
mais
quand
je
vois
toutes
ces
écoles
qui
recrutent
à
bac+2
ça
me
fige
un
peu.
La
sélection
me
fait
peur.
Dimanche,
j'ai
rédigé
ma
première
lettre
de
motivation,
je
veux
dire
la
première
de
toute
ma
vie,
ça
m'a
pris
au
moins
deux
heures,
tellement
le
moindre
mot
me
faisait
douter
et
me
donnait
envie
de
changer
tout
ce
que
j'avais
écrit
au-dessus.
J'ai
aussi
acheté
du
papier
à
lettre
parce
que
ma
mère
dit
qu'il
faut
que
j'écrive
à
la
main.
J'espère
qu'ils
ne
font
pas
d'étude
graphologique.
A
la
fac
je
commence
déjà
à
être
larguée.
J'ai
loupé
deux
cours
de
français,
un
cours
d'informatique
et
un
autre
de
traduction.
Tout
ça
pour
cause
de
sommeil.
En
littérature
américaine,
on
a
commencé
à
étudier
un
bouquin
d'Hemingway.
Il
y
a
deux
semaines
ils
ne
l'avaient
plus
en
librairie
et
la
vendeuse
m'a
dit
que
tous
les
exemplaires
en
commande
étaient
déjà
réservés.
Du
coup,
j'ai
pris
les
devants
et
j'ai
commandé
le
livre
sur
internet.
Hier,
je
suis
allée
dans
la
même
librairie
et
je
suis
passée
au
rayon
des
bouquins
en
anglais.
Là,
sous
mes
yeux,
une
vingtaine
d'exemplaires
empilés
en
attente
d'être
achetés
par
des
étudiants
consciencieux.
En
plus
j'ai
vérifié,
j'ai
payé
celui
que
j'ai
commandé
plus
cher,
donc
du
coup
je
suis
perdante
sur
toute
la
ligne,
et
j'attends
toujours
ce
fichu
bouquin.
.............................................................................
Mercredi
31
janvier
15h21
Je
suis
pas
très
inspirée
en
ce
moment,
l'autre
jour
j'ai
écrit
quelques
pages
au
crayon
mais
je
suis
pas
sûre
de
poster
tout
ça.
A
la
place quelques
photos
de
neige,
de
neige
qui
fond,
et
d'une
boite
fabriquée
pour
miss
p.
(la
sixième
photo
n'a
pas
vraiment
interêt
mais
j'aime
bien
la
très
faible
profondeur
de
champ)
On
est
bientôt
en
février
(bon,
c'est
demain)
et
c'est
con
mais
j'ai
un
peu
peur
parce
que
c'est
à
ce
moment
qu'ont
débuté
mes
crises
d'angoisse
l'année
dernière.
Ces
foutues
crises
qui
m'ont
paralysée
et
qui
me
foutaient
la
trouille
tellement
je
les
redoutais,
tellement
j'avais
peur
que
ça
m'arrive,
là
dans
le
bus,
en
classe,
en
ville.
C'est
un
peu
passé
je
crois,
mais
j'ai
toujours
peur
que
quelque
chose
explose
à
l'intérieur,
et
me
submerge.
Alors
j'essaye
de
me
rassurer,
de
me
dire
que
j'ai
changé
peut-être,
un
peu?,
que
ça
ira
(et
aussi
qu'on
a
qu'une
vie
et
merde
faut
pas
rester
planté
là)
mais
les
moments
où
l'on
se
dit
ça,
c'est
quand
ça
va
encore.
Quand
tout
ça
prend
le
dessus,
qu'on
est
plus
vraiment
là,
alors
y
a
même
plus
de
lucidité,
y
a
plus
rien,
on
est
tellement
bloqué
et
loin
de
tout
que
ces
mots
n'ont
plus
aucune
valeur
et
on
envoie
balader
l'espoir
et
tout
le
reste.
Bref,
je
voudrais
pas
que
ça
recommence
:
|
..................................................................................
Mercredi
10
janvier
23h27
(clic)
Janvier
est
un
mois
fabuleux
parce
qu’il
y
a
les
exams
du
premier
semestre
et
parce
qu’il
y
a
les
soldes
qui
sont
l’occasion
de
réaliser
combien
on
a
grossi
grâce
au
mois
précédent.
Bref,
que
de
réjouissances
pour
un
début
d’année.
Je
vous
ai
pas
dit,
il
y
a
un
mois
environ,
on
a
subit
une
perte
terrible :
notre
lave-linge.
Un
soir
il
a
inondé
le
garage,
provocant
un
cour-circuit.
(bah
oui
mais
bon,
vous
n’utilisiez
pas
Calgon ?)
en
fait
il
était
juste
vieux
et
le
linge
ressortait
avec
des
taches
qui
n’étaient
pas
là
auparavant ;
finalement
c’était
pas
plus
mal
d’en
changer.
Alors
on
en
a
acheté
un
autre,
mais
sur
internet
parce
que
c’est
moins
cher.
Au
bout
de
deux
semaines
ils
ne
l’avaient
toujours
pas
reçu
et
quand
il
est
arrivé
à
l’entrepôt
ils
nous
ont
encore
fait
poireauter.
Mon
père
leur
a
dit
au
téléphone
je
vous
préviens,
toutes
mes
fringues
sont
au
sale,
j’ai
plus
rien
à
me
mettre,
je
viendrai
le chercher
tout
nu.
A
l’autre
bout
du
combiné
la
fille
a
répondu
oh
non,
surtout
pas
monsieur!
et
le
soir-même
la
machine
était
chez
nous.
Elle
s’appelle
Martine,
elle
a
un
hublot
et
elle
parle
(elle
est
même
polyglotte).
Oh
elle
dit
pas
des
trucs
très
intéressants
mais
c’est
quand
même
sympa.
Tenez,
l’autre
jour
j’étais
dans
la
cuisine
et
j’entends
une
voix
de
femme
provenant
du
garage.
Comme
j’étais
censée
être
seule
dans
la
maison
c’était
assez
flippant.
En
fait
c’était
Martine
qui
disait
le
cycle
est
terminé,
vous
pouvez
retirer
votre
linge
de
la
machine.
*
*
*
J’ai
passé
le
nouvel
an
avec
miss
p
et
sa
famille
en
normandie.
Il
y
a
eu
des
rires,
une
grosse
dispute
qui
m’a
fait
peur,
des
trucs
débiles
à
la
télé
et
d’autres
mieux,
des
jeux
de
cartes
sur
le
tapis
usé
du
salon,
mais
par-dessus
tout
ça,
l’ennui
qui
s’immisçait
et
j’aurais
voulu
que
ce
soit
mieux.
Mais
au
fond
c’était
déjà
bien.
Mardi
matin
j’ai
pris
un
train
pour
paris.
J’avais
pas
de
place
réservée
alors
je
me
suis
glissée
entre
des
bagages.
Je
savais
que
j’arriverais
vers
treize
heures
et
que
mon
train
pour
chez
moi
partait
à
dix-sept
heures
trente.
Alors
je
me
suis
dit
que
je
ferais
un
tour
dans
la
ville.
J’ai
déplié
un
petit
plan
de
paris
sur
mes
genoux
et
dans
mon
bloc-notes
orange
j’ai
écrit
le
parcourt
que
je
ferais
l’après-midi.
Quand
je
suis
arrivée
gare-montparnasse
il
pleuvait.
Je
suis
sortie,
les
mp3
défilaient
dans
mes
oreilles,
je
savais
pas
du
tout
de
quel
côté
je
devais
aller
mais
être
ici,
je
sais
pas,
c’était
déjà
beaucoup.
J’ai
marché
le
long
du
boulevard
pasteur
et
à
quelques
pas
il
y
avait
l’ancien
lycée
de
Phi.
Je
l’avais
déjà
vu
en
photos
mais
là
il
était
sous
mes
yeux.
De
l’autre
côté
du
lycée
on
pouvait
apercevoir
le
cdi
par
les
fenêtres,
et
un
escalier
aussi.
J’ai
essayé
de
l’imaginer
là,
sortant
du
métro
pour
entrer
dans
ce
lycée
imposant.
C’était
bizarre,
c’est
rien
au
fond,
mais
ça
m’a
émue
je
crois.
J’ai
continué
à
marcher
jusqu’aux
invalides
(d’ailleurs
c’est
quoi
ce
monument ?).
Et
puis
à
côté
c’était
le
lycée
dans
lequel
Phi
est
maintenant.
Tu
parles
d’un
pèlerinage.. Je
suis
passée
dans
une
rue
où
il
y
a
des
ministères,
celui
de
la
pêche
je
crois
et
matignon
aussi,
mais
pas
de
villepin
en
vue,
juste
des
flics
qui
poireautent.
J’ai
rejoint
la
Seine,
c’était
assez
beau
mais
mon
appareil
photo
était
déchargé
alors
j’ai
essayé
de
photographier
avec
mes
yeux
mais
ça
marche
pas
toujours.
–
J’avais
dit
ça
à
Seiv
un
jour,
que
ce
serait
bien
si
on
pouvait
photographier
d’un
seul
regard ;
tous
les
moments,
toutes
les
lumières
qu’on
pourrait
immortaliser.
–
Après
c’était
le
Louvre
et
ses
centaines
de
touristes
qui
se
prennent
en
photos.
Je
voyais
pas
ça
comme
ça,
j’étais
un
peu
déçue
en
fait,
la
place
où
il
y
a
la
pyramide,
je
la
voyais
immense.
J’ai
avalé
mon
sandwich
au
saumon
fumé
et
je
me
suis
dirigée
vers
l’opéra
garnier
que
j’ai
mis
une
plombe
à
trouver
parce
que
j’arrêtais
pas
de
tourner
en
rond.
Je
suis
entrée
seulement
on
pouvait
presque
rien
voir
sans
payer
alors
j’ai
pris
une
brochure
pour
miss
p
et
je
suis
repartie.
Il
devait
être
un
peu
moins
de
quatre
heures,
j’en
avais
plein
les
pattes
alors
j’ai
pris
le
rer
pour
la
gare-de-lyon.
J’ai
utilisé
un
seul
ticket
de
métro
finalement.
C’est
pour
ça
que
j’ai
marché
tout
le
long,
pour
pas
en
utiliser.
Avec
les
thunes
qui
auraient
dû
servir
au
métro
j’ai
filé
un
euro
à
un
type
sdf
et
j’ai
aussi
acheté
une
glace
au
café
häagen
dasz
(presque
trois
euros
mais
slurpe
miam,
la
seule
glace
au
café
qui
a
le
goût
de
vanille-café)
(oui
j’aurais
aussi
pu
acheter
vanille
et
café
et
mélanger
les
deux
mais
en
fait
non)
(c’est
à
dire
que
je
cherche
de
l’haagen
dasz
au
café
depuis
que
j’en
ai
mangé
en
suisse
il
y
a
deux
ans
et
demi
et
on
en
trouve
seulement
dans
les
magasins
hd
et
rue
de
rivoli
il
était
là
sous
mes
yeux.) Quand
je
suis
arrivée
à
la
gare
j’ai
attendu
un
sacré
bout
de
temps,
j’ai
fait
un
tour
dans
le
quartier,
miteux,
je
suis
revenue,
j’ai
attendu
encore
et
à
cinq-heures-et-quart
j’étais
dans
le
train.
Voilà,
je
suis
rentrée
depuis
mardi
deux
janvier.
A
la
maison
j’ai
trainé,
j’ai
vu
Lou.,
j’ai
regardé
la
saison
dix
de
friends
en
anglais
et
j’ai
bossé
ma
grammaire.
Je
suis
malade
depuis
cinq
jours.
Vous
savez,
le
kit
mal
de
gorge
–
rhume
–
toux
–
maux
de
tête
–
fièvre
et
patatoche.
J’ai
passé
trois
partiels
jusqu’à
maintenant.
Il
en
reste
trois
je
crois.
Lundi
c’était
thème-version-grammaire.
Je
m’en
suis
pas
trop
mal
tirée
je
crois.
Mardi,
littérature.
J’avais
pas
révisé
grand
chose
alors
j’ai
meublé
comme
j’ai
pu
et
mon
commentaire
de
texte
est
sans
doute
bidon
au
possible.
Ce
matin
c’était
Histoire
grand-britonne.
J’ai
toujours
été
une
bille
en
histoire,
je
suis
incapable
de
parler
d’un
événement
historique,
parce
que
je
ne
parviens
pas
à
me
représenter,
à
mesurer
l’ampleur
de
tous
ces
trucs
que
je
n’ai
pas
vécu.
Les
dates
c’est
pareil,
pour
moi
ce
ne
sont
que
des
alignements
de
chiffres
qui
ne
font
échos
à
rien
dans
mon
esprit.
Hier
j’ai
révisé
deux
ou
trois
heures
alors
ça
n’a
pas
suffit,
évidemment.
Sur
la
feuille
ce
matin,
il
y
avait
quatre
‘questions’
(qui
se
résument
à
discuss
trucmuch’s
reign
ou
seulement
une
date).
J’ai
répondu
à
trois
questions
sur
quatre
donc
en
théorie
je
peux
pas
avoir
plus
de
six
sur
vingt.
Sur
l’autre
page
il
y
avait
un
discours
d’un
roi
auquel
je
n’ai
rien
capté.
Je
l’ai
lu
une
quinzaine
de
fois,
j’ai
fini
par
comprendre
le
sens
global
du
texte
mais
pas
moyen
de
comprendre
à
quoi
ça
faisait
référence.
Enfin
quand
même,
ils
auraient
pu
choisir
un
truc
un
peu
plus
intelligible.
La
declaration
faisait
vingt-cinq
lignes
dont
deux
phrases
de
dix
lignes
chacune,
vraiment
génial !
Pendant
que
j’essayais
désespérément
de
trouver
quelque
chose
à
écrire,
la
fille
devant
moi
attendait
qu’il
soit
neuf-heures
pour
rendre
sa
copie
et
partir.
Elle
s’est
retournée :
c’est
bon,
il
est
neuf-heures
là ?
j’ai
dit j’pense…euh
ouais.
Elle
s’est
levée
et
a
avancé
jusqu’au
bureau
où
les
profs
regardaient
des
cartes
d’étudiants
en
faisant
des
commentaires,
puis
elle
est
sortie.
Tout
l’amphi
avait
les
yeux
rivés
sur
elle.
Forcément
plein
d’autres
étudiants
ont
suivi.
Une
demie-heure
plus
tard
j’ai
quitté
l’amphi
à
mon
tour
après
avoir
rendu
une
copie
blanche.
...............................................................................
Jeudi
28
décembre
15h02
J’ai
passé
un
noël
très
chouette,
comme
ça
n’était
pas
arrivé
depuis
longtemps.
J’ai
retrouvé
mon
frère,
cinq
de
mes
cousines
et
leurs
parents.
On
était
douze
dans
la
très
grande
maison
presque
vide
le
reste
de
l’année.
Je
sais
pas
pourquoi,
j’appréhendais
avant
d’y
être,
mais
vraiment,
c’était
bien.
On
a
beaucoup
ri,
bouquiné,
joué
du
piano,
chanté
des
conneries,
fouillé
dans
les
placards
et
sorti
des
vieilles
photos,
manger
des
tonnes
de
chocolats
(…) Le
dernier
jour
j’étais
de
mauvaise
humeur
et
j’ai
eu
le
droit
à
l’éternelle
réflexion :
elle
a
le
caractère
de
son
grand-père
(bon,
spa
un
compliment,
vous
aviez
compris).
Tout
ça
c’était
seulement
parce
que
j’aurais
voulu
que
le
temps
s’étire,
qu’on
se
quitte
pas
tout
de
suite.
Mais
bon,
c’est
peut-être
la
brièveté
des
moments
qui
font
leur
magie.
(dissert,
je
ramasse
les
copies
dans
quatre
heures) Ah
au
fait,
le
père-noël
m’a
apporté
un
lecteur
mp3
(qui
fait
aussi
radio,
horloge,
chronomètre,
c’est
trop
la
folie,
en
plus
il
est
violet-qui-brille
alors
bon)
et
un
bouquin
sur
la
photo
numérique.
Plus
des
chocolats.
Je
suis
à
nouveau
chez
moi
depuis
avant-hier
(mardi
donc).
Samedi
je
vais
voir
miss
p
en
normandie.
Je
prends
le
train,
j’espère
ne
pas
me
paumer
en
changeant
de
gare
à
Paris.
Et
je
rentre
mardi
soir.
Après
ça
je
prendrai
quelques
aprèms
pour
faire
semblant
de
réviser
mes
exams
de
début
d’année
que
je
me
fous
un
peu
de
réussir
ou
pas
puisque
je
ne
compte
pas
continuer.
N’empêche
ça
m’a
fait
du
bien
de
voir
une
partie
de
ma
famille.
Comme
une
bouffée
d’oxygène
(ouais,
enfin
un
peu
enfumée ;
),
ça
m’a
donné
envie
de
me
bouger
un
peu,
de
faire
quelque
chose
de
ma
petite
vie,
de
changer
d’air
aussi.
.................................................................................
Samedi
23
décembre
07h27
Je m'en vais pour trois-quatre jours dans une demie-heure. Je vous souhaite un joyeux noël : )
....................................................................................
Jeudi
14
décembre
22h57
Rien
de
très
intéressant
à
raconter.
Il
fait
froid
ces
jours-ci.
Les
boutons
de
ma
veste
en
velours
se
barrent
et
tombent
sur
les
pavés
quand
je
marche.
Lundi
dernier
(nan
celui
d’avant)
ils
ont
changé
toutes
les
lignes
de
bus,
les
horaires,
les
itinéraires,
tout.
Le
bus
qui
passe
en
bas
de
chez
moi
va
direct
à
la
fac
de
langues maintenant.
Cela
dit
comme
il
passe
toutes
les
demie-heures
ça
change
pas
grand
chose.
Je
vais
jusqu’à
la
grande
place
à
pieds,
je
slalome
entre
les
travaux
et
les
trous
creusés
dans
les
trottoirs,
je
peste
contre
les
voitures
place
de
l’Etoile,
rien
ne
change.
Samedi
dernier
miss
p
et
moi
sommes
allées
là
où
travaille
mon
père
pour
emprunter
la
salle
de
danse.
On
a
bossé
sur
la
chorée
de
miss
p
(pour
le
concours),
on
avance
peu
mais
ça
commence
à
ressembler
à
quelque
chose.
Elle
enchaîne
les
doubles-pirouettes,
attitudes
et
déboulés
sur
le
parquet,
et
j’aime
bien
la
regarder
danser.
Dehors
à
travers
les
baies
vitrées,
on
voit
les
cours
de
tennis,
les
terrains
de
foot
où
des
types
s’entraînent
pendant
des
heures.
Après
une
heure
et
demie
on
en
avait
marre,
on
a
refermé
la
salle
et
on
est
parties.
Sur
la
grande
place
il
y
avait
un
monde
fou.
Miss
p
a
voulu
faire
un
tour
au
centre-commercial,
on
est
entrées
dans
habitat,
les
gens
s’agglutinaient
autour
des
bougies
et
autres
guirlandes ;
on
est
ressorties,
je
me
suis
dit
que
finalement
la
fnac
ce
serait
pour
une
autre
fois.
Après
je
me
souviens
plus.
Je
crois
qu’on
a
marché
jusqu’aux
arrêts
de
bus,
que
le
mien
n’arrivait
pas.
Miss
p
voulait
pas
attendre
alors
on
est
rentrées
à
pieds.
Lundi
matin
miss
p
m’avait
donné
rendez-vous
chez elle.
En
partant
j’ai
embarqué
le
reflex
argentique
de
mon
père
pour
photographier
un
immeuble
en
démolition
aperçu
la
veille
en
voiture.
Quand
je
suis
arrivée
des
types
bossaient
devant,
faisaient
je-ne-sais-quoi
en
remuant
de
la
poussière.
J’ai
sorti
l’appareil
et
commencé
les
réglages.
Un
des
types
s’est
approché,
peut-être
le
chef
de
chantier.
Il
a
dit
hey
vous
faites
quoi ?
J’ai
répondu
je
prends
quelques
photos,
je
trouve
ça
chouette,
les
appartements
en
coupe,
la
baignoire,
le
lavabo.
Parce
que
c’était
ça
que
je
voulais
photographier.
C’était
comme
si
quelqu’un
avait
enlevé
tout
un
pan
de
mur.
On
voyait
deux
salles
d’eau
qui
donnaient
sur
du
vide,
c’était
étrange. Je
sais
pas
ce
qu’il
a
cru.
Pour
le
rassurer
j’ai
dit
très
vite
c’est
pour
mon
usage
personnel
hein,
je
vais
pas
les
commercialiser
ou
les
publier.
Il
était
méfiant,
c’était
dingue.
Il
a
même
ajouté
d’un
air
très
sérieux
ah
non
mais
parce
que
moi
sinon
je
vous
confisque
votre
appareil
photo.
J’ai
préféré
m’en
aller
parce
que
ça
n’avait
aucun
sens.
Et
puis
je
sais
bien
qu’on
ne
peut
pas
interdire
à
quelqu’un
de
pendre
une
photo
d’un
immeuble
en
friche
mais
bon.
Y
en
a
que
ça
inquiète
que
voulez
vous.
Quand
j’ai
raconté
ça
à
miss
p
elle
m’a
dit
un
truc
du
genre
nan
mais
c’est
normal,
ils
voient
débarquer
quelqu’un
avec
un
appareil
photo,
personne
fait
ça.
....................................................................................
Lundi
4
décembre
09h36
écrit
dimanche
soir
J’ai
souvent
pensé
que
miss
p
me
traitait
différemment
de
ses
autres
amies,
du
moins
qu’elle
me
voyait
autrement,
comme
une
enfant
fragile
qui
ne
connaît
rien
de
la
vrai
vie,
celle
qui
commence
après
vingt-et-une
heure
le
soir
et
qui
fait
qu’on
se
sent
un
peu
adulte
avant
l’heure.
C’est
comme
quand
elle
m’avait
lancé
l’année
dernière
un
dans
ta
future
vie
sentimentale
l’air
de
rien
et
que
j’avais
trouvé
détestable,
tout
ça
parce
que
je
n’étais
amoureuse
de
personne,
pas
comme
toutes
ses
copines
casées
et
recasées
plusieurs
fois,
trop
sans
doute
parce
que
je
m’emmêlais
les
pinceaux
quand
on
en
parlait.
Elle
m’avait
lancé
ça
en
plein
visage
sans
même
faire
gaffe
à
ce
que
ça
voulait
dire
et
où
ça
atterrirait
–
ça
devait
être
lors
d’une
conversation
du
genre
les
mecs
tous
les
mêmes
–
alors
que
moi
je
cohabitais
tant
bien
que
mal
avec
moi-même
et
je
trouvais
que
c’était
déjà
pas
mal.
J’ai peu
d’amis.
Je
m’en
plains
souvent.
J’envie
Ana
quand
je
vois
tous
ces
étudiants
qui
sont
dans
la
même
fac
que
moi
et
qui gravitent
autour
d’elle.
Les
mêmes
que
j’évite
sans
raison,
juste
parce
qu’encore
une
fois
je
ne
me
sens
pas
à
l’aise,
peur
d’encombrer,
d’imposer
ma
présence.
Quand
j’ai
dit
ça
à
Seiv
au
téléphone il
y
a
deux
semaines
tout
juste,
elle
a
soupiré,
s’est
offusqué
et
au
final
m’a
presque
engueulée
ah
mais
ça
c’est
toi
tout
craché !
(pour
la
jouer
fille
surprenante
faudra
repasser)
Parce
que
même
si
on
a
dû
se
voir
deux
fois
en
trois
mois
elle
est
celle
qui
me
connaît
le
mieux
(parfois
mieux
que
moi-même).
(Parce
que
je
pouvais
dire
tout
ce
que
j’avais
sur
le
cœur
tout
en
sachant
qu’elle
comprendrait.
Je
crois
que
c’est
la
chose
la
plus
précieuse
en
amitié,
en
relations
humaines,
n’importe,
de
savoir
que
quelqu’un
peut
comprendre).A
miss
p
je
peux
dire
beaucoup
de
choses
aussi,
pas
les
mêmes
mais
sans
doute
tout
autant.Je
pourrais
parler
pendant
des
heures
d’elles
deux.
Comment
miss
p
et
moi
on
est
devenues
amies
en
une
fraction
de
seconde,
il
y
a
dix
ans
de
ça,
comme
un
coup
de
baguette
magique,
et
comment
après
ce
jour
on
ne
s’est
presque
plus
quittées.Je
pourrais
vous
raconter
en
des
milliers
de
lignes
combien
Seiv
est
la
fille
la
plus
spéciale,
géniale,
intelligente,
en
un
mot
extraordinaire
que
j’ai
jamais
rencontrée.
Combien
je
suis
fière
d’être
son
amie
et
combien
elle
m’a
fait
sentir
à
quel
point
je
pouvais
être
importante
pour
elle.
Je
pourrais
dire
tout
ça
et
beaucoup
plus
mais
dans
ces
cas-là,
les
mots
ça
ne
compte
pas
vraiment.
Ou
alors
il
faudrait
en
plus
les
sourires,
les
regards,
les
battements
de
cœurs,
les
corps
qui
s’étreignent.
(si
quelque
chose
compte
vraiment
c’est
certainement
ça)
*
*
*
Il
y
a
des
soirs
comme
celui-là
où
je
reste
des
heures
avant
d’éteindre.
Comme
si
je
ne
pouvais
pas.
Je
regarde
sur
mon
portable
les
aiguilles
qui
se
déplacent
et
je
me
dis
pas
encore,
pas
encore.
Je
peux
rester
des
plombes
comme
ça,
jusqu’à
une
heure,
deux,
trois
parfois.
J’attends
le
bon
moment
en
quelque
sorte.
C’est
con.
Après
ça
le
matin
je
suis
crevée.
Même
dans
le
noir,
même
après
avoir
éteint
je
ne
parviens
pas
à
me
séparer
de
ces
bruits,
la
pluie,
la
ville,
la
radio
surtout.
Même
si
c’est
de
l’électro
un
peu
pourri,
même
si
ce
sont
les
humoristes
qui
me
fatiguent
–
et
s’ils
sont
drôles
je
n’ai
souvent
plus
la
force
de
rire,
dans
la
nuit.
La
plupart
du
temps
ce
sont
les
voix
des
différents
animateurs
sur
france
inter
qui
se
succèdent.
Le
flux
de
leurs
paroles
me
berce
–
j’essais
de
me
concentrer
sur
autre
chose
que
mon
sommeil,
les
pensées
qui
m’encombrent
la
tête
quand
il
s’agit
de
dormir.
........................................................................................
Dimanche
3
décembre
12h55
La
première
chose
que
je
fais
en
me
levant
(à
part
regarder
l'heure
sur
mon
portable)
c'est
aller
jusqu'à
ma
chambre
et
ouvrir
une
case
de
mon
calendrier
kinder.
Ce
matin
j'ai
eu
un
kinder-surprise.
Un
quart
d'heure
à
me
tordre
la
peau
sur
le
plastique
jaune
;
au
final
il
y
avait
un
pirate
Astérix
et
les
vikings
à
l'intérieur.
Dans
la
boite,
ils
ont
aussi
mis
un
papier
avec
inscrit
mon
magicode
mais
je
suis
allée
sur
le
site
kinder
et
j'ai
pas
trouvé
la
page.
Ils
ont
dû
la
supprimer.
C'est
con,
j'aurais
peut-être
gagné.
Hier
samedi
j'ai
glandé
toute
la
journée.
Mais
je
me
suis
levée
relativement
tard
ce
qui
a
diminué
le
temps
de
glandage.
J'ai
attendu
désespérément
un
appel/message
de
Seiv
mais
rien
rien
rien.
Miss
p
n'était
pas
en
ville
mais
dans
un
bled
à
au
moins
trente
km
d'ici.
Elle
a
dit
je
savais
pas
que
t'étais
toute
seule
chez
toi!
la
prochaine
fois
tu
me
dis
hein!
je
viendrai
passer
le
week-end
chez
toi.
J'ai
répondu
mais
non
ça
va
je
t'assure,
et
puis
c'est
bon,
toi
ça
t'arrive
bien
d'être
toute
seule
dans
ton
appart
quand
So
(une
de
ses
amies)
est
pas
là.
Ce
à
quoi
elle
a
répondu
Ben
justement,
je
sais
ce
que
c'est!
J'ai
traîné
successivement
devant
Valérieladéco
sur
m6,
le
pécé,
le
piano,
la
cuisine,
la
salle
de
bain,
re
le
pécé.
J'ai
publié
des
photos,
certaines
avaient
déjà
trouvé
leur
place
sur
mon
ancien
blog,
et
d'autres
étaient
sur
mon
pécé
depuis
des
mois.
Après
ça
j'ai
décidé
de
faire
un
peu
de
sport.
Enfin
nan,
pas
vraiment.
Du
houla
hoop.
J'en
ai
fais
dix
minutes
sur
du
Elliott
Smith,
après
j'en
ai
eu
marre
(du
houla
hoop,
pas
d'Elliott
hein).
J'ai
regardé
par
la
fenêtre.
Sur
la
grande
place
ils
ont
installé
une
grande-roue
et
de
la
chambre
je
pouvais
apercevoir
le
haut
de
la
roue
qui
brillait,
clignotait,
mais
ne
tournait
pas.
Finalement
j'ai
décidé
d'aller
faire
un
tour
en
ville.
Quand
je
suis
arrivée
à
l'arrêt
de
tram
il
y
avait
déjà
beaucoup
de
monde
(pourtant
je
n'étais
pas
encore
sur
la
grande
place).
Un
tram
est
arrivé,
je
voulais
le
prendre
mais
il
était
bondé,
les
gens
étaient
écrasés
les
uns
sur
les
autres.
C'est
le
maire
qui
doit
être
content
je
me
suis
dit.
J'ai
fait
le
chemin
jusqu'à
la
librairie
à
pieds.
La
grande
place
était
en
ébullition.
Des
types
sur
des
nacelles
finissaient
d'installer
les
dernières
guirlandes
lumineuses
du
sapin.
Les
gens
s'attroupaient
autour
de
la
grande-roue
formant
une
file
monstre.
Il
y
avait
de
la
musique
partout.
Les
terrasses
des
cafés
débordaient
sur
la
place.
Cinq
ou
dix
minutes
plus
tard
j'étais
devant
la
librairie.
Au
départ
je
voulais
des
paillettes
rouges
à
coudre
et
finalement
j'ai
acheté
un
petit
calepin
et
On
ira
voir
la
mer
d'Olivier
Adam.
Au
retour
j'ai
pris
le
tram
et
avant
de
rentrer
j'ai
fait
un
tour
au
supermarché.
J'avais
plus
trop
d'argent,
j'ai
acheté
du
saumon
et
un
magazine.
Et
voilà,
récit
de
ma
journée
un
peu
vide.
Ah
et
aussi,
aller
faire
un
tour
chez
Cassiopée,
elle
a
fait
un
calendrier
de
l'avent
aussi
bien
(peut-être
même
mieux)
que
le
kinder,
c'est
dire!
........................................................................................
Jeudi
30
novembre
8h23
ecrit
mercredi
soir
Si
rien
ne
compte
La
nuit
dernière
je
me
suis
réveillée
en
sursaut
à
une
heure
trente.
J’ai
cru
qu’on
était
déjà
l’après-midi,
que
je
m’étais
pas
réveillée.
J’ai
ouvert
la
porte
de
la
chambre,
l’escalier
était
plongé
dans
la
pénombre.
Sur
mon
portable,
il
y
avait
un
message
de
Seiv
envoyé
un
quart
d’heure
plus
tôt,
et
qui
disait
en
plus
de
mots
“Lan
est
en
ville”.
Lan,
c’était
le
correspondant
américain
de
M.
quand
on
était
en
seconde.
On
s’envoyait
des
mails,
des
lettres,
j’avais
même
reçu
un
livre
de
photo
de
Chicago
par
la
poste.
Et
puis
un
jour
il
n’a
plus
écrit,
il
était
toujours
hors-ligne
sur
ma
liste
msn.
Et
hier
ce
message.
Sur
le
coup
je
me
suis
demandée
si
j’étais
pas
en
train
de
rêver.
Lundi
aprem
j’ai
envoyé
un
mail
à
Phi,
ça
faisait
pas
mal
de
temps
qu’on
ne
s’était
pas
parlé.
J’ai
écrit
“je
sais
que
tu
n’as
pas
beaucoup
de
temps”.
Je
crois
qu’il
ne
répondra
pas.
(En
vrai
j’aimerais
qu’il
me
dise
“viens
voir
Paris”
et
tellement
d’autres
choses,
comme
autant
de
mots
qu’il
ne
prononcera
jamais.)
(Et
je
suis
rien
qu’une
idéaliste
pessimiste.)
.....................................................................................
Lundi
28
novembre
13h09
Tout
à
l’heure
dans
le
bus
après
la
fac
et
le
coup
de
fil
de
miss
p
j’ai
entendu
un
type
parler
au
téléphone
et
pendant
quelques
secondes
j’ai
cru
entendre
la
voix
de
T.
Avant
d’atteindre
la
maison
j’ai
farfouillé
dans
mes
poches
et
j’ai
sorti
ma
carte
de
bus.
Derrière
ma
photo,
j’avais
glissé
un
post-it
orange
en
forme
de
bulle
de
bédé
sur
lequel
T.
avait
écrit
le
surnom
qu’ils
me
donnent
tous
depuis
trois
ou
quatre
ans.
Cinq
grandes
lettres
violettes
en
majuscules.
Parfois
je
ressortais
ce
papier
et
ça
me
rappelait
l’année
dernière,
le
cdi
à
rire,
penchés
au-dessus
des
tables
et
les
dessins
qu’il
faisait
partout.
J’aimais
bien
avoir
ce
morceau
de
souvenir
sur
moi,
et
le
tenir
au
creux
de
ma
main
comme
un
porte-bonheur
un
talisman
ou
je
ne
sais
quoi.
Et
puis
voilà,
tout
à
l’heure
j’ai
regardé
derrière
ma
photo
et
il
n’y
avait
rien.
Plus
de
papier
orange
plié
au
hasard.
Pour
une
fois
que
quelque
chose
comptait
vraiment.
Je
sais
pas
il
a
dû
glissé
quand
j’ai
sorti
ma
carte
en
entrant
dans
le
bus,
ou
à
l’arrêt
de
la
fac,
ou
à
ceux
de
la
grande
place.
J’en
ai
marre
de
la
fac.
Comme
miss
p,
comme
Ana
et
sûrement
comme
tant
d’autres.
Marre
des
textes
d’Histoire
anglaise
et
des
nouvelles
à
commenter.
Maintenant
le
matin
quand
je
me
lève
j’en
suis
à
me
demander
quels
cours
je
vais
sécher
dans
la
journée.
Bon,
et
puis
sinon
j’ai
eu
quatorze
en
MTU,
c’est
ma
deuxième
note
avec
un
quinze
dans
cette
même
matière
(mais
bon,
ça
n'a
rien
à
voir
avec
les
autres
cours).
Jeudi
j’aurai
le
résultat
de
mon
exam
blanc
de
littérature
méthodo.
J’ai
du
mal
à
définir
mes
priorités.
Est-ce
que
c’est
essayer
d’avoir
mon
année,
ou
alors
me
renseigner
pour
l’année
prochaine
étant
donné
qu’un
jour
sur
deux
c’est
toujours
aussi
flou
dans
ma
tête? Parce
quand
ma
prof
de
littérature
méthodo
a
dit
que
l’Anglais
devait
être
notre
priorité,
notre
principal
souci,
notre
préoccupation
majeure
(appelez
ça
comme
vous
voulez)
je
me
suis
sentie
un
peu
con.
Mais
c’est
évident
en
même
temps,
ils
s’imaginent
tous
qu’on
va
être
prof
d’anglais
ou
professeur
des
écoles
alors
bon.
Enfin
bref
je
stagne,
je
ne
me
consacre
à
rien
en
particulier,
c’est
tellement
plus
facile
de
ne
prendre
aucune
décision
et
de
regarder les
jours
qui
passent.
.......................................................................................
Samedi
25
novembre
00h03
écrit mercredi et vendredi soir
On
se
caille
ici.
C’est
ce
que
je
dis
à
ma
mère
pas
mal
de
fois
dans
une
journée,
ce
à
quoi
elle
rétorque
mets
un
pull! Parfois
je
finis
avec
quatre
épaisseurs
et
ça
caille
quand
même.
Aujourd’hui (mercredi) j’ai
eu
une
journée
un
peu
pourrie.
Les
quatre
heures
de
cours
ce
matin
étaient
interminables,
des
tonnes
de
temps
à
plisser
les
yeux, à
soupirer
et
à
jeter
des
coups
d’œil
désespérer
sur
la
feuille
d’à
côté,
mais
rien
à
faire,
il
y
a
toujours
des
espaces
blancs
entre
les
mots
qui
ne
seront
jamais
remplis.
Vendredi
dernier
j’ai
passé
la
soirée
chez
miss
p,
on
a
parlé
un
peu
du
concours
de
danse
auquel
elle
veut
participer
et
j’ai
pour
mission
de
trouver
des
idées
d’ambiances,
de
thèmes,
de
mouvements,
blablabla,
je
suis
en
quelques
sortes
une
préposée
aux
idées.
On
a
déjà
la
musique,
miss
p
la
choisit
sur
la
compil
que
T.
m’avait
faite.
En
parlant
de
lui,
samedi
soir
ma
mère
avait
invité
les
parents
de
Lice,
ceux
de
Lou
plus
une
autre
amie,
au
début
je
pensais
pas
rester,
tous
ces
adultes
dans
la
même
pièce
et
moi
en
plus
je
trouvais
que
ça
faisait
beaucoup
et
puis
je
voulais
pas
les
déranger.
Finalement
ma
mère
m’a
proposé
plusieurs
fois
de
passer
la
soirée
avec
eux
et
finalement
je
suis
restée
en
leur
compagnie.
C’était
très
chouette.
Ils
ont
parlé
de
tout
et
de
rien.
Du
concours
qu’à
passé
mon
père
pour
devenir
super-technicien-de-recherche
(truc
du
genre),
de
politique,
de
voyage,
d’orientation
(de
la
mienne
pas
mal
en
l’occurrence),
et
puis
il
y
a
eu
des
running
jokes
toute
la
soirée,
c’était
drôle.
Ils
sont
partis
vers
minuit-et-demi
une
heure,
je
suis
allée
chercher
mon
portable
laissé
dans
le
bureau
et
dessus
il
y
avait
un
message
de
T.
Il
voulait
qu’on
se
retrouve
en
ville
le
lendemain,
lui,
Seiv,
miss
p,
Lyn
et
moi,
seulement
ça
c’est
pas
fait
parce
que
personne
pouvait
entre
miss
p
et
ses
partiels,
Seiv
qui
a
quatorze
heures
dormait
encore
et
Lyn
j’en
sais
rien,
j’ai
pas
de
nouvelles
d’elle.
Alors
on
a
remit
ça
à
ce
week-end,
on
verra
bien.
Lundi
midi
j’ai
pris
le
tram
pour
aller
chez
miss
p
(bon
en
fait
ça
m’a
économisé
cinq
minutes
de
marche
alors
c’était
pas
très
intéressant
finalement).
Après
le
rituel
interphone-escalier-porte-d’entrée
je
l’ai
retrouvée
dans
son
salon
où
elle
m’a
lancé
un
ouah
c’est
trop
beau
tes
cheveux
en
guise
de
bonjour.
Elle
a
ajouté
tu
veux
pas
que
je
te
les
lisse ?
et
deux
minutes
après
j’étais
assise
sur
le
rebord
de
la
baignoire
tandis
qu’elle
attrapait
mes
mèches
une
à
une
et
les
fourrait
entre
les
plaques
du
fer.
Tout
ce
que
je
peux
dire
c’est
que
je
n’ai
jamais
eu
les
cheveux
aussi
raides
et
lisses
de
toute
ma
vie.
Voir
photo ici
même. Ah
et
pour
la
coupe,
maintenant
ils
ne
ressemblent
plus
tellement
à
vendredi
dernier
mais
voici
une photo
quand
même
(de
vendredi
+
lissés).
(ça
devient
de
plus
en
plus
futile
ici..
encore
un
peu
je
m’installe
sur
skybloug
où
je
ne
posterai
plus
que
des
photos
de
mes
cheveux.)
Bref,
après
l’épisode
lissage,
on
a
foiré
notre
aprem
par
manque
d’organisation.
Miss
p
voulait
emprunter
une
salle
de
danse
au
conservatoire
mais
on
a
pas
pu
alors
je
suis
partie
bosser
à
la
b.u
de
Lettres
et
elle
est
partie
chez
un
copain.
On
s’est
retrouvé
à
cinq
heures
et
quart
en
salle
d’Italien
pour
le
cours
hebdomadaire
auquel
nous
ne
sommes
pas
allées
depuis
trois
semaines
pour
cause
de
prof
incompétent
et
assommant
et
de
risque
d’endormissement
sur
table
plus
qu’élevé.
C’est-à-dire
que
le
type
qui
nous
fait
cours
n’est
même
pas
prof,
il
est
juste
italien
(c’est
déjà
ça
hein).
Il
n’a
aucune
méthode
d’enseignement,
il
nous
fait
cours
au
gré
de
ce
qui
lui
passe
par
la
tête.
Mais
surtout,
surtout,
il
ne
maîtrise
pas
correctement
le
Français,
il
nous
marque
des
mots
en
italien
au
tableau
mais
n’est
pas
capable
de
les
traduire.
Même
les
déterminants :
un
jour
un
type
lui
a
demandé
ce
qu’il
avait
marqué
au
tableau,
il
a
répondu
euh,
c’est
ceci
et
cela.
En
fait
c’était
ce,
cette,
ces.
Bref,
que
des
trucs
dans
ce
style.
C’est
folklorique
deux
secondes
mais
après
moi
ça
me
déclenche
des
soupirs
et
des
regards-qui-tuent
en
ribambelle.
Lundi
il
nous
a
carrément
sorti
que
il
y
a
des
choses
ne
devraient
être
pas
le
professeur
à
le
dire
(il
parlait
de
l’achat
d’un
dictionnaire).
Au
bout
d’une
heure
on
est
parti
parce
que
vraiment,
on
en
pouvait
plus.
Miss
p
dit
qu’elle
a
de
la
pitié
pour
lui
ou
je
ne
sais
quoi.
J’ai
répondu
que
j’avais
pas
de
pitié
pour
les
gens
qui
me
font
perdre
mon
temps.
En
plus
de
ça
on
a
loupé
l’examen
d’Italien
sans
le
savoir
puisqu’on
a
seché
trois
cours.
Je
me
console
en
me
disant
que
l’année
prochaine
je
ferai
autre
chose,
enfin
y
a
interêt.
(et
puis
bientôt
quelques
nouvelles
photos)
[edit
:
nouvelles
photos
en
partie
postées
(voir
Couleurs
fanées
et
Autumn]
..........................................................................................
Vendredi
17
novembre
11h08
Aujourd'hui
est
un
grand
jour
puisque
je
me
rends
chez
le
coiffeur,
chose
qui
arrive
deux
fois
par
ans
grand
maximum.
Il
y
a
une
semaine
ou
deux
je
me
suis
rendue
compte
après
multiples
observations
dans
le
miroir
qui
fallait
faire
quelque
chose
parce
que
1)
ils
sont
très
longs
2)
les
pointes
sont
abimées
3)
il
ne
reste
qu'un
semblant
de
dégradé
4)
l'anarchie
capillaire
ça
suffit
5
)
j'ai
reçu
il
y
a
deux
semaines
un
chèque
de
réduc'
Jeanlouisdavid
(c'est
trop
la
folie).
Si
le
résultat
n'est
pas
désastreux
vous
aurez
droit
à
une
photo.
ou
pas
vu
que
je
suis
toujours
déçue
quand
je
ressors
de
chez
un
coiffeur,
ce
qui
explique
le
pourquoi
du
j'y
vais
rarement.
Voilà,
et
puis
à
part
ça
je
suis
une
amie
ingrate,
ça
fait
des
jours
que
je
tanne
miss
p
pour
aller
au
cours
d'informatique
cédeuzi
(c'est
son
nom)
pour
passer
le
diplôme
du
même
nom
(on
est
obligé,
bouh).
On
devait
y
aller
le
vendredi
de
huit
à
dix.
Sauf
que
:
vendredi
dernier,
miss
p
canassonait
à
la
même
heure
et
comme
j'avais
la
flemme
d'y
aller
toute
seule
(quelle
surprise)
je
n'y
suis
pas
allée,
donc
je
m'étais
dit
qu'on
irait
ce
matin
sans
faute,
mais
voilà,
je
ne
me
suis
pas
réveillée,
ou
plutôt
mon
portable-réveil
ne
m'a
pas
réveillée
(possible
qu'il
ait
sonné,
aucun
souvenir)
et
quand
j'ai
émergé
à
neuf
heures
il
y
avait
cinq
appels
en
absence.
Voilà,
encore
un
truc
qui
tombe
à
l'eau.
Ce
soir
je
vais
emprunter
le
tram
(qui
roule
depuis
lundi)
pour
la
première
fois.
Ah,
et
aussi,
il
y
a
une
dizaine
de
nouvelles
(vieilles
en
fait)
photos
(voir
2005).
.......................................................................................
Mercredi
15
novembre
après-midi
Les
arbres
brillent
au
soleil
;
tout
à
l’heure
dans
la
rue
je
me
disais
enfin
l’automne.
Je
ne
sais
plus
trop.
Il
y
a
du
vent,
un
ciel
très
bleu.
Hier
mes
pas
si
rapides
dans
la
rue
–
je
redeviens
une
éternelle-en-retard
on
dirait
;
mes
muscles
tiraient
derrière
mes
tibias.
Je
ne
sais
pas
trop,
je
sais
pas
à
quoi
je
joue
–
je
comprends
pas
à
quoi
ça
rime,
il
y
a
tous
ces
cours
où
je
m’assois
n’importe
où,
je
fais
celle
qui
s’en
fout,
je
pourrais
m’installer
à
côté
des
seules
personnes
que
je
connais
un
peu,
mais
je
les
fuis,
je
comprends
pas
pourquoi.
Je
veux
peut-être
pas
créer
de
liens
au
fond,
avec
ces
personnes-là,
parce
que
je
sens
qu’on
est
pas
pareil,
que
je
vais
pas
être
à
leur
hauteur.
Je
voudrais
que
ce
soit
plus
simple,
tellement
je
déteste
me
forcer.
En
attendant
je
fais
le
yoyo,
vous
savez,
je
m’assois
pas
à
côté
de
toi
et
après
le
cours
je
viens
te
parler,
et
c’est
sans
doute
une
attitude
méprisable
et
en
plus
qui
n’a
pas
de
sens.
Ca
rime
à
rien.
T.
me
manque,
un
peu.
Seiv
aussi.
Elle
est
en
lea,
ça
veut
dire
qu’on
est
dans
la
même
fac
et
pourtant
on
ne
se
voit
jamais.
Miss
p
déserte
les
couloirs
d’espagnol
pour
dormir,
bosser,
se
lamenter,
traîner
sur
mon
canapé.
On
est
en
novembre,
je
sais
pas
où
je
vais,
j’achète
des
bouquins
que
je
lirai
probablement
pas,
je
dessine
au
lieu
de
bosser,
je
m’endors
n’importe
où ;
c’est
ce
qui
reste
de
mes
vieilles
habitudes.
J’ai
l’impression
d’être
au
bord
de
quelque
chose
parfois,
comme
une
nausée.
Vendredi
dernier
j’ai
traîné
longtemps
dans
les
rues
avant
le
rendez-vous
chez
ma
psy,
je
voulais
pas
y
aller ;
près
de
l’immeuble
je
me
suis
promis
de
ne
pas
pleurer
alors
que
déjà
je
vacillais
et
c’en
était
presque
ridicule
de
faire
une
telle
promesse,
je
sentais
bien
qu’un
pas
un
mot
un
regard
me
ferait
éclater
en
sanglots.
Arrivée
en
bas
de
l’immeuble,
le
sol
était
trempé
et
une
femme
de
ménage
poussait
l’eau
jusqu’au
trottoir.
J’ai
dit
je
peux
marcher ?
j’ai
fait
un
pas
et
elle
a
dit
attention
ça
glisse !
J’ai
failli
glisser.
Plus
tard
j’ai
rejoint
miss
p
chez
elle
et
on
s’est
séparées
en
face
du
magasin
de
jouets,
ses
mots
blessants
qui
s’agrippaient
dans
ma
tête.
Elle
a
dit
mais
c’est
bon
je
plaisantais
m’en
veux
pas.
J’ai
dit
j’ai
pas
besoin
de
toi
pour
savoir
tout
ça,
parfois
tu
ferais
mieux
de
garder
tes
mauvaises
blagues
pour
toi.
Elle
a
tourné
la
tête,
regardé
une
vitrine ;
elle
était
déjà
passée
à
autre
chose.
..........................................................................................
Dimanche
5
novembre
21h42
On
a
le
temps
de
rien
J'en
ai
des
trucs
à
vous
raconter,
un
concert,
une
soirée
déguisée,
des
pas
de
danse,
de
la
couture
chez
miss
p
et
un
aprem
à
Poitiers.
J'ai
un
peu
mal
au
bras
à
cause
de
la
prise
de
sang
d'hier
et
beaucoup
de
boulot
pour
la
semaine
qui
vient.
Il
fait
très
froid
dehors
mais
j'aime
bien,
je
crois.
Mon
frère
est
reparti
aujourd'hui.
Je
l'avais
pas
vu
depuis
juillet
et
même,
c'était
cinq
mois
sans
qu'il
mette
les
pieds
ici,
des
centaines
(et
encore
plus)
de
jours
que
je
dors
dans
son
lit
mais
je
n'y
pensais
pas.
A
l'absence.
Sa
voix
à
l'autre
bout
du
fil,
nos
quelques
mots
par
ordinateurs
interposés
et
une
carte
postale,
et
puis
surtout
mes
pensées
qui
suffisaient
presque.
Il
ne
m'a
pas
manquée.
Je
crois
qu'il
y
a
quelque
chose
de
plus
fort,
de
plus
ténu
que
ça.
Hier
soir
il
y
a
eu
notre
fou-rire
à
table
avec
ma
mère
et
lui
et
ça
m'a
fait
oublier
tous
ces
jours
qui
nous
ont
séparé.
Je
voudrais
écrire
plus
mais
je
suis
fatiguée.
C'est
con,
j'avais
tant
à
dire,
mais
tous
les
mots
qui
tournaient,
qui
attendaient
d'être
déposés
quelque
part
sont
partis
et
je
sais
pas
si
c'est
nécessaire
de
vouloir
les
rattraper.
Je
vous
souhaite
une
bonne
semaine.
A
bientôt.
clic
clac
(pour
les
dimensions
des
fenêtres
ça
bug
sous
IE
mais
sous
Mozilla
ça
fonctionne
normalement)
(enfin
chez
moi
;
)
..........................................................................................
Ecrit vendredi
20
octobre
10h45
Ouik-end.
Le
vendredi
j'ai
pas
cours,
ça
me
fait
une
grande
journée
pour
tout
et
rien,
je
me
suis
levée
il
y
a
presque
deux
heures.
Hier
il
y
a
eu
le
bus
en
début
d'aprem
et
ce
gamin
de
deux
ou
trois
ans
dans
sa
poussette
qui
délirait
complètement.
En
entrant
dans
le
bus
avec
sa
mère
il
s'est
mis
en
boucle
comme
un
vinyle
rayé
et
il
disait
je
suis
là,
je
suis
là,
et
quand
il
s'est
assit
sur
le
siège
il
est
reparti
comme
une
vieux
disque
avec
sa
petite
voix
aiguë
je
suis
là,
c'est
moi!!
c'est
ma
place.
c'est
ma
plaaace.
je
suis
là.
je
suis
là??
mais
oui,
c'est
moi,
je
suis
là!
C'était
du
grand
délire
mais
c'était
vraiment
trop
drôle
venant
d'un
gosse
de
trois
ans.
Et
puis
après
c'était
les
quatre
heures
de
cours
qui
passent
si
lentement.
En
littérature-métho
j'ai
une
prof
géniale.
Elle
est
très
drôle
et
elle
dessine
des
patates
au
tableau
pour
nous
expliquer
les
figures
de
style,
elle
dit
que
c'est
parce
que
son
père
était
prof
de
maths.
J'ai
pas
grand
chose
d'intéressant
à
vous
raconter.
Enfin
si,
faut
que
je
vous
parle
de
ma
soirée
d'hier
quand
même.
Vous
avez
même
droit
à
des
photos
pourries
prises
sans
flash
et
pleines
de
bruit.
Donc
hier,
je
sais
pas
si
vous
avez
écouté/regardé/pris
une
douche
les
infos,
un
débat
en
présence
des
trois
candidats
du
ps
était
organisé
dans
ma
ville.
Enfin
débat
c'est
beaucoup
dire.
C'était
plutôt
l'occasion
à
chacun
d'exposer
quelques
points
qui
lui
tenait
à
cœur
et
de
répondre
à
trois
questions
posées
par
des
militants
de
la
région
et
dont
les
réponses
avaient
été
préparées.
J'y
connais
pas
grand
chose
en
politique
et
je
serais
incapable
d'analyser
tout
ça,
je
mélange
déjà
les
propos
de
chacun
dans
ma
tête.
Mais
bon,
pour
vous
dire
qu'on
était
trois
mille
(deux
cent
cinquante
selon
la
police)
dans
notre
vieille
maison-des-sports
assis
sur
les
gradins
inconfortables.
Un
peu
avant
l'arrivée
des
trois
candidats,
un
groupe
de
photographes
et
de
cameramen
est
arrivée
dans
la
salle,
enfin
dans
la
fosse,
et
d'en
haut
on
les
voyait
s'agiter,
se
diriger
vers
une
grande
porte
en
braquant
leur
flash
sur
personne
et
derrière
nous
un
type
criait
c'est
pas
là,
c'est
l'autre
porte!!
de
l'autre
côté!!
ils
sont
là-bas!,
alors
les
journalistes
levaient
la
tête,
ils
ne
savaient
plus
où
aller
et
avec
ma
mère
on
rigolait
comme
des
baleines
parce
que
de
toute
évidence
le
type
de
derrière
racontait
n'importe
quoi.
Finalement
ils
sont
arrivés,
Ségolène,
Dominique
et
Laurent
(oui
parce
qu'on
s'appelle
par
son
prénom
dans
ce
milieu)
et
en
fond
sonore
il
avait
mis
un
genre
d'electro,
c'était
l'euphorie
dans
la
salle
et
moi
j'essayais
en
vain
de
prendre
des
photos
mais
ça
ne
donnait
rien
même
avec
flash
(je
renonce
à
ma
carrière
de
paparazzi).
Sergio,
le
maire
de
la
ville
a
fait
un
discours,
excusé
les
absents,
et
selon
tirage-au-sort,
Ségolène
s'est
installée
devant
le
pupitre
la
première.
Elle
a
commencé
par
une
spéciale-dédicace
au
président
du
conseil
général
décédé
cette
année
alors
les
gens
ont
applaudi
de
plus
belle
parce
que
je
crois
que
pour
eux
c'était
important
qu'on
y
pense
ce
soir.
Parait
que
Ségolène
avait
peur
de
venir
à
Clermont
parce
qu'ici
ce
sont
plutôt
des
fabiusiens
mais
elle
a
été
sacrément
applaudie
pour
un
public
censé
lui
être
hostile
dans
sa
majorité.
Après
c'était
au
tour
de
Dominique
et
enfin
Laurent.
Pour
les
questions
c'était
drôle
parce
qu'à
chaque
fois
ils
appelaient
un
militant
dont
la
question
avait
été
tirée
au
sort
et
la
personne
arrivait
et
faisait
alors
Dominique,
que
comptes-tu
faire
pour
arranger
ça?
et
il
répondait
Eh
bien
pour
répondre
à
ta
question
Bernadette..
on
aurait
dit
de
vieux
potos
de
fac
ou
truc
du
genre,
c'est
peut-être
ça
l'esprit
ps..
enfin
bon,
ça
va
avec
la
solidarité,
l'écoute
et
tout
ça.
Mais
quand
même,
j'imagine
mal
quelqu'un
lancer
à
Sarkozy
Qu'est-ce
que
t'en
penses
Nicolas?
Je
sais
pas,
ça
colle
pas.
Quoique
alors
Ségolène..,
ben
ça
faisait
bizarre
aussi.
Ils
ont
dit
quelque
soit
la
ou
le
candidat,
tout
le
ps
suivra
et
se
rassemblera
derrière
lui,
et
aussi
pour
ceux
qui
veulent,
les
verts,
les
communistes
et
Ségolène
a
lancé
et
pourquoi
pas
l'extrême
gauche
aussi
(un
peu
plus
et
elle
rajoutait
allez,
soyons
fous!)
Quand
même,
c'était
émouvant
d'être
là
et
de
les
écouter
parler,
et
de
se
dire
c'est
un
peu
c'est
mots
là
que
je
voulais
entendre.
Bien
sûr,
ils
ont
passé
un
peu
de
pommade
sur
les
militants
auvergnats,
bah
ouais,
votre
région
est
formidable,
blablabla,
entreprises
en
pleine
croissance
et
tout
ça
et
puis
le
discours
était
un
peu
démago
par
moments
mais
c'est
normal
j'imagine,
puisque
leurs
paroles
sont
un
peu
des
échos
à
l'opinion
commune.
Dès
que
ça
parlait
éducation
à
côté
je
voyais
les
mains
de
ma
mère
applaudir
très
fort
et
avant
elle
m'avait
dit
tu
te
rends
compte,
y
a
une
association
maintenant
qui
demande
aux
parents
de
vérifier
si
les
manuels
scolaires
de
leurs
enfants
correspondent
bien
aux
demandes
du
ministre
et
de
dénoncer
les
instits
si
ce
n'est
pas
le
cas.
C'est
vrai
qu'ils
sont
complètement
tarés,
de
ne
plus
faire
confiance
aux
instits,
de
leur
dire
y
a
des
tonnes
de
gamins
illettrés
c'est
de
votre
faute,
de
censurer
et
de
renvoyer
les
personnels
d'iufm
qui
osent
encore
penser
autrement.
A
la
fin,
ils
sont
montés
tous
les
trois
sur
l'estrade,
il
a
eu
les
photos
et
les
applaudissement,
et
à
la
sortie
les
mêmes
photographes
et
cameramen
les
attendaient.
On
s'est
dirigés
tant
bien
que
mal
vers
les
portes
vitrées
et
on
s'est
retrouvés
dehors.
Voilà,
c'était
mon
premier
meeting
politique,
les
photos
pourries
(parce
que
prises
en
zoom
x12
pour
la
plupart
et
sans
flash)
sont
ici
et
bientôt
une
radio
sur
ce
blog,
parce
que
ça
manque
sacrément
de
musique
ici.
.........................................................................................
vendredi
13
octobre-super
cagnotte
de
5
millions
au
loto
23h40
Semaine
grise
et
finir
trois
fois
à
dix-neuf
heures
quinze
ça
fait
beaucoup.
Je
me
rends
compte
que
j’écris
peu
finalement.
J’ai
peu
écrit
durant
tous
ces
mois,
mais
il
y
a
quelques
temps
déjà
les
mots
se
sont
remis
à
courir
dans
ma
tête.
Alors
faudra
bien
qu’ils
atterrissent
quelque
part.
Cette
semaine
était
ma
deuxième
à
la
fac.
Je
pense
à
ça
et
je
me
dis
qu’à
la
fin
de
l’année
je
ne
m’en
souviendrai
pas,
comment
c’était,
j’oublie
toujours
les
débuts
d’années.
Je
suis
un
peu
malade
depuis
vendredi
dernier,
ça
a
commencé
par
un
mal
de
gorge,
ou
plutôt
non,
vous
savez
comment
ça
fait
quand
on
boit
la
tasse
à
la
piscine,
ce
truc
qui
gène
entre
le
nez
et
la
gorge
(on
ne
sait
pas
bien
où
d’ailleurs),
bon
eh
bien
je
me
suis
réveillée
avec
ça.
Après
ça
s’est
transformé
en
rhume
et
puis
je
tousse
depuis
lundi.
L’autre
jour
je
suis
sortie
de
cours
parce
que
j’arrivais
plus
à
m’arrêter
de
tousser.
Je
m’ennuie
un
peu
dans
les
couloirs
de
la
fac.
J’attends
contre
les
murs
mais
comme
je
ne
suis
pas
très
courageuse
je
finis
souvent
par
m’asseoir.
Parfois
j’ai
cours
avec
Ana
alors
l’attente
est
moins
pénible
mais
je
fais
pas
d’efforts
il
faut
dire,
pour
être
cette
fille
enjouée
que
je
ne
suis
pas,
pour
être
enthousiaste
ou
joyeuse
ou
je
ne
sais
quoi.
Non,
en
vérité,
l’atmosphère
me
plombe
le
cœur
et
moi
je
ne
riposte
pas.
Donc
voilà,
je
crois
qu’Ana
je
vais
vite
l’ennuyer,
et
puis
elle
a
trouvé
un
garçon
qui
rit
avec
elle.
Cela
dit
en
cours,
quand
j’étais
avec
Seiv
je
pouvais
pas
m’empêcher
de
lui
raconter
des
trucs
et
on
se
bidonnait
pour
des
conneries,
mais
là
je
sais
pas,
c’est
moi
qui
déconne ?
j’écoute
les
cours,
je
me
tortille
sur
ma
chaise,
je
pose
ma
tête
dans
mes
mains
mais
je
ressens
pas
le
besoin
de
parler.
Enfin
non,
c’est
pas
vraiment
ça,
au
fond
je
n’ai
peut-être
seulement
rien
à
dire.
Et
les
seuls
mots
qui
viennent,
peut-être
qu’ils
sont
destinés
à
quelqu’un
d’autre.
Demain
c’est
l’inauguration
du
tramway.
Ca
fait
des
plombes
qu’ils
font
des
travaux
en
ville
et
tout
autour
et
ces
derniers
mois
c’étaient
d’interminables
essais.
Normalement
le
tram
est
gratuit
ce
week-end
mais
comme
il
a
déraillé
deux
fois
en
quelques
jours
je
sais
pas
s’il
roulera.
Aujourd’hui
j’ai
marché
longtemps
dans
la
ville,
ce
matin
pour
aller
visiter
la
b-u
à
la
fac
de
lettres.
Dans
les
couloirs
j’ai
trouvé
un
garçon
de
ma
classe
de
première-terminale.
J’étais
contente
de
le
voir
alors
qu’on
se
parlait
jamais.
Il
a
dit
attends
je
t’accompagne
parce
que
je
m’étais
un
peu
paumée,
puis
il
est
parti
manger.
Quand
j’ai
vu
ses
grands
yeux
verts
je
me
suis
dit
merde
dire
qu’on
sait
jamais
parlé
et
qu’il
faut
attendre
de
se
rencontrer
dans
les
bâtiments
d’une
fac
qui
n’est
même
pas
la
mienne
pour
s’adresser
la
parole.
Je
crois
que
c’est
un
type
bien.
Nan
mais
vous
savez,
y
a
des
gens
comme
ça,
pas
besoin
de
les
connaître
beaucoup,
ça
transparaît,
en
quelques
sortes.
(ou
alors
je
suis
naïve ?
pitié
non..)
Je
crois
que
des
choses
doivent
changer.
C’est
ce
qu’à
dit
ma
psy
en
fin
d’aprem
tandis
que
mes
yeux
s’emplissaient
de
larmes
et
que
je
pensais
allez,
ça
y
est,
c’est
l’heure
des
grandes
eaux.
J’ai
dit
ouais,
ouais
plein
de
fois
en
guise
d’approbation
quand
elle
me
lançait
tout
ça,
que
ça
m’atterrissait
en
plein
visage
et
que
ça
coulait
sur
mes
joues.
Elle
a
finit
par
me
dire
fais-toi
une
vraie
vie
d’étudiante,
alors
que
moi
je
me
sens
comme
une
gosse
perdue
dans
un
monde
qui
n’est
pas
le
sien
(grandis !).
J’ai
posé
le
chèque
sur
son
bureau,
fourré
la
feuille
de
sécu
dans
ma
poche
et
quelques
mouvements
de
portes
plus
tard
j’étais
dans
la
rue.
J’ai
traîné
un
peu,
regardé
les
gamins
de
l’école
d’à
côté
jouer
au
foot
dans
le
square,
finalement
je
savais
pas
trop
aller -tout ce temps j'avais le coeur au bord des lèvres-
et
puis
j’ai
longé
une
avenue
ou
un
boulevard,
enfin
c’était
long,
pour
aller
jusqu’à
la
grande
place.
Au
bout
de
la
rue
j’ai
vu
un
type
très
con
(dans
le
genre
méchant)
de
ma
classe
de
term
alors
j’ai
tourné
les
talons,
changé
de
trottoir,
de
rue,
et
je
me
suis
retrouvée
sur
la
grande
place.
Ils
installaient
un
podium,
un
truc
immense
comme
s’il
allait
y
avoir
un
orchestre
ou
un
groupe
d’au
moins
dix
musiciens.
Ils
faisaient
des
essais
de
son,
ça
semblait
long,
je
me
suis
dirigée
vers
les
arrêts
de
bus
et
le
mien
arrivait.
............................................................................................
jeudi
5
octobre
21h25
Je
me
souviens
que
quand
on
trouvait
un
truc
bizarre
M
disait
que
c’était
avant-gardiste
et
ça
me
faisait
rire.
J'ai
repensé
à
ça
quand
j'ai
regardé
mes
cheveux
dans
le
miroir
et
que
cette
masse
ne
ressemblait
décidément
à
rien.
Mardi
en
sortant
de
mon
premier
cours
d'Arabe
avec
Ana,
je
les
ai
vu,
Seiv
et
M
je
veux
dire.
J'ai
baladé
mes
yeux
de
l'un
à
l'autre
et
puis
ils
se
sont
finalement
posés
sur
Seiv
et
ça
m'a
collé
un
grand
sourire.
Je
lui
ai
dit
tu
sors
de
Chinois?
oui
mais
je
suis
très
pressée.
Après
deux
bises
elle
s'est
enfuie
avec
M.
Cinq
minutes
plus
tard
j'ai
pris
un
bus
et
à
l'arrêt
suivant
M
montait
lui
aussi,
après
avoir
accompagné
Seiv
au
conservatoire.
Quand
je
suis
descendue
à
la
grande
place
M
changeait
de
siège
je
sais
pas
trop
pourquoi
et
j'ai
laissé
passer
tous
ceux
qui
voulaient
descendre
avant
moi
et
quand
je
m'appretais
à
quitter
le
bus
les
portes
se
sont
refermées
comme
un
sandwiche
et
j'étais
coincée
au
milieu,
j'ai
poussé
très
fort
avec
mes
bras
alors
que
je
sais
bien
que
deux
bras
ne
peuvent
pas
retenir
deux
portes
de
bus.
J'ai
réussi
à
m'extraire,
j'ai
pensé
à
M
qui
devait
se
marrer
intérieurement
de
tant
d'habilité
et
je
me
suis
sentie
con,
très.
Après
ça
c'était
les
minutes
à
traîner
sur
la
grande
place
que
les
gens
traversent
sans
jamais
s'arrêter
vraiment,
alors
les
bancs
en
pierre
étaient
tous
vides,
vous
imaginez
bien.
J'ai
sorti
de
mon
sac
un
sandwiche
pain-beurre-chocolat,
fait
un
tour
dans
le
centre
commercial
et
finalement
appelé
miss
p.
J'ai
dit
je
t'accompagne
à
la
danse
si
tu
veux.
Oh
c'est
gentil
mais
j'y
vais
en
voiture.
et
puis
j'ai
continué
à
marcher
et
cinquante
mètres
plus
loin
c'était
le
cinéma.
Là
j’ai
retrouvé
ma
mère
et
on
a
pris
deux
places
pour
Little
Miss
Sunshine.
J’ai
aimé,
elle
pas
trop
mais
c’était
une
soirée
douce,
c’était
bien.
Je
vais
beaucoup
au
cinéma
en
ce
moment.
Pour
me
laver
la
tête,
la
remplir
d’histoires
qui
ne
sont
pas
les
miennes
et
de
personnages
auxquels
je
m’identifie
presqu’en
me
faisant
violence.
J’aime
pas
ça,
voir
un
film
sans
pouvoir
comprendre
ce
qui
trotte
dans
la
tête
de
celui
qui
est
à
l’écran.
Il
parle,
il
parle
et
moi
je
me
sens
loin
et
étrangère
si
je
ne
parviens
pas
à
m’accrocher
à
leur
monde,
si
les
sentiments
me
passent
au-dessus
de
la
tête.
J’ai
vu
Je
vais
bien,
ne
t’en
fais
pas
mais
comme
je
l’avais
lu
j’avais
un
peu
peur.
Mais
c’était
très
fort
et
beau
et
même
si
des
personnages
et
des
instants
et
des
souvenirs
du
livre
ont
été
occultés
c’était
ça,
comme
si
on
en
avait
extrait
l'essentiel
avec
une
pipette
et
qu’on
l’avait
répandu
sur
la
pellicule
du
film.
Quand
j’ai
lu
ce
livre,
il
y
a
deux
ans
peut-être,
j’écoutais
Souchon
en
même
temps,
mais
seulement
quelques
chansons.
Ca
devait
se
limiter
à
Rive
Gauche
et
Tailler
la
zone.
Et
puis
hier
j’ai
parcouru
ces
mêmes
pages,
mais
peut-être
avec
un
regard
différent
je
ne
sais
plus
très
bien
et
j’écoutais
Portbail
et
je
me
suis
dit
c’est
tout
à
fait
ça.
J’ai
aussi
vu
Si
j’étais
chanteur
parce
qu’ils
ont
tourné
dans
ma
ville
et
tout
autour
(mais
quand
même,
Cécile
de
France
qui
randonne
sur
un
volcan
en
talons
aiguille
c’est
peu
crédible.)
Il
y
a
eu
aussi
l’avant-première
du
Grand
Meaulnes
dans
une
salle
remplie
d’instit’
et
Le
vent
se
lève
mais
j’ai
quand
même
pas
tout
compris.
Hier
c’était
bizarre,
les
longues
attentes
devant
les
salles
de
cours,
et
le
matin
cette
heure
de
Littérature
US
et
cette
crise
d’angoisse
qui
m’a
surprise
au
beau
milieu
du
couloir
et
j’ai
fait
comme
d’habitude,
j’ai
soufflé,
je
me
suis
assise,
j’ai
essayé
de
me
détendre
mais
c’était
long,
ça
passait
pas
vraiment
et
ça
me
fiche
la
trouille
à
chaque
fois,
comme
un
long
vertige,
une
nausée
qui
me
traverse
le
corps
et
autour
de
moi
je
cherchais
des
yeux
un
regard
connu,
n’importe
qui
pour
me
rassurer
un
peu
et
mais
il
n’y
avait
personne
que
je
connaissais
et
ça
ma
fait
mal,
un
peu,
de
savoir
que
nos
heures
ensemble,
à
miss
p
et
moi,
et
Seiv
Lyn
et
T
-quand
il
s’agissait
de
se
lancer
des
sourires
c’était
comme
des
mini
bouées
de
sauvetages
ou
des
repères
lumineux
comme
pour
les
bateaux-
je
sais
que
toutes
ces
heures
sont
révolues.
J’ai
l’impression
d’avoir
été
arrachée
à
ma
routine
de
lycéenne,
ces
journées
presque
douces
parfois,
ces
petites
colères
enfouies
et
nos
soupirs
et
nos
yeux
fatigués.
Je
sais
pas,
c’est
comme
si
ça
me
manquait,
j’ai
plus
de
points
de
repère,
j’ai
plus
d’aimants
pour
mon
regard,
j’ai
plus
de
frôlements
et
de
bises
claquantes
qui
disaient
comme
‘hey,
je
suis
là’.
Maintenant
ça
va
être
l’heure
d’y
aller.
Hier
il
y
a
eu
mon
énervement
et
les
mots
durs
de
mes
parents
et
cette
voix
qui
dit
tu
vas
pas
rester
là
comme
ça
et
je
lui
réponds
je
n’ai
le
courage
de
rien.
J’attends
que
tout
passe,
tout
s’estompe
(mais
peut-être
que
j’attends
pour
rien).
...........................................................................................
dimanche
24
septembre
21h58
Avant
que
j'ai
le
courage
de
vous
raconter
mes
jours
presque
loin
d'ici,
vous
pouvez
regarder
les
nouvelles
photos
(bretagne
et
paris,
rubrique
photos).
Demain
est
un
grand
jour.
Enfin
c'est
ma
pré-rentrée
à
la
fac.
Ouais
enfin
parait
que
c'est
une
rentrée
pour
du
beurre,
genre
pour
s'habituer
petit
à
petit
à
ne
plus
être
en
vacances
(nan
c'est
moi
qui
dit
ça).
Mine
de
rien,
trois
mois
de
vacances
je
l'ai
plutôt
bien
vécu.
Vous
m'en
remettrez
trois
de
plus
merci!
............................................................................................
jeudi
7
septembre
16h59
Juste
quelques
mots
pour
vous
dire
que
je
suis
revenue.
Rentrée
fin
août,
un
mois
passé
dans
la
vaste
maison
de
ma
grande-tante,
j'ai
vu
des
personnes
de
ma
famille,
des
gens
que
j'aime
;
j'ai
vu
Lice
et
sa
famille,
on
a
passé
des
jours
tous
ensemble
:
balades-tennis-vélo-et
petit
ennui.
C'était
bien.
A
clermont
j'ai
retrouvée
miss
p,
on
a
trainé
chez
moi,
chez
elle,
dans
les
rues,
un
peu.
Je
la
rejoins
dimanche
à
Paris,
entre
deux
trains.
On
va
passer
dix
jours
en
Bretagne,
ensuite
un
ou
deux
jours
à
Paris
chez
ma
tante,
après
elle
monte
en
Normandie
et
moi
je
rentre.
Demain
je
m'inscris
à
la
fac.
Une
année
d'anglais,
avec
moi
je
sais
qu'il
y
aura
Ana
et
aussi
une
fille
de
ma
classe
de
première-terminale
(loin
d'être
une
copine..).
J'ai
pas
du
tout
hâte
de
commencer
les
cours,
j'appréhende
un
peu
mais
dans
une
ou
deux
semaines
ce
sera
pire
que
ça.
J'essaye
de
ne
pas
trop
y
penser,
de
profiter
des
jours
vides
de
septembre.
Au
fait,
j'ai
dix-huit
ans
depuis
quelques
jours.
Et
aussi
une
carte-bleue
(mais
pas
encore
le
code
qui
va
avec).
Avant-hier
je
suis
allée
au
cinéma
avec
Seiv.
On
a
passé
une
presque-nuit-blanche
à
discuter
de
tonnes
de
trucs,
un
peu
comme
on
faisait
avant.
Plusieurs
fois
je
me
suis
aperçue
qu'un
sourire
s'était
accroché
à
mes
lèvres
et
il
ne
m'a
plus
quittée
cette
nuit-là.
C'était
agréable
de
la
retrouver.
Hier
soir
il
ne
restait
plus
que
son
parfum
de
fleurs
sucrées
sur
l'oreiller,
j'ai
mis
du
temps
à
m'endormir.
Pour
finir
quelques
photos
prises
au
mois
d'août.
#août, du vent dans les arbres
.........................................................................................
dimanche
30
juillet
22h07
Ce
matin
je
suis
partie
rejoindre
mon
frère
dans
le
sud
pour
quelques
heures.
On
a
pris
la
voiture
tôt
(bon,
pour
moi
huit
heures
vingt
c'est
tôt),
on
a
roulé
quatre
heures,
j'ai
dormi
un
peu
je
crois.
J'ai
écouté
Mojave3
Gallygows
Los
Chicros
et
la
compil
que
T.
m'avait
fait
et
après
ça
on
est
arrivé.
Mon
frère
nous
attendait
sur
son
balcon.
On
a
parlé
un
peu,
il
a
ouvert
ses
cadeaux
(je
lui
ai
acheté
une
bédé
de
science-fiction
et
j'avais
empilé
des
cookies
et
des
brownies
maison
dans
une
boîte
en
fer.)
Je
crois
qu'il
était
vraiment
content.
Il
a
eu
vingt-deux
ans
il
y
a
quelques
jours,
il
m'impressionne
tellement
par
tout
ce
qu'il
fait,
par
son
aisance,
sa
popularité
ou
n'importe.
Il
a
toujours
été
doué
pour
ça.
Se
faire
des
amis,
des
contacts,
des
connaissances
et
éviter
les
cons.
J'ai
l'impression
que
c'était
hier
que
j'appuyais
sur
le
déclencheur
de
l'appareil
photo
paternel
tandis
qu'il
soufflait
ses
bougies
de
dix-sept
ans.
Mais
dix-sept
ans
c'est
moi
qui
les
ai
maintenant,
et
même,
j'ai
dix-huit
ans
dans
un
mois
et
ça
me
fout
les
jetons.
Je
veux
pas
qu'on
me
jette
dans
l'âge
adulte,
cet
âge
ingrat
qui
leurre
et
porte
préjudice.
Franchement,
moi?
avoir
dix-huit
ans?
pfff
c'est
n'importe
quoi.
J'ai
l'impression
de
pas
avoir
vécu,
enfin
non,
de
pas
avoir
vécu
ce
que
j'aurais
voulu.
C'est
bizarre,
mes
parents
et
moi
en
Scandinavie,
Seiv
M.
et
moi
en
Suisse,
Seiv
et
moi
en
Angleterre,
Miss
p
et
moi
à
Malte..
c'était
il
y
a
trois,
deux,
un
an,
et
je
me
sens
loin
parfois,
tellement
loin
de
mes
souvenirs,
si
bien
que
je
me
demande
si
j'ai
bien
vécu
tout
ça,
si
c'était
bien
moi
à
leurs
côtés.
(est-ce
que
c'est
ça
grandir?
se
sentir
loin,
se
sentir
différente?)
j'ai
peur
de
ne
plus
jamais
vibrer,
de
devenir
amer
par
trop
de
frustration,
d'avoir
le
coeur
qui
se
dessèche
et
s'effrite
avec
le
temps,
comme
dit
l'homme
aux
os-de-verre
dans
Amélie
Poulain.
Dites-moi
que
ça
n'arrivera
pas,
que
le
peu
de
choses
en
lesquelles
je
crois
ce
ne
sont
pas
des
conneries,
que
ma
vie
s'arrangera
en
quelque
chose
de
joli.
Je
perds
mon
temps
à
regarder
les
nuages
dans
le
ciel
ou
bien
il
n'y
a
que
ça
de
vrai?
Demain
je
m'en
vais
avec
mes
parents
pour
un
bon
moment,
trois
semaines
au
moins
si
on
n'en
a
pas
marre
avant.
Sinon
on
reviendra
pour
repartir
après.
Ou
bien
ma
mère
me
jettera
dans
un
train
à
Poitiers
pour
rentrer
à
la
maison.
J'espère
que
ça
ira
là-bas,
que
je
serai
bien,
apaisée,
enfin
bref,
vous
voyez.
Ca
me
tue
de
pas
pouvoir
emmener
les
musiques
qu'il
y
a
sur
mon
pécé..
je
vais
devoir
me
farcir
mes
cd
encore
et
encore
parce
que
je
crois
que
sans
musique
pour
accompagner
c'est
comme
une
petite
mort.
Je
voudrais
dire
d'autres
choses,
comme
le
fait
que
je
pense
à
Phi,
vous
savez,
ce
garçon
sur
msn,
que
je
pense
à
lui
et
que
c'est
irrationnel
et
que
je
sais
combien
c'est
pathétique
(ou
pitoyable)
de
s'attacher
pour
presque
rien
et
d'idéaliser
peut-être
mais
bref,
ça
fait
des
plombes
que
lui
et
moi
on
se
parle,
peut-être
quatre
ans
et
pour
moi
ça
représente
quelque
chose,
comme
une
fine
amitié,
comme
quelque
chose
qu'on
effleure
juste
sans
jamais
appuyer
pour
que
rien
ne
bouge,
pour
qu'un
équilibre
fragile
persiste
et
peut-être
que
je
suis
la
seule
de
nous
deux
à
ressentir
ça
et
au
fond
ça
m'a
toujours
fait
de
la
peine.
De
penser
plus,
de
penser
trop,
de
penser
faux.
N'empêche
qu'un
jour
j'oserai
peut-être
lui
dire
qu'il
est,
je
le
crois,
génial,
comme
ce
doit
être
une
force,
comme
on
doit
se
sentir
grand
et
spécial
à
ses
côtés.
Un
jour
où
j'aurais
pas
peur
que
ça
tombe
dans
le
vide
ou
de
regretter.
Mais
je
crois
que
pour
quelques
mots
je
n'ai
rien
à
perdre.
On
risque
pas
grand
chose
à
tendre
une
main
à
travers
une
brume
d'été.
Je
vous
souhaite
de
bonnes
vacances,
du
soleil
mais
pas
trop,
buvez
beaucoup
et
abusez
des
brumisateurs
:
]
see
you
soon*
.........................................................................................
dimanche
15
juillet
23h58
Il
est
un
peu
tard
mais
ces
jours-ci
je
ne
m'endors
pas
avant
une
ou
deux
heures
du
matin.
Je
m'agite
et
je
me
retourne
dans
mon
lit
sans
trouver
le
sommeil
(et
pourtant
je
le
cherche).
Je
crois
que
ça
va
un
peu
mieux.
J'ai
vu
ma
psy
jeudi
mais
je
sais
pas
si
ça
a
quelque
chose
à
voir
dans
le
fait
que
je
me
sente
un
petit
peu
mieux
aujourd'hui.
D'ailleurs
nous
sommes
demain,
enfin
je
veux
dire
qu'à
l'instant
où
j'écris
on
est
lundi,
00h01.
Bref,
la
veille
Seiv
m'avait
appelée,
on
a
parlé
un
bon
moment,
de
choses
et
d'autres,
je
sais
plus
exactement
quoi..
un
peu
du
séjour
qu'elle
venait
de
passer
avec
M.
et
elle
m'a
proposé
de
l'accompagner
début
août
près
de
l'océan
avec
son
père.
Sur
le
coup
je
me
suis
dit
que
c'était
peut-être
pas
une
bonne
idée,
c'est
la
maison
dans
laquelle
on
était
allé
elle
M.
et
moi
pour
une
semaine
quand
on
était
en
seconde.
C'était
aux
vacances
de
février
je
crois,
il
faisait
encore
froid
et
pendant
cette
semaine
j'avais
réalisé
que
cette
amitié
à
trois
ne
fonctionnerait
jamais
parce
que
j'aimais
trop
M.,
quand
j'y
repense
je
sais
même
pas
si
c'était
de
l'amour,
je
veux
dire,
ça
ressemblait
à
une
flamme
qui
ronge
l'intérieur
par
moment.
Je
me
souviens
très
bien
d'un
soir
là-bas,
on
était
tous
les
trois
assis
sur
le
canapé
à
regarder
des
bêtises
à
la
télé.
M
s'était
rapproché
de
Seiv
et
avait
pris
sa
main,
ou
son
bras,
je
sais
plus
trop.
J'étais
partie
me
coucher
en
les
laissant
là,
comme
deux
idiots
un
peu
mièvres
qui
semblaient
avoir
oublié
le
monde
extérieur.
J'étais
partie
me
coucher
et
au
lieu
de
ça
j'ai
fondu
en
larmes
assise
en
tailleur
sur
le
lit
deux
places.
Peu
de
temps
après
Seiv
était
entrée
et
elle
m'avait
prise
dans
ses
bras.
Plus
tard
il
n'y
avait
plus
que
M
et
moi
dans
la
chambre
et
il
n'osait
trop
rien
dire,
juste
des
qu'est-ce
qui
ne
va
pas?
en
faisant
celui
qui
ne
remarquait
rien
et
ça
m'avait
énervée.
Je
crois
qu'il
a
fini
par
comprendre,
et
puis
même,
il
savait
déjà
avant
ça.
Finalement
Seiv
et
lui
sortent
ensemble
depuis
un
an
et
je
crois
que
c'est
pas
plus
mal
comme
ça.
Alors
voilà,
c'est
pour
tout
ça
que
j'ai
hésité
quand
elle
m'a
proposée
de
l'accompagner.
Je
sais
bien
que
je
ne
revivrai
pas
la
même
chose
mais
j'ai
peur
que
ça
réveille
cette
douleur,
en
y
allant,
en
revoyant
la
chambre
et
tout
le
reste.
Je
sais
pas,
est-ce
que
c'est
vraiment
risqué
de
retourner
dans
un
endroit
dans
lequel
on
a
souffert?
Le
lendemain
après
le
rendez-vous
chez
ma
psy
je
suis
allée
traîner
en
ville
avec
ma
mère
(oui
je
sais
ce
que
vous
vous
dites).
On
est
allé
à
la
Fnac,
rayon
livres
de
cuisine
pour
moi.
Après
j'ai
farfouillé
dans
les
romans
mais
je
n'avais
aucun
titre
ni
aucun
auteur
en
tête
alors
au
bout
d'un
bon
moment
j'ai
pris
le
dernier
Georgia
sur
le
présentoir
et
on
est
parti
payer.
Finalement
j'ai
aussi
acheté
un
cd,
le
dernier
de
Mojave
3.
Trois
caisses
plus
loin
le
vendeur
ressemblait
étrangement
à
Gaspard
Ulliel
et
l'expo
de
photos
à
l'entrée
du
magasin
c'était
des
images
de
Paris
je
t'aime.
Après
ça
j'ai
acheté
un
semblant
de
maillot
de
bain
après
en
avoir
essayé
plusieurs
dans
lesquels
je
ressemblais
à
un
vulgaire
bout
de
viande,
l'aspect
sanguinolent
en
moins.
Quand
on
a
fini
nos
achats
il
était
sept
heures
passées
et
je
suis
allé
chez
ma
copine
Lou.
(celle
qui
est
bilingue)
pour
lui
emprunter
des
bouquins
en
anglais.
Cinq
en
tout,
dont
Jane
Eyre,
Sense
and
Sensibility
(parait
que
c'est
Raison
et
sentiments
en
français)
et
La
jeune
fille
à
la
perle
mais
là
je
me
souviens
plus
du
titre
original.
Le
lendemain
je
suis
allée
chez
Seiv.
On
était
censé
aller
à
la
piscine
mais
elle
n'avait
plus
trop
envie
alors
à
la
place
on
a
regardé
Eternal
Sunshine.
Je
lui
ai
apporté
ses
cadeaux
d'anniversaire
de
2004
et
en
échange
elle
m'a
rendu
des
livres
qui
apparemment
m'appartiennent,
des
bouquins
pour
le
lycée.
Résultats
j'ai
Les
Mots
de
Sartre
en
double
chez
moi.
Un
des
deux
exemplaires
appartient
sans
nul
doute
à
miss
p.
On
a
pas
mal
discuté,
de
musique
entre
autre,
un
peu
de
la
fac
et
je
crois
que
j'adore
parler
avec
elle
parce
qu'on
peut
avoir
de
longues
conversations
concernant
des
sujets
bidons
tel
que
Johnny
Hallyday
(désolée
pour
les
fans,
cependant
j'espère
qu'il
n'y
en
a
pas
sur
mon
blog)
ou
des
sujets
beaucoup
plus
sérieux
sur
lesquels
on
peut
élaborer
toutes
sortes
de
réflexions
sans
pourtant
maîtriser
la
question.
Je
sais
que
même
si
on
a
pas
les
mêmes
goûts
pour
pas
mal
de
choses
ce
n'est
pas
le
plus
important,
ce
qui
compte
c'est
de
pouvoir
se
comprendre,
de
savoir
que
c'est
sûrement
la
personne
qui
me
connait
le
mieux,
de
savoir
que
je
peux
lui
parler
de
choses
importantes
qu'elle
sera
la
seule
à
comprendre
parce
que
c'est
la
seule
qui
me
comprenait.
Enfin
bon,
tout
ça
c'est
en
théorie,
parce
qu'on
est
loin
maintenant,
même
si
je
voudrais
pouvoir
dire
qu'on
sera
toujours
là
l'une
pour
l'autre
et
blablabla.
On
s'est
éloigné,
j'ai
loupé
beaucoup
de
choses
de
sa
vie
et
vice-versa
même
si
je
n'ai
pas
une
vie
trépidante.
Et
finalement
celui
qui
profite
de
tout
ça,
je
veux
dire,
de
tout
ce
que
Seiv
m'apportait,
c'est
M.
et
c'en
est
presque
frustrant.
Je
crois
que
j'ai
assez
écrit
pour
ce
soir
et
le
reste
sera
pour
une
autre
fois.
Bonne
nuit*
..........................................................................................
lundi
10
juillet
Ce
doit
être
le
courage
d'écrire
qui
me
manque,
ou
l'envie.
J'ai
pris
des
photos
de
ciel
ce
soir,
elles
ressemblent
à
n'importe
quelles
photos
de
ciel
rose
le
soir,
quand
les
nuages
bouffent
le
soleil
qu'il
nous
reste
et
flinguent
un
peu
les
yeux.
Seiv
doit
être
revenue
de
l'océan
à
l'heure
qu'il
est,
mais
pas
de
signe
de
vie.
Avec
miss
p
je
suis
allée
au
cinéma
hier
aprem,
c'était
Dance
with
me,
et
Antonio
Banderas
et
son
sourire
mielleux
et
retenu
et
ses
expressions
figées
mais
les
images
étaient
quand
même
un
peu
belles
je
crois,
le
tout
bourré
de
clichés
mais
le
mouvement
réveille
les
pupilles.
On
est
le
10
et
je
me
dis
que
juillet
va
passer
tout
seul,
presque
sans
moi
et
au
fond
ça
fait
un
mois
de
plus
qui
défile.
J'ai
aimé
juin,
un
peu.
Les
jours
de
bac
qui
me
faisaient
me
rappeler
que
j'étais
en
vie.
Et
les
citations
de
Bonnefoy
qui
sortaient
toutes
seules
de
ma
tête
au
petit
matin.
Alors
que
l'épreuve
littérature
était
déjà
passée.
Et
que
Bonnefoy
n'est
pas
tombé
cette
année.
Hier
on
a
regardé
la
finale
de
foot,
miss
p
mes
parents
et
moi,
dans
la
chambre
de
télé.
Après je
suis
allée
me
coucher,
j'ai
écouté
les
Cranberries
longtemps,
ça
me
rappelle
Les
Hauts
de
Hurlevent
parce
que
quand
je
lisais,
j'écoutais
ce
cd
en
même
temps.
C'étaient
des
jours
d'aout
et
de
pluie,
des
soirées
fraîches
sur
la
terrasse
à
la
lumière
des
bougies.
C'était
quand
mon
frère
était
encore
avec
nous,
enfin
je
crois.
Depuis
quelques
temps,
quelques
jours
peut-être
je
me
réveille
déprimée
comme
si
les
rêves
de
la
nuit
et
le
sommeil
ne
pouvait
pas
évacuer
ça.
Je
fais
des
cauchemars
aussi,
depuis
un
mois,
ce
sont
des
images
de
mort,
c'est
miss
p
qui
me
dit
qu'elle
n'en
pleut
plus
d'être
là,
à
faire
semblant
de
vivre,
c'est
Ren
qui
meurt
d'une
crise
cardiaque
après
l'oral
du
bac,
ce
sont
des
cadavres
étendus
devant
l'arrêt
de
bus
de
la
grande
place.
J'ai
peur.
De
ce
que
ça
veut
dire.
Des
cauchemars
j'en
faisais
pas
vraiment
avant.
Des
rêves
déplaisants
parfois.
Mais
pas
des
gens
qui
disparaissent
et
qui
laissent
leurs
souvenirs
planer
autour
de
moi.
J'ai
laissé
les
récits
des
jours
passer
et
maintenant
je
n'ose
plus
raconter.
En
quelques
mots
jeudi
dernier
j'étais
à
l'aéroport
de
Lyon,
j'attendais
mon
père
et
à
côté
de
nous
trois
jeunes
tenaient
des
pancartes
Zidane
y
va
marquer,
c'était
quand
tous
y
croyaient
encore
et
je
crois
que
j'aime
bien
ces
évènements
qui
fédèrent
un
peu.
De
longues,
longues
minutes
et
mon
père
est
apparu
entre
les
portes
de
l'ascenseur.
Je
l'ai
pris
dans
mes
bras,
on
est
allé
jusqu'à
la
voiture
et
le
ciel
étaient
chargé
d'éclairs.
On
a
roulé
de
nuit
et
je
me
penchais
pour
entendre
ce
qu'ils
se
disaient
devant.
A
l'arrière
j'observais
les
vitres
se
couvrir
de
buée.
Mon
père
est
revenu
de
deux
semaines
dans
sa
Tunisie
natale,
des
jours
tristes
à
cause
du
décès
de
son
beau-frère,
des
jours
où
le
soleil
cuit
tout
sur
son
passage
dès
neuf
heures
du
matin.
Des
heures
qui
sont
lourdes
à
cause
des
conflits
dans
ma
famille,
comme
s'ils
ne
se
supportaient
plus
et
mon
père
essaye
de
servir
de
médiateur.
Mon
grand-père
a
dit
pourquoi
ta
femme
et
tes
enfants
ne
sont
pas
venus?
Comme
si
c'était
si
simple.
Moi
je
voudrais
juste
retrouver
ce
truc,
cet
élan
de
vie.
Ce
qui
fait
sourire
les
matins
même
si
on
ne
sait
rien
de
ce
qui
suit,
qui
donne
envie
de
tourner
sur
soi-même
pour
sentir
l'air
vibrer
rien
qu'un
instant.
............................................................................................
lundi
3
juillet
17h49
Si
vous
saviez
comme
on
flippait
avec
miss
p
cet
aprem!
On
se
disait,
bon,
d'abord
on
regarde
les
résultats
sur
internet
et
après
on
va
au
lycée
voir
les
listes!
et
l'instant
d'après
on
se
disait
ahhhhhh,
je
veux
pas
y
aller,
je
veux
pas
savoir,
je
suis
sûre
que
je
l'ai
pas!!
ça
va
être
affreux!!
miss
p
était
certaine
de
pas
l'avoir
et
moi
je
dansais
d'un
pied
sur
l'autre
dans
mes
estimations.
Je
sentais
se
profiler
le
rattrapage.
C'est
ma
mère
qui
m'a
appelé
en
premier,
et
ensuite
mon
père,
à
moins
que
ce
soit
l'inverse.
Après
ça
a
été
le
tour
de
mon
frère.
Moi
j'en
pouvais
plus
de
cette
tension,
je
pensais
à
mes
copies
pourries
en
histoire-géo
en
littérature
en
allemand
et
ça
paraissait
évident
qu'à
côté
de
mon
nom
y
aurait
pas
marqué
Admis.
Seiv
m'a
appelé
elle
aussi
et
on
a
parlé
un
bon
moment
;
à
l'autre
bout
du
fil
j'entendais
la
voix
de
M.
à
côté
de
la
sienne
et
c'était
comme
s'il
s'adressait
à
moi
indirectement,
il
répondait
aux
questions
que
je
posais
à
Seiv
et
j'ai
pensé
que
c'était
idiot
à
présent
de
faire
semblant
de
ne
pas
le
voir.
Seiv
a
appelé
une
deuxième
fois
et
c'était
pour
m'annoncer
que
ça
y
est,
les
résultats
sont
affichés,
mon
père
est
passé
devant.
Et?
et...alors
je
l'aaaiiii!....
avec
mention
bien.
Je
l'ai
félicité
plein
de
fois
et
j'étais
sûre
qu'elle
aurait
une
mention,
même
que
j'avais
rêvé
que
quelqu'un
avait
une
mention
assez
bien
et
ça
pouvait
pas
être
moi.
J'ai
envoyé
des
messages
à
Lyn
et
elle
m'a
dit
qu'elle
savait
pour
moi,
mais
qu'elle
dirait
rien.
A
cet
instant
je
savais
que
le
bac,
c'était
dans
la
poche
parce
que
je
suis
juste
au-dessus
d'elle
dans
l'ordre
alphabétique
alors
c'était
logique
qu'elle
ait
vu
mon
nom.
Et
comme
dans
la
liste
ils
ne
mettent
que
les
gens
admis...
Plus
tard
miss
p
a
appelé
et
elle
a
dit
bah
putain
pour
quelqu'un
qui
pensait
ne
pas
avoir
le
bac
tu
fais
fort!!
Moi
je
disais
je
veux
rien
savoir!
dis
rien!!
et
puis
Seiv
a
appelé
pour
me
féliciter
et
elle
a
dit
bah
oui,
t'as
mention
assez
bien,
tu
savais
pas?!
J'ai
souri
beaucoup
dans
toute
la
maison
mais
quand
miss
p
m'a
appelé
pour
me
dire
qu'elle
avait
le
bac
j'ai
sauté
de
joie
je
faisais
des
bonds
dans
le
couloir
sans
pouvoir
m'arrêter
et
j'étais
tellement
contente
pour
elle,
beaucoup
plus
que
pour
moi
et
quand
elle
est
arrivé
dans
la
voiture
de
sa
tante
on
riait
comme
des
folles
et
moi
franchement
cette
histoire
de
mention
j'y
croyais
toujours
pas.
Après
j'ai
vu
nos
noms
sur
les
listes
et
des
mentions
assez
bien
y
en
a
pas
mal
dans
ma
classe
apparemment.
On
a
repris
la
voiture
pour
aller
chercher
nos
notes
au
lycée,
le
nôtre
cette
fois.
Y
avait
plein
de
monde
dans
la
cour,
tous
les
S
qui
venaient
voir
les
listes
plus
tous
ceux
qui
voulaient
leurs
notes.
Ca
faisait
un
paquet
de
gens.
A
la
vie
scolaire
on
a
signé
en
face
de
notre
nom
et
en
échange
ils
nous
ont
remis
un
livret
rouge.
Alors
voilà
mes
notes
:
Epreuves
anticipées
:
Français
écrit
:
10
Français
oral
:
12
Enseignement
scientifique
:
15
Maths-informatique
:
15
Epreuves
de
cette
année
:
Littérature
:
12
(alors
que
j'ai
pas
eu
la
moyenne
une
seule
fois
dans
l'année...)
Histoire-géographie
:
11
(alors
que
j'ai
complètement
raté
la
partie
Histoire...)
Anglais
LV1
:
17
(ha
ha!!)
(meilleure
note
cette
année
:
14
ou
15)
Philosophie
:
11
(dans
ma
tête
soit
j'avais
réussi
bien
comifo,
genre
j'aurais
15,
soit
j'avais
fait
un
hors-sujet)
(peut-être
que
j'ai
fait
un
demi
hors-sujet,
c'est
possible
ça.)
Allemand
LV2
:
12
(alors
que
j'avais
7
de
moyenne
cette
année...)
Eps
:
12
(je
suis
trop
une
boss!)
(nan
c'est
pas
vrai,
en
fait
j'ai
eu
16
en
danse
alors
bon..)
(cela
dit
c'est
surtout
grâce
à
notre
génialissime
chorégraphie!)
LV1
de
complément
:
13
(ouais
ça
se
tient)
Musique
facultative
:
16
(j'aurais
pas
fait
trois
ans
d'option
pour
rien
au
moins)
Tpe
(littérature)
:
12
en
littérature
donc
4
points
en
plus.
Oui
en
fait
cette
année
ils
ne
tiennent
pas
compte
de
la
note
de
tpe.
Ils
prennent
les
points
au-dessus
de
la
moyenne
de
la
note
qu'on
a
eu
dans
la
matière
qui
se
rapportait
au
tpe.
Moi
c'était
lettre
et
art,
alors
comme
une
idiote
honnête
fille,
j'ai
coché
Littérature.
J'aurais
dû
choisir
Anglais,
j'aurais
eu
14
points
en
plus.
Explications
plausibles
à
ces
résultats
obtenus
cette
année
(parce
que
l'année
dernière
j'avais
bossé
quand
même)
:
soit
ils
surnotent
because
of
manifs
contre
le
cpe
et
blocus,
soit
ils
surnotent
parce
que
c'est
pratique
courante
au
bac
à
cause
de
la
pression
subie
par
les
candidats,
tout
ça,
et
aussi
à
cause
des
80%
d'admissions
qu'il
faut
bien
obtenir,
soit
mon
lycée
sousnote,
ce
qui
est
probable
selon
rumeurs
et
témoignages
divers
et
variés,
ce
qui
expliquerait
mes
résultats
parfois
carrément
nazes
cette
année,
soit
j'ai
fait
preuve
de
capacités
exceptionnelles
durant
ces...6
jours
d'examens,
genre
:
la
pression
ça
a
du
bon,
ou
encore
:
je
révise
jusqu'à
deux
heures
du
mat
et
mes
neurones
apprécient,
ou
alors
:
j'ai
des
capacités
naturelles,
je
cartonne
même
sans
réviser
ou
peu.
Parce
que
quand
même,
avec
miss
p
on
a
révisé
une
semaine,
et
on
a
vu
un
dixième
du
programme
d'histoire-géo,
un
quart
de
celui
de
littérature
(j'ai
même
pas
lu
Kafka)
et
en
allemand
je
suis
une
bouse
renommée.
Mon
père
pense
que
ses
'coups
de
grigri'
(c'est
comme
ça
que
ça
s'appellent)
y
sont
pour
quelque
chose.
D'ailleurs
je
me
demande
si
ça
tient
plus
de
la
croyance
religieuse,
de
la
magie
ou
de
la
superstition...
Enfin
bon,
si
quelqu'un
a
une
explication
rationnelle
à
tout
ça,
autre
que
ma
douétitude
innée,
je
suis
preneuse
:
p
N'empêche,
quand
j'étais
au
collège
(6eme
ou
5eme)
je
me
disais
ouais
le
bac,
tu
parles
je
l'aurai
du
premier
coup
et
avec
mention,
ça
doit
pas
être
si
compliqué,
un
peu
d'intelligence
et
un
minimum
de
boulot
et
c'est
dans
la
poche!
(à
l'époque
j'étais
une
'bonne
élève').
Ce
matin
encore
je
pensais
mais
qu'est-ce
que
tu
croyais
quand
tu
te
disais
ça?
que
le
bac
c'est
aussi
simple
que
le
brevet?
que
tu
l'aurais
sans
rien
foutre
ou
presque?
et
envolés
mes
espoirs
de
mention
et
de
bac
tout
court.
Et
puis
toute
à
l'heure
je
me
suis
dit
que
punaise,
j'avais
raison
à
treize
ans
quand
je
pensais
que
je
les
blufferai
tous.
Mais
si
j'ai
bluffé
quelqu'un
c'est
surtout
moi,
parce
que
vraiment,
j'aurais
pas
cru.
Et
pour
le
rêve
de
la
nuit
dernière,
il
y
avait
une
liste
devant
mes
yeux
et
assez
bien
marqué
en
gras.
Finalement
à
côté
ce
devait
être
mon
nom,
j'vois
que
ça!
Manquerait
plus
que
je
fasse
des
rêves
prémonitoires
tiens!
......................................................................................
dimanche
2
juillet
20h48
Comme
vous
avez
pu
le
remarquer
(enfin
j'espère)
ça
a
un
peu
changé
ici,
parce
que
c'est
l'été
(comme
en
témoigne
mon
thermomètre),
parce
qu'il
faut
bien
changer
la
déco
et
aussi
parce
que
l'autre
layout
me
sortait
par
les
yeux,
limite
j'en
avais
la
nausée.
J'ai
passé
ma
journée
sur
le
pécé
à
bidouiller
et
à
pousser
des
raaah,
mais
pourquoi
ça
marche
pas?!
Finalement
ça
a
fini
par
fonctionner
à
peu
près.
C'est
censé
ressembler
à
ça.
J'espère
que
vous
voyez
la
même
chose
sur
votre
écran.
(et
aussi,
le
blanc
c'est
pas
trop
dur
à
lire?)
Demain
il
parait
que
c'est
les
résultats
du
bac.
J'ai
aucune
envie
d'y
aller
mais
bon.
Surtout
qu'il
va
y
avoir
plein
de
monde,
tout
ça,
va
falloir
se
faufiler
entre
les
gens
qui
tentent
d'approcher
le
tableau
d'affichage,
ce
qui
sautent
de
joie,
ceux
qui
pleurent
et
ceux
qui
regardent
pour
la
énième
fois
s'ils
ne
se
sont
pas
trompé
de
ligne.
J'écrirai
sans
doute
demain
parce
que
mine
de
rien
ça
fait
dix
jours
sans
post,
là
:
p
........................................................................................
jeudi
22
juin
11h05
Hier
matin,
j'ai
donc
passé
mon
oral
d'anglais
(lv1
de
complément
qu'ils
appellent
ça).
Miss
p
devait
venir
avec
moi
en
repérage
puisqu'elle
passait
à
16h
mais
finalement
elle
est
restée
chez
moi
pour
cause
de
nausée
soudaine.
Ce
qui
au
final
était
un
coup
de
stress.
Le
lycée
où
j'étais
convoqué
se
trouve
juste
en
face
du
mien.
C'est
à
dire
qu'il
est
de
l'autre
côté
de
la
rue.
Je
suis
arrivée
dans
la
cour,
il
y
avait
un
panneau
avec
les
numéros
des
salles
pour
les
oraux
mais
ces
nazes
n'indiquent
pas
de
quel
bâtiment
il
s'agit.
Après
avoir
trouvé
le
bâtiment,
il
me
restait
à
trouver
l'entrée
:
j'en
avais
tenté
deux
mais
c'était
marqué
entrée
interdite
aux
élèves.
Finalement
il
fallait
passer
par
les
portes
coupe-feu
qui
étaient
devant
moi
depuis
le
début.
Quelques
étages
plus
haut
j'ai
trouvé
la
salle.
Je
me
suis
assise
dans
un
renfoncement
du
mur
et
vingt
minutes
plus
tard
c'était
à
mon
tour
de
passer.
La
prof
a
choisit
un
extrait
du
roman
qu'on
a
étudié
dans
ma
liste
(l'extrait
sur
lequel
je
voulais
pas
tomber
parce
que
je
m'étais
ramassée
en
classe
sur
celui-là)
et
me
donne
un
document
inconnu
qui
s'avère
être
une
photo
de
sdf
en
noir
et
blanc.
Vingt
minutes
de
'préparation'
plus
tard,
elle
me
fait
signe
de
la
rejoindre
à
son
bureau
et
c'est
parti
pour
vingt
minutes.
Pour
l'extrait
c'était
un
peu
laborieux,
j'avais
des
blancs,
des
instants
où
je
me
disais
comment
je
fais,
là,
pour
finir
ma
phrase?
et
quand
j'avais
trouvé
un
mot
sympa
je
le
ressortais
trois
fois
de
suite
parce
que
je
n'en
trouvais
plus
d'autres.
Après
c'était
le
doc
inconnu.
Franchement
je
trouve
qu'il
n'y
avait
pas
grand
chose
à
en
tirer.
Passé
la
nature
l'origine
et
la
description
du
truc,
j'ai
essayé
de
combler
comme
je
pouvais.
Je
vois
pas
bien
quelle
analyse
on
pouvait
en
faire
tellement
c'était
explicite.
En
repartant
j'ai
ramassé
mes
affaires
éparpillées
sur
la
table
et
j'ai
pas
fait
gaffe
mais
quand
je
suis
arrivée
à
la
maison
et
que
j'ai
ouvert
mon
sac
je
me
suis
aperçue
que
j'avais
embarqué
tout
son
paquet
de
feuilles
de
brouillon.
Lyn
est
passé
une
heure
après
moi
et
la
prof
lui
a
dit
attendez,
je
vais
chercher
du
brouillon
parce
que
la
candidate
est
partie
avec.
La
honte
quand
même.
D'ailleurs,
ça
m'énerve
un
peu
mais
Lyn
est
tombé
sur
le
même
document
inconnu
et
elle
a
eu
le
droit
de
choisir
son
extrait
contrairement
à
moi.
Et
il
se
trouve
qu'elle
a
choisit
l'extrait
sur
lequel
je
suis
tombée.
D'ailleurs
c'est
pas
très
malin
parce
que
tout
le
monde
sait
qu'il
vaut
mieux
choisir
un
extrait
en
début
de
roman
puisque
à
ce
stade
on
découvre
encore
les
personnages
et
donc
il
y
a
forcément
moins
de
chose
à
dire,
donc
la
réponse
sera
plus
facile
à
organiser
et
on
peut
développer
les
points
essentiels
du
passage
tandis
qu'en
milieu
ou
fin
de
livre
on
traîne
tout
le
passé
des
personnages,
tout
ce
qui
s'est
passé
avant
l'extrait
et
l'analyse
sera
donc
plus
corsée.
Ce
qui
m'embête,
c'est
qu'elle
va
forcément
comparer
mes
réponses
et
celles
de
Lyn
pour
l'extrait
et
la
photo,
et
comme
Lyn
m'a
dit
qu'elle
avait
réussi
l'extrait
ça
ne
va
pas
jouer
en
ma
faveur.
Cet
aprem
j'ai
rendez-vous
chez
ma
psy
(ce
que
j'ai
pas
envie
d'y
aller...)
et
j'ai
oublié
l'horaire.
Puisqu'elle
ne
me
le
marque
jamais.
La
semaine
dernière
j'y
ai
pensé
en
pleine
révision
(hu
hu)
et
je
l'ai
noté
dans
un
de
mes
cahiers
en
me
disant
que
je
retrouverai
bien
là
où
je
l'avais
noté.
Je
me
dis
souvent
ça.
Et
au
final
je
ne
me
souviens
jamais.
Hier
j'ai
cherché
sur
toutes
les
pages
susceptibles
d'avoir
hébergé
une
date
et
une
heure
de
rendez-vous
mais
rien.
rien
trouvé.
Et
elle
ne
répond
pas
au
téléphone.
Et
ça
comment
à
m'énerver.
(et
oui
je
m'énerve
pour
des
bêtises.)
Maintenant
que
le
bac
est
fini
je
vais
devoir
lui
parler
d'autre
chose.
Elle
va
demander
comme
ça
s'est
passé.
Vite
fait
je
vais
parler
de
l'attente
devant
moi.
Ca
ne
prendra
qu'un
instant.
Après
je
vais
repartir
dans
la
contemplation
de
mes
pieds,
de
la
moquette
gris-vert.
Ensuite
ce
sera
mes
yeux
dans
le
vide.
A
chaque
début
de
séance
elle
demande
comment
ça
va.
Je
la
regarde
avec
un
sourire
crispé
ne
sachant
quoi
répondre
et
mes
mots
se
mélangent
en
un
tissage
inintelligible.
J'ai
peur
qu'elle
dise
:
alors
maintenant,
on
va
pouvoir
s'occuper
d'autre
chose.
Parce
que
ça
m'allait
bien
au
fond
de
parler
des
épreuves
de
bac,
de
mon
angoisse,
des
révisions
qui
n'avançaient
pas.
Ca
m'empêchait
de
parler
d'autre
chose.
Mais
là..
Il
n'y
a
plus
rien.
(Je
suis
à
nouveau
face
à
moi-même.)
Quand
je
suis
assise
sur
cette
vieille
chaise
recouverte
de
tissu
vaguement
fleuri
je
me
retrouve
face
à
moi-même.
Je
me
contemple.
Je
vois
une
pauvre
fille,
les
larmes
au
bord
des
yeux
à
cause
des
pensées
qui
se
cognent
aux
parois
de
son
crâne
et
qui
remuent.
Et
quand
j'essaye
de
dire,
les
embryons
de
paroles
se
tordent
entre
mes
lèvres.
Parfois
je
songe
à
lui
écrire.
Mettre
tout
ce
qui
va
pas
dans
une
lettre.
Mais
même
ce
geste
qui
m'éloignerait
de
moi
et
de
mes
mots/maux,
je
n'en
ai
pas
le
courage.
Je
ne
suis
forte
pour
rien.
Je
peux
prendre
miss
p
dans
mes
bras
quand
elle
pleure.
Je
peux
me
confronter
de
plein
fouet
ou
presque
aux
problèmes
des
autres
même
si
parfois
ça
m'a
bouffée
mais
me
regarder
moi
et
me
soulever
un
peu,
ça
je
ne
peux
pas.
L'autre
jour
j'ai
pensé
je
ne
pourrai
pas
vivre
seule.
Ou
alors
j'apprendrai
à
me
confronter
à
moi-même.
...........................................................................................
lundi
19
juin
09h34
Première
note
après
deux
semaines,
plus,
où
je
n'ai
rien
écrit
d'autre
que
des
mots
de
leçons
d'Histoire-géo
ou
autre,
recopiés
sur
les
grandes
pages
d'un
cahier
vide.
Et
avant-hier
soir
j'ai
essayé,
d'écrire
pour
aujourd'hui,
je
pensais
que
ce
serait
plus
facile
avec
la
musique
et
la
nuit,
et
finalement
ça
m'a
énervée.
Les
mots
font
leurs
difficiles
et
mes
doigts
trébuchent
sur
le
clavier.
Miss
p
est
restée
chez
moi
une
semaine
ou
un
peu
plus. Au
début
je
me
suis
dit
que
ce
serait
dur
à
supporter
d'être
avec
elle
(elle
ou
n'importe
qui)
vingt
heures
sur
vingt-quatre
et
puis
finalement
c'était
doux.
Le
soir
dans
la
chambre
on
parlait
de
tout,
de
rien
et
on
riait
beaucoup,
les
yeux
fatigués.
On
crevait
de
chaud
même
avec
la
fenêtre
ouverte
mais
avec
tous
ces
jours
j'étais
bien.
(Je
n'étais
plus
seule
avec
moi-même.)
Au
fond
c'est
peut-être
ce
que
je
cherche,
m'éloigner
de
moi.
Pouvoir
ouvrir
grand
les
yeux
dans
la
nuit
et
ne
penser
à
rien.
C'étaient
des
journées
étranges,
ces
jours
de
bac
et
de
révisions
qui
ne
ressemblent
à
aucun
autre.
Le
premier
jour
il
y
a
eu
les
pleurs
de
miss
p
sur
le
canapé
blanc
crème
du
salon
et
son
corps
comme
plein
de
secousses
(et
ma
mère
qui
disait
après
ça
il
ne
faut
pas
se
mêler
des
problèmes
des
autres,
ou
alors
on
ne
s'en
sort
pas.
Tu
peux
juste
être
là,
l'écouter,
l'épauler
mais
c'est
tout.)
(c'étaient
à
peu
près
ses
mots
et
au
fond
je
crois
qu'elle
avait
raison).
Elle
a
serrée
miss
p
très
fort
dans
ses
bras,
l'envelopper
de
l'amour
d'une
mère
et
miss
p
a
souri
des
larmes
plein
les
yeux.
Après
ça
je
lui
ai
dit
tu
veux
qu'on
dorme
ensemble?
elle
a
hoché
la
tête
et
on
s'est
allongé
sur
le
grand
lit
de
mon
frère,
comme
les
nuits
suivantes.
Les
révisions
étaient
pesantes,
parfois
j'annonçais
triomphante
que
j'avais
fini
un
chapitre
d'histoire
et
ça
la
faisait
stresser
parce
qu'en
réalité
on
n'avançait
pas
vraiment.
Les
deux
derniers
jours
on
a
révisé
littérature
et
philo
jusque
tard
dans
la
nuit.
Mon
cerveau
n'aura
jamais
était
autant
encombré.
Lundi
matin,
son
père
est
passé
nous
prendre
et
nous
a
déposé
devant
un
lycée
inconnu.
On
allait
emprunter
ces
couloirs
pendant
une
semaine.
J'avais
la
nausée
ce
matin-là.
On
a
rejoint
Seiv.
T.
est
arrivé
vers
nous
et
a
ouvert
son
sac à dos.
Regardez!
ma
mère
m'a
acheté
plein
de
trucs
anti-stress!
Alors
ça
c'est
un
roll-on
aux
huiles
essentielles
de
N&D,
ça
se
met
sur
les
tempes.
Et
on
était
comme
trois
idiotes
à
tendre
nos
joues
pour
qu'il
nous
barbouille
de
son
truc
qui
sentait
bon.
Après
il
a
sorti
un
spray
:
ça
c'est
pour
mettre
sur
la
langue.
Et
Seiv
vas-y
passe
!
j'veux
essayer!!.
(court
instant)
Ha!!
mais
c'est
dégueulasse
ce
truc!!
Elle
faisait
une
mine
dégoûtée
et
on
riait
très
fort.
Toute
la
semaine
j'étais
dans
la
même
salle
que
Lyn.
Il
avait
deux
autres
élèves
de
ma
classe
et
les
trois
quarts
étaient
des
têtes
inconnues.
Lundi
c'était
l'épreuve
de
philo
comme
chacun
sait
(si
si!).
On
est
tombé
sur
une
prof-surveillante
bien
conne.
Genre
cinq
minutes
après
nous
avoir
donné
les
sujets
elle
arrive,
vide
ma
trousse
sur
ma
table
et
s'en
va
avec.
Quelques
minutes
après
elle
était
là
à
vérifier
si
on
avait
pas
des
oreillettes
ou
je
ne
sais
quoi.
Elle
nous
interrompait
pour
des
conneries
alors
qu'on
était
en
plein
examen.
Du
style,
ça
l'a
pris
comme
ça,
elle
a
voulu
faire
un
plan
de
classe
(ou
de
tables,
je
sais
plus
comment
on
dit.
vous
savez,
c'est
une
feuille
où
sont
dessinées
toutes
les
tables
de
la
salle
et
chacun
doit
inscrire
son
nom
dans
le
rectangle
qui
correspond
à
sa
place.)
Plus
tard
j'ai
eu
besoin
de
plus
de
feuilles
de
brouillon.
Alors
j'ai
levé
le
doigt
et
comme
ni
elle
ni
l'autre
type
ne
regardait
j'ai
dit
en
chuchotant
est-ce
que
je
pourrais
avoir
d'autres..
CHHHUUUTTTTTTT!!!!!
On
ne
parle
pas
et
on
ne
se
déplace
pas!!!!!!
J'ai
failli
lui
rétorquer
ah
ouais?
et
comment
je
fais
pour
demander
du
brouillon,
connasse?.
Je
l'ai
fusillée
des
yeux
et
tout
le
reste
de
l'épreuve
je
la
surprenais
avec
son
regard
bizarre.
Ca
m'énerve
aussi
cette
manie
qu'ont
les
profs
de
vous
regarder
bien
droit
dans
les
yeux
dès
que
vous
levez
le
nez
de
votre
feuille
pour
réfléchir.
Nan
mais
franchement,
qu'on
me
dise
comment
c'est
possible
de
copier
sur
de
la
philo
sur
quelqu'un
(...).
Finalement
ça
s'est
pas
trop
mal
passer.
Enfin
ça
c'est
moi
qui
le
dit,
donc
si
ça
se
trouve
j'ai
fait
un
hors-sujet.
J'ai
pris
Cela
a-t-il
un
sens
de
vouloir
échapper
au
temps?
l'autre
c'était
N'a-t-on
de
devoirs
qu'envers
autrui?
et
enfin
il
y
avait
un
texte
de
Locke
sur
le
droit
à
la
propriété
(ou
chose
du
genre).
L'aprem
on
a
révisé
la
littérature,
enfin
comme
on
pouvait
c'est-à-dire
qu'au
final
j'étais
pas
prête
du
tout.
Tout
comme
en
histoire-géo
où
j'avais
révisé
un
dixième
du
programme,
selon
les
probabilités
de
sujets.
Finalement
dans
cette
épreuve
les
proba
c'était
n'importe
quoi.
Jeudi
c'était
l'anglais
et
un
texte
et
des
questions
plutôt
simples.
Enfin
simples,
pas
vraiment,
mais
tout
à
fait
abordable.
Comme
d'habitude
j'ai
fini
juste
et
j'ai
pas
pu
me
relire.
Vendredi
aprem
c'était
l'allemand.
La
veille
Phi
me
disait
sur
msn
que
l'allemand
en
lv2
c'est
trop
simple
et
que
tout
le
monde
s'en
sort,
t'en
fais
pas.
Ben
Seiv
et
moi
on
a
pinaillé.
A
mon
avis
j'aurais
six
ou
sept,
enfin
comme
d'hab,
à
moins
qu'ils
surnotent
comme
veut
le
faire
croire
la
rumeur.
Ca
m'a
un
peu
énervée,
surtout
que
l'épreuve
d'espagnol
était
d'après
miss
p
d'une
simplicitée...
Au
final,
ce
qui
semble
avoir
fonctionné,
ce
sont
l'anglais
et
la
philo,
comme
d'habitude
donc.
Mais
le
bac
n'est
pas
fini,
non
non,
il
me
reste
un
oral
d'anglais
renforcé
mercredi
matin
(argh).
Vendredi
dernier,
mon
frère
au
téléphone
me
lançait
que
ah!!
mais
c'est
trop
bien
ça,
un
oral
d'anglais!!
pourquoi
moi
j'en
ai
pas
eu?!
c'est
dégueulasse!!
Euh
ouais
mais
anglais
c'est
mon
option.
Toi
t'avais
pris
option
maths
(oui
il
y
a
des
dingues^^).
Ah
oui,
pas
faux.
Il
y
a
bien
d'autres
trucs
à
raconter,
comme
les
moments
où
miss
p
et
moi
on
se
regardait
et
on
éclatait
de
rire
parce
qu'on
savait
bien
qu'on
était
dans
la
même
galère,
et
je
disais
quand
tu
n'écris
pas
et
que
t'y
arrives
pas
tu
penses
à
moi,
je
te
ferai
de
la
télépathie.
A
des
moments
je
pensais
très
fort
à
Phi,
parce
qu'il
passait
les
même
épreuves
que
moi
et
j'imaginais
sa
main
courant
sur
les
lignes.
Chaque
matin
en
entrant
dans
la
salle
d'examen
miss
p
et
moi
avions
un
truc
à
faire,
un
signe
magique
ou
des
mots
en
arabe
à
répéter
dans
notre
tête.
Quand
on
rentrait
à
la
maison
mon
père
disait
ça
a
marché?
eeuhhh...
ah
bah
pourtant
moi
j'ai
fait
ce
que
j'ai
pu
parce
que
je
savais
qu'il
pensait
fort
à
nous
ainsi
que
mon
grand-père
de
l'autre
côté
de
la
Méditerranée.
Quand
je
ne
pensais
à
rien
au-dessus
de
ma
feuille
je
pensais
à
eux,
à
Phi,
à
miss
p
aussi
et
ça
me
rassurait.
Et
parfois
avec
les
courants
d'air
qui
faisait
se
cogner
les
vitres
de
la
salle,
le
parfum
sucré
des
huiles
essentielles
de
T.
revenait
et
m'enveloppait
un
peu.
Jeudi
et
vendredi
je
crevais
de
chaud,
mes
mains
étaient
moites
et
je
me
répétais
que
c'est
pas
possible
de
nous
faire
passer
le
bac
sous
trente-quatre
degrés
ou
pas
loin.
Maintenant
tout
ça
c'est
passé.
C'était
pas
désagréable
finalement.
Bizarre
de
dire
ça,
mais
ça
faisait
se
prolonger
le
lycée
et
les
derniers
instants
qu'on
passe
ensemble
à
douter
sous
le
soleil
cuisant.
.........................................................................................
jeudi
1er
juin
16h44
Voilà.
Je
viens
de
rentrer
du
lycée
et
puis
je
me
sens
légère,
un
peu
insouciante,
le
genre
de
truc
qui
ne
m'arrive
jamais,
de
regarder
partout,
tout
autour,
le
cœur
léger.
Je
viens
de
rentrer
et
cet
aprem
c'était
l'épreuve
de
musique
facultative.
voui.
et
je
révise
depuis
une
semaine
maintenant,
enfin
presque.
C'est
vrai,
ça
fait
trois
soirs
cette
semaine
que
j'éteins
à
minuit
et
que
j'essaye
de
capter
un
peu
comment
ça
fonctionne
un
quatuor
à
cordes,
et
combien
y
a
de
parties
dans
un
tango.
Tant
de
notes
sous
mes
yeux,
vingt-cinq
pages
de
cours
qui
proviennent
de
partout,
du
prof,
d'internet,
des
feuilles
d'Ana.
J'ai
appris
des
dates,
tout
plein
de
caractéristiques
propres
à
tout
plein
de
trucs
différents.
Je
crois,
maintenant
que
j'y
réfléchis,
que
je
me
suis
étonnée
moi-même
en
m'impliquant
autant.
Je
voulais
tout
savoir,
dévorer
l'œuvre
en
n'oubliant
aucune
note,
aucun
silence,
connaître
par
cœur
le
déroulement
des
thèmes
et
des
motifs
et
puis
finalement
ça
passe
sous
les
yeux
sans
qu'on
imprime
vraiment.
Et
réécouter
encore
et
toujours
comme
si
c'était
la
première
fois,
se
laisser
surprendre
par
le
son
des
cordes
qui
surgissent
et
font
oublier
un
peu
le
reste.
Sur
ma
convocation
c'était
marqué
14h
commission
1
et
quand
je
suis
arrivée
devant
la
porte
de
la
chapelle
une
autre
fille
était
déjà
là.
Alors
on
a
parlé
un
peu
en
se
lançant
des
sourires
alors
que
d'habitude
on
se
frôle
du
regard
et
on
ne
se
parle
pas.
On
ne
se
connaît
pas
en
fait,
c'est
tout
simple
comme
truc,
seulement
les
jours
comme
celui-là
rapprocherait
n'importe
qui.
Finalement
je
suis
passée
à
quinze
heures
et
avant
je
suis
allée
voir
mon
prof
de
musique
que
je
n'apprécie
pas
vraiment
mais
bon.
Il
errait
dans
le
couloir
près
de
la
salle
de
musique
et
on
a
parlé
un
peu.
Il
a
dit
comme
je
t'avais
pas
revue
depuis
le
blocus
je
pensais
que
tu
avais
abandonné
l'option
et
c'est
ce
que
j'ai
marqué
sur
ton
livret
scolaire.
alors
que
j'y
suis
allée
cette
semaine,
et
peut-être
même
avant.
Pfff,
finalement
je
ne
sais
plus
bien
quand.
Des
bruits
de
pas
dans
le
couloir
et
j'ai
tourné
la
tête.
C'était
le
grand-frère
d'Ana
qui
venait
l'attendre.
Il
a
parlé
longtemps
avec
le
prof
de
ses
études
de
musique,
et
puis
j'essayais
vaguement
de
réviser
jusqu'à
temps
que
je
referme
mon
cahier
dans
un
soupir.
En
sortant
Ana
a
dit
oh
là
là
j'ai
des
conneries.
Hum,
enfin
nan
pas
vraiment
de
conneries,
juste
plein
de
trucs
que
je
savais
pas.
Alors
qu'en
fait
elle
est
douée,
même
son
frère
le
dit,
qu'elle
est
super-forte
et
son
jugement
vaut
plus
que
celui
de
tous
les
profs
de
musique
du
monde.
ouais.
Et
moi
dans
tout
ça,
ben
c'était
l'heure
que
j'y
aille,
alors
à
moins
le
quart
j'étais
devant
la
chapelle
pour
la
deuxième
fois,
et
une
fille
qui
devait
interpréter
son
morceau
au
piano
est
passée
juste
avant
moi.
Quand
elle
est
entrée,
la
première
fille
est
ressortie
et
elle
a
dit
j'ai
dû
comparer
Xu.Yi
et
Madonna!
Elles
sont
dingues,
je
te
jure.
Ce
serait
un
peu
comme
comparer
les
Beatles
et
un
chant
grégorien
ou
quelque
chose
comme
ça.
Moi
j'ai
tiré
le
papier
numéro
2,
ça
voulait
dire
Quatuor
14
de
Beethoven,
à
côté
c'était
un
autre
quatuor
à
cordes,
un
peu
plus
récent
apparemment,
et
puis
j'ai
dit
quelques
trucs
en
gigotant
et
gesticulant
parce
que
j'ai
un
peu
de
mal
à
me
tenir
tranquille.
Elles
m'ont
posé
quelques
questions,
c'est
passé
assez
vite
finalement.
Elles
m'ont
dit
vas
t'installer
au
piano,
on
arrive.
J'ai
joué,
j'ai
parlé
du
morceau
pendant
cinq
minutes
et
après
ça
c'était
fini.
Je
voulais
aller
en
cours
l'heure
d'après
mais
j'ai
croisé
deux
garçons
de
ma
classe
qui
m'ont
dit
à
demain
et
que
la
troisième
heure
d'anglais
avait
été
annulée.
J'ai
vu
Seiv
plusieurs
fois
dans
la
cour.
Elle
aussi
a
passé
l'épreuve
de
musique,
mais
en
candidat
libre
et
elle
est
sûre
que
j'ai
réussi.
C'est
drôle
parce
que
j'avais
comme
une
drôle
d'aisance
aujourd'hui.
Quand
j'ai
pris
le
bus
pour
rentrer
j'avais
l'impression
d'avoir
passer
ma
dernière
épreuve
de
bac.
Alors
que
non,
c'est
que
la
première,
une
sorte
de
prologue,
et
malgré
tout,
les
heures
d'après
étaient
douces
et
légères
comme
un
soulagement.
Je
voudrais
me
dire,
nan,
c'est
pas
fini,
et
même
ce
n'est
que
le
début,
les
révisions,
les
épreuves,
t'en
a
fait
qu'une
et
les
autres
suivront
bientôt.
Tout
à
l'heure
au
lycée
j'ai
réalisé
que
c'étaient
mes
dernières
heures
de
cours
et
que
demain
serait
sûrement
le
dernier
jour
là-bas.
(mais
peut-être
pas)
Quand
je
reviendrai
ce
sera
pour
chercher
mes
notes
de
bac.
Demain
je
sais
pas
comment
ce
sera,
et
s'il
convient
de
faire
quelque
chose
un
dernier
jour.
Je
voudrais
m'asseoir
sur
les
grandes
marches
ocres
de
la
cour
et
soupirer
et
rire
encore,
je
voudrais
pouvoir
garder
tout
ça,
trois
années
qui
passent
et
se
perdent
et
se
racontent
pourtant,
il
y
a
tant
de
moments
que
j'ai
voulu
oublier,
il
y
a
eu
l'attente,
les
rayons
de
soleil
qui
bercent
un
peu
cet
endroit
grand
et
beau
et
qui
grouille
de
gens
inconnus,
je
voudrais
retenir
les
regards
qui
disaient
plus
que
n'importe
lesquels
de
nos
mots,
et
demain
se
sera
parcourir
les
couloirs
nus
recouverts
de
rire
et
d'odeur
de
vacances.
Je
me
demande
comment
ce
sera
demain
et
j'ai
très
peur
des
ces
derniers
instants
précieux
qu'on
voudrait
toujours
autrement.
Et
puis
tout
à
l'heure
dans
ma
boîte-à-mails,
un
message
de
mon
prof
d'histoire
disait
Voilà,
c’est
fini.
A
vous
de
jouer
maintenant.
Je
sais
pas
ce
qu'on
laisse
derrière
nous
mais
moi
aussi
plusieurs
fois
je
me
suis
dit
que
voilà
c'est
fini.
Et
après
j'ai
pensé
qu'en
vrai,
ça
ne
fait
que
commencer.
..........................................................................................
lundi
29
mai
23h04
[Ca
n'est
pas
la
suite
que
je
voulais
écrire.]
Les
parents
de
Lyn
nous
ont
emmenées
dans
la
maison
où
miss
p
a
organisé
sa
fête.
On
a
pinaillé
un
peu
pour
trouver
malgré
les
indications
et
la
campagne
à
cet
endroit
était
sublime.
Pour
le
reste
il
n'y
pas
grand
chose
à
dire
finalement.
J'ai
discuté
toute
la
soirée
avec
Lyn
en
grignotant
des
salades
et
autres
trucs
qui
traînaient
sur
la
table.
On
m'a
servi
du
champagne
mais
ils
(elles)
ne
comprennent
pas
pourquoi
je
refuse
souvent.
Je
ne
redoute
pas
les
effets
de
l'alcool.
Par
sur
moi
du
moins.
Je
n'aime
pas
le
goût,
tout
simplement,
et
j'étais
sûre
que
rien
que
pour
ça
je
suis
passée
pour,
j'en
sais
rien,
une
fille
coincée
ou
n'importe.
Les
filles
à
côté
de
nous
comptaient
leurs
verres
(tu
me
crois
si
je
te
dis
que
j'en
suis
à
ma
septième
coupe
de
champagne
et
que
j'ai
bu
deux
verres
de
...
et
un
autre
de
...)
Et
puis
vers
une
heure
du
matin,
l'ex
de
miss
p
qui
ne
m'avait
pas
lâchée
avec
ses
questions
l'autre
jour,
s'est
pointé
avec
ses
copains.
Il
s'est
approché
et
m'a
dit
tu
te
souviens
de
moi?
Bon,
il
faisait
noir,
il
n'avait
pas
mis
ses
lunettes,
sur
le
coup
je
l'ai
pas
reconnu,
alors
j'ai
bafouillé
un
euh,
hum
mmmoui
un
peu
inaudible
et
quand
Lyn
et
moi
on
est
monté
se
coucher
il
m'a
lancé
ah,
si
j'avais
su
que
t'étais
là
je
serais
venu
plus
tôt.
J'ai
dit
tu
parles..
et
on
est
parti.
Ce
type
m'énerve,
je
me
sens
ridicule
et
humiliée
en
sa
présence.
Le
lendemain
matin,
le
père
de
Lyn
nous
attendait
devant
la
maison,
il
était
dix
heures
trente
et
personne
n'était
levé
à
part
deux
filles
parties
avant
nous.
On
a
laissé
un
mot
griffonné
sur
un
sac
en
papier
et
on
est
sorti.
Chez
moi
chacun
émergeait
de
son
sommeil.
La
table
de
la
salle
à
manger
était
recouverte
de
bouteilles
encore
pleines.
J'ai
pris
une
douche,
j'ai
pris
un
petit-dej
vite
fait
et
je
suis
montée
me
reposer.
A
quinze
heures,
la
maison
était
vide
et
je
me
suis
retrouvée
seule
et
bête
devant
le
miroir
de
la
chambre
de
mes
parents,
à
regarder
une
grosse
larme
couler.
La
journée
de
lundi
a
été
éprouvante
et
pour
rien.
J'ai
séché
les
deux
heures
de
philo
matinales.
L'après-midi
j'ai
pris
un
bus
pour
le
lycée
et
M
et
Seiv
sont
rentrés
un
arrêt
après
le
mien.
J'ai
baissé
les
yeux
comme
une
idiote
comme
si
j'avais
honte,
c'était
stupide
et
ça
n'en
valait
pas
peine.
Seiv
a
dit
ça
va?
ça
a
pas
l'air
et
elle
a
continué
comme
ça,
comme
elle
fait
d'habitude,
jusqu'à
que
j'avoue
et
j'ai
dit
je
suis
fatiguée,
vraiment
et
c'était
comme
si
les
mots
traversaient
ma
pensée
sans
un
regard.
En
réalité
j'étais
triste
et
un
peu
morte,
comme
un
vertige,
comme
un
énervement,
je
le
sentais
bouillonner
sans
parvenir
à
éclater,
comme
on
attend
un
orage
qui
ne
vient
pas.
C'était
une
léthargie
pénible
et
solitaire
et
j'aurais
aimé
lui
expliquer
peut-être,
dire
quelque
chose
pour
atténuer
tout
ça
et
rien
ne
venait,
toujours
les
mots
qui
restent
dans
la
gorge
et
les
larmes
qui
se
perdent
sur
ma
cornée.
Plus
tard
dans
la
soirée,
avant
que
j'écrive
tout
ça,
miss
p
a
appelé
et
elle
était
vraiment
mal,
et
elle
ne
voulait
rien
dire
parce
que
les
pleurs
auraient
tout
recouvert.
Elle
a
juste
dit
que
Lyn
et
moi
on
s'était
isolées
pendant
la
soirée
et
que
même
qu'en
arrivant
on
a
pas
dit
bonjour
et
je
sais
que
pour
tout
ça,
au
fond,
elle
avait
raison.
Et
puis
finalement
c'est
moi
qui
ai
pleuré
parce
que
je
n'arrive
pas
à
changer,
à
m'améliorer
un
peu,
à
inventer
une
aisance
que
je
n'ai
pas.
Je
voudrais
faire
des
efforts,
vraiment,
mais
tout
me
bloque
et
je
me
sens
prisonnière
et
tellement
empotée.
..........................................................................................
écrit
vendredi
26
mai
à
21h48
Mon
frère
arrive
dans
une
ou
deux
heures
avec
ses
copains
du
sud,
de
sa
ville
d'étudiants
qui
jamais
ne
s'endort.
Il
doit
faire
chaud
là-bas
je
me
dis.
Tandis
qu'ici
le
ciel
est
tantôt
gris,
tantôt
bleu
foncé
et
l'air
est
moite
et
colle
un
peu.
Je
suis
triste
sans
l'être
parce
que
mon
petit-cousin-issu-de-germain
est
reparti
cet
aprem
avec
sa
mère.
Et
puis
c'était
la
troisième
fois
que
je
le
voyais,
et
je
crois
bien
qu'il
va
un
peu
me
manquer.
J'avais
déjà
parlé
de
lui
sur
mon
ancien
blog,
ici,
en
quelques
mots
en
fait.
Ils
sont
arrivés
mercredi
soir
et
puis
on
aura
quand
même
eu
le
temps
de
passer
de
chouettes
moments
ensemble.
J'aime
bien
sa
manière
de
poser
des
questions
tout
le
temps,
je
ne
sais
même
pas
s'il
écoute
les
réponses,
et
puis
souvent
il
tournait
la
tête
et
me
lançait
pourquoi
tu
rigoles?
Avec
lui
on
est
allé
au
grand
parc
juste
au-dessus
de
chez
moi,
j'ai
pris
des
photos
pendant
qu'il
essayait
de
grimper
sur
la
grande
araignée
en
corde.
On
a
traîné
longtemps
dans
l'herbe
et
ça
faisait
des
années
que
je
n'étais
pas
venue
alors
que
c'est
à
cinq
minutes
de
la
maison.
Le
parc
est
construit
sur
une
colline,
alors
il
surplombe
la
ville.
On
voit
la
cathédrale,
plusieurs
écoles,
et
sans
doute
mon
lycée.
Je
me
souviens
quand
on
était
petit
avec
mon
frère,
le
but
c'était
de
retrouver
le
magasin
Super-Major
dans
le
paysage.
C'était
comme
un
rituel
et
j'aimais
bien
ça.
L'après-midi
j'ai
essayé
de
bosser
ma
musique
(le
bac
de
musique
facultative
est
jeudi
:
/)
pendant
qu'ils
(mes
parents,
Alex
et
sa
mère)
arpentaient
les
locaux
de
Vul.cania.
suite,
écrit(e)
dimanche
28
mai
à
16h
et
des
poussières.
Finalement
je
me
suis
endormie,
j'ai
traîné
et
j'ai
pas
fait
grand
chose
(pour
changer..).
Quand
ils
sont
rentrés
il
faisait
encore
très
beau
et
je
les
attendais
assise
sur
les
marches
des
escaliers
carrelés.
Mon
petit
cousin
m'a
dit
que
ouais!
c'était
super!
et
il
m'a
montré
son
crayon-à-papier
acheté
dans
la
boutique-à-souvenirs.
Le
soir
après
le
repas,
on
est
descendu
dans
le
garage
où
mon
père
avait
sorti
le
vieux
projecteur
de
mon
grand-père
(maternel)
et
il
a
installé
la
première
bobine
de
film.
Des
vieilles
images
muettes
ont
défilé
sur
le
mur
blanc
et
c'était
juste
magique
de
(re)voir
mes
oncles
mes
tantes
ma
mère
et
leurs
cousins
quand
ils
étaient
enfants.
On
les
voit
à
la
plage,
en
train
de
chercher
des
oeufs
en
chocolat
dans
le
jardin,
pendant
leurs
vacances
au
ski
ou
leur
première
communion...
Et
les
commentaires
de
ma
mère
et
de
sa
cousine
qui
me
faisaient
me
tordre
de
rire.
Et
mon
petit
cousin
qui
disait
c'est
toi
là
maman?!
c'est
toi?
en
montrant
du
doigt
une
petite
fille
brune
les
yeux
dans
le
vague.
On
a
dû
arrêter
plusieurs
fois
(bon,
une
bonne
dizaine
de
fois)
la
projection
parce
que
la
pellicule
se
déroulait
et
se
ré-enroulait
de
manière
tout
à
fait
autonome
et
originale,
c'est
à
dire
n'importe
comment.
C'était
bizarre
aussi,
de
(re)voir
mon
grand-père
jeune
ou
presque,
comme
si
dans
ma
tête
il
ne
l'avait
jamais
été.
Et
puis
parfois
c'était
très
mal
filmé,
surexposé,
ou
alors
il
restait
une
minute
sur
un
paysage
dont
une
photo
aurait
suffit.
Le
plus
drôle
je
crois,
c'étaient
les
mises
en
scène
tellement
artificielles
pour
filmer
l'acquisition
d'une
nouvelle
voiture.
(d'ailleurs
je
serais
incapable
de
citer
leurs
marques
parce
que
je
n'y
connais
rien.)
En
fait,
on
le
voyait
au
volant
de
"l'ancienne
voiture"
quitter
la
cour
de
devant
la
maison,
et
l'image
suivante,
il
passait
le
portail
au
volant
de
la
nouvelle
voiture.
Une
fois
même,
on
le
voit
partir
tout
seul
dans
la
vieille
voiture
et
revenir
avec
une
flopée
de
gosses
(bon,
les
siens
évidemment)
dans
la
nouvelle
voiture.
Le
lendemain
matin,
j'ai
du
aller
au
lycée
puisque officiellement
je
n'étais
pas
censée
faire
le
pont.
J'y
suis
restée
quatre
heures
à
m'ennuyer
et
à
midi
mon
père
est
venu
me
chercher
avec
Alex.
Pendant
que
je
mourrais
d'ennui
(ou
presque)
sur
ma
table
en
cours,
mon
père
l'a
emmené
là
où
il
travaille
(c'est-à-dire
dans
les
locaux
où
les
étudiants
font
du
sport).
Alex
était
ravi,
forcément.
Il
m'a
montré
la
balle
de
ping-pong
que
mon
père
lui
a
donné
et
confisqué
quelques
minutes
plus
tard
puisqu'il
la
faisait
tomber
et
qu'il
appuyait
ses
pieds
contre
la
boîte-à-gants
(ou
truc
du
genre).
Vers
deux
heures
moins
le
quart
je
suis
retournée
en
cours,
laissant
mon
père
et
mon
cousin
dans
la
voiture.
Juste
avant
de
refermer
la
porte
je
lui
ai
dit
reviens
vite
nous
voir
hein!
mais
je
sais
pas
s'il
écoutait.
J'ai
eu
une
heure
d'anglais
assise
à
côté
de
T.
qui
était
tout
bizarre,
énervé
ou
perturbé
ou
les
deux
à
la
fois.
Et
puis
en
plein
milieu
du
cours
il
m'a
lancé
mais
qu'est-ce
qu'elle
a
Seiv
à
la
fin?
pourquoi
elle
m'a
ignoré
ce
matin?
C'était
désolant
de
voir
que
ce
truc-là
le
tracassait
depuis
ce
matin.
Parfois
je
me
demande
s'il
ne
serait
pas
un
peu
amoureux
d'elle
et
finalement
j'espère
pas
pour
lui
parce
que
contre
M.,
j'imagine
qu'il
n'a
aucune
chance.
L'heure
d'après
il
m'a
appris
qu'il
était
reçu
en
Manaa
alors
j'ai
pensé
à
Lyn
et
je
l'ai
appelée.
Elle
m'a
dit
qu'elle
n'était
pas
au
courant
que
les
résultats
étaient
déjà
disponibles.
J'ai
cherché
sur
internet
au
cdi
et
j'ai
rien
trouvé.
A
la
table
où
T
s'était
installé
j'ai
retrouvé
Ana
à
qui
j'ai
emprunté
quelques
cours
de
musique
et
elle
m'a
dit
qu'elle
aussi
elle
avait
la
trouille
pour
jeudi.
J'ai
dit
oui
mais
quand
même,
tu
t'y
connais
en
solfège.
Ce
à
quoi
elle
a
répondu
ouais,
en
solfège,
mais
l'analyse
j'ai
jamais
fait
ça.
Moi
non
plus
et
jeudi
je
serai
morte
de
peur
les
doigts
tremblant
sur
les
touches
du
piano.
Seiv
avait
posé
ses
affaires
sur
une
table
un
peu
plus
loin.
Je
suis
partie
à
l'intendance
pour
acheter
des
photocopies
mais
figurez-vous
qu'ils
ferment
à
quatorze
heures.
Nan,
même
pas.
Ils
n'acceptent
plus
d'argent
à
partir
de
quatorze
heures
mais
c'était
quand
même
ouvert.
Quand
je
suis
retournée
au
cdi,
Miss
p
discutait
avec
Seiv,
j'étais
toute
surprise
de
la
voir
ici
et
je
l'ai
prise
dans
mes
bras
en
chuchotant
bon
anniversaire!
L'heure
suivante
on
était
toutes
les
trois
assises
sur
les
tables
tout
devant
en
philo,
plus
quatre
garçons
qui
faisaient
les
cons
et
s'amusaient
à
barbouillait
les
mains
de
miss
p
au
surligneur
pendant
que
T.
essayait
désespéramment
de
me
refiler
un
vieux
bout
de
pain
du
self
(mais
c'est
un
cadeau!).
La
prof
a
parlé
de
la
religion
comme
je
le
lui
avait
demandé
mercredi.
Elle
nous
a
aussi
raconté
comment
se
passaient
les
corrections
du
bac
et
une
heure
et
quart
plus
tard
on
était
persuadé
que
cette
femme
était
la
gentillesse
incarnée
ou
quelque
chose
comme
ça.
Pendant
qu'elle
parlait
de
tout
plein
de
trucs
en
plaisantant
parfois,
je
ne
pouvais
m'empêcher
de
lui
rendre
ses
sourires
en
les
multipliant
par
dix.
Ma
mère
m'attendait
devant
le
lycée
dans
la
voiture
et
elle
nous
a
ramenées
à
la
maison,
miss
p
et
moi.
Un
quart
d'heure
plus
tard
la
miss
montait
dans
la
voiture
de
sa
tante
et
juste
avant
elle
m'a
dit
bon,
alors
je
passe
te
prendre
demain
à
dix-huit
heures
puisque
Lyn
vient
pas.
A
cet
instant
j'avais
envie
de
me
pendre
ou
pas
loin.
Plus
tard
ma
mère
m'a
dit
il
est
pas
question
que
tu
te
rendes
malade
pour
ça!
Si
tu
ne
veux
pas
y
aller
tu
viens
avec
nous,
on
invente
quelque
chose,
que
ta
grande-tante
est
malade,
j'en
sais
rien,
mais
tu
restes
pas
comme
ça.
Finalement
on
a
convenu
que
j'irai
aider
miss
p
à
préparer
sa
fête
d'anniversaire
(c'est
gniangnian
comme
nom)
et
que
ma
cousine
viendrait
me
chercher
quand
j'en
aurais
marre,
autrement
dit
une
heure
et
demie
plus
tard.
Mes
parents
ont
terminé
de
préparer
leurs
affaires
et
sont
partis
(pour
laisser
la
maison
libre
à
mon
frère).
Je
suis
restée
toute
seule
dans
la
maison
jusqu'à
vingt-trois
heures
à
peu
près.
Là,
le
meilleur
ami
de
mon
frère
a
appelé
pour
savoir
s'il
pouvait
venir
pas
plus
tard
que
tout
de
suite
avec
une
copine
attendre
mon
frère
et
ses
copains
du
sud
qui
prévoyaient
d'arriver
vers
minuit.
On
s'est
posé
tous
les
trois
sur
le
canapé
comme
des
rats
morts,
j'ai
joué
un
peu
de
piano
à
leur
demande
et
puis
je
suis
montée
me
coucher.
Vers
une
heure,
je
vois
de
la
lumière
sous
la
porte
de
ma
chambre,
j'entends
des
bruits
de
pas,
des
portes
qui
claquent
et
des
voix
(je
précise
que
je
dors
avec
des
boules
quies).
J'avais
les
pensées
complètement
désordonnées
et
incohérentes
comme
c'est
parfois
le
cas
quand
on
se
réveille
en
pleine
nuit.
Le
lendemain
(enfin
si
on
veut)
je
me
suis
levée
à
sept
heures
et
quart,
j'ai
pris
une
douche,
petit-déjeuné,
et
à
une
heure
plus
tard
je
quittais
la
maison
après
avoir
informé
oralement
mon
frère
de
mes
projets
matinaux.
Je
me
suis
rendue
au
lycée
pour
emprunter
la
salle
de
musique
afin
d'essayer
le
piano
avant
jeudi.
En
chemin
j'ai
rencontré
un
type
qui
m'a
lancé
hé
excuse-moi,
tu
vas
où
comme
ça?
Juste
avant
de
m'adresser
la
parole
il
avait
craché
par
terre
à
quelques
centimètres
de
mes
pieds
et
il
m'en
faut
pas
plus
pour
être
dégoûtée
à
huit
heures
et
demie
un
samedi
matin
(ou
tout
autre
jour).
J'ai
tourné
la
tête
et
je
l'ai
regardé
d'un
air
qui
se
voulait
dégoûté
et
qui
voulait
dire
tu
crois
que
je
vais
te
répondre
mon
pauvre
vieux?
Bon,
après,
c'était
peut-être
pas
très
explicite
(ou
intelligible).
Je
suis
arrivée
au
lycée
à
neuf
heures,
je
suis
passée
prendre
la
clé
de
la
salle
de
musique
à
la
vie
scolaire
et
j'ai
eu
de
la
chance
qu'il
n'y
ait
pas
cours
à
cette
heure
et
que
personne
ne
l'avait
réservée.
Je
suis
repartie
à
dix
heures
et
Lyn
m'a
envoyé
un
message
pour
me
dire
que
finalement
elle
n'était
plus
malade
et
qu'elle
pouvait
venir
avec
moi
à
la
fête
de
miss
p
le
soir
même.
Je
suis
passée
aux
Galleries
Lafatruc
pour
acheter
un
cadeau.
J'ai
pris
un
truc
naze,
j'ai
commandé
des
lentilles
à
yeux
et
j'ai
attendu
un
bus
pour
aller
chez
ma
prof
de
piano.
Elle
m'a
aidée
un
peu
pour
jeudi.
Je
suis
rentrée,
il
était
une
midi
quarante-cinq
et
à
la
maison
personne
à
part
deux
paires
de
tongs
non-identifiées.
Mon
frère
a
débarqué
en
milieu
d'aprem,
flanqué
de
cinq
filles,
dont
ma
cousine
Nin',
et
quatre
garçons.
Je
les
ai
un
peu
aidés
à
préparer
la
maison
et
à
dix-huit
heures
je
suis
partie
pour
prendre
un
bus.
J'ai
marché
un
quart
d'heure
à
une
vitesse
qui
dépasse
l'entendement
(ouais
bon..)
pour
arriver
à
l'arrêt
de
bus
où
j'ai
finalement
attendu
cinq
bonnes
minutes.
J'étais
en
phase
de
déshydratation
à
cause
de
la
chaleur
et
de
l'effort
(excessifs
tous
les
deux
^^).
Un
quart
d'heure-vingt
minutes
plus
tard,
je
m'arrêtais
à
un
arrêt
inconnu,
somme
toute
assez
loin
de
chez
moi,
où
Lyn
m'attendait
avec
son
chien
(à
l'arrêt
de
bus,
pas
à
la
maison).
[la
suite
plus
tard,
j'ai
mal
à
la
tête]
..........................................................................................
samedi
20
mai
18h16
Voilà,
la
semaine
est
terminée
et
je
l'ai
trouvée
bien
fatigante,
ou
plutôt
non,
stressante.
Alors
que
rien,
rien
ne
saurait
justifier
cela.
Mais
quand
même,
il
y
a
eu
quelques
bons
moments.
Par
exemple,
jeudi
ma
copie
d'anglais
à
laquelle
j'ai
eu
14
et
où
ma
prof de l'année dernière
a
écrit
Good
au
stylo
rouge
et
C'est
bien!
juste
à
côté,
comme
s'il était
nécessaire
de
traduire
:
)
et
l'heure
d'après
j'ai
eu
une
belle
surprise
en
apprenant
que
finalement
j'ai
eu
14.5
au
bac
blanc
d'oral
d'anglais
renf
(oula,
compliqué
comme
nom).
J'aurais
pas
imaginé
avoir
plus
de
douze.
Tout
ça,
c'était
jeudi,
après
les
deux
heures
de
littérature
où
personne
n'écoutait
rien,
et
puis
même,
il
devait
manquer
une
dizaine
d'élèves
comme
si
les
cours
étaient
devenus
facultatifs.
La
première
heure,
on
a
terminé
le
Procès
d'Or.son
Wel.les.
J'ai
vaguement
écouté
la
tête
posée
sur
ma
table
mais
le film était
en
anglais
alors
j'ai
préféré
fermer
les
yeux
pour
ne
plus
penser
à
rien.
Derrière
nous
c'étaient
les
voix
de
deux
garçons
de
ma
classe
qui
alignaient
des
mots
sans
s'arrêter
et
moi
j'aurais
bien
voulu
qu'ils
se
taisent,
pour
une
fois.
Parfois
j'ouvrais
les
yeux
et
à
l'autre
bout
de
la
rangée
je
voyais
Seiv
en
train
de
décorer
un
prospectus.
Miss
p
bossait
sa
philo
et
finalement
ces
deux
heures
ne
ressemblaient
à
rien.
A
midi
je
suis
rentrée
avec
elle
chez
son
père,
parce
qu'elle
y
avait
oublié
les
clés
de
son
appart.
On
a
pris
le
bus
et
quand
on
est
arrivé
dans
la
grande
maison
vide
et
sombre
il
était
déjà
une
heure
moins
le
quart.
On
est
reparti
une
demi-heure
plus
tard.
On
a
marché
une
demi-heure
sous
la
pluie
et
j'étais
plus
que
trempée
je
crois.
On
a
couru
un
peu
et
le
bus
s'est
arrêté.
Vingt
minutes
plus
tard
on
était
au
lycée
et
je
crois
que
mes
tennis
sont
bonnes
à
jeter.
Vendredi
après
les
cours,
j'ai
rejoint
miss
p
en
ville
pour
faire
du
shopping.
Elle
est
restée
longtemps
pour
m'aider
à
choisir
des
fringues.
Au
final
j'ai
acheté
un
débardeur
rayé
blanc
et
noir
qui
descend
jusqu'aux
hanches,
une
robe
marron
foncé
avec
des
motifs
turquoises
et
un
haut
blanc
avec
des
broderies
dorées.
Et
puis
cet
aprem
j'ai
acheté
des
Converse
basses
noires.
Voilà,
j'ai
encore
besoin
de
quelques
fringues,
comme
un
pull
et
des
sous-vêtements
mais
on
verra
plus
tard.
Au
fait,
vous
pouvez
cliquer
sur
photographies
(juste
au
dessus),
maintenant,
ça
fonctionne.
Il
n'y
a
qu'une
seule
'galerie'
pour
l'instant,
ce
sont
des
photos
prises
hier
soir.
Je
voudrais
en
mettre
plus.
.........................................................................................
lundi
15
mai
18h19
J'ai
passé
une
mauvaise
journée.
Pour
commencer
je
suis
arrivée
en
retard
en
philo
parce
que
miss
a
voulu
aller
au
lycée
à
pieds
(on
accompagnait
une
copine
à
elle
qui
est
dans
un
lycée
privé
à
deux-cent
mètres
du
nôtre)
mais
comme
elles
marchent
toute
les
deux
à
une
vitesse
qui
égale
difficilement
celle
de
l'escargot,
on
a
mis
presque une
demi-heure
avant
d'arriver
en
cour.
Après
ça
j'ai
fait
un
malaise,
j'ai
cru
que
j'allais
littéralement
me
décomposer
sur
ma
table.
Je
suis
sortie
en
me
précipitant
sur
la
porte
et
je
me
suis
allongée
dans
le
couloir.
Miss
p
était
toute
paniquée.
Finalement
une
déléguée
m'a
accompagnée
à
l'infirmerie
où
l'on
a
pris
ma
tension,
le
pouls
et
on
m'a
donné
du
sucre.
Quand
je
suis
revenue
en
cours
je
me
suis
sentie
mal
de
la
même
manière,
la
tête
qui
tourne,
l'impression
d'être
très
affaiblie,
la
nausée
et
des
fourmis
dans
les
membres.
J'ai
fait
des
exercices
de
respiration
et
ça
a
fini
par
passer.
Autant
dire
que
le
cours
de
philo
ne
m'a
pas
paru
long
pour
une
fois..
En
fait
je
crois
que
ce
genre
de
malaise
est
dû
au
stress
et
à
l'angoisse.
Du
moins
c'est
ce
que
pense
mon
médecin
puisque
je
ne
suis
pas
en
hypoglycémie
à
ce
moment
là
(oui
je
fais
l'effort
extrême
de
manger
beaucoup
le
matin)
et
en
plus
de
ça
j'ai
un
traitement
de
fer
jusqu'à
septembre.
A
dix
heures
j'avais
fini
les
cours
pour
la
matinée.
Je
devais
prendre
le
bus
avec
miss
p
pour
rentrer
chez
moi.
Seulement
un
de
ses
copains
a
appelé
pour
aller
boire
un
verre
dans
les
minutes
qui
suivaient
et
elle
m'a
formellement
interdit
de
prendre
le
bus
toute
seule
(nan
mais
je
te
laisse
pas
comme
ça
là,
rentrer
toute
seule,
tu
te
rends
compte
si
tu
fais
un
malaise
comme
tout
à
l'heure
dans
le
bus!
Ca
prévient
pas
ces
trucs-là
[...])
Les
deux
garçons
(ouais
bon,
ils
ont
plus
de
vingt-cinq
ans
chacun)
sont
passés
nous
prendre
et
ont
dit
oh
bah
non
on
va
pas
te
déposer
chez
toi,
viens
prendre
un
verre
avec
nous..
Finalement
je
n'avais
plus
vraiment
le
choix
(même
si
on
a
toujours
le
choix)
et
on
s'est
installé
à
une
terrasse
avec
quelques
kilomètres
d'ici.
Là
ça
a
été
terrible.
D'accord
peut-être
que
je
dramatise
et
que
j'accorde
de
l'importance
aux
choses
qui
n'en
n'ont
pas
ou
n'en
méritent
pas
mais
je
me
suis
sentie
tellement
mal
à
l'aise..
A
un
moment,
l'ex
de
miss
p
m'a
sorti
bah
alors,
tu
parles
pas,
allez
fais
pas
ta
timide
et
ce
genre
de
conneries.
Tout
pour
m'énerver,
même
si
ça
partait
d'un
bon
sentiment
je
ne
supporte
pas
qu'on
me
dise
ça
même
si
je
ne
le
montre
pas,
évidemment,
surtout
que
c'était
la
première
fois
que
les
rencontrais.
J'ai
répondu
c'est
juste
que
je
suis
fatiguée
(l'excuse
bidon
que
je
sors
à
chaque
fois
qu'on
me
demande
ce
qui
ne
va
pas).
Et
puis
vas-y,
lance
un
sujet
de
conversation
si
tu
veux
que
je
parle.
Bon,
c'était
le
truc
à
ne
pas
dire
puisque
pour
réponse
ils
m'ont
sorti
bah
vas-y,
parle-nous
de
toi..
Voilà,
à
ce
moment
précis,
je
voyais
arriver
la
question-qui-tue
à
des
kilomètres.
C'était
évident,
elle
allait
surgir
et
tout
fracasser
sur
son
passage
(bon,
d'accord,
j'en
rajoute
un
peu
là!).
Alors
t'as
un
copain?
euh,
ben
non.
ah
bon?
et
ça
fait
combien
de
temps.
longtemps.
longtemps
comment,
nan
parce
que
ça
veut
rien
dire
longtemps,
regarde
moi
j'peux
dire
'ça
fait
longtemps
que
je
suis
pas
allé
à
la
piscine',
c'est
pas
pareil..
je
sais
pas,
longtemps,
j'ai
pas
compté.
Et
ça
se
compte
en
mois
ou
en
année?
Mais
ça
te
regarde?
j'ai
pas
envie
d'en
parler.
nan
mais
c'est
bon,
allez
vas-y
ça
te
gène,
pfff
Au
bout
de
cinq
minutes
de
changement
de
sujet
il
est
revenu
à
cette
question
(faut
croire
que
ma
vie
est
passionnante
à
tel
point
que
seul
ce
sujet
était
susceptible
de
l'intéresser
chez
moi,
alors
que
franchement
quand
je
rencontre
quelqu'un
c'est
vraiment
pas
la
première
chose
qui
m'intéresse
chez
la
personne
et
encore
heureux.)
Miss
p
a
fini
par
venir
à
mon
secours
en
lui
lançant
mais
t'as
pas
compris
qu'elle
avait
pas
envie
de
te
répondre?!
Non,
faut
croire
qu'il
n'avait
pas
compris
puisque
ça
a
continué
comme
ça
plusieurs
minutes
qui
m'ont
paru
une
éternité,
tandis
que
son
copain
émettait
des
supposition
à
mon
sujet
du
style
ah
mais
c'est
que
tu
t'es
fait
larguer
etc.
Moi
je
me
suis
sentie
extrêmement
mal,
si
j'avais
pu
je
les
aurai
figés
comme
dans
Charmed.
Après
ça
ils
ont
payé
et
nous
ont
déposées
près
de
chez
moi.
Miss
p
a
dit
je
sais
pas
ce
qui
lui
a
pris,
nan
mais
il
abuse
franchement..
J'ai
répondu
que
c'était
pas
grave,
que
ça
n'avait
plus
d'importance.
J'ai
eu
l'estomac
noué
le
reste
de
la
journée.
Je
sais
pas..est-ce
que
je
me
mets
dans
tous
mes
états
pour
pas
grand
chose?
Ma
réaction
est
sans
doute
excessive,
je
devrais
passer
dessus
et
m'en
moquer
mais
ça
m'a
fait
mal
et
je
me
suis
sentie
presque
honteuse
et
humiliée
à
la
fois.
Voilà,
c'est
nul,
c'est
le
récit
de
ma
journée.
Beaucoup
de
bruit
pour
rien
en
somme.
...........................................................................................
vendredi
12
mai
21h14
J'ai
repris
les
cours
mardi.
C'était
pas
si
éprouvant
finalement.
C'était
même
pas
grand
chose.
La
semaine
dernière
il
y
a
eu
l'anniversaire
de
ma
mère.
J'avais
passé
mon
aprem
dans
la
cuisine
à
tout
préparer,
tiramisu,
tarte-aux-fraises,
poisson
en
papillotes.
Je
crois
que
c'était
assez
réussi.
Et
puis
c'était
des
instants
passés
avec
mon
frère
alors
c'était
forcément
bien.
La
veille
j'étais
allée
au
cinéma
avec
lui
et
trois
de
ses
amis.
C'était
étrange,
je
me
sentais
frêle,
un
peu
décalée,
j'ai
jouée
à
la
muette
une
bonne
partie
de
la
soirée
simplement
parce
qu'aucun
son
ne
voulait
sortir
de
ma
bouche.
Je
me
bloque
des
fois,
comme
ça,
et
d'autres
fois,
j'ai
peur
des
silences
à
tel
point
que
je
m'empresse
d'enchaîner
les
phrases
même
si
elles
n'ont
aucun
intérêt,
aucune
importance.
Les
jours
d'après
j'ai
vu
miss
p,
j'ai
bossé
un
peu
sur
Ovide,
un
bouquin
pour
l'épreuve
de
littérature.
Mardi
c'était
le
devoir
d'allemand
rédigé
en
littérature
et
entre
midi
et
deux.
Et
puis
mercredi
on
est
resté
manger
au
lycée,
miss
p
et
moi.
On
s'est
posé
sur
les
gradins
ocre
de
la
cour
et
on
a
grignoté
nos
sandwiches
en
attendant
l'oral
blanc
d'anglais
renf.
Je
suis
passée
la
première,
à
treize
heures.
J'ai
parlé
une
vingtaine
de
minutes
en
improvisant
les
trois
quarts
parce
que
vingt
minutes
pour
préparer
un
texte
et
un
document
inconnu
c'est
dérisoire.
Finalement
ça
ne
s'est
pas
trop
mal
passé,
et
puis
même
j'étais
assez
satisfaite.
J'attends
la
note
et
les
commentaires
qui
vont
avec.
J'étais
toute
stressée
sur
ma
chaise
et
je
butais
un
peu
sur
les
mots,
comme
si
je
n'avais
pas
l'habitude
des
les
prononcer.
Je
crois
que
j'ai
des
efforts
à
faire
sur
l'attitude
à
adopter
lors
d'un
oral,
alors
que
quand
même,
c'est
pas
la
première
fois.
En
attendant
j'ai
eu
ma
note
de
bac
blanc
d'anglais
et
je
suis
drôlement
contente
:
14
et
c'est
la
meilleure
note
(oui
je
me
la
pète
si
j'veux!).
Bon,
je
sais
pas
si
j'ai
beaucoup
de
mérite,
mais
je
crois
que
c'est
ma
prof
de
première
qui
m'a
corrigée,
et
comme
avec
elle
j'atteignais
rarement
la
moyenne
je
suis
plutôt
fière
de
moi.
Voilà
pour
les
détails
passionnants
des
derniers
jours.
Demain
je
suis
censée
aller
au
bac
blanc
d'histoire-géo
mais
j'irai
pas,
pas
révisé
et
pas
vraiment
eu
le
temps
cette
semaine.
Pour
finir
deux
photos
prises
il
y
a
quelques
jours
dans
mon
salon.
Et
puis
j'en
posterai
sûrement
quelques
autres
dans
pas
longtemps.
Ce
sera
le
ciel
et
peut-être
un
peu
de
moi.
......................................................................................
mardi
2
mai
11h23
C'est
ma
deuxième
semaine
de
vacances
que
j'entame
maintenant.
Il
fait
à
peu
près
beau
dehors,
mais
je
sors
pas
beaucoup.
Je
suis
censée
réviser
pour
le
bac,
j'ai
fait
quatre
jours
de
révisions
d'allemand,
je
m'en
sors
pas
du
tout.
Ma
mère
dit
allez
dans
deux
mois
c'est
fini,
ce
à
quoi
miss
p
répond
dans
un
an
et
deux
mois
c'est
fini
(la
fille
est
persuadée
qu'on
va
louper
notre
bac).
La
semaine
dernière
j'ai
aussi
planté
des
trucs
dans
le
jardin
et
dans
la
cour
devant
la
maison.
Ca
me
permet
de
me
concentrer
sur
autre
chose,
d'aller
gratter
dans
la
terre
et
salir
mes
jeans.
Miss
p
est
revenue
samedi.
Elle
m'a
bipée
toute
la
semaine
mais
j'avais
pas
de
forfait
non
plus.
Elle
a
tout
utilisé
pour
prendre
des
nouvelles
d'une
de
ses
copines
qui
vient
d'apprendre
qu'elle
a
une
leucémie.
Alors
maintenant
on
discute
un
peu
de
ça,
de
ça
et
d'autre
chose,
de
cet
été,
des
jours
qui
viennent.
Quoi
d'autre..
mon
frère
est
là,
enfin
si
on
veut
puisque
je
le
vois
environ
une
heure
par
jour.
Cet
aprem
je
vais
voir
la
psy
et
franchement
je
n'en
ai
aucune
envie,
parce
que
j'ai
l'impression
que
ça
ne
servira
à
rien,
que
je
vais
avoir
envie
de
pleurer
de
me
sentir
aussi
incapable.
Je
voudrais
lui
dire
comme
je
déteste
être
moi
et
toutes
ces
conneries
mais
je
n'y
arrive
pas.
Seulement
je
crois
que
je
ne
pourrai
rien
régler
si
je
ne
parle
pas
de
ça.
..........................................................................................
samedi
22
avril
21h47
v
a
c
a
n
c
e
s
Vous
savez
comme
le
bac
est
proche
et
avant
lui
l'épreuve
de
musique
et
deux
bacs
blancs,
et
tant
de
jours
de
soleil.
Il
faut
que
je
me
fasse
un
programme
de
révisions,
j'ai
dit
ça
à
ma
mère
il
y
a
deux
jours.
En
attendant
j'écoute
Elliott
Smith
sur
mon
pécé,
il
chante
pendant
que
je
fais
plein
d'autres
trucs,
ça
me
vide
l'esprit.
C'est
T.
qui
m'a
fait
découvrir
ses
chansons,
sans
le
savoir.
J'ai
traîné
sur
des
sites
qui
parlent
de
lui,
et
puis
je
suis
tombée
ici
où
l'on
raconte
avec
des
mots
justes.
Ils
ont
écrit
seule
la
musique
reste
parce
qu'Elliott
n'est
plus
là
depuis
octobre
deux mille trois.
Ils
disent
aussi
:
on
ne
peut
maintenant
que
se
tourner
vers
sa
musique,
l'écouter
encore
et
encore
et
puis
avec
tout
cela,
on
devrait
pouvoir
tenir
un
sacré
bout
de
temps
avant
d'être
en
manque.
Même
si
le
manque
est
finalement
déjà
là.
Tout
ça
au
fond,
c'est
comme
pour
protéger
ce
qui
reste,
le
moindre
souffle
de
voix
enregistré
que
l'on
peut
encore
écouter
en
boucle.
C'est
drôle,
ça
me
fait
penser
à
La
Messe
anniversaire,
où
personne
n'ose
plus
que
penser
à
cette
amie
disparue,
parce
qu'en
parler
ils
n'y
parviennent
pas,
alors
qu'au
fond,
oui,
c'est
la
seule
façon
de
retenir
un
peu
(plus)
ce
qui
file
entre
les
doigts.
Les
souvenirs.
Je
voudrais
parler
de
miss
p.
maintenant.
Parce
qu'inévitablement
si
je
pense
à
tout
ça
je
pense
à
elle.
Il
y
a
quelques
semaines
sur
la
table
blanche
de
son
appartement,
elle
avait
posé
un
album
photos
et
dedans
tout
plein
de
gens
que
je
n'avais
jamais
vu,
et
des
visages
familiers,
les
traits
qui
reviennent
alors
que
ces
années
sont
loin
maintenant.
Pourquoi
je
ne
sais
pas
quoi
dire?
si
c'est
la
seule
façon
de
ramener
ces
instants
où
sa
mère
était
encore
là,
si
c'est
pour
tendre
des
fils
entre
nous
et
les
scènes
qui
passent
comme
des
vidéos.
Pour
transcender
cette
absence
qui
fait
mal
et
qui
semble
au-dessus
de
tout
sans
qu'on
puisse
rien
y
faire.
Et
pourtant
il
reste
les
mots,
ces
mots
imprononçables
et
introuvables
même,
qui
font
qu'à
part
les
regards
et
l'effleurement
on
est
capable
de
bien
peu.
Je
voudrais
que
ce
soit
moins
dur
et
plus
évident.
Simplement
se
dire
tu
te
souviens?
...........................................................................................
lundi
17
avril
18h12
- [c'est
à
dire
que
je
devrais
être
en
train
de
bosser
mais
bon..]
- .......................................................................................
- dimanche
16
avril
- 22h17

-
- Quand
elle
m'a
demandé
si
j'avais
un
copain
j'ai
dit
à
la
psy
que
j'en
serais
pas
capable.
Comme
si
c'était
une
sorte
de
responsabilité
du
style,
nan,
les
chiens
c'est
pas
pour
moi,
faut
les
sortir,
les
nourrir
[...].
Mais
comparons
le
comparable,
n'est-ce
pas.
Je
crois
que
c'était
une
manière
d'envoyer
balader
cette
question-qui-tue
loin
loin
loin
mais
je
sais
bien
qu'elle
revient
à
chaque
fois,
comme
un
boomerang.
En
réalité
ce
serait
mentir
de
pas
avouer
que
j'attends
que
ça.
D'avoir
l'impression
d'exister
vraiment.
Ca
me
prouverait
quelque
chose,
aussi
bien
et
même
bien
mieux
que
n'importe
quelle
argumentation
béton.
J'veux
avoir
le
coeur
qui
bat
à
cent
à
l'heure,
tellement
vite
que
j'aurais
peur
qu'il
sort
de
ma
poitrine,
j'veux
avoir
des
sourires,
pleins,
qui
restent
sur
les
lèvres
comme
des
décalcomanies,
je
veux
les
mains
qui
fourmillent,
les
yeux
qui
brillent,
ma
voix
comme
avec
du
soleil
dedans,
les
jambes
qui
flanchent
un
peu.
- Et
avec
ça,
ce
sera
tout?
- ......................................................................................
- mardi
11
avril
- 20h54
-
-
Lundi
en
cours
d'eps
C.
a
dit
:
"j'comprends
pas
pourquoi
on
nous
fait
faire
tout
ces
trucs
qu'on
n'a
pas
demandé,
les
sauts
dans
le
bac-à-sable,
les
cours,
pfff...
on
ferait
mieux
d'aller
dans
la
forêt.."
-
Après
la
pluie
et
les
longues
minutes
dans
le
bus
qui
se
transforment
en
heure,
et
après
les
premières
heures
de
cours
qui
ont
un
goût
d'étrangeté,
j'étais
lessivée,
comme
après
être
passée
à
la
machine
sauf
qu'en
rentrant
la
seule
chose
dont
j'avais
envie
c'était
de
me
plonger
dans
un
bain
brûlant.
- Et
ce
matin,
le
discours
de
la
proviseur,
on
entendait
rien,
pourtant
le
mégaphone
était
juste
devant
elle
et
j'ai
dit
à
miss
p,
T.
et
Lyn
nan
mais
ils
l'ont
mis
là
pour
faire
beau,
ils
se
sont
dit
que
ça
ferait
chouette
comme
décor
pour
un
discours,
avec
les
piliers.
Finalement
on
a
pas
eu
de
cours
jusqu'à
onze
heure
et
on
est
allé
boire
un
verre
la
miss,
Lyn
et
une
autre
fille.
-
Hier
j'ai
accompagné
miss
p
à
l'Espace-info-jeunes
qu'ils
appellent
- ça.
Avec
T.
on
riait
comme
des
cons
parce
qu'il
lisait
les
offres
d'emplois
et
changeait
les
mots
;
ça
donnait
des
trucs
comme
animateur
sanitaires
et
canin.
- Cet
aprem
je
suis
arrivée
en
retard
en
allemand
mais
de
toute
manière
je
suis
toujours
en
retard,
même
que
ça
me
saoule
seulement
je
ne
sais
pas
quoi
faire
contre
ça,
parce
que
l'attente
je
connais
bien
et
ça
me
tue.
- Plus
tard
je
me
suis
assoupie
sur
une
table
du
cdi
pendant
que
Seiv
lisait
je
ne
sais
quoi,
des
magazines
d'Art
je
crois.
J'ai
décollé
la
joue
de
mon
écharpe
et
elle
a
dit
"tu
t'es
endormie?"
un
peu,
oui.
Et
les
minutes
s'enchainent,
la
sonnerie,
la
récré
et
miss
p
qu'il
faut
presque
supplier
pour
qu'elle
attente
avec
moi,
alors
que
cinq
minutes
c'est
pas
si
long
et
j'avais
presqu'envie
de
pleurer,
j'aurais
été
comme
une
serpillière
un
peu
mouillée,
étalée
sur
un
banc
de
la
cour..
finalement
elle
est
restée,
elle
a
la
trouille
de
ça,
que
je
me
vexe
et
que
je
lui
en
veuille,
même
si
ça
arrive
sans
qu'elle
le
voit.
Deux
heures
interminables
de
musique
plus
tard
et
des
soupires
en
ribambelle,
je
suis
rentrée
en
bus
avec
Lice.
-
J'ai
de
plus
en
plus
de
mal
à
supporter
tout
ça.
Les
courbatures,
la
fatigue,
mon
intolérance
qui
me
fait
râler
pour
n'importe
quoi
alors
que
je
supplie
mon
cerveau
de
se
taire.
Je
sais
faire
remarque.
Ne
pas
ouvrir
la
bouche
pendant
deux
heures.
Mais
regarder
le
prof
de
musique
avec
des
yeux
qui
fusillent
je
peux
pas
m'en
empêcher.
- Et
puis
on
me
dit
ah,
vivement
que
t'aies
ton
bac
et
que
tu
quittes
ce
lycée
hein?
Et
moi
je
dis,
vous
ne
comprenez
pas.
c'est
pas
ça.
Je
me
dis:
pourquoi
ce
serait
mieux
ailleurs?
Y
aura
toujours
tous
ces
trucs
qui
m'énerveront
et
j'en
ai
marre
de
tout,
le
bus,
le
trajet,
tous
ces
gens
partout,
la
fatigue.
- Je
me
vois
l'année
prochaine,
du
moins
j'essaye
d'imaginer,
les
trajets
tous
les
matins
qui
seront
pareils
ou
presque,
parce
que
la
fac
de
langue
est
à
cinquante
mètres
de
mon
lycée,
et
dans
la
même
rue.
Je
me
dis,
c'est
pas
ça
dont
j'ai
envie,
évidemment
que
je
voudrais
autre
chose,
j'aimerais
bien
sourire
aussi,
comme
tous
ceux
qui
attendent
de
retrouver
ceux
qu'ils
aiment,
à
la
sortie
d'une
salle
de
cours,
d'un
couloir
ou
du
lycée.
Tout
autour
de
moi
c'est
l'ennui
et
le
temps
qui
passe
pas
comme
je
voudrais.
J'ai
jamais
compris
si
j'étais
une
solitaire
ou
si
la
solitude
m'angoissait.
Au
fond
je
ne
sais
pas
et
sans
doute
que
ça
ne
changerait
rien.
- Mon
regard
dans
le
vide
et
Seiv
me
dit
tu
lisais?
nan,
je
ne
regardais
rien.
- ..................................................................................
- vendredi
7
avril
- 09h18
Questionnaire
"des
quatre
machins"
transmis
par
J6
:
- 4
jobs
que
j'ai
eu:
-photographe
de
plateau
stagiaire
(il
parait
que
c'est
marqué
comme
ça
dans
le
générique
du
court-métrage)
-aide
en
informatique
(ouais,
à
des
copines
de
ma
mère...)
-et
puis
c'est
tout
il
me
semble
-
4
endroits
où
je
préfèrerais
être
là,
maintenant,
tout
de
suite:
-avec
des
gens
que
j'aime
(oui
c'est
niaiseux
^^)
-près
de
l'océan
(pour
prendre
des
photos)
-à
Paris
-à
Londres
4
films
ou
séries
que
je
pourrais
regarder
encore
et
encore:
-Gilmore
Girls
-Kaamelott
-La
grande
séduction
-Amélie
Poulain
4
endroits
où
j'ai
vécu:
-Clermont-Fd
-et
vraiment
c'est
tout
-à
moins
que
Malte
et
l'Angleterre
ça
compte
-mais
je
pense
pas
quand
même,
parce
qu'à
ce
compte
là
je
rajoute
plein
d'autres
pays
4
émissions
de
télé
que
j'aime
regarder:
-Ubik
-Arrêt
sur
images
-Kaamelott
-Silence
ça
pousse
4
aliments
ou
plats
préférés:
-Macarons
au
chocolat
:
]
-Salade
avec
tout
plein
de
trucs
bons
dedans
-Couscous
de
ma
mère
-Clafoutis
aux
cerises
- Et
je
passe
le
relais
à
Hedwige,
Ratatouille
et
à
tous
ceux
qui
veulent.
Et
comme
aujourd'hui
je
suis
d'humeur
généreuse
(nan
c'est
des
conneries),
ce
n'est
pas
un
mais
deux
questionnaires,
oui
deux
vous
avez
bien
lu,
auxquels
vous
aurez
droit.
Parce
qu'en
fait
je
dois
faire
le
psycho-killer
depuis
décembre.
- 1.
Le
questionnaire
auquel
j'aurais
voulu
répondre
mais
dont
personne
ne
m'a
passé
le
relais.
- Celui
des
chansons.
-
- 2.
Si
j'étais
un
animal
écrasé
sur
la
route
je
serais...
- Un
potiron,
forcément.
Ou
alors
un
renne
du
nord
de
la
suède.
C'est
débilou
un
renne.
-
- 3.
Mon
dictateur
préféré...
Mon
frigo
(je
crois
qu'une
sorte
de
télépathie
s'est
instaurée
entre
mon
estomac
et
lui)
-
- 4.
Mon
objet
sexuel
préféré
:
- Mon
apn
(nan
mais
fallait
bien
que
je
trouve
un
truc)
-
- 5.
Ma
déformation
physique
préférée
:
Les
taches
de
rousseur
-
- 6.
Si
je
devais
brûler
la
voiture
de
quelqu'un
à
Clichy
sous
bois
ce
serait
celle
de
:
- Pourquoi
pas
un
bus
tant
qu'on
y
est?
bon,
il
y
aurait
ma
prof
de
maths
de
seconde,
une
personne
méchante,
sadique,
imbécile
et
irrécupérable
(du
genre
à
virer
un
élève
de
cours
parce
qu'il
a
bougé
sa
chaise
un
peu
trop
bruyamment
à
son
goût)
;
il
y
aurait
aussi
la
cépéheu
du
lycée,
vous
savez
le
genre
qui
a
soixante-dix
ans,
qui
est
là
depuis
la
construction
du
lycée
(bon
c'est
pas
très
plausible
si
on
prend
en
compte
le
fait
que
mon
lycée
est
plus
que
centenaire),
qui
dit
chaque
année
que
l'année
qui
suit
elle
prendra
sa
retraite
et
qui
finalement
refuse
de
s'en
aller.
Et
surtout
c'est
une
emmerdeuse
et
une
hypocrite
professionnelle.
Par
exemple,
l'année
dernière
je
lui
ai
remis
un
devoir
de
français
qu'elle
devait
déposer
dans
le
casier
de
ma
prof
puisque
les
élèves
n'y
ont
pas
accès.
La
semaine
suivante
le
devoir
s'était
volatilisé
et
elle
a
formellement
nié
que
je
le
lui
avait
remis.
Résultat
ma
prof
ne
m'a
pas
cru
une
seconde
et
bizarrement
deux
semaines
plus
tard
elle
a
trouvé
le
devoir
dans
son
casier.
-
- 7.
Si
je
devais
exécuter
un
bisounours
ce
serait
- Celui
qui
nargue
les
autres
avec
son
trèfle-à-quatre-feuilles
sur
le
ventre.
Grosveinard
il
s'appelle.
Tiens,
rien
que
le
nom...
-
-
- Celui-là,
je
ne
sais
pas
qui
ne
l'a
pas
encore
fait.
Donc
pareil,
à
tous
ceux
qui
veulent..
-
- Mince,
je
crois
qu'il
y
a
aussi
celui
des
6
random
facts
auquel
je
dois
répondre.
Mais
il
faut
que
je
réfléchisse
à
celui-là.
.......................................................................................
- samedi
1
avril
2006
- 23h50
je
suis
de
retour
aujourd'hui
et
c'est
même
pas
un
poisson
d'avril.
bien
sûr
c'est
facile
de
ne
plus
donner
de
nouvelles
ni
de
ne
plus
rien
écrire
je
sais
pas
si
la
mise
en
page
vous
plait
;
ce
que
je
sais
c'est
que
j'ai
quand
même
mis
un
bout
de
temps,
au
début
ça
ne
ressemblait
à
rien.
j'espère
qu'elle
ne
déconne
pas
trop
en
tout
cas,
sinon
prévenez
moi
et
j'essaierai
de
l'arranger
(mais
oui
bien
sûr)
en
attendant
comme
ça
fait
quelques
temps
que
je
n'ai
plus
rien
écrit
je
ne
sais
pas
vraiment
par
quoi
commencer
bon
voilà,
il
y
a
eu
les
vacances
et
avant
ça
des
angoisses
qui
me
sont
tombées
dessus
un
mardi
matin,
juste
avant
d'aller
au
lycée
je
me
suis
réveillée
et
c'était
comme
si
quelque
chose
avait
explosé
à
l'intérieur,
un
trop
plein
de
trucs
qui
un
beau
matin
de
février
vous
immerge
le
cerveau
je
suis
pas
sortie
de
chez
moi,
je
suis
restée
devant
la
télé
des
journées
entières
et
je
me
disais
demain
oui
il
faut
aller
au
lycée
et
même
rien
que
d'y
penser
je
tremblais
je
pleurais
et
c'était
comme
si
je
ne
pourrais
plus
jamais
y
retourner.
Un
instant
au
moins
j'y
ai
cru.
Et
puis
les
vacances
ont
été
plus
douces.
Cinéma
piscine
j.o
et
quelques
jours
près
de
Poitiers.
Maintenant
ça
fait
un
mois
et
demi
de
ces
affreuses
journées
et
je
vois
une
psy
une
fois
par
semaine.
J'aime
pas
trop
ça
mais
bon.
Et
puis
là,
ça
fait
trois
semaines
que
mon
lycée
est
bloqué.
J'y
vais
le
matin
vers
8
ou
9h,
je
rejoins
Lyn,
et
T.
parfois,
à
9h
il
y
a
l'AG,
on
écoute
ça,
tout
le
monde
peut
s'exprimer,
y
en
a
qui
applaudissent,
d'autres
qui
râlent
pour
leur
bac.
Et
après
c'est
vote
à
main
levée.
Certains
ont
dit
vous
êtes
minoritaires
à
voter
pour,
c'est
juste
que
les
autres
restent
chez
eux.
Alors
on
a
organisé
un
référendum.
Ca
c'était
hier.
Un
vote
à
bulletin
secret,
ça
a
pris
une
semaine
et
demi
d'organisation.
La
cépéheu
(en
fait
il
y
en
a
trois
mais
des
trois
c'est
la
plus
gratinée)
a
refusé
l'entrée
du
lycée
à
plein
d'élèves
pour
des
conneries.
On
sait
bien
qu'elle
ne
voulait
pas
qu'il
y
ait
80%
de
participation
pour
que
le
référendum
foire.
Manque
de
pot
pour
elle,
tout
a
bien
fonctionné.
Reconduction
du
blocage
à
61%.
Miss
P
m'a
dit
tu
sais
je
vote
'oui'
rien
que
pour
l'emmerder.
Moi
j'ai
voté
oui
parce
que
mon
lycée
est
celui
qui
se
mobilise
le
plus
dans
ma
ville
et
ça
j'en
suis
fière
même
si
je
n'y
suis
pour
rien
ou
presque.
Je
suis
fière
que
tant
de
lycéens
y
croient
et
se
bougent
pour
tout
ça.
La
proviseur
nous
disait
il
y
a
trois
semaines,
vous
aurez
bien
l'occasion
de
faire
tout
ça
quand
vous
serez
salariés,
pour
l'instant
ce
n'est
pas
votre
rôle
et
d'autres
trucs
dans
ce
genre.
Mais
n'importe
quoi!
Ils
veulent
réprimer
ce
mouvement
mais
moi
j'écoute
le
garçon
qui
parle
à
l'AG
tous
les
jours,
il
doit
avoir
16
ou
17
ans
et
vraiment
entre
ce
type
qui
se
révolte
et
qui
parle
avec
sens
et
cette
snob
de
proviseur
qui
se
pavane
dans
le
lycée
comme
si
elle
visitait
ses
dépendances,
on
a
vite
fait
de
faire
le
bon
choix.